mercredi 8 mai 2013

Gabriel Timmory, A Rire d'ailes! ( 1909) [feuilleton, épisode 1]

Nous allons passer ce long week-end, pour celles et ceux qui ont la chance de faire le "pont" en compagnie de Gabriel Timmory et de sa fantaisie théâtrale A rire d'ailes! publiée dans L'Almanach du rire et de Fantasio en 1909. Le sous-titre inscrit dans la revue peut laisser croire qu'il s'agit d'une anticipation lointaine:



En fait il n'en est rien car le sous-titre exact est Revue aréoplanesque en deux mille huit cent sept... tableaux. Il ne s'agit donc pas d'une date mais d'un nombre. Le dernier mot a peut-être sauté à la mise en page.
Il n'en reste pas moins que le texte est intéressant car il livre en 1909 les espoirs et les craintes quand à un ciel envahi par les aéroplanes divers et variés.

A RIRE D' AILES !
Revue aéroplanesque en deux mille huit cent sept [tableaux]

EN UN NOMBRE INCALCULABLE DE TABLEAUX, MONTÉE A FRAIS COMMUNS, MAIS DE LA FAÇON LA PLUS DISTINGUÉE PAR LES DIRECTEURS DES GRANDS MUSIC-HALLS DE PARIS, AVEC LE CONCOURS DE NOS PLUS ÉMINENTS METTEURS EN SCÈNE.

PROLOGUE

Le grand salon de réception de Fantasio, somptueusement décoré de tous les ordres étrangers. Electricité de Ceylan. Objets d'art Turmeyer. Fauteuils de Perdrix. Tableaux de Vichy. Divans Caryll. Bibelots Téro.

M. BANNEL (directeur des Folies-Bergère). - Alors, on nous a fait venir ?.
M. BARASFORD (directeur de l'Alhambra) — Pour nous prier de monter, à frais communs, une grande revue.
M. FONTANES (directeur du Châtelet). — Une revue ? Encore ? Très peu pour moi, on ne m'y repincera plus ! (Il. s'évapore pour aller faire le tour du monde à prix réduits.)
Mme VARLET (directrice de la Gaîté-Rochechouart). — Ne nous occupons pas de ce lâcheur. Il n'y a encore que les femmes pour montrer de l'estomac.
Tous, la regardant, légèrement émoustillés. — C'est vrai !
M. HABREKORN (directeur de Ba-Ta-Clan). — Voulez-vous que j'aille le chercher ?. Vous savez tous que je ramène très bien.
( Cris unanimes : Non! Non! Inutile!.
Le principe de la revue est adopté.)
M. DE COTTENS (directeur de l'Olympia). — Je suppose qu'il y aura des petites Anglaises.
M. ROZENBERG (directeur de l'Apollo). — Et un rôle pour ma femme.
M. AUMONT (directeur du Moulin-Rouge). — Et des soupers.
M. DESPREZ (directeur de Marigny), très timidement, — Voilà bien des complications pour les changements. Comment fera- t-on pour enlever tout ça ?
M. BORNEY (autre directeur de Marigny). — Ne mettez donc pas de bâtons dans les roues môssieu Desprez. Vous êtes toujours trop autoritaire. N'est-ce pas, môssieu Flateau ?
M. RAPHAËL FLATEAU (directeur de la Cigale). — Je suis de l'avis de M. Magne.
M. MAGNE (autre directeur de la Cigale). — Moi, je pense comme Flateau.
M. RUEZ (directeur de Parisiana). — Moi, je n'ai pas d'opinion. Depuis que je n'ai plus à diriger qu'un seul établissement à la fois, je me sens tout désorienté.
M. LE COINTE (directeur de la Scala et de l'Eldorado) .— Voulez-vous que je vous repasse la Scala ?
M. RUEZ. — Trop aimable, merci. Revenons à notre revue.

La suite demain!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire