mercredi 9 octobre 2013

Jack London, La Peste écarlate ( 1924 )

Quand on prononce le nom de Jack London, diverses oeuvres viennent immédiatement à l'esprit, réminiscences de lecture scolaires comme Croc-Blanc, L'Appel de la forêt, Martin Eden, Les Vagabonds du rail (une lecture de collège conseillé par un professeur de français...),...
CouverturePersonnellement mon premier contact avec cet auteur fut non pas une histoire avec des animaux comme Jerry chien des îles ou Michael chien de cirque mais Le Fils du Soleil dans une ancienne Bibliothèque Verte cartonnée (qui avait déjà perdu sa jaquette), une histoire des mers du sud, avant de me lancer dans la lecture des histoires du Grand Nord ou de "routards".
Pourquoi mentionner Jack London sur ArchéoSF? Parce qu'il est l'auteur de plusieurs anticipations socialistes dans lesquelles il défend ses idées de progrès et de changements sociaux.
Ainsi Le Talon de fer (1908) est-il un roman considéré comme l'une des premières dystopies de l'histoire, Avant Adam plonge dans la préhistoire ou la Peste écarlate est-elle une anticipation apocalyptique se déroulant en... 2013 !

L'ouvrage publié en anglais en 1912 a été édité en 1924 en français et la presse de l'époque a produit quelques chroniques comme celle-ci:

La peste écarlate
Par Jack London

Traduit de l'anglais . par Paul- Grayer et Louis Postif G. Crès et Cie, éditeurs
Les lecteurs du Figaro, qui suivent avec un intérêt croissant, la publication dans nos feuilletons du Vagabond des étoiles, con­naissent et apprécient le génie puissant et troublant de Jack London.
Le présent volume comprend trois des œuvres les plus remarquables de l’illustre écrivain américain : un roman très court et deux contes.
La Peste écarlate est une étrange et très simple histoire qui se déroule en l’an 2073. Soixante années auparavant, en 2013, un fléau foudroyant, une maladie mystérieuse que la science n'a pas su vaincre, a détruit le monde et à peu près anéanti l’humanité.
Quelques dizaines d’individus, sur la terre entière, ont seuls survécu à cette effroyable catastrophe. Le dernier de ces « rescapés », vieillard plus qu’octogénaire, raconte à ses petits-enfants, en une suite de tableaux d’un tragique poignant, l’atroce agonie des peuples qui, certains de leur fin prochaine, donnant libre cours à leurs instincts effré­nés, s’écroulent au milieu des incendies, des pillages et des meurtres.
L’homme qui, maître de notre planète, fut jadis un vrai dieu, est retourné après le cataclysme à son primitif état de sauvagerie. Mais il se multiplie rapidement. Dé­jà, après soixante ans, trois ou quatre cents de ses descendants peuplent le globe. Dans, quelques centaines de générations « la mê­me histoire recommencera ». Les hommes, devenus très nombreux, se battront et s’entretueront, et « c’est par le feu et par le sang qu’une nouvelle civilisation se formera ». Telle est, en guise de conclusion, la prophé­tie de l’Ancêtre.
Construire un feu est une nouvelle du Klondike, du pays de l’or. C’est un drame angoissant, qui n’a que deux acteurs : un homme et un chien. La puissance, la simplicité, la netteté du style du conteur pres­tigieux apparaissent en ce récit, qui n’a que 45 pages, plus et mieux peut-être que dans toutes les autres oeuvres de Jack London. Et ces qualités sont, mises en valeur, ici comme dans La Peste écarlate, par une tra­duction d’une rare fidélité et d’une excel­lente ténue littéraire.
Le conte qui termine le livre : Comment disparut Marc O'Brien, est inspiré par un amour spécial, auquel les lecteurs français ont quelque peine à se faire. Mais le récit est d’une étonnante vivacité, que MM.. Paul Graver et Louis Postif, traducteurs, ont rendue à merveille.


Le Figaro, Supplément littéraire du dimanche, n° 279, 9 août 1924

A consulter: le site Jack London qui est incontestablement le plus complet en français

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