mardi 3 novembre 2015

Le prix Goncourt et le Merveilleux scientifique

Si le prix Goncourt couronne chaque année un roman quelque soit le genre auquel il se rattache, il y a eu nombre d'ouvrages relevant peu ou prou de la science-fiction et du merveilleux scientifique qui furent lauréats au cours de l'histoire de la prestigieuse académie.
Dans son testament, Edmond Goncourt nomma les frères Rosny comme membres de la Société littéraire Goncourt (1903) qui devint ensuite l'Académie Goncourt. Le rôle des Rosny fut très important car Rosny aîné présida l'Académie de 1926 à sa mort en 1940 et Rosny Jeune lui succéda jusqu'en 1945.
Nous proposons un parcours dans les prix Goncourt décernés entre 1903 et 1945...

Les prix Goncourt relevant du merveilleux scientifique et de la science-fiction

Le premier lauréat fut Joseph-Antoine Nau avec Force ennemie (1903). Husymans, président de la Société littéraire Goncourt déclara plus tard :"C'est le meilleur que nous ayons couronné".Force ennemie relève du merveilleux scientifique. (lire une critique de Force Ennemie).

http://media.senscritique.com/media/000005708923/150/Force_ennemie.jpg
En 1905 c'est le roman Les Civilisés de Claude Farrère qui est couronné. La conjecture repose sur un conflit entre la France et la Grande Bretagne.

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Les lauréats du prix Goncourt ayant oeuvré dans le merveilleux scientifique et la science-fiction

Francis de Momiandre, prix Goncourt 1908, publie 20 ans plus tard Anticipations... qui se préoccupe des communications interplanétaires (avec Mars en l'occurrence).
Lauréat en 1916 pour Le Feu, Henri Barbusse a oeuvré dans la conjecture avec les nouvelles La Force et L'Au-delà (1926).
Lauréat en 1918, Georges Duhamel est surtout l'auteur de Les Voyageurs de l'espérance, un roman de SF pour la jeunesse publié en 1953.
En 1925, Ernest Perrochon publie le merveilleux Les Hommes frénétiques. S'il n'obtient pas le Goncourt pour cet ouvrage, il avait été lauréat pour le roman Nêne (1920).
En 1921, René Maran remporte le prix avec Batouala et reste dans les annales de la conjecture avec Le Petit roi de Chimérie (1924).
Lauréat en 1926, Henri Béraud a participé en 1911 à un recueil collectif intitulé Lyon en l'an 2000.
Herny Deberly, lauréat en 1926, a publié deux ans auparavant le roman Prosper et Broudilfagne qui se rattache marginalement à la conjecture (tendance satirique).
L'année suivante c'est au tour de Maurice Bedel d'être couronné. Nous retiendrons sa Nouvelle Arcadie publié en 1934.


Les oeuvres du merveilleux scientifique et de science-fiction nominées au prix Goncourt 

Plusieurs oeuvres relevant du merveilleux scientifique ont obtenu des voix sans décrocher le prix Goncourt. En 1920, Albert t'Serstevens n'obtient pas le prix avec Un Apostolat (publié en 1919) racontant la vie d'un phalanstère agricole. C'est le cas notamment du roman Les Formiciens (1932) de Raymond de Rienzi.


Les membres de l'Académie Goncourt ayant écrit du merveilleux scientifique et de la science-fiction

Nous ne reviendrons pas sur la carrière conjecturale des frères Rosny tant elle est importante et connue. Indiquons tout de même que JH Rosny Aîné publia en 1924 la nouvelle "Monsieur Pylastre et le prix Goncourt" dont l'action se déroule 1935.
Un autre fondateur de l'Académie, Gustave Geoffroy, a imaginé "L'Homme immortel" en 1897.
En 1910 Judith Gauthier, fille de Théophile, est la première femme à entrer à l'Académie. Sa principale contribution à la conjecture est le texte d'anticipation accompagnant des vignettes pour le chocolat A la marquise de Sévigné et représentant la marquise confronté, comme le roi Louis XIV dans Jadis chez aujourd'hui de Robida, à des moyens de transport du début du XXe siècle.
En 1918, Léo Larguier publie L'Ile des morts qui se déroule sur Saturne. Il est élu à l'Académie en 1936.
Alexandre Arnoux a participé au célèbre numéro de Noël Le Crapouillot de l'an 3000 (1919) avec "Quelques notes pour servir d’introduction à l’histoire du IIe siècle avant l’ère de l’alliance (XXe siècle P.-J.-C. de l’ancien comput romain)"
Elu en 1944, André Billy a publié La Malabée en 1917 où il est question d'une plante permettant de revivre ses souvenirs.


Laissons le dernier mot à Clément Vautel avec cette citation sur l'avenir du Goncourt:
En 2030, la littérature sera verbale et radiophonique : on n’écrira plus, on parlera ; on ne lira plus, on écoutera... Il y aura cependant, comme chaque année, le prix Goncourt. Les Dix, après avoir avalé quelques boulettes synthétiques, couronneront un moins de dix ans qui se sera distingué entre tous les émetteurs d’ondes sonores.

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