samedi 28 avril 2018

Jean Gallotti, La Dernière des dernières guerres (1928) (2/2)

Suite et fin de la nouvelle La Dernière des dernières guerres publiée dans le magazine VU dans les numéros 24 (28 août 1928) et 25 (5 septembre 1928). Pour lire le premier épisode, cliquez ICI


Résumé du chapitre précédent :

L'histoire se passe dans x années. Le monde entier se bat en employant les procédés les plus perfectionnés. Des villes, des pays, des continents sont anéantis. Lord Harry Mac Carthy a combattu à la tête de l'escadre aérienne. Dernier survivant de son armée, il rentre et ne rencontre pas âme qui vive. Alors, tristement, il se met en smoking pour dîner seul parmi les automates que les gaz ont épargnés.


Mac, troublé, s'avançait dans un sens interdit. Il s'entendit soudain dresser un procès verbal par un phonographe à roues. Loin de se sentir irrité par cette intervention, il éprouva une émotion qui ressemblait si bien à de la tendresse qu'il prit plaisir à verser très lentement, en menue monnaie, le montant de son amende. Quand il vit s'éloigner la machine, il courut se replacer devant elle et se rendit compte qu'il l'eut prié à genoux de lui faire entendre encore le son d'une voix humaine. Enfin, il l'empoigna et la traîna jusque chez lui.
Il était accoutumé à manger seul. Quand il se fut assis sur son tabouret d'aluminium, devant l'espèce de standard téléphonique à robinets qui lui servait la table et qu'il eut, moyennant un assez nombre de pièces d'or, introduites dans un compteur, obtenu une assiette de pommes de terre synthétiques et une tasse de thé artificiel, il eut pu se croire reporté à quelques mois en arrière, au temps où le monde existait encore. Reprenant quelque force avec la nourriture, il sentait s'alléger un peu le poids qui l'oppressait. Il eut même le courage, pour stimuler son énergie, de dire à haute voix : « Plus de gêneurs ! »
Presqu'aussitôt, comme pour le démentir, le phonographe de police dont le mouvement s'était dérégler, se mit à répéter : « Stop ! Six shillings… Stop ! Six shillings… Stop ! Six shillings… Stop ! Six shillings... » avec une volubilité si monotone et si intolérable que le malheureux Mac Carthy se leva et le brisa d'un coup de poing. Il n'eut pas plutôt fait ce geste, qu'une détente de ses nerfs le plongea dans le désespoir. En même temps, un coup de vent provoqua un appel d'air dans la cheminée qui avait été pratiquée au plafond et qui montait jusqu'au sommet de la montagne, pour relier la chambre aux hautes couches atmosphériques en prévision des attaques par gaz.
Portée par ce courant, une odeur horrible passait. Il se souvint alors que es derniers compagnons massacrés gisaient partout autour de lui, sans même bénéficier de la seule convention que les adversaires fussent parvenus à établir entre eux, au cours de la guerre, et qui avait consisté à user de gaz stérilisants pour n'avoir pas à souffrir de l'impossibilité matérielle d'inhumer ou de brûler les cadavres.

Fuyant cette rafale empestée, il courut dehors. L'idée que c'était là encore l'oeuvre des jaunes l'emplissait d'une indignation qui, peu à peu, le tirait de son abattement. Dans sa colère, il revoyait toutes les péripéties du combat aérien d'où il était revenu seul. Au-dessous de lui, la plaine de Salt Lake City étendait ses docks et ses arsenaux de béton, comme des sépulcres : une sèche rumeur de chocs et de roulements sur rails montait dans la nuit ; en haut de grands squelettes d'acier, quelques phares et quelques signaux perçaient l'ombre, par saccades, de leurs feux intermittents ; dans ce cimetière où, seule, la machine conservait encore le mouvement, pas un coeur qui battit, pas une goutte de sang qui réchauffât une fleur de chair. La lutte des gerfauts qu'il avait, en un double jour, menée dans la trace du soleil, avec l'ardeur d'une bête et le génie d'un dieu, enflammait son souvenir d'amour pour la vie disparue.
Soudain, il se rappela le dernier ennemi dont le vol s'était évanoui avec le jour.
Alors, il descendit jusqu'à l'aéroport, entra dans son avion, le soulagea de son chargement funèbre et mit à la place toutes les munitions qu'il put y faire entrer. Quand ce fut le matin, il partit.
Il allait, précédant le soleil. Quand il baissait les yeux, il voyait, sur les nuages, l'ombre de ses deux ailes qui courait devant lui. Il avait retrouvé la volonté avec un but : revoir un homme encore, venger sur lui sa race, et mourir en le frappant.
Il ne cherchait pas sur la terre, car la terre n'était plus la nourrice des hommes. Elle n'était d'ailleurs visible presqu'en aucun lieu. Un océan brumeux l'enveloppait tout entière, où les nuées des orages surplombaient les nuées de la mort en un chaos où la lumière indifférente avait d'éblouissants caprices comme un enfant qui joue aux osselets sur une tombe. Si, parfois, une tempête fondait de son éperon les flots mous de ce nouveau déluge, on voyait, dans la plaie ouverte, apparaître des plaines sans moissons, des prairies sans herbe et des forêts sans feuilles, autour des villes sans feux, sans lumière et sans bruits, dont les places étaient noircies d'une inerte poussière humaine.
Mac Carthy pouvait croire qu'il avait franchi l'éther et qu'il découvrait une planète éteinte. Mais cet astre mort était sa patrie et sa mère, et lui, jamais, ne pourrait, si violent que fut son essor, partir pour un autre univers. Jamais, depuis les temps, nul n'avait subi pareille épreuve. Aussi, dans son âme froide et son cœur dur, il ne restait plus qu'un désir : le coup de grâce du dernier combat.
Il refaisait la route qu'il avait, quelques jours avant, suivie avec escadre. Il reconnut bientôt les hauteurs du Thibet. Les masses de vapeurs dont il les avait inondées, colorées par les réactifs, flottaient maintenant sur les plateaux, se concentraient dans les vallées, roulaient en rouges catarecates le long des pentes et descendaient sur la Chine.
Enfin, perçant cette mer de voiles mouvants, parurent, légers, aériens, diaphanes, enluminés par l'aurore de rubis scintillant parmi les cristaux des glaciers et l'indigo teignant les neiges, les sommets de l'Himalaya.
Là seulement, avait pu se réfugier encore l'avion qu'il poursuivait.
Il se mit à sa recherche en donnant toute sa vitesse et, durant plusieurs heures, il tournoya comme un corbeau près d'un clocher, autour des pics vertigineux. Enfin, il vit, semblant se détacher d'un nid, au bord d'un précipice, à peine distinctes du manteau blanc qui vêtait toutes choses, planer au loin deux ailes comme une colombe.
Pour l'appeler au combat, il ouvrit l'échappement et fondit sur elle, avec un bruit de tonnerre. L'oiseau s'éleva, fit face et vint à sa rencontre.
Le plan de Mac Carthy était simple : se jeter en droite ligne sur l'ennemi qui, ne pouvant avoir d'autre désir que celui qu'il avait lui-même, ne se déroberait pas. En une seconde, tout avait changé dans son âme. La seule pensée qu'un homme vivant était devant lui, avait dissipé l'horreur lourde qui l'oppressait depuis tant de jours. Le monde n'était plus vide ; il ne demeurerait pas seul ; il allait venger les siens.
La colombe grandissait et devenait un monstre à l'envergure démesurée.
Elle venait aussi en ligne droite. Il la touchait. C'était la fin. Tout à coup elle laissa tomber, comme un grain de mil, un corps qui aussitôt fut soutenu par un parachute. Harry, d'un coup de volant, s'envola en un looping et évita le choc.
Pour la première fois depuis le jour de sa naissance, il perdit entièrement la maîtrise de lui-même. Sa carlingue fut emplie du tumulte des imprécations les plus désordonnées. Penché sur son périscope, il suivait la lente descente de l'aviateur qu'il arrosait maintenant de l'averse de sa mitrailleuse. Bientôt, il vit une déchirure se faire dans la large ombrelle. Puis l'étoffe s'ouvrit largement et le corps, verticalement, tomba.
La joie du vainqueur fut courte. Au plaisir purement instinctif d'avoir riposté à ce qu'il considérait comme une traîtrise, succéda la tristesse d'avoir échouer dans son dessein. De nouveau, il se retrouvait seul. Sa colère s'apaisant, il se sentit gagné par un désespoir plus profond encore que celui qui l'avait accablé avant son départ. Il venait de tuer de sa main le dernier être vivant. Il l'enviait. Soudain, il cala son moteur pour tomber à son tour. A ce moment, il se demanda pourquoi son adversaire avait voulu vivre encore. Quel espoir, quelle source de joie avait pu, au moment suprême, le rattacher à la terre ? Puis un doute, une curiosité confuse, inconsciente, se fit en lui : l'autre était-il mort en tombant ?
Mac Carthy constata qu'il n'avait pas lâché la direction. Son avion tenait encore l'air ; il descendit en vol plané.
L'atterrissage sur les sommets de l'Himalaya présentait des difficultés. Harry brisa son appareil mais en sortit indemne.
Il voyait au-dessous de lui, au bas d'une pente unie, dans une poche de neige, un trou formant une ombre. Les lambeaux du parachute indiquaient assez qu'à cette place gisait le vaincu du combat.
Si, au lieu d'être homme d'action, le jeune Écossais eut été habitué à se regarder vivre, il se fut peut-être demandé quel sentiment avait été le plus fort en lui quand il avait été le plus fort en lui quand il avait quitté Salt Lake City : le désir de la vengeance ou le besoin de revoir un être humain ? Si tout avait été regret dans son âme quand il avait vu l'ennemi lui échapper et joie dans son cœur, quand il l'avait enfin abattu ? Il eut peut-être aussi cherché pourquoi il descendait, à cet instant, un revolver à la main, sans raquettes, sans piolet ni corde, une patinoire inclinée à 45°, pour aller voir un homme mort, sur lequel il reportait la haine d'une moitié de l'humanité défunte.
Mais la psychologie ne l'intéresserait nullement. Elle l'intéressa moins que jamais quand il fut parvenu au bord de l'entonnoir que la chute du corps avait creusé dans la neige.
Il avait sous les yeux un pâle visage aux yeux noirs, crispé par la souffrance. Seul, le buste émergeait de la couche profonde où les membres étaient enfouis. Une main pourtant lacérait, de ses doigts déliés, l'étoffe couvrant la poitrine et dégageait, dans ce mouvement, parmi les taches roses d'un peu de sang répandu, un sein de femme ambré, poli comme l'ivoire.
La blessée regardait Harry, comme l'alouette abattue regarde le chien du chasseur. Soudain sa bouche s'entrouvit et sa voix faible murmura :
Peace ?
Harry perçut, près de lui, la chute de son revolver.
Peace ! répondait sa voix grave.


Il la hissa doucement et l'étendit sur le sol. Les balles ne paraissaient pas l'avoir mortellement atteinte. Il remonta péniblement jusqu'à son avion brisé et en rapporta des remèdes.
Quand il la vit moins faible, il lui demanda :
Pourquoi ne vouliez-vous pas mourir ?
Elle étendit la main vers le bas de la vallée.
Des hommes, encore ? dit-il.
Non ! fit-elle en souriant, non… menez-moi là-bas.
Il la prit dans ses bras, car elle était légère comme une petite fille. Bientôt, ils trouvèrent un ruisseau étroit, creusé entre les glaces par les premiers souffles de l'été. Il y entra : sur les pierres que l'eau découvrait, il put marcher plus facilement. Plus loin, des rives de gazon s'offrirent à droite et à gauche. Enfin, le fond de la vallée s'élargit en une prairie où fondaient des taches de neige.
Parfois, il la posait sur l'herbe ; puis il la reprenait. Et il se sentait si fort en marchant qu'il eût dit que c'était elle qui le soulevait. Quand ils eurent ainsi descendu très longtemps, ils aperçurent des arbres verts…
Depuis plusieurs mois, il croyait qu'il n'y en avait plus et il se mit à chanter.
Alors, un doigt sur la bouche, elle lui fit signe d'écouter. Il se tut. Le cristal de l'air vibrait d'un concert d'oiseaux. Il en vit voler sur les branches ; Il se rappela qu'étant enfant il en avait tenu quelques fois dans sa main, qu'ils étaient chauds et que leur coeur battait sous ses doigts. Soudain, il s'arrêta : un troupeau de mouflons sauvages, étonné de la voir, venait à sa rencontre.
A mesure qu'ils descendaient, la nature devenait plus vivante. Il marchait maintenant sous le couvert d'un bois ; ses pieds foulaient les fraises dans la mousse, comme une vendange, et son front éveillait un bourdonnement d'abeilles, en frôlant les fleurs de rhododendrons. Ils rencontraient des ours, des cerfs, des écureuils, toutes sortes de bêtes qui les regardaient avec douceur et, parfois, se laissaient caresser.
Enfin, ils arrivèrent à l'extrémité de la vallée. De cascade en cascade, le ruisseau était devenu un torrent puis une rivière puis un grand fleuve. Brusquement il disparaissait, au bord d'un abîme sans fond, au-delà duquel on ne voyait plis que les nuages du ciel.
Harry ne s'arrêta qu'au bord du gouffre. A trois mille pieds au-dessous d'eux, ils distinguaient confusément les traînées de gaz qui poursuivaient leur lente chute vers l'Asie. Il détourna la tête et demanda à la jeune fille où elle voulait aller encore.
Il y avait, près de là, une pelouse sous un cède. Il l'y porta. Et, comme il s'agenouillait pour la coucher sur l'herbe, une biche et son faon vinrent les heurter en gambadant.
Ils n'ont jamais vu d'homme, dit-elle, et ne nous craignent pas.
Il songeait au gouffre, à la planète morte, au désert de Salt Lake City, aux policemen automatiques qui, à cet instant, devaient débiter encore, dans la solitude, leurs ordres nasillards. Il frissonna.
Elle crut qu'il avait la fièvre. Cueillant une large feuille, l'approchant des mamelles de la biche, elle l'emplit de lait, comme une coupe, et la tendit à Harry.
Ils la vidèrent ensemble. Et quand la feuille fut vide, leurs lèvres se touchèrent.

Et ce fut le recommencement. 

FIN

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lundi 23 avril 2018

Louise Michel et l'anticipation

Louise Michel a marqué de son empreinte toute la fin du XIXe siècle et son souvenir reste particulièrement vivace.
On l'ignore parfois mais Louise Michel ne fut pas seulement une infatigable propagatrice du mouvement libertaire et du féminisme mais aussi une auteure de science fiction, notamment sous la forme d'anticipations sociales.

En 1887, un article est publié dans Le Temps  puis repris par Adolphe Brisson, sous le pseudonyme de Sergines, relatant les travaux d'écriture de Louise Michel dans ce domaine.
Deux des romans cités ont été publiés : Les Microbes humains (1886), Le Monde nouveau (1888) auxquels il faut ajouter Le Claque dents (1889), se terminant par une révolution prolétarienne planétaire, qui est une suite des romans précédents.
Ces trois romans ont été réédités en 2013 aux Presses Universitaires de Lyon. 
De son côté ArchéoSF dans l'anthologie Demain, les Révolutions. Utopies & Anticipations révolutionnaires propose L'Ere nouvelle de Louise Michel, texte datant de 1887.


LOUISE MICHEL

Que devient donc Louise Michel ? Jadis il ne se passait pas huit jours sans qu'on apprît qu'elle avait évangélisé un faubourg de Paris ou reçu quelques horions à l'issue d'une conférence dans une commune de la banlieue. Un congrès révolutionnaire vient d'avoir lieu, elle n'y a pas paru ! Cette disparition d'une personne qui a si souvent défrayé la chronique parisienne mérite d'être expliquée. Louise Michel n'a rien abandonné de ses idées révolutionnaires, et ce ne sont point les huées qui l'ont accueillie extra muros qui l'ont décidée à se retirer sous sa tente. Elle a pour un instant seulement donné le pas sur la politique à des préoccupations purement littéraires.
A Levallois-Perret, où l'un de nos collaborateurs lui a rendu visite, elle habite, au cinquième étage d'une maison de la rue Victor-Hugo, un très petit logement ; elle y vit en compagnie d'un petit chien brun qui, comme celui de Lamartine, se couche à ses pieds lorsqu'elle écrit.
Que voulez-vous ? disait-elle à son visiteur, j'aime beaucoup les réunions révolutionnaires, mais je ne puis y aller aussi souvent que je le voudrais. Ce sont pour moi des dépenses considérables, et, pour l'instant, il me faut travailler et beaucoup travailler pour payer mes dettes. Je n'ai pas abandonné mes amis, bien au contraire. Puis elle expose à son interlocuteur tous ses projets littéraires. Elle a commencé, il y a quelques mois, la publication d'une « série rouge » comprenant six volumes. Le premier, les Microbes humains, a déjà paru. Les cinq autres vont paraître prochainement. Elle en corrige actuellement les épreuves. Ils porteront pour titre : le Monde nouveau, la Débâcle ou le Cauchemar de la vie, Première étape, l’Épopée ou la Légende nouvelle et D'astre en astre.Voici l'idée générale de cette série rouge : Louise Michel prend, dans la société actuelle, les dégoûtés, les désespérés, les assassins, toutes les victimes des lois et des coutumes d'aujourd'hui, les fait s'associer entre eux et fonder le plus près possible du pôle Nord une colonie où ils pourront vivre comme elle rêve qu'on vivra demain, c'est-à-dire en toute liberté, et délivrés de toute autorité et de tout esclavage moral ou matériel.
J'ai préféré le pôle Nord, disait-elle, parce que là ils auront à lutter contre les éléments. La Première étape, c'est l'éclosion de cette société. Tous mes personnages sont hideux et repoussants, mais faisons une comparaison. Un ver qui se transforme et devient insecte devient, lorsque cette transformation a lieu, horrible. Puis peu à peu ce monstre prend une forme moins hideuse, ses ailes apparaissent, son vol au début est pénible, hésitant, puis enfin il vole sans hésitation. Nous arrivons alors à l’Épopée ou la Légende nouvelle. Et Louise Michel ajoute qu'elle fera détruire par une mission scientifique cette colonie représentant la société future établie au milieu de la société actuelle. Cette catastrophe se produira à l'aide d'une matière explosible plus puissante que la dynamite découverte par ses héros du Cauchemar de la vie et dont l'invention leur aura été ravie par des savants. Enfin D'astre en astre sera une sorte d'apothéose. On pourra communiquer de comète en comète, de satellite en satellite, d'astre en astre. Sera-ce avec le téléphone ou le télégraphe ? Ce dernier volume n'est qu'à l'état de projet.
Louise Michel a écrit aussi une Petite encyclopédie à l'usage de la jeunesse, qui va paraître. Elle comprend deux chapitres : le premier, c'est le monde vu à vol d'oiseau au microscope et au télescope, et le second comprend tout ce qui est langue, mécanique, dessin et calcul.
En ce qui concerne les langues, Mlle Louise Michel commence l'éducation des enfants par les cris poussés par les animaux, cris qui se ressemblent plus ou moins, et partant de ceci que, dans les sciences, certains mots sont communs à presque tous les peuples, elle nourrit le rêve de créer « une langue universelle. »
Le deuxième volume des Mémoires de Louise Michel est sous presse; pour paraître aussi Contes et légendes et les Crimes de notre époque, et enfin un volume de vers, les Océaniennes, dont elle a bien voulu nous communiquer les deux strophes suivantes :

BOUCHE CLOSE 

Nul souffle humain n'est sur ces plages,
Rien que celui des éléments;
Le cyclone hurlant sur les plages
Les légendes des océans. 
Les sapins verts sur les nuées
Tordant leurs branches remuées
Comme des harpes dans les vents.

Sous les coraux ou sur les sables
La nature parfois ouvrant,
Dans ses tourmentes formidables,
Un cercueil, ville ou continent,
Et l'être ayant la bouche close,
Feuille de chêne ou bien de rosé
Tombant au gré de l'ouragan.

Mlle Louise Michel, dès que ces ouvrages auront paru et que ses ennuis momentanés auront disparu, compte se rendre chez les Canaques. « J'espère, a-t-elle dit, beaucoup de ces intelligences si neuves. » 


Anonyme, « Louise Michel », in Le Temps, n° 9626, 13 septembre 1887.

repris sous le nom de Sergines, « Échos de Paris », in Les Annales politiques et littéraires, n° 221, 18 septembre 1887.



samedi 21 avril 2018

Jean Gallotti, La Dernière des dernières guerres (1928) (1/2)

Nous poursuivons notre exploration du magazine VU sous l'angle de la conjecture, de l'anticipation, de la prospective et de la science fiction (Retrouvez tous les articles consacrés au magazine VU en cliquant ICI) avec la publication de la première partie d'une nouvelle de Jean Gallotti (1881-1972) publiée dans les n° 24 et 25 datés des 29 août et 5 septembre 1928 et ayant pour titre La Dernière des dernières guerres. La seconde partie sera publiée la semaine prochaine.
L'auteur imagine une guerre chimique mondiale qui manque d'éradiquer le genre humain dans un avenir proche.




La Dernière des dernières guerres

Nouvelle inédite par Jean Gallotti


Cela avait commencé le jour où le Japon, assuré de trouver au Mexique une base pour son aviation, avait adressé un ultimatum aux États-Unis.
En quelques heures, le Canal de Panama et les fortifications qui en assuraient la défense avaient été détruits par les bombes. Et comme la flotte américaine se trouvait, pendant ce temps, occupé, dans l'Atlantique, à disputer la Guyane à la Hollande, les jaunes eurent, dans le Pacifique, un répit qu'ils mirent à profit en prenant les Philippines et les Hawai, puis en débarquant à San Francisco.
Les Yankees de l'intérieur, qui ne s'estimaient tenus à aucun sentiment d'humanité envers les gens de couleur, envoyèrent une armée d'avions contre les navires ennemis embossés en rade et en tuèrent les équipages avec des gaz.
C'était le commencement de la guerre chimique.
Les Japonais, sacrifiant leur corps de débarquement, lancèrent d'Honolulu, durant huit jours de suite, une «émission massive de phosgène sous haute pression par une tempête soufflant de l'Ouest. Le vent faucha d'abord la flotte américaine accourue par le Cap Horn puis se répandit sur les côtes de Californie et rien de vivant ne resta sur tout le versant occidental de la Sierra Nevada.
Par malheur on ne pouvait guider avec précision la marche du fléau qui, se souciant fort peu des frontières politiques, pénétra le Canada et détruisit Vancouver.
C'était porter atteinte à l'Empire Britannique.
L'Angleterre eut peut -être hésité, en toute autre conjecture, à faire cause commune avec son Dominion, craignit que cet événement eut un retentissement trop grave parmi ses sujets d'Asie et envoya son escadre d'Hong-Kong bombarder Tokio et Yokohama.
Mais le danger qui menaçait l'Archipel des Dieux y provoqua une telle furie de patriotisme que la volonté populaire arracha au Mikado l'ordre de mettre en jeu le grand Rayon de la Mort, prêt, depuis des années, à défendre la terre des ancêtres en cas de suprême danger, et l'escadre fut anéantie.
Quant au gros de la flotte anglaise, partie de la Manche et de la Méditerranée pour l'Extrême-Orient, il dut s'arrêter en Egypte et aux Indes, où le soulèvement était général.
Alors on avait compris que tous les pays seraient entraînés dans le conflit. L'U.R.S.S., voyant enfin une occasion de réaliser un vieux dessin, avait fait alliance avec la Turquie, la Perse et l'Afghanistan, et organise l'insurrection en l'étendant, d'une part, à la Tripolitaine et à l'Afrique du Nord, de l'autre à la presqu'île Indochinoise. Toute la Mongolie se trouvait depuis longtemps sous son contrôle. Quant à la Mandchourie et à la Chine, le Japon y était maître.




On put, dès ce moment, considérer le monde comme un seul champ de bataille où s'affrontaient deux camps : dans l'un combattaient le Canada, les États-Unis et l'Europe à l'exception de la Russie, dans l'autre, la Russie, l'Asie et l'Océanie. L'Afrique était divisée : avec la région du Cap, fidèle à l'Angleterre, les pays noirs fidèles à la France et les pays musulmans ralliés à l'Asie. L'Amérique du Sud se trouvait dans une situation analogue, l'Argentine ayant nettement opté pour le parti des blancs, mais plusieurs républiques, comme la Bolivie, l’Équateur, le Nicaragua et la Colombie, se sentant portées par la prédominance de l'élément rouge dans leur population, à suivre l'exemple du Mexique qui, dès avant le début de l'affaire, avait lié son sang indien à la cause des jaunes.
Si l'on n'eut considéré que le nombre des combattants, l'écrasement des blancs eut paru certain. Mais ils avaient pour eux, en dépit des progrès rapides réalisés par les Chinois sous l’impulsion des Japonais, la supériorité industrielle. C'est ce qui leur permit de maintenir l'équilibre de la lutte.
C'est aussi ce qui fut fatal à l'humanité.
La différence de couleur qui séparait les deux adversaires creusait entre eux un abîme si profond que chacun avait cessé de considérer l'autre comme appartenant à la race humaine.
Les soldats européens, quand ils lançaient une vague de gaz, appelaient cela : Soufrer les punaises. Les Asiatiques disaient : Brûler l'encens contre les démons.
Car, très vite, les anciens procédés de combat, comme l'artillerie, les mitrailleuses ou les chars d'assaut, avaient été abandonnés. La marine ne servait plus pratiquement qu'au transport des munitions et l'aviation au lancement des bombes. Depuis l'empoisonnement de la côte de Californie, l'attention s'était portée sur les émissions gazeuses à grande distance. La stratégie consistait à s'assurer du point de départ des grands courants atmosphériques. C'est ainsi que les blancs obtinrent un succès important en établissant, à l'ouest de l'Océan Indien, des usines flottantes, pour charger la mousson de vapeurs qui dépeuplèrent entièrement l'Indoustan, Ceylan, la Birmanie et une partie de la Malaisie.
Le but étant désormais non de réduire l'ennemi à l'impuissance mais de le détruire, tous les moyens furent employés à cet effet. Pourtant on dut renoncer aux jets de cultures microbiennes car les Européens y opposaient la vaccination et les asiatiques s'y montraient peu sensibles, grâce à leur séculaire endurance aux épidémies de toutes sortes. Quant au Rayon de la Mort, qui avait sauvé Tokio, il exigeait un matériel scientifique si compliqué que, seuls, Londres et New-York purent en assurer l'élaboration pour le jour où quelque attaque directe viendrait à les meznacer du côté de lamer.
Mais Londres, comme New-York, comme Tokio, en dépit de ce moyen de défenses, périrent comme toutes les grandes villes du globe. Toutes en effet étaient construites sur la côté ou dans des plaines et n'y eut bientôt de salut que sur les très hauts plateaux et les montagnes.
Les combattants, en effet, trouvant que les gaz à décomposition rapide ne pouvaient convenir à une guerre menée de part et d'autre à la façon d'une colossale campagne de dératisation, ne faisaient plus usage que de gaz à effets persistants. On y voyait l'avantage de débarrasser les territoires attaqués plus sûrement et plus complètement de leurs habitants. C'est ce que les savants appelaient faire de l’antisepsie rigoureuse. Tout microbe de couleur ennemie était ainsi, au bout de quelques jours, détruit sans doute possible.
Il va de soi que cette méthode ne faut pas généralisée avant que les premières années de guerre eussent changé les régions limitrophes en vaste no man's lands, isolant les camps adverses. L'Europe succomba la première, ainsi que l'Afrique du Nord et les îles du Pacifique. Alors l'Asie et l'Amérique se combattirent d'un côté à l'autre du monde. Et, peu à peu, le sol s'y trouva tapissé de nappes mortelles flottant sur les lieux bas, comme les brouillards du soir dans es prairies. Si bien que l'on avait vu de grands mouvements de peuples refluer vers les hauteurs, et couvrir de multitudes désespérées les flancs des Montagnes Rocheuses, de l'Himalaya et des Pamirs.
Pendant ce temps, l'Afrique et l'Amérique du Sud, livrées à l'anarchie, mal pourvues d'avions de transport, agonisaient lentement dans les savanes, les steppes et les forêts, au passage des bandes de vapeurs que les vents arrachaient aux régions saturées et traînaient, comme de longues écharpes qui venaient, en ces pays écartés, se déchirer en millions de linceuls.



Ce fut aux jours où la famine achevait avec rapidité l’œuvre commencée par les hommes, que Lord Harry Mac Carthy reçut, au grand Q. G. des civilised allied, installé dans des galeries creusées en pleine montagne au-dessus du désert de Salt Lake City, à 4000 mètres d'altitude, l'ordre de rejoindre un groupement de combat.
A vrai dire, il s'agissait de la dernière armée existante, six mille avions rapides que l'on venait de former en unité, pour aller attaquer le grand Q. G. des coloured campé sur les plateaux du Thibet, à 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Harry était un homme de trente-deux ans qui avait passé plusieurs années, au sortir de l'Université d'Oxford dans le Civil Service des Indes et s'était fait remarquer au cours d'une mission à Lhassa auprès du Dalaï-Lama. Nul ne connaissait mieux que lui les régions à parcourir et il reçut le commandement de l'escadre aérienne.
Ayant franchi en quelques heures le Pacifique et la Chine, elle s'éleva progressivement jusqu'aux dernières couches de l'atmosphère pour survoler de très haut le Toit du Monde. Les survivants jaunes y avaient adopté une tactique de défense spéciale qui consistait à ne former aucun groupe, à vivre à des centaines de kilomètres les uns des autres en ne communiquant que par transmission de la pensée.
Mac Carthy avait donc assigné à chacun de ses aviateurs une zone déterminée, avec ordre d'y laisser tomber 10 tonnes d'un nouveau gaz 3xk2 solidifié dont les vapeurs devaient suffire à y supprimer toute vie.
L'opération s'accomplit d'autant plus facilement qu'aucun avion ennemi ne parut pour s'y opposer. Si bien qu'on eût pu croire qu'elle avait été superflue, si l'escadre, en revenant par l'ouest, ne s'était heurtée, au-dessus de l'Atlantique, à une escadre de force égale.
Le combat dura 24 heures. Chacun sachant que c'était pour le triomphe à jamais complet de sa race, luttait avec une énergie et une intelligence si grande qu'il semblait qu'aucun des camps ne pût parvenir à vaincre. Les procédés de défense égalaient les moyens d'attaque. Tout était ruse et tactique. Et le vaincu était enfin celui qui, entouré de toute part par un cercle mouvant, ne pouvait plus se maintenir en l'air et plongeait, en une chute où il se redressait rarement. Pour la première fois, la guerre redevenait autre chose qu'une manipulation. Les hommes y reprenaient un goût de vivre qui redoublait leur ardeur. Quand venait le crépuscule, et que le disque du soleil disparaissait derrière les flots, tous les survivants, sans signal, se reportaient d'un bond vers l'ouest, reprenaient une heure d'avance sur la lumière, et la bataille continuait.
Cependant, peu à peu, comme ces vols de sauterelles qui s'éclaircissent à mesure que les insectes tombent, la mêlée qui assombrissait le ciel s'apaisa faute de combattant ?
Elle avait fait le tour du globe, dans le sillage de l'astre. Quelques dizaines d'avions seulement volaient encore. Privés de munitions, trop clairsemés pour lutter en groupe, ils s'affrontaient deux à deux comme des aigles, chacun cherchant à précipiter l'adversaire par un grand choc. Mais, presque toujours, ils tombaient ensemble.
Enfin, Lord Mac Carthy ne vit plus qu'un seul ennemi. Mais lui-même était le seul qui restât de son armée détruite. Ses compagnons de bord avaient préi, sous les balles, dans la carlingue.
Songeant qu'en abordant le dernier avion jaune, il périrait sans doute avant d'avoir pu rendre compte de sa mission, il appela par sans fil le Généralissime. Mais il ne reçut pas de réponse. Calant sa direction, il dirigea le téléviseur vers la région de Salk Lake City. Il ne remarqua rien de nouveau. Les villes, les usines, aujourd'hui dépeuplées, ne portaient nulle trace de bombardement. Il ne voyait non plus aucun de ces nuages de gaz qui révélaient toujours les réactifs colorants disposés à demeure en tous lieux, pour en signaler le passage. Cependant, comme il avait ralenti son vol, la lumière l'avait quitté. Il ne voyait plus l'avion jaune.
Il survolait la Nouvelle-Orléans. Se guidant sur le ruban blanchâtre du Mississipi et de l'Arkansas, il regagna son port, le cœur lourd et l'âme assombrie, avec sa cargaison de morts. Mais quand il arriva au dernier retranchement des blancs, il n'y trouva que des cadavres, car les combattants de l'escadre asiatique, sachant que nul ne songeait qu'on pu se battre encore à la façon des temps anciens, les avaient, mettant pied-à-terre, massacrés à l'arme blanche, la nuit, comme de vieux chimistes surpris dans leur laboratoire.


Mac Carthy était né dans un château d’Écosse, dressé sur un rocher au-dessus des chênes, devant une lande de bruyères dont la pourpre semblait une toge impériale jetée à terre comme un tapis. Dans l'histoire de sa famille, on comptait dix rois. Il était lord d'une province où les paysans en dansant, le plaid sur l'épaule, les bras croisés et le poignard sous leur bas de laine, ont le buste si droit, l'air si calme et les yeux si fiers que, depuis plus de cent ans, tous les peuples du monde les imitent, sans le savoir, en adoptant le chic anglais.
A Oxford, il n'avait jamais eu de camarade qui ne fit partie de la « Gentry ». Nul plus que lui n'était convaincu de la supériorité des Anglo-Saxons sur les autres Européens, des Britanniques sur les Américains et, d'une façon générale, des Écossais sur les autres peuples de race blanche quels qu'ils fussent. Quant à son opinion sur les gens de couleur, bien qu'ayant toujours été conforme à celle de ses compatriotes, elle était devenue singulièrement méprisante le jour où il avait débarqué aux Indes. La terre des métaphysiciens n'avait jamais été pour lui que la terre des parias. Lui qui était allé à Lhassa, il ne croyait pas certes, comme les Thibétains, que le Dalaï Lama fut une incarnation de Dieu, mais, s'il l'avait cru, il en eut perdu tout respect pour la divinté.
Que les Japonais eussent, depuis longtemps, adopté la civilisation d'Europe et restassent indépendants, c'était là un fait qu'il ne pouvait nier mais qui choquait son entendement. Le jour où ils avaient détruit une ville canadienne, il avait rougi de honte et de colère et il s'était, tout de suite, enrôlé.Depuis, sa mère, ses quatre enfants, sa femme avaient péri de la main des jaunes et toute l’Écosse avec eux.
Quand il eut parcouru, pendant plusieurs jours, la région de Salk Lake City, sans y plus trouver homme ni bête et eut pu constater que, maintenant, l'humanité avait bien réellement et totalement disparu, il revint vers la chambre qui lui était réservé au bout de la 23e galerie de la falaise n°6.
Son intelligence chavirait. Pour la première fois, la vieille méthode britannique, qui consiste à sortir des situations difficiles en se référant à l'histoire, pour y trouver des précédents, lui paraissait inefficace. Une seule règle de conduite restait offerte à lui : ne pas oublier qu'il était un gentleman. Et, comme il n'avait pas mangé depuis trente heures, il marchait à pas lourds pour aller passer son smoking et se mettre à table.
L'absence presque complète de main-d'œuvre avait, depuis longtemps, porté l'organisation mécanique de la vie à la perfection.
L'énergie fournie par les chutes du Niagara était transmise au Grand Q. G. par des canalisations souterraines qui n'avaient pas été détruites. Et c'était un spectacle étrange que de voir, dans un désert, des hommes en tôles découpée continuer à conduire des tramways, à guider la circulation, à servir des consommations dans des bars vides.

(A suivre)
J. Gallotti

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samedi 14 avril 2018

Lanos, Scaphandriers (vue d'artiste), 1928

On ne présente plus le génial Lanos, dessinateur, romancier,... Il a donné quelques visions du futur et des outils techniques très saisissantes.
Dans le magazine VU n° 21 du 8 août 1928, il illustre un très court article consacré à la recherche des diamants de l'Elisabethville, navire torpillé le 6 septembre 1917 par un sous-marin allemand dans la baie de Quiberon (voir une page complète sur le mystère des diamants).
Le texte fait référence aux visions verniennes du fond des mers et l'on songe évidemment à Vingt-mille lieues sous les mers.







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A lire:
Article de Jean-Luc Boutel sur Henri Lanos illustrateur
Couverture de Les hommes de fer du professeur Flax (roman illustré par Lanos)
Marquis de Dion, L'automobile et la guerre future (1906), illustrations de Lanos

mardi 10 avril 2018

Ce que nous réserve l'électricité (1929)

Le Petit Inventeur proposait de multiples articles de prospectives. Certains de ces articles étaient annoncés en couverture avec des illustrations tout à fait science-fictionnelles. C'est le cas avec Ce que nous réserve l'électricité (Le Petit Inventeur n° 31, 1929) signé A. Engineer (ça sent le pseudonyme).
La couverture nous montre un robot (électrique bien évidemment):




Pourtant, pour que tout cela fonctionne il est nécessaire de produire et transporter l'électricité. L'idée développée dans l'article est que des usines hydrauliques produiront l'électricité puis le courant sera "projeté par un miroir parabolique dont les rayons chargés d'énergie sillonneront l'espace jusqu'aux sous stations de distribution d'électricité". Ainsi de très nombreux appareils (tant domestiques que professionnels et industriels) pourront fonctionner, les ouvriers deviendront ingénieurs et la guerre se fera au moyen de super-canons. 






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samedi 7 avril 2018

Le train transatlantique d'avions (1928)

Le magazine VU a publié différents articles de prospectives. Dans le numéro 16 du 4 juillet 1928, c'est une gravure présentant un train transatlantique d'avions et intitulée La Victoire des ailes d'acier, qui est proposée accompagnée d'un petit texte.




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mardi 3 avril 2018

L'Histoire du feu (dessin sur le thème préhistorique) (1923)

Le périodique pour la jeunesse Le Petit inventeur (retrouvez les autres articles consacrés à cette publication parus sur ArchéoSF en cliquant ICI) proposait des couvertures souvent très évocatrices.
Ici (n° 34, 6 novembre 1923) elle nous plonge dans la préhistoire à la recherche des origines du feu.