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ISSN 2496-9346

jeudi 5 avril 2012

Etienne Joligler, L'Homme dernier cri

A quoi ressemblera l'homme du futur? HG Wells répondait que l'espèce humaine serait dans un lointain avenir séparé en deux avec les Morlocks et les Eloïs. Dans un artcile scientifique, L'Aventure humaine dans 500.000 ans Pierre Gauroy donnait quelques traits caractéristiques de l'homme du futur. Dans l'article qui suit, extrait du périodique Pêle-Mèle, Etienne Joligler estime que l'homme continuera à se trouver... beau.


L'Homme dernier cri

Il est hors de doute que dans un espace de temps plus ou moins reculé, la nature de l'homme, subissant l'influence de moeurs nouvelles, se sera modifiée, comme elle s'est déjà modifiée, d'ailleurs, depuis l'apparition sur la terre de nos premiers ancêtres.
C'est ainsi que l'usage des vêtements a fait, peu à peu, disparaître, les poils dont notre corps était couvert, et le temps n'est pas éloigné où la barbe et les cheveux seront devenus un anachronisme. Cela est si vrai, que ces derniers vestiges de notre pelage; ne tiennent plus que par miracle. La calvitie (une exception, autrefois) est aujourd'hui; générale, et il n'est pas jusqu'à ces dames, qui n'arrivent à établir leur chignon qu'à grand renfort de postiches
Donc, en l'an X, première caractéristique de l'homme dernier cri : La tête chauve comme un oeuf.
Passons maintenant aux dents.
Les dents, elles aussi, surtout depuis qu'il y a des dentistes, se trouvent affectées d'un tas de maladies inconnues du temps où les mâchoires robustes les premiers hommes dévoraient la viande crue.


De jour en jour, on leur demande moins de services.
Lorsque la nourriture sera vraisemblablement administrée en boulettes ou en injections, elles n'auront plus de fonctions à remplir, et en tant qu'organe, elles disparaîtront. Nous pouvons d'ores et déjà classer l'homme futur parmi les édentés.
Avant d'aller plus loin, je demanderai au lecteur de s'arrêter sur cette particularité que présente le nez humain. A part l'éléphant, le tapir et quelques autres (qui ne sont, du reste, que des exceptions apparentes, puisque; c'est leur lèvre et non leur-nez qui s'est développée d'une façon anormale , tous les animaux, y compris le singe, notre ancêtre probable... ont le nez dans la figure. Le nôtre seul s'en détache, formant un promontoire avancé, sans qu'il en résulte pour nous aucun avantage... au contraire, c'est aux dépens de sa propre sécurité. Il nous faut alors chercher l'explication de cette anomalie dans une cause artificielle et non naturelle. Cette explication est ; simple. La forme de notre nez provient de l'habitude que nous avons prise de nous moucher. Il est évident que l'homme n'a pas tiré sur son appendice nasal pendant des générations et des générations, sans arriver à le sortir peu à peu de sa figure. Comme il est vraisemblable : qu'il continuera dans la suite des temps, nous pouvons en conclure qu'en l'an X, il sera arrivé à faire de son nez quelque chose de long et de mince assez semblable à la queue (je ne dis pas la trompe d'un éléphant).
Son teint sera d'une couleur assez peu définie. Etant donné la diffusion des races, les alliances de plus-en plus fréquentes entre les êtres de différents peuples, on y trouvera un peu du jaune des Chinois, du brun des Malais, du blanc des Européens et du noir des Africains.
Une autre constatation, non moins incontestable, c'est que nos descendants seront de plus en plus myopes.
Causes :
Primo : La fatigue plus (fréquente avec l'instruction), de regarder de près les caractères d'imprimerie ou autres, signes petits,malaisés à saisir sans une application irritante à la longue
Secundo : Les lumières artificielles de plus en plus éclatantes et fatigantes d'autant.
Il en résultera pour l'oeil un développement excessif de l'orbite tel qu'en peut le remarquer déjà chez certains myopes de première marque. A côté de ces gens-là, les grenouilles actuelles passeront pour avoir les yeux en trous de vrille.
Comme vous le voyez, ce sera charmant.

Et je ne parle que du visage.
Mais l'homme, de quelque façon qu'il soit fait, est fait ainsi qu'il se trouve toujours le plus beau des êtres de la Création. En l'an X, il y aura encore certainement des poètes qui chanteront le sourire divin, le regard provocant, la blonde chevelure et le joli nez mutin de la dernière grisette du temps.
De même, en ce temps-là, ce sera comme aujourd'hui. L'homme, parlant tout seul, n'aura pas de contradicteur et il aura grande chance d'avoir raison.

Etienne Joligler.
L'homme dernier cri, Le Pêle-Mèle n°12, 13e année, 24 mars 1907

mercredi 4 avril 2012

Henry Fèvre, L'Etoile rouge

Si la conjecture rationnelle est souvent romanesque, elle peut aussi se développer dans d'autres genres comme le théâtre. Rappelons par exemple que Jules Verne adapta avec Adolphe d'Ennery plusieurs de ses ouevres en une seule pièce à grand spectacle Voyage à travers l'impossible (1882) ou que le mot "Robot" vient d'une pièce de Karel Capek R.U.R. (1920).
Les oeuvres théâtrales sont souvent plus difficiles à collecter et L'Etoile rouge d'Henry Fèvre ne m'est connue que par des résumés et critiques parues dans la presse de l'époque. Le texte m'échappe donc encore mais je ne désespère pas de trouver une copie de la part d'un heureux possesseur du volume... 



HENRY FÈVRE, : L'Etoile rouge.
(Trois actes en prose)

Oh! quelle nuit d'étoiles!
Quelles saturnales!
Oh ! mais, des galas inconnus
Dans les annales
Sidérales.

Vauxonne veut correspondre avec Mars. A cette entreprise il s'est ruiné. Il inculque la passion du ciel à un jeune homme très chic et fort millionnaire, André de Suvigny, qui, jusqu'alors, s'était, faute de mieux, adonné à l'anarchie. Malheureusement pour la télégraphie interplanétaire, André épouse, outre les idées de Vauxonne, sa fille Berthe. Dès le mariage, le forcené amour de Berthe pour les étoiles tombe à plat. Elle dissuade son mari de livrer la forte somme. Suffoqué d'indignation et de désespoir, le vieux Vauxonne meurt, et Mars recule à jamais dans les espaces. WILLY.

Résumé publié dans Le Nouvel Echo, 1892

mardi 3 avril 2012

Le chapon inattendu ou une mésaventure au siècle prochain ( 1901 ) #gallica

Dans le numéro 30 (7e année) du journal humoristique hebdomadaire Le Pêle-Mêle daté du 28 juillet 1901, on trouve ce petit strip dans lequel un drôle de plat est servi à bord d'un aéromobile....

lundi 2 avril 2012

Scolari, Saturne contre la Terre #BD

Dès sa naissance, la bande dessinée s'est appropriée le genre "science fiction".
ArchéoSF a déjà offert en téléchargement gratuit le récit sous bande Un Lointain voyage (1933) dans lequel des aventuriers vont vers Mars (ou presque).
En 1938 dans le périodique pour la jeunesse intitulé Le Journal de Toto commence la publication de Saturne contre la Terre. Cette BD a été créée par Scolari en Italie en 1937 et reprise dans Le Journal de Toto en 1938-1939. Plusieurs rééditions existent.
ArchéoSF vous présente les premières planches de la première édition française.









Source des images: Gallica

samedi 31 mars 2012