dimanche 28 octobre 2012

Les dimanches de l'abbé Béthléem 17: octobre & novembre 1909


Dix-septième épisode de notre exploration de Romans-Revue dirigée par l'Abbé Bethléem qui proposait au début du XXe siècle une lecture morale (rigoriste même) des parutions récentes (voir la présentation sur ArchéoSF).
Cette semaine, les mois d'octobre et novembre 1909.

La revue des articles consacrés à la littérature conjecturale pour le mois d'octobre 1909 est pour le moins rapide : il n'y a rien.


Peu de choses aussi en novembre 1909 bien que les revues scientifiques soient à l'honneur...

En effet, la partie Les revues, journaux & périodiques est consacrée aux revues scientifiques : « d'abord les revues consacrées aux travaux scientifiques originaux ; puis celles qui se trouvent à un degré intermédiaire entre la science originale et la simple vulgarisation ; enfin les revues de vulgarisation proprement dite. » mais rien sur les feuilletons publiés dans ces revues.


La section Romans du mois n'est guère plus riche. Signalons le recueil de Mark Twain, Le Capitaine tempête et un conte vraisemblablement à tendance utopique de G. Sarrazin, L'Inspirée (voir sur Google Books un article sur cet ouvrage ):


Figurez-vous une douzaine de contes, tous plus fantastiques les uns que les autres, bourrés d'une grosse ironie et de cet esprit un peu primitif que les Anglais appelait humour. Imaginez des paradoxes aussi gros que celui-ci : il meurt plus d'hommes dans leur lit que dans les catastrophes de chemin de fer ; donc le lit est plus dangereux que le bateau ou le train le plus meurtrier. Concevez une Visite burlesque au paradis, dans un paradis étrange, d'un capitaine américain, plus fort que les héros mystérieux de Wells ; ou bien le roman d'une esquimaude, très riche parce que son père possède une douzaine et demie d'hameçons, dont le charmant fiancé se perd parce qu'il a voulu les contempler la nuit ; ou encore le journal, d'Eve et de la rencontre d'Adam ; — et vous n'aurez pas l'idée des inventions saugrenues, des imaginations baroques, des livres de l'indicible génie américain, Twain.

Il n'est pas très facile de voir à quoi tend ce récit à la louange de la vie idéale, ni même s'il est un symbole. Le but est imprécis, comme le conte lui-même qui tient à la fois du rêve, et, sauf l'esprit de l'Ile des Pingouins.Donc une poétesse du pays de la Nouvelle-Hellénie chante et songe. Un homme est célèbre par sa parole et sa science encyclopédique. Elle va l'entendre. Elle le voit. Il l'aime.Mais devenu ministre,il est cause que l'HelIénie est surprise et battue par un peuple voisin. L'inspirée, la poétesse, part soulever les habitants des monts qui s'arment et la suivent.Victoire. Mais le ministre-esthète est tué. Elle sait qu'il l'aimait. Et c'est le désespoir. Mais un maréchal soupire pour elle, et va s'exiler. Elle l'épousera donc. Ainsi finit l'inspirée. La manière n'est pas moins idéale, ou irréelle, que le sujet.

A dimanche prochain! 

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