samedi 26 mars 2016

La maison de l'an 2000 (1913)

Du 4 au 17 mai 1913 se tint à Nancy l'Exposition de la Cité Moderne. Des conférences eurent lieu et le public put admirer divers projets d'urbanisme venus du monde entier.
Des entreprises du bâtiment exposaient leur savoir-faire. Parmi elles, la Société des Hauts-Fournaux et Fonderies de Pont-à-Mousson proposait un ensemble de panneaux dont l'un nous intéresse car il anticipait la maison de l'an 2000
En 1913, un ouvrage sur l'exposition fut publié (à lire sur Gallica), il décrit les différents panneaux, avec des illustrations, et donne des compte-rendus des conférences.
La pièce en vers dont il est dans l'extrait qui suit a pour titre La Maison de l'an Deux mille du docteur Edouard Imbeaux publiée sur ArchéoSF (cliquez ICI pour la lire)


Hygiène des Habitations et des Villes

(Adduction d'eau — Epuration d'eau — Assainissement)



SOCIÉTÉ DES HAUTS FOURNEAUX ET FONDERIES DE PONT-A-MOUSSON. — La Société des Hauts Fourneaux et Fonderies de Pont-à-Mousson expose une sorte de triptyque, dont les divers motifs sont relatifs : celui du milieu, à la Société elle-même, à ses produits, à ses travaux; celui de gauche, à l'adduction des eaux potables; celui de droite à l'évacuation des eaux usées.

Panneau central. — Le panneau central comprend les vues photographiques des trois usines que la Société possède à Pont-à-Mousson, à Auboué et à Foug. En bordure de ce panneau, à droite et à gauche, des photographies de travaux de pose montrent que la Société de Pont-à-Mousson n'est pas seulement productrice de tuyaux en fonte, mais qu'encore elle sait être, à l'occasion, entrepreneur de travaux publics.

Tout au bas du panneau central figure une maquette donnant, en relief et à l'échelle du 1 /50e,- la coupe de la rue moderne, ou du moins de ce que devrait être la rue moderne.

On trouve là, rangés à leurs emplacements respectifs, les produits fabriqués par Pont-à-Mousson, tant pour l'adduction des eaux potables que pour l'évacuation des eaux résiduaires et des eaux pluviales, l'amenée de gaz, les réseaux de tramways.

Le centre de ce panneau est occupé par une charge amusante :
« La Maison de l'an 2000 ».

C'est une note gaie dans un ensemble plutôt sévère.

Le thème de la démonstration réside dans la circulation continue d'une même eau qui, tour à tour potable et usée, se régénère dans des appareils sur la construction desquels on garde jalousement le secret... et pour cause!... Non sans y abandonner des essences précieusement soutirées de parfums et de vins fins !...

Autour de ce thème, on a brodé. Une amusante pièce de vers décrit avec détail la Maison de l'an 2000 et les occupations de ses habitants.

La maison est faite à l'envers. L'entrée se faisant par le toit-terrasse, en raison des progrès de l'aviation; le concierge habite les combles, les gens chics l'étage supérieur, les domestiques le
rez-de chaussée !

Les bow window sont faits pour regarder le ciel : la rue n'est plus que le passage des petites gens et des bagages qui circulent sur la chaussée roulante.

A l'intérieur, l'hygiène s'est développée à l'extrême; salles de bain et cabinets de toilette prennent le plus clair de l'espace.

La cuisine devient un laboratoire où un pharmacien prépare des pilules et les comprimés que l'on avale sans les sentir passer.
Plus de verres anti-hygiéniques, mais des vases clos, à vaporisateur... ! Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger... !



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