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ISSN 2496-9346

lundi 8 juillet 2019

[uchronie] M. Emile Faguet et Mirabeau

Chaque lundi de l'été (du 24 juin au 16 septembre 2019), ArchéoSF propose un article sur l'uchronie comme en 2017. C'est un nouvel Été en uchronie ! Pour retrouver tous les épisodes de cette série cliquez ICI.

En 1913, après la publication le texte "Sur Mirabeau" (recueilli dans l'anthologie Une Autre histoire du monde. 2500 ans d'uchronie) dans lequel Emile Faguet s'interroge sur le destin de "L'orateur du peuple" s'il n'était pas mort en 1791, un auteur anonyme publie dans Les nouvelles un texte intitulé M. Emile Faguet et Mirabeau.
Nous avons à l’œuvre une circulation textuelle intéressante: Louis Barthou publie en 1913 à la Librairie Hachette son ouvrage biographique Mirabeau. Emile Faguet imagine d'autres destins possibles dans la Revue des Deux-Mondes puis ce rédacteur anonyme envisage d'autres destins antérieurs à la Révolution française. 



Dans les revues



M. Emile Faguet et Mirabeau



Dans la Revue des Deux-Mondes, M. Emile Faguet examine avec sa verve coutumière le Mirabeau de M. Louis Barthou, ou plutôt il disserte sur Mirabeau à propos du livre de M. Barthou.

Que serait-il arrivé de Mirabeau s’il n’était pas mort le 2 avril 1791 à l’âge de quarante-deux ans ? se demande M. Faguet. Ces questions sont trop oiseuses pour que je consacre à l’une d’elle plus de vingt lignes mais encre elles contribuent à fixer les idées sur un homme.

Il aurait été assurément guillotiné en 1793 s’il fût resté en France ; si, ce qu’il aurait sans doute compris qu’il fallait faire après les découvertes de l’armoire de fer, il avait fui à l’étranger, il n’aurait pas pu revenir avant le Consulat et très probablement il n’aurait pas été employé par Napoléon qui s’accommodait mal d’hommes de sa taille, et il n’aurait pu devenir ministre qu’avec Louis XVIII vers 1818 ou 1820, et, à cette époque, il aurait eu soixante-dix ans. C’était un peu tard. On ne peut donc dire qu’à la date où Mirabeau mourut, sa carrière était si près d’être finie qu’en vérité elle l’était.

Inversement, s’il avait été prêt d’autre sorte qu’intellectuellement en 1788, s’il avait été moralement ministrable en 1787 ou 1788, s’il avait, à la place de Necker ou de Montmorin, présidé comme chef de gouvernement à la Révolution naissante, s’il avait été appelé à la diriger, à la contenir, à la guider, à l’éclairer avec la netteté de ses vues et la décision de son geste, il est possible, il est presque probable que ce grand mouvement, très nécessaire, eût pris un tout autre cours et meilleur, et que son seul produit net, l’Empire (qu’il a prévu), n’aurait jamais existé.

Quittons l’uchronie. Que reste-t-il de Mirabeau ? Ses écrits, tout pleins d’idées, presque toutes justes, toutes intéressantes et curieuses, malheureusement d’un mauvais style ; ses discours, d’un style meilleur quoique surchargé encore et trop feuillu, mais presque toujours d’un mouvement magnifique, d’une largeur de fleuve et d’une course de torrent ; ses vues sur le nouveau régime, qui ne s’appliquent précisément qu’à la monarchie constitutionnelle mais dont il y a à tirer indirectement pour tout gouvernement représentatif : immense danger pour les libertés individuelles et pour les droits du peuple d’une Assemblée qui assume tous les pouvoirs, qui « envahit tout », qui se fait législative et exécutive et qui forme, elle et sa clientela, une aristocratie plus égoïste et plus oppressive, une aristocratie de curée plus féroce que toutes les aristocraties et que toutes les royautés ; nécessité, pour la contenir, d’une presse libre qui surveille et qui la dénonce et d’un partage de sa souveraineté même législative avec le chef de l’État, qu’il soit roi constitutionnel ou président de la République, ce qui est exactement la même chose ; nécessité de mœurs publiques qui soient telles, s’il est possible, que jamais le peuple ne se croie libre pour avoir délégué sa souveraineté à des délégués qui l’oppriment.

Il y a peut-être de bonnes choses dans ce que Mirabeau a laissé derrière lui après son court et tumultueux passage à travers le monde.



Anonyme, « Dans les revues. M. Emile Faguet et Mirabeau »,
 in Les Nouvelles, n°1532, 5 juin 1913

lundi 1 juillet 2019

[réclame] Charles Renouvier, Uchronie (L'Utopie dans l'histoire), 1876

Chaque lundi de l'été (du 24 juin au 16 septembre 2019), ArchéoSF propose un article sur l'uchronie comme en 2017. C'est un nouvel Été en uchronie ! Pour retrouver tous les épisodes de cette série (2017 compris) cliquez ICI.

En 1876, pour annoncer la parution du livre de Charles Renouvier, Uchronie (L'Utopie dans l'histoire) esquisse historique apocryphe du développement de la civilisation européenne, tel qu’il n'a pas été, tel qu’il aurait pu être cette réclame était insérée dans les journaux. Ici dans le Journal des débats politiques et littéraires du 4 mai 1876.


mercredi 26 juin 2019

Pierre-Marie Desmarest, L'Empire savant : le manuscrit original en photos!

La collection ArchéoSF accueille depuis le 12 juin 2019 un nouveau texte : L'Empire savant de Pierre-Marie Desmarest.
Ce texte est particulier car il s'agit d'un manuscrit rédigé vers 1820-1830, longtemps conservé dans les archives de la bibliothèque Saint Corneille et découvert en 2013 par Vincent Haegele alors conservateur des bibliothèques de Compiègne. Le manuscrit se présente comme un ensemble de feuilles éparses, il a donc fallu au découvreur recomposer le texte.
Et quel texte! Comme l'indique Vincent Haegele dans son introduction:

[Le héros] "Isidore découvre de curieux appareils, des fluides, des cristaux qui répercutent les ondes, font apparaître la matière enfouie, ou, plus communément, transmutent les métaux. Desmarest imagine tour à tour un appareil capable de lire dans les pensées, un autre qui permet d’écouter les conversations (sa description ressemble de façon troublante au téléphone), les rayons X, la cryogénisation (ou principe de vie arrêtée à la demande), la fécondation in-vitro, la capacité de se mouvoir dans les airs, les boissons énergisantes, une pédagogie où instruction et éducation sont inextricablement mêlées, l’usage de la psychanalyse et l’intuition de l’inconscient..."

Ce travail de restitution du texte a demandé un long travail. Voici quelques images du manuscrit original :







lundi 24 juin 2019

[critique] Louis Asseline, L'Utopie dans l'histoire (sur Charles Renouvier) 1876

Chaque lundi de l'été (du 24 juin au 16 septembre 2019), ArchéoSF propose un article sur l'uchronie comme en 2017. C'est un nouvel Été en uchronie ! Pour retrouver tous les épisodes de cette série cliquez ICI.

En 1876 paraît Uchronie (l'Utopie dans l’histoire), esquisse historique apocryphe du développement de la civilisation européenne, tel qu’il n'a pas été, tel qu’il aurait pu être de Charles Renouvier au Bureau de la Critique philosophique. Il s'agit d'une nouvelle version entièrement revue et complété de Uchronie. Tableau apocryphe des révolutions de l'empire romain et de la formation d'une fédération européenne paru dans la Revue philosophique et religieuse en trois livraisons en 1857. 
Louis Asseline publie dans sa Revue des sciences historiques qui paraît en feuilleton dans le journal de Léon Gambetta La République française une longue recension discutant des postulats de Charles Renouvier (déterminisme, libre arbitre,...).
Alors qu'entre 1857 et 1876 on n'en trouve aucune occurrence, le mot "uchronie" après la publication du livre de Charles Renouvier va rapidement s'imposer (voir la présentation de Une Autre histoire du monde. 2500 ans d'uchronies, collection ArchéoSF).



REVUE DES SCIENCES HISTORIQUES CCXXII



L’Utopie dans l’histoire.


En tout temps, il s'est rencontré des esprits difficiles que le spectacle du monde ne ravit pas en extase. Il leur plairait fort de retoucher ce tableau plein d’incohérences, de sottises et parfois de sang. Cette rébellion contre la prétendue sagesse de l’optimisme nous a valu bien des œuvres fortes ou piquantes, utopies et pamphlets que la Providence, à l’instar de M. Buffet, n’a pas eu le temps de lire. La plupart des mécontents se choisissent des cadres où la raison et la fantaisie ont libre carrière, transportent leurs théories et leurs critiques des institutions contemporaines en des époques, des pays et des milieux imaginaires ou fabuleux : Fénelon à Salente, tout au fond du passé ; Mercier au vingt-cinquième siècle, en plein avenir; Swift à Lilliput à Brobdingnac, selon le bout de la lorgnette par lequel il regarde les hommes bien encore dans l’île volante de Laputa, qui ne tient à la terre que par un fjl. Campanella et Cyrano s’écartent plus hardiment : celui-ci jusqu’à la lune, celui-là jusqu'au soleil.
Tout récemment encore, pour voir de haut notre machine ronde, M. J.-G. Prat se fixait dans les régions célestes moyennes, sur le sol vierge de la planète Vénus, peu connu même de M. Flammarion, si familier pourtant avec « les humanités nos sœurs, qui passent. » Son Almanarre, enlevé par une tempête aérienne, échouait avec son ballon déchiré, dans un Eldorado libre de nos préjugés et de nos vices. Là, point d’envie, point de mauvaise foi, point de fictions autoritaires et de tribunaux d’exception. Là l’instruction florissante, la démocratie équilibrée, le sens de l’intérêt international ont depuis longtemps supprimé les dures nécessités qui arment ici-bas l'Etat contre ses membres, les nations contre leurs voisines. Les vieillards n’y sont point des Gérontes ; les jeunes gens n'y sont point des gommeux, sous peine d être bafoués et honnis ; car, en ce pays idéal, le ridicule a gardé la puissance qu’il eut longtemps chez nous. Les filles et les femmes, sans renoncer à la grâce et à la coquetterie, ne réclament plus le privilège de la frivolité ; une solide instruction, toute laïque, les met en garde à la fois contre l’enivrement du succès et contre les tentations d’un mysticisme puéril. Elles ne sacrifient pas les idées, les convictions, l’honneur de leurs amis et de leur époux, l’intelligence de leurs enfants, à l’intérêt d’une coterie tracassière ; elles n’écoutent point les directeurs de conscience. les semeurs de zizanie. Le grand mal qui ronge notre société moderne, l’antagonisme profond de l’homme et de la femme, mal si invétéré qu’on aime mieux vivre avec lui que le combattre et qu’on remet sans cesse une cure pourtant bien nécessaire, est absent de cette planète heureuse. On ne sait trop pour quel besoin l’auteur y laisse subsister un fantôme de religion épurée, faite de processions et de conférences mêlées de chant. La perfection ne serait-elle pas du monde solaire, plus que du monde terrestre, ou bien ne faut-il voir, en cette inutile fiction, qu’un reste de faiblesse humaine, de vague à l’âme, souvenir de notre nuageuse atmosphère ? Quoi qu’il en soit, Almanarre, à chaque pas, rencontre des sujets d’étonnement et d’humiliation. En vain il vante à ses hôtes, dans un style fort vif, la profondeur de nos philosophes, la sublimité de nos théologiens et de nos casuistes, les mérites de nos principaux écrivains, très reconnaissables sous la transparence des anagrammes ; en vain il raconte nos discordes civiles, nos guerres, les bienfaits de nos hommes d’Etat, les finesses de nos hommes d’affaires : ses éloges et ses récits n’excitent le plus souvent qu’un rire homérique, bien dû à son amour-propre terrien ; il se fâche, et la gaîté redouble. C'est assez dire qu'aucun de nos travers et de nos engouements n’échappe à la saine et mordante ironie de M. Prat (1).
Si le présent, si l’avenir, qui nous appartiennent en partie, se prêtent aux rêveries réformatrices, il n’en est pas de même de l'irrévocable histoire. La plus droite raison est impuissante contre les séries de faits accomplis qui ont constitué jusqu’à nous la trame des destinées humaines. L’hypothèse n’a pas de prise sur le passé ; rien ne peut changer ce qui fut une fois.


Et qui, pourtant, ne s’est dit bien sou vent : si tel sauveur de société eût renoncé huit jours plus tôt à ses préjugés autoritaires, telle insurrection lamentable n’eût pas éclaté, 20 ou 30,000 hommes n’auraient pas teint de leur sang les pavés et les murs à hauteur de poitrine, telle capitale, peut-être, n’aurait perdu ni ses monuments, ni ses industries ? Qui ne s’est dit : si tel cerveau buté n’eût pas barré le passage au flot montant des capacités, le suffrage universel n’eût pas précédé l’instruction du peuple et jeté la France aux abîmes ? Si telle île n’eût pas été rattachée au continent, tel pays posséderait encore ses frontières naturelles ? Si tel rêveur mystique n’avait pas désorganisé la société civile, quinze siècles mauvais eussent été épargnés aux peuples de l’Occident ? Si ?... Et l'imagination de travailler sur ce thème inépuisable.
L’inefficacité des solutions, même les plus plausibles, coupe court d’ordinaire à la poursuite de pareils problèmes. C’est, cependant, une spéculation rétrospective de cet ordre qui vient de tenter l’un de nos philosophes contemporains. M. Renouvier a entrepris de recommencer l’histoire, à partir d’un moment donné, et de restituer le développement possible, « tel qu’il n’a pas été, tel qu’il aurait pu être », de la civilisation européenne ; il a pensé que la comparaison entre l’enchaînement imaginaire des faits et leur suite réelle éclaire rait d’une vive lumière le rôle délétère et dissolvant joué par les superstitions orientales dans la vie de l’Occident ; de plus, en supposant, non sans vraisemblance, qu’un seul incident, un seul acte volontaire introduit dans l’histoire peut en modifier le cours, il espère porter un coup décisif au déterminisme, c’est-à-dire à l’opinion qui reconnaît dans la marche des événements une résultante de fatalités rigoureusement suivies; enfin, il prétend tirer de son hypothèse même (qui ne s’est pas réalisée), une présomption en faveur du libre arbitre, de l’absolue indépendance de la volonté humaine. Ce sont là trois grosses thèses qui ne sont nullement connexes, comme le savant auteur paraît le croire. La première, à laquelle d’ailleurs nous sommes acquis sans réserve, relève de la critique historique, et n’implique point les deux autres ; en effet, les résolutions et les actes des hommes peuvent être rangés parmi les éléments qui déterminent l'ordre ultérieur des faits, sans ébranler aucunement la doctrine déterministe; et de même, la part de la volonté dans l’histoire, part que nul ne méconnaît, n’entame en rien celle de la fatalité générale : de ce que la volonté détermine, il ne s’en suit pas qu’elle ne soit elle-même déterminée. C’est ce que nous établirons tout à l’heure.
Voici d’abord la fable imaginée par M. Renouvier et l’ordonnance de son livre (2).
Un Français réfugié en Hollande au dix-septième siècle, voyant son fils séduit par la propagande catholique, se décide à lui révéler le mystère de sa vie et les causes de sa propre conversion au protestantisme ; comment, moine et ardent ligueur, mais désespéré par le triomphe de Henri IV, puis déjà troublé par la lecture de Montaigne, il était allé retremper sa foi au centre même du catholicisme, à Rome ; comment, confesseur des accuses du saint office, il avait vu brûler Giordano Bruno et Vanini, torturer Galilée. Les intrigues romaines, les vices et l’impiété des cardinaux, le courage et la conviction des hérétiques, un commerce de jour en jour plus intime avec les grands esprits de l’antiquité, Aristote, Platon, Virgile, Cicéron, Tacite, avaient fait de lui un homme nouveau. Enfin, converti à la libre-pensée et à la haine de la théocratie par un vaillant octogénaire voué au bûcher, le père Antapire, il s’était évadé de sa honteuse fonction, cachant son nom et son passé; comme eût fait un ancien aide-bour reau. Pour détourner l’attention sur la terre étrangère, il avait embrassé le protestantisme, mais sans croire davantage à la divinité d’un livréequ’à celle d’un homme. Quand il vit son fils radicalement guéri de sa manie commençante, il lui remit un précieux manuscrit du père Antapire, intitulé : Uchronie, celui-là même que M. Renouvier nous fait lire aujourd’hui.
L'auteur supposé débute par un curieux parallèle entre l’esprit libre et ouvert de l’Occident, créateur de la cité et de la loi, et l’âme servile, étroite, intolérante de l’Orient, inventeur de .l’absolutisme politique et religieux ; il montre les conquêtes d’Alexandre et la domination romaine, ouvrant la porte aux divinités farouches et absurdes de l’Asie, à ces mythes d’Adon, de Sérapis, de Sabazius et autres morts ressuscités, que Michelet a si profondément scrutés dans sa Bible de l'humanité ; l’imagination de la plèbe et des femmes italiennes facilement investie par ces émanations malsaines; le désarroi moral des affranchis, des esclaves; des nations anéanties dans l’apparente unité de l’empire, stérilement consolées par l’espérance d’une autre vie; le découragement universel, l'amoindrissement des caractères, accrus et précipités par l’intrusion de cette lâche sagesse qui prêche le dédain delà réalité, l’oubli des choses, l’obéissance passive à toutes les fatalités, qu’elle décore du nom d’autorité et de providence, enfin le nirvana de l'extase ; la raison confondue et l’ignorance abusée par des dogmes bizarres, par des préceptes contradictoires, par un mélange inavouable de morale courante, de bribes philosophiques mal digérées et de mythologie puérile, chaos dont la face variait sous le sou file des sectes ennemies, tour à tour triomphantes. C’est un surcroît de maux qui s’ajoute à la démoralisation d’un peuple recruté dans les masses esclaves, à l’ahurissement des patriciens, à l’immobilité des grandes fortunes foncières , a Vivre démence des Césars. Les empereurs, aveugles sur ces causes de dépérissement, sentent du moins la menace d’une doctrine hostile par essence a tout ordre civil, à toute activité, à toute liberté intellectuelle. Par accès, ils sortent de la tolérance naturelle au polythéisme romain : ils ferment le Panthéon au dieu qui veut en chasser tous les dieux ; mais ils s’y sont pris trop tard ; leurs édits, leurs persécutions n’ont pu écraser dans l’œuf le lugubre oiseau dont les ailes obscurcissent le jour.
Les Antonins, appelés au trône par un stoïcien républicain, Dion Chrysostôme, ralentissent la décadence ; il ne l’enrayent pas. Ni la fermeté de Nerva, ni l’honnêteté et la gloire de Trajan, ni les sages intentions d’Antonin, ni le génie clair voyant d’Adrien (lire l’amusante réhabilitation d’Antinoüs), ni la vertu résignée de Marc-Aurèle n’ont pu vaincre l’immense lassitude du monde. Le sol vacille, l'humanité se décompose, enterrée entre trois puissances, la soldatesque mercenaire, le mysticisme et la barbarie. Marc-Aurèle, avec mélancolie, proclame que tout est bien ; il s’abandonne à la Providence impeccable. Quelle main forte, rétablissant l'équilibre vital, galvanisera l’empire moribond ?
Ici commence l’Uchronie. Un général républicain, Avidius Cassius, s’est révolté contre Marc-Aurèle ; il lui fait part de ses projets, lui expose le plan d’une réforme complète ; et, au lieu de périr assassiné dans son camp, comme le racontent ses contemporains, il est fait César, associé à l’empire. Voilà le fait nouveau, unique, et il suffit. L’histoire, qui déviait depuis Alexandre, depuis César, depuis Paul, rentre dans sa voie, non sans oscillations d’abord. Marc-Aurèle, après avoir remis la propriété en valeur par des lois agraires, recule devant la nécessité d’en finir avec les chrétiens. Il se tue en léguant à ses successeurs un fort beau testament. Avidius Cassius est tué. Commode règne. Mais Pertinax et Albinus, dépositaires légaux de l'autorité d’Aurèle et de Cassius, mettent fin a ses turpitudes; ils annoncent au peuple romain,à l’univers,qu’après une préparation de vingt années, ils rétabliront la République, sur la base du suffrage artistement combiné. Au jour dit, Albinus convoque l’assemblée générale de l’empire, trois mille délégués des municipes, des corporations, des provinces; une constitution est promulguée, qui partage la puissance publique entre un sénat, cinq tribuns et un consul viager. Depuis longtemps, les prétoriens ont été décimés et licenciés ; les armées territoriales sont organisées ; l’instruction partout répandue, l’abolition graduelle de l’esclavage, la petite propriété, mère du travail, assurent la prospérité, la moralité et la force de la République. Aux frontières, les Germains, les Slaves, les Huns sont arrêtes par le Rhin et le Danube; à l’intérieur, les consuls compriment les révoltes de Septime Sévère, de Constantin.
Mais que sont devenus les chrétiens ? Commode a eu la fantaisie de les exterminer. On voit pourquoi le père Antapire l’a maintenu dans l’histoire. Mais vainement, Commode a fauché en pleine moisson. Il en reste assez pour miner l’œuvre d’Aurèle, de Cassius, de Pertinax, d’Albinus et de Niger. Une grande résolution du Sénat en délivre l’Occident; ils tiennent l’Orient,, on le leur abandonne. C’est faire la part du feu. Dès lors là scission s’accentue. Tandis que l’Asie, l’Arabie, l’Afrique, sont livrées aux querelles sanglantes des Talapoins, aux massacres mutuels des Manichéens, Ariens, Pélagiens, Nestoriens, Eutychiens, qui brûlent les bibliothèques, les temples, les hétérodones ; tandis que le mahométisme, issu du judaïsme et du christianisme, attaque par le sud les petites monarchies cléricales que la barbarie envahit par le nord, l’Italie et la Grèce, la Gaule et l'Espagne goûtent un calme relatif. L’Orient, qui s’est détaché peu à peu de la grande fédération, est toujours le tributaire du commerce et de l’industrie de l'Occident. Les barbares ont pris possession de la Thrace, mais leurs incursions ne dépassent pas l’IlIyrie. La Germanie, arienne et non orthodoxe, se constitue, selon son génie, en principautés féodales, jusqu’au jour où le protestantisme, fils de toutes les hérésies à peu près rationnelles, l’appelle et la conduit par la main à la République.
C’est alors qu’épuré par la Réforme, réduit à une sorte de philosophie morale à peine distincte du panthéisme néo-platonicien, le christianisme rentre dans les Etats occidentaux qui se sont constitués peu à peu en nations distinctes, avec leurs caractères et leurs lois propres et leurs langues issues du latin. Pendant toute la durée de la République, une religion officielle des grands hommes légalement divinisés, assez semblable au culte positiviste de l’humanité, s’était superposée au polythéisme. Rien de plus facile, on le voit, que de réconcilier, avec cette innocente commémoration des morts, une religion désormais tout allégorique. Finalement l’Europe, au Xe siècle, se présente comme une demi-fédération do républiques prospères, instruites et protestantes pour la forme. Les neuf cents ans qui ont suivi sont supprimés, ou plutôt gagnés. Le père Antapire, dans ce raccourcissement de l'histoire, a fait preuve de. beaucoup de science et d'ingéniosité; nous nous demandons seulement pourquoi, il a attendu les Antonins, pourquoi il n’a pas choisi tel autre point de départ, par exemple le dixième mois avant la naissance d’Alexandre ou l’an premier avant notre ère. Quand on élimine d’un trait de plume Constantin, Clovis, Charlemagne, Louis XIV et Napoléon, pourquoi faire grâce à Pierre et à Paul, les plus dangereux des conquérants ? Quand tant de grands philosophes, Rabelais sans doute, et Voltaire, et Diderot sont rayés du nombre des vivants. à quoi bon déchaîner sur le monde les humbles intelligences qui ont excogité les mystères et l’omoisousie ? Oui ; mais point de christianisme, point de protestantisme ; et M. Renouvier a un faible singulier pour la Réforme : n’a-t-elle pas prolongé le règne du divin, si nécessaire aux postulats de la raison pratique ? Pour nous, nous ne médisons ni de Luther, ni de Calvin, ni de Channing ; ils ont eu leur heure et leur milieu, mais la science nous suffit. Si l’histoire s’est allongée, traînée dans l’absurde et le féroce, elle a fini par dépasser, et de loin, l’idéal de M. Renouvier ; elle a, dans ses lents et sanglants tâtonnements, usé toutes les fictions politiques et religieuses ; elle laisse l’avenir à l’expérience scientifique et à la libre pensée. Faut-il tant regretter qu’Avidius Cassius n’ait pas été associé à l’empire ?
Étranger à toutes les superstitions de l’optimisme, nous ne descendrons jamais jusqu’à l’admiration du moyen-âge catholique. La moralité plus haute du dix-neuvième siècle nous défend de chercher une légitimité, une justice quelconques dans la succession des faits. Tout en constatant l’impassible enchaînement des fatalités qui se sont déterminées les unes les autres, nous gardons le droit d’en juger les agents et les résultats, de les condamner, de les modifier selon nos forces et, pour notre part, dans le présent et dans l’avenir. C'est ce sentiment qui, malgré tant de divergences entre la méthode criticiste et la méthode expérimentale, nous rapproche souvent de M. Renouvier et nous intéresse à son œuvre.
Nous avons lu rarement quelque chose de plus vigoureux et de plus instructif que le parallèle établi dans le deuxième appendice, entre le roman d’Avidius Cassius ou du père Antapire et la marche réelle de l’histoire, du troisième au dix-septième siècle. C’est un acte d’accusation formidable, irréfutable contre l'Église.
Le fils du réfugié hollandais, dépositaire après lui du livre d'Uchronie, est chargé par M. Renouvier de présenter « le tableau en raccourci des attentats, des persécutions, guerres et massacres dont les annales des peuples sont pleines, depuis le temps où il est passé en règle et coutume que chacun emploie ce qu’il a de puissance ou de moyens, qu'il soit prince ou particulier, pour forcer chaque autre à penser comme lui, ou sinon à l'attaquer et vouloir le détruire. » Et tour à tour passent devant nos yeux Constantin et ses fils, exerçant la puissance publique en faveur de la secte qu’ils embrassaient « et qui n’étaient pas toujours la même, » Julien, déclaré persécuteur pour avoir voulu interdire la persécution et remis l’éducation des Romains à d'autres qu’aux sectaires qui leur insufflaient le fanatisme ; les philosophes et les savants, traqués et exterminés au nom d’un Dieu de paix ; Théoclose, livrant par édit la terre aux marchands de promesses célestes ; les évêques et les moines confisquant à leur seul usage les débris de la culture antique, plongeant le monde dans l’ignorance et l’ahurissement ; la grâce et la force planant en maîtresses sur les pays mêmes où avait été conçue l’idée du droit ; la torture et le duel siégeant comme substitution de la justice divine ; la simonie vendant le pardon du crime et le salut des âmes ; le bras séculier obéissant à l’hypocrisie furieuse de l’inquisition ; l’excommunication déchaînée avec une audace imprudente sur la tête même des rois ; le polythéisme rétabli sous couleur d’honorer les saints ; les reliques, les fétiches bénis, chapelets, rosaires, cœurs et le reste, imposés à la puérile crédulité des ignorants et des sots ; l’esclavage et le servage maintenus et exploités par les apôtres de la fraternité et de l’égalité ; la science sur le bûcher avec un san-benito, et, à l’entour, la procession de tous les ordres religieux, fondés sur le renversement de la nature et de la raison, sur « le célibat, l’obéissance passive, les macérations, les flagellations, la saleté, la solitude, la prière mécanique, la prison pour les fautes, les visions, les tentations sataniques et les habillements bizarres » ; les jésuites enfin, concevant le plan d’une théocratie doucereuse et implacable, et donnant la mesure de leur capacité civilisatrice dans l'abject régime du Paraguay, triste exemple du sort qui attendrait l’Europe, pensante sous la férule des pères fouetteurs.
Combien de traits nous omettons de cet te peinture achevée, de ces leçons fortifiantes, bien faites pour porter la conviction dans tous les esprits justes et tolérants! Et que sera-ce si nous suivons, dans le troisième appendice, le récit des horreurs qui précèdent et accompagnent la funeste révocation de l'édit de Nantes ? Certes, les répressions furieuses et impolitiques ne manquent pas dans l'histoire des peuples civilisés ; mais il n’en est guère qui puissent lutter d'atrocité et d'ineptie avec les dragonnades, laissées volontiers dans l'ombre, et pour cause, par les fauteurs du régime clérico-monarchique. Louis XIV a regardé son crime en face et l’a commis ; il a violé les consciences, outragé la famille et la propriété, livré un million d’hommes, de femmes, d’enfants, à tous les caprices d'une soldatesque effrénée ; pour comble, il a sacrifié à la Maintenon et aux Jésuites l'industrie et la propriété de la France ; il a fait de quinze cent mille Français des Hollandais, des Anglais, des Allemands, des ennemis de leur pays. Et Colbert, l’homme aux grandes vues, le ministre si vanté, n’a vu dans ce forfait qu’un moyen expéditif de fournir des rameurs aux galères de son roi ! N’est-ce rien, cela ? En vérité, le cœur bout, l’indignation déborde, quand les doctrines politiques et morales qui ont de telles choses dans leur passé, et qui n’ont répudié aucun de leurs principes, osent jeter à la face de la société civile, de la science laïque, l’accusation d’intolérance, d’usurpation et de « mauvais esprit. » Où réside-t-il donc, cet esprit mauvais, cet esprit de trouble, de haine, qui depuis seize siècles a couvert le monde de sang et de ruines, et qui, dans la personne de la Providence, se glorifie de son œuvre ? Pauvre Providence, quelle injure, si tu existais, que cet éloge de tous les fléaux, que cet appel permanent au tonnerre, qui n’en peut mais, aux fleuves, aux flammes, au caprice vengeur de l’impassible fatalité déguisée en despote ! Voilà où mènent le mépris de la terre où nous sommes, où nous vivons, où nous mourons, la chimère d’une résurrection, la prétention extravagante et déplorable de gouverner la société au nom de dogmes faits pour des moines hostiles ou étrangers à tout organisme naturel et normal, à toute activité humaine, à tout exercice des facultés intellectuelles. Voilà où mènent la grâce et la force substituées au droit; l’amour (?) substitué à la justice ; l’extase, l’obéissance, l’ignorance substituées à la raison. au travail libre, à l’expérience scientifique ! Le monde moderne commence à comprendre le danger : ou les croyances dites religieuses seront reléguées dans leur domaine, la conscience individuelle, ou bien, grâce à la complicité des femmes, l’éducation nationale faussée nous réserve deux ou trois générations de réactionnaires par fanatisme et par scepticisme. La question cléricale est la question vitale. Trop complexe en France pour être tranchée d’un coup, il faudra cependant, et plus tôt que plus tard, qu’elle soit résolue avec prudence et fermeté. En attendant, c’est aux mœurs de devancer la loi, et c’est au livre et à l’exemple individuel de changer les mœurs. M. Renouvier est sur sa brèche et combat le bon combat.
Nous avons rendu justice à sa sagacité historique. Il est temps de juger ses deux thèses philosophiques, contre le déterminisme et en faveur du libre arbitre absolu. Il s’en faut que la première soit clairement posée. M. Renouvier entend-il soutenir que chaque fait historique n’est pas déterminé par l’ensemble des circonstances qui le précèdent ? Nullement. Pour modifier le cours de l’histoire, il ne se sert que d’un fait supposé, lui-même déterminé par d’autres faits légèrement modifiés. Sa théorie des possibles n’a pas la portée qu’il lui accorde. Appliquée au passé, elle est illusoire, puisque de toutes les solutions qu’il peut imaginer selon son tempérament propre et son expérience d'homme du XIXe siècle, une seule s’est réalisée et a pris irrévocablement la place des autres. Le même sort attend les possibles futurs, hypothèses bien ou mal calculées ; l’avenir se chargera de choisir entre eux ; l’un ou l’autre sera déterminé et accompli. Le déterminisme n’est donc pas même effleuré par les raisonnements de M. Renouvier. Il en est autrement du fatalisme providentiel, de l’optimisme qui, proclamant la nécessité initiale de tout le développement humain, admettent la légitimité, l’excellence de tout fait accompli et se hâtent d’extraire du passé les lois de l’avenir.
Que le temps, le milieu et les circonstances président à toute production et à tout événement, c’est une vérité peu contestable. Mais tandis que, relativement à nous, les conditions générales des faits étudiés par les sciences physiques et naturelles demeurent invariables et permettent de formuler en lois l’ordre constant des phénomènes, les conditions de l’histoire changent incessamment. L’homme, dont il ne faut point exagérer la place dans l’univers, l’homme qui, des hauteurs de l’atmosphère, est déjà invisible et se confond avec la terre où il s’agite, mais qui, à ses propres yeux, occupe forcément le premier plan sur le théâtre de son activité bornée, l’homme, étant un des facteurs de sa destinée, imprime à l’histoire quelque chose de sa propre mobilité. L’organisme vivant a ses propriétés particulières qui ne le soustraient pas à l’empire des fatalités ambiantes : le climat, la configuration du sol, les hasards de la naissance et de la maladie, la nécessité de la mort. Mais dans une sphère, notablement élargie par le développement de ses facultés, dans une mesure relativement élastique, l’homme agit ; l’histoire ondule sous l’effort accumulé des générations, et, si le sens de sa marée indéfinie demeure fixé par l’ensemble des conditions matérielles et extérieures, chacun de ses flots acquiert une spontanéité réelle, qui le dirige en partie. Telle est la part de l'homme dans le cours des choses. Sa volonté devient à son tour un élément de détermination, que le déterminisme constate et reconnaît.
Maintenant, d’où procèdent cette activité, cette volonté ? D’un libre arbitre absolu ? C'est, ce que soutient M. Renouvier sans en apporter aucune preuve, à l’encontre de toute expérience. Ou bien, ne sont-elles pas déterminées par les rapports variables de l’organisme humain avec toutes les fatalités qui l’entourent, le pénètrent, l’entretiennent, le troublent et le tuent ? Cette certitude ne contient rien d’immoral ni de désespérant. Il est constaté que le milieu physique et intellectuel modifie lentement et sûrement les caractères, mœurs, les institutions ; que la volonté s’éclaire et se fortifie, selon la force et la prépondérance des motifs qui la décident. L’instinct de conservation et de progrès, qui est inhérent à l’état de vie, nous fait chercher sans cesse le meilleur milieu matériel et moral. L’office du philosophe et de l’historien consiste à avertir ceux qui s’égarent, à montrer l’espace parcouru et le chemin qui reste à accomplir, à dégager le but de tous les obstacles accumulés par l’ignorance, la superstition, la peur, et par les myopes orgueilleux qui les exploitent au jour le jour.




(1) Voyage d’Almanarre, par J.-G. Prat. Un vol. in-18, chez Ernest Leroux, 1876.
(2) Uchronie (l'Utopie dans l’histoire), esquisse historique apocryphe du développement de la civilisation européenne, tel qu’il n'a pas été, tel qu’il aurait pu être. In-8, xvi-413 p. Paris. Bureau de la Critique philosophique, 64, rue de Seine. 1876.

Louis Asseline, "Revue des sciences historiques, CCXXII, Feuilleton de la République française du 2 juin 1876", in La République française, n° 1658, 2 juin 1876




mercredi 19 juin 2019

[critique] Charles-Nicolas Cochin, Mémoires d'une société de Gens de Lettres publiés en l'année 2355

La parution du volume Archéologie du futur, Mémoires d'une Société de Gens de Lettres publiés en l'année 2355 dans la collection ArchéoSF aux éditions Publie.net qui rassemble les écrits d'anticipation de Charles-Nicolas Cochin est l'occasion de reprendre l’une des plus anciennes critiques, si ce n’est la plus ancienne, des Mémoires d’une Société de Gens de Lettres publiées en l’année 2355 (1755-1756) qui date d’une publication en volume de Charles-Nicolas Cochin d’un Recueil de quelques pièces concernant les arts, extraites de plusieurs Mercures de France en 1757. M. Fréron, membre de plusieurs sociétés savantes, écrit dans L’Année littéraire (1757) ces lignes :


Recueil de quelques pièces, etc.

[...]
Le Recueil est terminé par le Mercure du mois de Juin de l'année 2355, contenant L’extrait des Mémoires d'une Société de gens de Lettres. C'est ici sans contredit la meilleure pièce de cette collection. C'est une idée extrêmement heureuse que de se transporter à six cens ans après nous pour critiquer librement ce qu'il y a de défectueux dans nos Arts. Ce prétendu Mercure contient six Mémoires. 1° sur l'Architecture ; sur les Chaires d’église ; 3° sur les Théâtres ; 4° sur la peinture en général ; 5° sur les portraits ; 6° sur la sculpture. Rien de plus agréable et de plus instructif que tous ces différents morceaux. Le bon goût perce à travers la fine ironie ; on y donne aussi des éloges très-délicats à quelques Artistes célèbres. En un mot, l'auteur de ce Recueil traite les Arts comme M. l'Abbé Coyer La Morale: même sagacité à saisir les ridicules ; même causticité dans les traits; même désir d'être utile à nos concitoyens.



M. Fréron, L’Année littéraire, année M.DCC.LVII, Tome III, A Amsterdam, Et se trouve à Paris, Chez Michel Lambert, rue et à côté de la Comédie Française, au Parnasse.


lundi 3 juin 2019

Gallica met le Merveilleux-Scientifique à l'honneur

Dans le cadre de l'exposition Merveilleux-scientifique une science-fiction à la française (du 23 avril au 25 août 2019, présentation à découvrir ICI) et du colloque Le Merveilleux-scientifique en question (sur le site de la BNF, petit auditorium, 5 juin 2019 de 9h30 à 19h40, entrée libre et gratuite, programme disponible ICI), le blog de Gallica propose un cycle merveilleux-scientifique en publiant plusieurs billets richement illustrés:



Fleur Hopkins, Le merveilleux-scientifique: une Atlantide littéraire

Isabelle Le Pape, Scientific Romances, les précurseurs anglophones du merveilleux-scientifique

Fleur Hopkins, Le merveilleux-scientifique dans le paysage littéraire français

Roger Musnik, De Jules Verne à Maurice Renard, les précurseurs

Sophie Bros, Jules Verne, L'extraordinaire plutôt que le merveilleux



Françoise Dehenil, De la physiognomonie à la phrénologie