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ISSN 2496-9346

samedi 4 juillet 2020

Alcide, Controverse, 1919

Se projeter dans cent ans est un grand classique de l'anticipation dans la presse. Alcide dans La Lanterne en 1919 imagine la guerre un siècle plus tard.



BLOC-NOTES

CONTROVERSE

En l'an 2019, lors de la grande guerre qui, pour la n plus unième fois, ensanglanta l'Europe, quatre hommes se tenaient assis autour d'une table basse, dans une salle embrumée par la fumée du tabac, et jouaient confortablement à la manille. C'étaient quatre membre de la Société des Nations, réquisitionnés par celle-ci pour faire partie de l'armée internationale chargée de châtier le peuple de l'Europe centrale déclaré en état de rébellion ouverte. 
Depuis plusieurs années, ces hommes vivaient sous terre, transportés d'abris bétonnés à abris bétonnés par les petites draisines électriques qui sillonnent les boyaux situés à deux cents mètres au-dessous de la surface libre. Et pendant ce temps, la bataille faisait rage sur l'étendue des continents. C'est-à-dire que les millions d'aéronefs du peuple outlaw partaient la destruction sur toutes les villes du globe, tandis qu'une nuée d'appareils internationaux, faisait méthodiquement sauter les ouvrages d'art et d'industrie, qui constituaient la gloire du révolté. Il s'ensuivait, de ces procédés de combat, une extermination absolument remarquable des populations civiles, tandis qu'il n'y avait jamais de pertes dans l'armée, protégée qu'elle était des torpilles aériennes, par de nombreuses couches de terre stratifiées. Si bien que l'un des hommes dont il a été question, Chinois par sa naissance, dit ce jour-là à ses compagnons, en abattant un manillon :
Quelle bonne idée j'ai eue de me faire réquisitionner, Y a pas ! C'est là le meilleur embusquage.
Son vis-à-vis, cependant, naturel des îles Fidji, et qui passait pour avoir une grande culture, ne voulut pas demeurer en reste :
Lors d'une précédente guerre, remarqua-t-il, en 1914, un caricaturiste célèbre de l'époque fit un dessin représentant des soldats dans une tranchée, l'un d'eux prononçant, en parlant des civils : « Pourvu qu'ils tiennent ! » Ce serait le cas aujourd'hui de répéter la phrase.
En effet, fit le troisième, qui était Patagon, mais n'y a-t-il pas eu aussi un homme d'Etat illustre, celui qui a inventé la Société des Nations, qui combattit à ce
moment le militarisme au nom de l'idéal pacifiste ?
Certes, rétorqua alors le dernier compagnon, qui appartenait à une nouvelle nationalité, qui venait de revendiquer son droit à l'existence, mais à laquelle on n'avait pas encore donné de nom. Et ce fut une profonde erreur. Car les hécatombes n'ont pris ce caractère de férocité indéfectible dont nous sommes témoins aujourd'hui, que lorsqu'on a substitué les guerres des peuples aux batailles mercenaires dont se désintéressaient les civils. Vive le militarisme !
Mais les interlocuteurs du représentant du Yougoland ne répondirent pas et son observation. Car la question qu'il soulevait là était beaucoup trop grave pour être résolue par quatre humbles soldats dans une salle obscure enfouie à deux cents mètres sous la terre.


Alcide, « Controverse », in chronique « Bloc-notes », La Lanterne, 5 février 1919.

samedi 20 juin 2020

[Un été en uchronie] Refaisons le nez de Cléopâtre (1936)

Pour la quatrième saison consécutive, ArchéoSF vous propose chaque samedi de l'été sa série "Un été en uchronie".

Pour ce premier épisode, retrouvons "Refaisons le nez de Cléopâtre" publié dans Jeunesse magazine le 27 décembre 1936 (numéro hors série de lancement).


 


Refaisons le nez de Cléopâtre

On connaît la phrase célèbre sur le nez de Cléopâtre : « S’il eût été plus long, la face du monde en eût été changé... » car le brave général Antoine, au lieu de perdre son temps à contempler ce charmant petit nez, aurait préparé sérieusement son armée à la bataille et ne se serait pas laissé rosser par Octave. Combien d’autres « nez de Cléopâtre » ont modifié les événements de l’histoire ! Amusons-nous un instant à deviner ce qui se serait passé si quelques-uns d’entre eux ne s’étaient pas présentés…

QUE SERAIT-IL ARRIVE, SI…

on n’avait pas présenté un jour l’avion d’Ader dans une exposition ?

… le jeune ingénieur Louis Blériot, qui construisait alors des phares à l’acétylène, n’aurait pas éprouvé le « coup de foudre » qui allait l’amener à consacrer toutes ses économies et tout son temps à l’étude de l’avion et faire de lui le créateur du monoplan moderne.

deux chevaux n’avaient pas eu soif, un matin de 1897, dans l’Alaska ?

…. leurs cavaliers, deux Indiens esquimaux, ne les auraient pas menés boire dans la rivière voisine, la Klondike River, et n’auraient pas aperçu, dans le sable d’une crique, des reflets métalliques : la découverte des placers, d’où l’on allait extraire des centaines de millions d’or, n’aurait pas été accomplie.

le professeur Auguste Laurent n’avait pas montré à ses élèves, un jour de 1846, au microscope, des cristaux de tungstate de soude ?

la vision de ces sels géométriques n’aurait pas inspiré à l’un des jeunes gens une curiosité sans bornes, qui allait déterminer chez lui une vocation immédiate de chimiste : et le génial Louis Pasteur serait devenu un simple professeur de mathématiques au lieu d’être un jour le plus grand bienfaiteur de l’humanité.

deux enfants n’avaient pas joué, un matin, sur le tronc d’un arbre mort ?

le jeune médecin Laennec, qui passait près de là, n’aurait pas observé que la voix des deux enfants était amplifiée quand il s’interpellaient aux deux extrémités de l’arbre creux ; et il n’aurait pas inventé le stéthoscope, qui permet l’auscultation grâce à laquelle tant de malades ont été sauvés depuis.

Clémenceau n’avait pas téléphoné à Foch, le 9 novembre 1918 ?

le maréchal aurait refusé de recevoir les plénipotentiaires allemands et ordonné l’attaque prévue pour le 10, en direction de Metz ; nos troupes seraient rentrées en combattant victorieusement sur le territoire du Reich ; et l’univers, comprenant que l’Allemagne était écrasée, n’aurait pas encouragé ses gouvernements successifs à résister à nos exigences : l’avènement d’Hitler eût été, sans doute, évité.

une jeune Américaine n’avait heurté un banc avec sa cheville, un soir de 1852 ?

elle ne se serait pas mise à saigner, et le dentiste Horace Mews, qui assistait auprès de la jeune fille à une conférence du chimiste Davis, n’aurait pas constaté que le protoxyde d’azote, respiré volontairement quelques instant plus tôt, l’avait rendue insensible. Cette observation, qui donna à Mews l’idée de reprendre l’expérience sur lui-même, allait provoquer la merveilleuse découverte de l’anesthésie.




Chaque samedi de l'été, le site ArchéoSF propose des fragments uchroniques anciens. Pour retrouver tous les épisodes de cette série cliquez ICI.

A lire:
Les ouvrages de la collection ArchéoSF ayant remporté le Prix ActuSF de l'uchronie (Prix spécial 2017):



Histoire de ce qui n’est pas arrivé de Joseph Méry : disponible en version numérique et en version papier à tirage limité (50 exemplaires numérotés)




Le passé à vapeur anthologie proto-steampunk: disponible en version numérique et en version papier



Les autres vies de Napoléon Bonaparte Uchronies & Histoires Secrètes : très grosse anthologie (720 pages!) : disponible en version numérique et en version papier


Une Autre histoire du monde. 2500 ans d'uchronies : disponible en version numérique et en version papier

samedi 16 mai 2020

Henri Malin, Dans trois mille ans (1873)

Dans son poème "Dans trois mille", Henri Malin imagine un Paris de l'avenir dans le sillage hugolien et illustre le thème des ruines de Paris :



DANS TROIS MILLE ANS


Personne, le néant, froid, muet, étonné.
(V. HUGO, Légende des siècles)


La solitude morne, incroyable, effrayante,
Le silence profond qui tient de l'épouvante,
Les joncs dressant leur tige au milieu des marais,
Les coteaux, les ravins, les fossés, les forêts,
Les excavations, les souterrains énormes,
Les ronces s'attachant aux branchages des ormes,
Des champs pleins de chardons et de mousse couvrant
On ne sait quoi de noir, et d'informe et de grand
Comme des pans de murs ou des monceaux de pierres,
Qui doivent rappeler bien des choses allières,
Et qui prennent la nuit la forme des tombeaux ;
Des temples en ruine où nichent les corbeaux,
Un édifice encor rayonnant et superbe
Dont le dôme orgueilleux démantelé clans l'herbe
A cette heure fait place au divin firmament
Et plus loin, une tour penchant horriblement,
Aux murs tout dégradés, et là-bas, sur la côte,
Parmi les longs sapins, une porte si haute,
Que son arc affaissé par les ans apparaît
Comme un pont au-dessus de l'obscure forêt,
Tel est l'aspect, telle est la vision étrange
De ces lieux où la gloire est mêlée à la fange.

Chaos, immensité, solitude, néant,
Qu'avez-vous fait, hélas ! de ce peuple géant.
Et parmi ces vieux murs, ces pierres, ces ruines
Couronnés par le temps comme Jésus d'épines,
Où l'on retrouverait de l'or et de l'airain,
Qu'aujourd'hui le lion habite en souverain,
Un fleuve est là caché sous les roseaux dans l'ombre
Qui, fier de son passé, coule sinistre et sombre.

Du plus brillant des jours voilà le lendemain.

Et jamais en ces lieux on ne voit rien d'humain,
Pas même un pâtre errant qui cherche une prairie,
Ni l'abeille qui cherche une rose fleurie.

Quelquefois cependant, le poète égaré,
Rêveur, silencieux, par le calme attiré,
Entre en ces bois profonds, descend vers cette rive,
Où l'eau calme et sans bruit comme lui-même arrive,
Où son pied foule encor par endroits du granit,
S'approche de ces tours que le soleil brunit,
Soulève un coin tremblant de leur manteau de lierre,
Lit les noms oubliés par le temps sur la pierre,
Pleure et s'écrie enfin, parlant à ces débris,
– Dire, hélas ! que c'est là ton squelette, ô Paris –



Henri Malin, « Dans trois mille ans », Revue des jeunes poètes, 1er août 1873


A lire dans la collection ArchéoSF:

Les Ruines de Paris et autres textes, anthologie disponible dans la collection ArchéoSF (120 pages, 5 nouvelles, 3,99 euros pour le format numérique et 12,50 euros pour le format papier)
Charles-Nicolas Cochin, Archéologie du futur. Mémoires d'une société de Gens de Lettres publiés en l'année 2355 (1755-1756) (6 textes réunis pour la première fois en un seul volume, 104 pages, 4,99 euros pour le format numérique et 12 euros pour le format papier)

A lire sur les sites ArchéoSF:

Charles-Olivier Penne, Dans Deux mille ans (1855) 
Emile Deschanel, [Les ruines de Paris] (1859)
Baronne Jenny d'Erdeck, Voyage aux ruines de Paris en l'an 3870 (1870)
Camille Flammarion, Dans les ruines de Paris (1912)

jeudi 14 mai 2020

Michel Robida, 1936 prévu de 1869 à 1883 par ROBIDA (1936)

Le 9 février 1936 le journal Excelsior accueille dans ses colonnes un article sur les "prophéties" d'Albert Robida signé par son petit-fils Michel Robida. Michel Robida y décrit les anticipations de son grand-père devenues réalités. Le texte est accompagné de reproductions de plusieurs dessins d'Albert Robida légendés avec les dates et époques de réalisation des inventions "fantaisistes" du génial caricaturiste.



 

1936 prévu de 1869 à 1883 par le visionnaire ROBIDA

UN MONDE ÉTONNANT, électrifié, mécanisé, un sol perforé de mille tubes et souterrains, une terre couverte d'un réseau métallique aux mailles enchevêtrées, un ciel encombré, sillonné d'appareils étranges, une crainte universelle, une bousculade intense, voilà le globe terrestre au XXI siècle, tel que l'avait imaginé, de 1869 à 1880, Albert Robida, mon grand-père.
C'est en effet, dès 1869, dans un numéro du Polichinelle, qu'il avait donné en quelques dessins la première vision de la guerre moderne.
En 1883, il reprend et développe cette idée dans son journal la Caricature, en publiant « Le conflit australomozambiquois, faits de guerre et opérations chimiques au XXe siècle », bientôt suivi de deux livres : le XXe siècle et la Vie électrique.
Dans ces ouvrages pleins de fantaisie, mais d'une fantaisie doublée d'une extraordinaire clairvoyance, était décrite toute notre vie actuelle.
A une époque où la Tour Eiffel n'était pas encore construite, où l'on édifiait à grands frais le Trocadéro, il annonce le métro, qu'il appelle un tube souterrain, les extincteurs d'incendie, la musique enregistrée distribuée par un organisme central, et jusqu'à la télévision, à laquelle il donne le nom de téléphonoscope.
Il comprend qu'un tel bouleversement des habitudes n'ira pas sans une révolution des mœurs et des coutumes, et bientôt il suppose que les femmes seront avocates, médecins, journalistes, ambassadrices ou préfètes, allant même jusqu'à prévoir l'écroulement de l'empire russe et l'émancipation des femmes turques.
Il imagine une guerre atroce: la nôtre.
Sur terre, il met aux prises des armées fantastiques, précédées de bombardes roulantes, «les tanks», formées de bataillons de chimistes coiffés du masque à gaz, et suivies d'un escadron de médecins chargés de propager artificiellement les maladies contagieuses.
A travers le ciel, il lâche une extraordinaire armée aérienne, tandis que sur mer les cuirassés menacés par la flotte sous-marine s'enveloppent de nuages de fumée artificielle.
En 1880, un cauchemar. Aujourd'hui, des faits, une réalisation.
Car, si mon grand-père avait eu, il y a cinquante-cinq ans, une vision aussi nette, aussi précise de notre existence actuelle, c'est beaucoup plus par crainte de ce que la vie moderne allait devenir détruisant le passé qu'il préférait à toute autre chose, que par amour du progrès et de la nouveauté.
Il n'aimait guère que les légendes, les vieilles maisons et les burgs fantastiques, et il était si peu épris de vitesse et de confort qu'il parcourut à pied la moitié de l'Europe, sous prétexte que c'est le seul moyen de voyager et de bien connaître les pays et les gens.
Pourtant, il devait voir le début du XXe siècle, et la Grande Guerre, dont il souffrit plus qu'un autre, car une à une se réalisaient — ce qu'il avait peut-être cru lui-même — des idées chimériques, et qui étaient beaucoup plus que cela : des prophéties.
Michel Robida



A lire dans la collection ArchéoSF:

Albert Robida, La fin des livres
Albert Robida, Jadis chez aujourd'hui


samedi 9 mai 2020

Emile Deschanel, "Les ruines de Paris" (1859)

Ecrivain et militant républicain opposant à Louis-Napoléon Bonaparte, proche de Charles Baudelaire et de Victor Hugo, Emile Deschanel, à la faveur d'une amnistie, revient d'exil en 1859. Il collabore au Journal des débats littéraires et politiques avec un feuilleton intitulé Causeries de la quinzaine (repris en volume en 1861). Dans son "Histoire des limites de Paris", il imagine un Paris de l'avenir dans le sillage hugolien et illustre le thème des ruines de Paris :


Histoire des limites de Paris



[...] Où s'arrêtera le développement accéléré de cette ville déjà énorme? Nous avons vu ce qu'elle était il y a deux mille ans, une bourgade de bateliers sur un îlot fangeux. Et maintenant demandons-nous : Que sera t-elle dans deux mille ans encore? Aura-t-elle continué de croître toujours ? Ou bien aura-t-elle décru dans deux mille ans, que sera devenue la France elle-même?

Dieu nous garde de prononcer des paroles de mauvais augure ! Dieu nous préserve aussi de déclamer! mais enfin l'histoire nous montre quel a été le sort de Carthage et d'Athènes, de Corinthe et de Tyr, de Thèbes et de Babylone, et de tant d'autres villes autrefois florissantes et relativement aussi puissantes que Paris. Nous voyons que la destinée de tout ici-bas, celle des villes et des peuples, comme celle des hommes et des arbres, est, après avoir crû, de dépérir. Un peuple succède à un autre dans le rôle d'initiateur ; le flambeau passe de main en main, la vie se déplace et change de zone; la civilisation incessamment, aussi bien que la mer, abandonne ses anciennes, plages... Sujet de méditations !

Un temps viendra où les touristes de quelque autre ville lointaine, devenue à son tour la métropole du.monde, et qui aujourd'hui est encore à naître, visiteront « les champs où fut Paris. »

Reculé tant que vous voudrez l'époque où Paris enfin sera mort et où la France ne vivra plus que dans l'histoire : cette époque fatale arrivera pourtant. Et songez alors avec le poëte :


Oh ! dans ces jours lointains où l'on n'ose descendre,

Quand trois mille ans auront passé sur notre cendre.

A nous qui maintenant vivons, pensons, allons,

Quand, nos fosses auront fait place à des sillons.

Si, vers le soir, un homme assis sur la colline.

S'oublie à contempler cette Seine orpheline,

Ô Dieu ! de quel aspect triste et silencieux

Les champs où fut Paris étonneront ses yeux !... [Victor Hugo, "A l'Arc de Triomphe"]

 

Et ce n'est pas tout. Après que de nouveaux peuples et des civilisations nouvelles auront encore remplacé ceux et celles qui avaient envoyé des commissions archéologiques pour aller étudier les ruines de Paris et en enrichir leurs musées, fous périront enfin. Et l'humanité elle-même tout entière, après avoir joué le rôle qui lui est assigné dans l'ensemble universel, disparaîtra de la sur face du globe terrestre comme elle y était apparue. Cette apparition et cette disparition n'auront été dans l'histoire de la géologie qu'un moment, qu'un détail. Après comme avant l'homme, des créations sans nombre continueront de s'accomplir sur ce globe, jusqu'à ce que, des époques incommensurables s'étant écoulées, ce globe à son tour, de plus en plus refroidi au centre et à là surface, se dissolve enfin dans l'espace, et rentre, par l'éternelle circulation des choses, en des agrégations nouvelles...

Mais nous n'en sommes pas encore là.





Emile Deschanel, « Revue de la quinzaine, Histoire des limites de Paris »,
 Journal des débats politiques et littéraires, 8 décembre 1859

A lire dans la collection ArchéoSF:

Les Ruines de Paris et autres textes, anthologie disponible dans la collection ArchéoSF (120 pages, 5 nouvelles, 3,99 euros pour le format numérique et 12,50 euros pour le format papier)
Charles-Nicolas Cochin, Archéologie du futur. Mémoires d'une société de Gens de Lettres publiés en l'année 2355 (1755-1756) (6 textes réunis pour la première fois en un seul volume, 104 pages, 4,99 euros pour le format numérique et 12 euros pour le format papier)

A lire sur les sites ArchéoSF:

Charles-Olivier Penne, Dans Deux mille ans (1855)
Baronne Jenny d'Erdeck, Voyage aux ruines de Paris en l'an 3870 (1870)
Camille Flammarion, Dans les ruines de Paris (1912)

samedi 2 mai 2020

[Dessins] Les îles artificielles d'escales pour l'aviation au long cours (1932)

L'idée de construire des lieux d'escale pour les vols transocéaniques a été développée dans les années 1930. Les avions n'avaient alors pas l'autonomie suffisante pour transporter des voyageurs à travers l'Atlantique (et moins encore le Pacifique).
La série 24 regards sur l'avenir proposait une sorte de plate-forme flottante pour servir de relais.


En 1932, une série d'article "Parlons d'aviation" est publiée dans le périodique pour la jeunesse Pierrot. Dans le numéro 5 du  31 janvier 1932, deux dessins illustrent non plus une plateforme flottante mais des îles artificielles, la première pour les avions, la seconde pour les hydravions.




Pierrot, n°5,  31 janvier 1932

samedi 25 avril 2020

Jean Frollo, Les jurons (1888)

Utiliser une date anticipée pour parler du présent est un moyen fort en usage dans la presse.
Dans Le Petit Parisien du 23 janvier 1888, Jean Frollo publie un long article sur l'usage du juron dans lequel il se projette dans l'avenir, imaginant le regard d'archéologues des temps à venir sur une opérette ; parle du passé et du présent (constatant que l'on ne jure pas plus qu'avant d'ailleurs).
Son article est introduit par ces mots:

Les jurons 

Supposons que, dans trois mille ans, quand notre aimable langue française sera devenue une langue morte, un archéologue, remuant la poussière des bibliothèques afin d'y découvrir des documents sur les mœurs de ce temps, tombe sur une collection de vieilles opérettes et que, parmi celles-ci, se rencontre la pièce que vient de représenter le Théâtre des Bouffes-Parisiens l'érudit qui aura mis la main sur ce texte précieux se fera, convenez-en, une assez singulière idée de l'éducation des jeunes filles à la fin du dix-neuvième siècle.
Le principal personnage de cette opérette est une luronne fille de soldat à qui l'habitude des jurons militaires a fait donner le surnom de «Mam'zelle Crénom ». Afin de ne point laisser s'égarer en de trop fâcheuses hypothèses les érudits de l'avenir, hâtons-nous de témoigner ici que «Mam'zelle Crénom » ne saurait servir de type aux petites pensionnaires de la génération actuelle, et que ce n'est pas l'habitude de nos jeunes tilles fussent-elles filles de soldat d'entremêler leur langage de jurons, même fortement atténués, comme celui que les auteurs de la pièce ont prêté à leur héroïne.[...]

Jean Frollo, "Les jurons", Le Petit Parisien, n° 4104, janvier 1888. 


A lire dans la collection ArchéoSF, le recueil des premiers textes mettant en scène des archéologues des temps futurs (1755-1756) :

mardi 21 avril 2020

[Peinture] Les scènes préhistoriques par Ludovic-Napoléon Lepic (1869-1870)

Destiné à la carrière militaire, Ludovic-Napoléon Lepic (1839-1889) se tourne vers la gravure et la peinture. Il se veut proche des Impressionnistes mais ceux-ci le rejettent. En 1869-1870, il participe à l'un des premiers chantiers d'archéologie expérimentale et reconstitue des outils et des armes préhistoriques.
Au carrefour de ces deux carrières, Ludovic-Napoléon Lepic peint cinq toiles d'inspiration préhistorique. Les quatre premières font partie d'une série représentant la préhistoire, la dernière est d'inspiration archéologique.
Le Musée d'archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye conserve deux de ces toiles:

Mégacéros dans un marais, 125,4 cm x 102 cm, huile sur toile, 1869





Village lacustre de Grésine, lac du Bourget (Savoie), 150,8 cm x 119,5 cm, huile sur toile, 1869


Les deux autres toiles sont "non localisées"

Intérieur d'une habitation lacustre du Bourget, 46 cm x 20 cm, huile sur toile, 1870. Ce tableau est décrit dans le catalogue de 1891 du Musée de Saint-Germain-en-Laye (salle V, p. 136) mais il est considéré comme disparu depuis au moins 50 ans. Une photographie témoigne de l'existence de ce tableau.




Maisons lacustres de Grésine, huile sur toile, 1870. Ce tableau est décrit dans le catalogue de 1891 du Musée de Saint-Germain-en-Laye (salle V, p. 136) mais on n'en connaît aujourd'hui qu'une reproduction sous forme de gravure dans Le Journal de la jeunesse du 10 octobre 1874 (consultable sur Gallica).






Le musée des Beaux-Arts de Chambéry conserve quant à lui le tableau Cadavres préhistoriques dans une grotte, (100,2 cm x 214 cm), huile sur toile, 1870 représentant une scène funéraire archéologique.



Le Musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye a consacré une exposition à Ludovic-Napoléon Lepic (16 décembre 2017-26 mars 2018). Le dossier de presse de cette exposition est disponible ICI. Plusieurs images de ce billet sont extraites de ce dossier.

Pour retrouver tous les billets sur le thème "préhistoire", cliquez ICI.

Quelques tableaux du XIXe siècle représentent des scènes préhistoriques comme par exemple: Xénophon Hellouin, Funérailles au bord de Seine (Gaule préhistorique), 1870.

A lire dans la collection ArchéoSF :
A. Portier, Une chasse préhistorique à l'époque magdalénienne (2,99 euros en numérique)






jeudi 16 avril 2020

[Affiches] Les tirages extraordinaires d'après Jules Verne (1956)

En 1956, la Loterie Nationale produit une série de cinq affiches publicitaires réalisées par William Napoléon Grove inspirées par les oeuvres de Jules Verne:


- Les Cinq cent millions de la Loterie (Les Cinq cent millions de la Bégum)


- Vingt millions sous les mers (Vingt mille lieues sous les mers)


- L'Ecole des gagnants (L'Ecole des Robinsons)


- De la Terre à la Lune... (inutile de préciser le titre original ;) )


- Cinq semaines en gros lots (Cinq semaines en ballon)




Source: Bibliothèques de Paris