dimanche 29 juillet 2012

Les dimanches de l'abbé Bethléem 4 : Août 1908 : La Roue fulgurante de Jean de la Hire et autres textes

Nous poursuivons notre exploration de la revue Romans-Revue dirigée par l'abbé Bethléem avec le mois d'août 1908. Ce numéro d'août 1908 de Romans-Revue est plutôt intéressant pour l'amateur d'anticipation ancienne avec dans la partie "Romans à lire" La Roue Fulgurante de Jean de La Hire (article de R. Varède) :
Et les livres à lire?

Ma foi, ils sont aussi rares, ou presque, que les gelées en août.

CouvertureLes auteurs ont chômé. Ils nous ont dit des aventures galantes, autant et plus qu'on en désirait, ils ont ressassé de vieilles histoires bien connues, ils ont écrit des diatribes et des plaidoyers, dissimulés sous des récits d'amours ardentes et de passion. Cela pour une partie de nôtre société, celle qui veut sonder ses corruptions, celle qui se plaît aux idylles mondaines. Et les autres, la grande majorité ? Hélas ! on les a oubliés.

Est-ce que tous, même les plus petits, ne sont pas capables aujourd'hui de connaître la vérité, même et surtout laide, la réalité brutale ? Est-ce que l'on se gêne tant que cela pour les plus jeunes sur nos plages à la mode et dans nos casinos? Allez donc y voir plutôt.

Quand je vous disais que notre littérature est une littérature de villes d'eau et de bains de mer.

Donc, parmi cent que j'ai explorés, — car je n'ai pas la prétention de tout voir et de tout dire, — un seul livre à lire. Il serait pour tous absolument, n'étaient une ou deux pages d'ailleurs à peine utiles au récit.

Roman extraordinaire et fantasque comme ceux de Wells, instructif parfois et à tendances scientifiques comme ceux de Jules Verne, ce livre de Jean de la Hire dont les lecteurs du Matin ont eu la primeur.
Ce sont les aventures de quatre hommes et d'une jeune fille dans la planète Mercure. Il serait trop long de dire comment ils y sont emportés, ce qu'ils voient d'étrange et d'horrible, comment ils en descendent enfin, sauves par un spirite hindou, le grand héros du livre.
L'imagination y abonde et à chaque page. Et l'on est tenté parfois d'oublier ce que le récit a d'invraisemblable et de déconcertant, tant l'auteur semble souvent se prendre au sérieux.
C'est là un vrai roman d'aventures scientifiques, comme nous en avons peu chez nous. Jules Verne est évidemment dépassé, et de beaucoup, en étrangeté et en singularité, par M. Jean de la Hire.








Il est aussi fait mention du roman de Michel Corday Mariage de demain dont le titre est semble-t-il un faux ami (Corday a écrit des textes d'anticipation : voir si bibliographie sur BDFI ).

Dans « Les pièces de théâtre », Alexis Cornu décrit le vaudeville Peter Pan, monté par l'impresario Ch. Trohman d'après Barrie, comme une « curieuse féérie enfantine. »
« A travers les revues » signale la parution des nouvelles fantastiques « La vieille Agneta» de Selma Lagerlof (4 juillet 1908) et « Le fantôme » d'Eugène Vernon dans la Revue Bleue (11 juillet 1908) et de l'article « Ogres et Ogresses » de Rémy Saint-Maurice (25 juillet 1908)


A dimanche prochain !


A lire sur ArchéoSF:


Les dimanches de l'abbé Bethléem 1: mars-mai 1908
Les dimanches de l'abbé Bethléem 2: juin 1908
Les dimanches de l'abbé Bethléem 3 : juillet 1908 : contre les récits d'Indiens, de trappeurs, de détectives, etc.!

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