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dimanche 21 mai 2023

Charles Nicolle, Le crépuscule des Hommes (1934)

Charles Nicolle, médecin et microbiologiste, a reçu le Prix Nobel de médecine en 1928 pour ses travaux sur le typhus exanthématique (notamment la transmission du typhus à par l'humain par le pou). Il a écrit plusieurs oeuvres littéraires et une nouvelle d'anticipation dans laquelle l'humanité disparaît peu à peu: "Le crépuscule des hommes" (1934).


Le crépuscule des Hommes

 

La tristesse s'empara pour la première fois des hommes lorsqu'ils reconnurent que la parole hésitait sur leurs lèvres.

Ils n'avaient pas été troublés par les avertissements des compagnons dont l'humeur inquiète dénonçait les conséquences amoindrissantes de chacun des progrès de la monstrueuse entreprise humaine. Comment les auraient-ils écoutés ? Hors ces esprits revêches, qui n'éprouvait l'orgueil de l'achèvement de l'œuvre millénaire. Les hommes goûtaient la commodité d'être de simples pièces dans un ensemble, si bien réglé que, désormais, la machine fonctionnait sans cerveau directeur.

Chacun, à sa place, éprouvait le calme béat que procurent l'assurance du présent et l'insouci des lendemains.

Ceux-là même qui prétendaient ressentir gêne ou crainte, quelle résistance eussent-ils pu opposer ? Révolte, arrêt conscient, retour en arrière, tout changement était devenu impossible.

Aussi, nulle émotion n'avait agité la société humaine lorsque mourut l'écriture. Il y avait beau temps que les sons se transmettaient sans qu'il fut besoin du truchement des signes. Dans un monde où tout était sensations et images, à quoi bon cette survivance des âges inférieurs ? La tradition n’avait plus l'excuse d'être exemple ou leçon. L'avenir serait conforme au présent. Rien d'un passé désuet, aussi bien que de ses méthodes, ne valait d'être retenu. Depuis longtemps, l'usine humaine économisait l'inutile.

La parole était un bien si ancien ; elle se liait si étroitement à la pensée que, la sentant fuir, les plus insensibles du troupeau éprouvèrent confusément que leur intelligence se trouvait diminuée par cette perte. L'émotion fut passagère. La parole se retira lentement S'exprimant moins aisément, même en leur langage intérieur, les hommes ressentirent moins l'affreuse privation.

De ce jour, toutefois, data leur tristesse. Point de gaîté dans le silence. Nulle joie animale qui remplace la musique d'échange des lèvres.

Ce fut sur un peuple muet, apathique, comme le sont les bêtes, que sévit la catastrophe. Fissure, rouille, usure, quelle qu'ait été la nature de l'accident, un jour vint où la machine s'enraya. Nulle œuvre de raison qui n'ait sa fin. Seule, la vie se perpétue parce que des forces aveugles la renouvellent.

La crise avait frappé sensiblement, en même temps, les diverses sociétés humaines. Elles ne se distinguaient guère. Toutes avaient été édifiées, elles évoluaient d'après un système pareil, depuis que l'extension de la civilisation, détruisant cent peuples divers, en avait fondu cent autres en une même race.

Tel groupe subit brusquement l'atteinte et, désemparé, disparut. Réduits lentement, certains purent résister.

Les survivants s'éparpillèrent en clans, et l'homme se retrouva isolé devant la nature. Il avait entretenu ses forces physiques par la pratique disciplinée des exercices. Ses muscles lui permirent la lutte.

Longtemps après le grand désastre, les humains continuèrent d'habiter des demeures de pierre ou de boue séchée.

Incapables de remédier, autrement que par des moyens de plus en plus grossiers, aux dégâts inévitables, il leur fallut, un jour, quitter ces retraites.

Indifférents au crépuscule des hommes, les chats s'y maintinrent. Ils reprirent une vie nocturne en lutte avec les rongeurs qu'affaiblissait la privation des commodités de leur existence parasite.

L'humanité ne bâtit des huttes. Elle reprit le chemin des cavernes et des abris sur la berge des cours d'eau paresseux. Son industrie s'était réduite à ce que produit le travail des mains.

Nul souci du galbe, nul décor des poteries. Le long esclavage de l'usine avait détruit toute originalité. A son tour, le goût de la symétrie suivit la logique dans sa chute.

Les brutes humaines poussaient, à grands cris, leurs maigres troupeaux. Oublieuses du retour des moissons, elles menaient paître les bêtes par les marais verdoyants ou bien les fourrés aux feuilles tendres. Des milliers d'injectés dévoraient animaux et gens ; certains s'installaient sur leurs peaux.

A reprendre la vie sauvage, les taureaux se rebellèrent. Il fallut que l'homme engageât des combats avec eux. Il n'y prenait pas toujours l'avantage. Las de courir, il laissa s'enfuir chèvres et moutons. Le cheval avait disparu depuis l'ère des moteurs.

Le jour vint où les chiens se séparèrent des hommes. Un pacte, renouvelé fidèlement au cours des siècles, unissait le destin des deux espèces.

Les chiens avaient accepté la misère commune. Hâves, ils suivaient la troupe nomade ; décharnés, ils veillaient de nuit au dehors des huttes, disputant à l'avidité des fauves les débris et les squelettes. Les femelles trahirent en s'unissant à des loups. Dans leurs fils, l'homme connut ses ennemis les plus cruels.

Abandonnée de son compagnon, incapable de retenir les bêtes domestiques que les carnassiers exterminèrent, la race vécut de fruits, de menu gibier forcé dans ses trous, d'escargots, d'œufs dérobés aux creux des nids. Pourchassée par les fauves, sans armes que des gourdins, elle chercha sa sécurité dans les arbres.

Elle s'y confinait quand, sous le poids de longs orages, les fleuves, mêlant leurs eaux, envahirent les forêts où s'étaient réfugiés les humains. Les bandes terrifiées virent les flots entourer le pied des arbres. Un vent affreux fouettait les branchages. L'un après l'autre, arrachés par la tourmente ou paralysés par le froid, petits, femmes, hommes glissaient, s'abattaient dans les eaux. Il semblait aux derniers survivants que, mû par une colère monstrueuse, l'Esprit des arbres secouait les grappes humaines afin d'en finir plus vite avec cette vermine détestée.

Alors, sur la terre affranchie, dans les sauvages mers, aux libres champs de l'espace, par toute la nature désormais harmonieuse, recommença le règne des êtres sans raison.

 

Charles Nicolle, « Le crépuscule de Hommes »,
Les Nouvelles littéraires, artistiques et scientifiques, 25 août 1934.

 

mardi 1 décembre 2020

Touchatout, Ce qui arrivera en l'an 2463 (1871)

 En 1871, Touchatout signe dans le journal satirique Le Tintamarre la petite anticipation "Ce qui arrivera en l'an 2463". Attention, le ciel la Lune va nous tomber sur la tête !


Ce qui arrivera en l'an 2463

Un astronome de Saint-Etienne vient de calculer que la lune, — qui est en train de tomber en ce moment,— rencontrera notre globe dans 592 ans et quatre mois.

Le Tintamarre n'a pas voulu être pris au dépourvu; il a commandé à M. Cam, son opticien ordinaire, une lunette pour observer la marche de la lune.

Nous pouvons dès aujourd'hui préciser l'heure et l'endroit de sa chute sur la terre.

Cette planète nous tombera sur le dos le 8 décembre 2463, à quatre heures 38 minutes de l'après-midi.

Le coup portera en plein dans l'Océan Atlantique, qui, refoulé tout entier sous la pression de cet énorme bloc, viendra inonder toute la terre.

Prévenus à temps, tous les habitants du globe se seront attaché des vessies aux épaules et remonteront à la surface de l'eau, d'où ils gagneront à la nage les hauteurs avoisinantes et y fonderont de nouveaux mondes.

Les gens qui auront placé leur argent sur hypothèques feront un nez énorme.

Les habitants du nouveau, globe, instruits par 6000 ans d'expérience, reconstitueront une société sur des bases équitables en écartant de leur constitution et de leurs moeurs toutes les injustices et toutes les ordures dont ils auront souffert précédemment.

Ainsi disparaîtront à jamais les abus de toutes sortes, le Figaro et l'Avenir libéral.

De temps à autre, se détachera du fond de l'eau une épave de l'ancien monde, on en fera un musée.

Juste au-dessus de Chislehurst on placera une bouée flottante, indiquant aux navires qu'ils ne doivent pas approcher à cause des émanations pestilentielles.

Trois mois, jour pour jour, après l'inondation du quartier des Jeûneurs, un marchand de vin de Terre-et-Lune fusionnées, s'éveillera le matin en s'écriant :

— Sapristi !... et ma femme qui était enfermée à la cave !...

Il ira vite s'acheter un appareil à plongeur, se laissera glisser au moyen d'une corde au-dessus de son ancien domicile.

Une fois arrivé, il pénétrera dans sa boutique, tâchera de ramener le peu de linge qu'il avait laissé dans le tiroir et ne remontera à la surface qu'après avoir roulé quelque chose de très lourd sur la trappe de la cave.


Touchatout, « Ce qui arrivera en l'an 2463 », 

 in Le Tintamarre, 8 octobre 1871

jeudi 5 octobre 2017

Gabriel de Rarécourt de la Vallée marquis de Pimodan, Nihilisme (1898)

Pimodan a signé dans Les Sonnets de Pimodan (1898) quelques textes à tendance conjecturale. Nous avons déjà présenté Dernier Sélénite. Dans la partie "Nihilisme (songe en train rapide)" qui comprend sept sonnets nous revenons sur Terre avec le songe d'une révolution "rouge" qui n'est guère du goût du très catholique conservateur marquis de Pimodan. Nous livrons l'ensemble ci-dessous.






Nihilisme

I

L'AIGUILLEUR

Si rapide qu'il laisse aux rails une brûlure,
Si pesant qu'il étonne encore l'aiguilleur,
Comme un tonnerre humain, vers un climat meilleur,
Le train de luxe roule à sa plus grande allure.

De ces riches combien valent, en leur enflure
De basse vanité, le pauvre travailleur
Raidi sur le quai sombre, immobile veilleur,
Aux rafales de l'Est mêlant sa chevelure ?
C'est la nuit. L'homme est là docile mais rêvant,
Sous la blouse creusée aux morsures du vent,
Que « le grand soir » des revanches viendra peut-être,

Le soir rouge, le soir du dernier « ça ira »,
Où l'on ne pourra plus dire le nom d'un maître,
Où l'express monstrueux, culbuté, périra.

II

APRES « LE GRAND SOIR »

Quand rien ne sera plus des sociétés pourries
Où nous agonisons ; quand on aura brûlé,
Depuis les parlements jusqu'aux gendarmeries,
Tout l'édifice ancien chaque jour ébranlé ;

Quand des « Princes » iront parmi les railleries,
Tendant la main, couchant sous un pont écroulé ;
Quand on verra « Crésus », employé des voiries,
Parmi les balayeurs être immatriculé ;
Quand, du lointain Oural aux flots de l'Atlantique,
Il ne restera rien, rien de l'Europe antique,
Rien des trônes, et des pouvoirs, et des autels,

Les hommes n'auront pas rapproché de leurs lèvres
La coupe du bonheur, où se calment les fièvres,
Et souffriront toujours de leurs maux immortels.

III

LE BON CHIMISTE

La vieille humanité, lasse de l'échéant,
Alors, proclamera l'inanité de vivre,
Le recul éternel du bonheur à poursuivre ;
Et cette ultime foi sera sans mécréant.

Un chimiste, penché vers l'abîme béant,
Trouvera l'explosif devant fermer le livre
De nos destins vaincus par la Mort qui délivre,
Pour rouler notre race au Linceul du Néant.

Possédant le suprême et dernier magistère,
Un chimiste, pontife adoré de la Terre,
Presque dieu, sous un dôme immense en dur métal,

Un chimiste très doux, pitoyable et lyrique,
Pour briser la planète en terminant le mal,
Allumera du doigt l'étincelle électrique.

IV

LA DESTRUCTION DE LA TERRE

Oh ! la terre brisée ainsi qu'un projectile
Eclate ; le malheur fini, le vieux destin
Vaincu !,.. Plus un poisson nageant, plus un reptile
Rampant, plus un oiseau chantant au gai matin !

Plus rien qui souffre accablé par le sort hostile...
Mais le repos conquis, immuable, certain,
Sans possibilité de l'heure versatile,
Où reviendrait la vie en un éveil lointain.

Quel rêve!... le Bouddha futur devant renaître
Pour terminer son oeuvre enfin, sera peut-être
Le chimiste attendu, béni, sollicité,

Qui, dédaignant palais, villes ou capitales,
Livrera d'un seul coup le inonde aux morts brutales
Et si douces pourtant d'instantanéité.

V

LES AUTRES MONDES

Mais si là haut vraiment, sur les sphères lointaines
Qui vers notre soleil tournent leurs horizons,
Des êtres ont aussi dans leurs âmes hautaines
L'horreur de l'éternel vouloir des floraisons,

Des parfums emplissant les victoires certaines
De l'invincible avril, athlète des saisons,
De l'eau coulant toujours aux pierres des fontaines
Pour la coupe des maux qu'en vain nous épuisons;

Si là-haut, connue nous, d'autres sous leurs tortures
Succombent, trop martyrs, au fardeau de Natures
Différentes mais non moins cruelles... Alors...

Alors, de monde en monde effarant les espaces,
Qui saura, projetant la douceur de ses grâces,
Universaliser le saint repos des morts ?

VI

LA MORT UNIVERSELLE

La mort à notre globe, aux planètes solaires,
Aux univers connus, est-ce la fin des maux,
Si dans les vagues cieux, plus loin que les Polaires,
D'autres humanités ont d'éternels rameaux ?

Si des êtres pensants, aux affres similaires,
Par des villes, des bourgs, des cités, des hameaux,
Fixant l'autre côté de nos caniculaires
Tordent leurs bras plus loin que l'Ourse ou les Gémeaux ?

Plus loin, toujours plus loin... Il faut détruire encore,
Anéantir jusqu'au vagabond météore
Qui pourrait devenir un monde en cent mille ans...

Et cela fait... cela ne sera rien peut-être,
Si les décilions de siècles voient renaître,
Un jour maudit, le mal que nous portons aux flancs.

VII

INUTILITE

Ah! nul exacerbant les forces du génie
Dans la sainte pitié faisant craquer son front,
Nul ne saura finir l'éternelle agonie,
Où toujours et toujours des êtres souffriront...

Nul ne diminuera la misère infinie..,
Et, quand les poursuiveurs d'impossible croiront
Enlever un rameau de l'arbre tyrannie,
Ils n'en verront pas dix verdir sur le vieux tronc !...

Puis, songe plus affreux et futur plus horrible !
L'âme traverserait ces affres comme un crible,
Si l'on pouvait trouver le suprême explosif...

— Et voilà ce qu'au coin d'un wagon de première,
Ayant voilé le globe où vibrait la lumière,
O mon frère aiguilleur ! rêvait ton frère oisif !





jeudi 31 août 2017

Anonyme, La fin du monde (1894)

La fin du monde fait partie des grands thèmes de la science-fiction. C'est aussi une interrogation scientifique souvent soulevée par la presse. En 1894 The Herald propose un article évoquant les différentes fins du monde envisageables.
Le Journal du dimanche reprend cette information sous la forme d'une brève le 22 avril 1894.


VARIÉTÉS

La fin du monde

Voici, d'après le Herald, les six dernières hypothèses scientifiques sérieusement émises au sujet du détraquement final de notre globe terrestre :

1° La surface terrienne diminue de jour en jour, donc la race humaine est condamnée tôt ou tard à la noyade ;

2° La glace s'accumule graduellement au pôle Nord. Un jour viendra où la terre perdra son équilibre, fera une pirouette sur son axe, et la race humaine sera écrabouillee par le déplacement formidable des choses ;

3° La terre se rapproche insensiblement du soleil; l'homme est destiné à rôtir vivant ;

4° L'eau devient de plus en plus rare; l'humanité mourra de soif ;

5° A partir de l'an 3000, l'homme éprouvera une influence rétrograde ; les derniers spécimens humains rivaliseront, par les dimensions, avec les insectes et s'évanouiront mieroscopiquement dans l'infiniment petit ;

6° Le soleil tend à s'éteindre : l'humanité gèlera.

Il en est, comme on voit, pour tous les goûts ; à quelle sauce les infortunés descendants d'Adam préfèrent-ils être mangés ?

Anonyme, « La fin du monde »,
in Journal du dimanche : littérature, histoire, voyages, musique,

36ème année, n° 2630, 22 avril 1894.

jeudi 3 décembre 2015

Charles Baudelaire, "Le monde va finir" (1880)

Rencontrer Charles Baudelaire sur ArchéoSF n'a rien de surprenant. Traducteur d'Edgar Allan Poe, il a côtoyé le merveilleux scientifique et eut même le projet d'un roman intitulé La Fin du monde cité dans les Fragments publiés en 1908 (Oeuvres Posthumes, éditions Mercure de France, 1908) avec cette mention:

La fin du monde. Un roman sur les derniers hommes. Les mêmes vices qu’autrefois. tances immenses. De la guerre, des mariages, de la politique parmi les derniers hommes. Les dernières palpitations du monde, luttes, rivalités. La haine. Le goût de la destruction et de la propriété. Les amours, dans la décrépitude de l’humanité. Chaque souverain n’a que cinquante hommes armés. (Éviter le dernier Homme) [Baudelaire fait référence au Dernier homme de Grainville]

Quelques autres textes méritent d'être annexés. Ainsi dans Fusées (paru à titre posthume en 1880), on trouve ce paragraphe sur le monde qui va finir:


Le monde va finir. La seule raison, pour laquelle il pourrait durer, c’est qu’il existe. Que cette raison est faible, comparée à toutes celles qui annoncent le contraire, particulièrement à celle-ci : Qu’est-ce que le monde a désormais à faire sous le ciel? — Car, en supposant qu’il continuât à exister matériellement, serait-ce une existence digne de ce nom et du Dictionnaire historique? Je ne dis pas que le monde sera réduit aux expédients et au désordre bouffon des républiques du Sud-Amérique, que peut-être même nous retournerons à l’état sauvage, et que nous irons, à travers les ruines herbues de notre civilisation, chercher notre pâture, un fusil à la main. Non ; car ces aventures supposeraient encore une certaine énergie vitale, écho des premiers âges. Nouvel exemple et nouvelles victimes des inexorables lois morales, nous périrons par où nous avons cru vivre. La mécanique nous aura tellement américanisés, le progrès aura si bien atrophié en nous toute la partie spirituelle, que rien, parmi les rêveries sanguinaires, sacrilèges ou antinaturelles des utopistes, ne pourra être comparé à ses résultats positifs. Je demande à tout homme qui pense de me montrer ce qui subsiste de la vie. De la religion, je crois inutile d’en parler et d’en chercher les restes, puisque se donner la peine de nier Dieu est le seul scandale, en pareilles matières. La propriété avait disparu virtuellement avec la suppression du droit d’aînesse; mais le temps viendra où l’humanité, comme un ogre vengeur, arrachera leur dernier morceau à ceux qui croient avoir hérité légitimement des révolutions. Encore, là ne serait pas le mal suprême.