samedi 23 juin 2018

Mikhaël Boulgakov, La Mort des Poules (1925-1929)

Nous poursuivons notre exploration du magazine Vu sous l'angle de l'anticipation et de la science fiction. Pour retrouver tous les articles de cette série, cliquez ICI

Publiée sous le titre "Les Oeufs du destin" ou "Les Oeufs fatidiques" (lire le résumé sur Wikipedia), la nouvelle de Mikhaël Boulgakov (francisé en Michel Boulgakoff) prend le titre "La Mort des poules" dans le magazine VU qui la publie en feuilleton, illustré par Nicolas Marinovitch, du n° 68 au n° 73.
Les éditions Lingva (voir le site) vont prochainement rééditer cette nouvelle avec la version illustrée dans une traduction révisée sous la direction de Viktoriya et Patrice Lajoye qui contiendra l'ensemble des illustrations.

Dans le n° 67 est annoncé le feuilleton à venir (auquel la rédaction donne le nom de "roman") sans que rien de l'intrigue ne soit dévoilé:


Le n° 68 (3 juillet 1929) contient le premier épisode avec ses illustrations:





Le n° 69 (10 juillet 1929) contient le deuxième épisode avec ses illustrations et propose un résumé de ce qui précède :





Le n° 70 (17 juillet 1929) contient le troisième épisode avec ses illustrations et propose un résumé de ce qui précède :



Le n° 71 (24 juillet 1929) contient le quatrième épisode avec ses illustrations et propose un résumé de ce qui précède :






Le n° 72 (31 juillet 1929) contient le quatrième épisode avec ses illustrations et propose un résumé de ce qui précède :







Le n° 73 (7 août 1929) contient le cinquième et dernier épisode avec ses illustrations et propose un résumé de ce qui précède :




mardi 19 juin 2018

Les Femmes de l'avenir (série de 20 cartes postales, vers 1900)

Alors que la collection ArchéoSF prépare une anthologie ayant pour titre Au Temps où les femmes régneront (publication cet automne), voici pour patienter une série de 20 cartes postales sur le thème Les Femmes de l'avenir éditée par A. Bergeret installé à Nancy.

Notons avant toute chose qu'il s'agit essentiellement de mettre en scène d'accortes jeunes femmes occupant des métiers dits masculins. Les métiers du maintien de l'ordre, de la sécurité et des armées donnent l'occasion au photographe de mettre en scène des costumes pour le moins moulants et de dénuder bars et jambes (ce qui devait être à l'époque assez érotique). Donc érotisation du corps de la femme dans un contexte dit masculin. D'un autre côté avec la seconde partie de la série qui présente des métiers et des fonctions électives, ce sont des attributs masculins qui sont donnés aux modèles (le monocle, le haut de forme,...).





















samedi 16 juin 2018

Une Cure d'air au sommet des Tours Eiffel (1929)

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Dans le n° 63 du 29 mai 1929 qui célèbre le quarantième anniversaire de la Tour Eiffel, est repris un croquis d'un certain M. Thomas, présenté comme collaborateur de Gustave Eiffel et qui imagine un ensemble de quatre tours Eiffel soutenant un vaste plateau pour Cure d'air. Ce plateau, à 300 mètres de hauteur supporterait des hôtels, des jardins suspendus et des pistes pour les avions.



A lire:

Paris Futurs, anthologie des avenirs fictifs de Paris

samedi 9 juin 2018

Dans la Lune (1929)

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Dans le n° 61 daté du 15 mai 1929 est repris un dessin humoristique extrait de Life avec avion extrapolé et ce qui semble être un dirigeable géant.



samedi 2 juin 2018

Si Jeanne d'Arc n'avait pas existé (1929)

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Nous voici face à la première intrusion de l'uchronie dans ce magazine dans le n°58 (24 avril 1929) consacré à Jeanne d'Arc et contenant un encart uchronique: "Si Jeanne d'Arc n'avait pas existé" qui est essentiellement composé de la reprise d'un extrait de Là-bas de J.-K. Huysmans.





Si Jeanne d'Arc n'avait pas existé… l'imagination des historiens s'est emparée de cette hypothèse pour faire rebondir l'ancienne thèse de l'antagonisme du Nord et du Midi, de la France d'au-dessus de la Loire d'avec celle d'en-dessous. Jeanne d'Arc n'eût-elle pas accompli sa mission, le Roi de Bourges disparaissait, le Roi d'Angleterre restait Roi de France, réponse à celui de sang français qui avait civilisé la Grande Bretagne à l'époque de Guillaume le Conquérant. Huysmans, dans son livre Là-bas, consacre un paragraphe qu'il nous a paru intéressant de citer à nos lecteurs :

« — Pardon de t’interrompre, mais c’est que je ne suis pas aussi sûr que toi que l’intervention de Jeanne d’Arc ait été bonne pour la France.
Hein ?
Oui, écoute un peu. Tu sais que les défenseurs de Charles VII étaient, pour la plupart, des pandours du Midi, c’est-à-dire des pillards ardents et féroces, exécrés même des populations qu’ils venaient défendre. Cette guerre de Cent ans ç’a été, en somme, la guerre du Sud contre le Nord. L’Angleterre, à cette époque, c’était la Normandie qui l’avait autrefois conquise et dont elle avait conservé et le sang, et les coutumes, et la langue. A supposer que Jeanne d’Arc ait continué ses travaux de couture auprès de sa mère, Charles VII était dépossédé et la guerre prenait fin. Les Plantagenets régnaient sur l’Angleterre et sur la France qui ne formaient du reste, dans les temps préhistoriques, alors que la Manche n’existait point, qu’un seul et même territoire, qu’une seule et même souche. Il y aurait eu ainsi un unique et puissant royaume du Nord, s’étendant jusqu’aux provinces de la langue d’oc, englobant tous les gens dont les goûts, dont les instincts, dont les mœurs étaient pareils.

Au contraire, le sacre du Valois à Reims a fait une France sans cohésion, une France absurde. Il a dispersé les éléments semblables, cousu les nationalités les plus réfractaires, les races les plus hostiles. Il nous a dotés, et pour longtemps, hélas ! De ces êtres au brou de noix et aux yeux vernis, de ces broyeurs de chocolat et mâcheurs d’ail, qui ne sont pas du tout des Français, mais bien des Espagnols ou des Italiens. En un mot, sans Jeanne d’Arc, la France n’appartenait plus à cette lignée de gens fanfarons et bruyants, éventés et perfides, à cette sacrée race latine que le diable emporte ! »


A  lire:

La série Un été en uchronie

Une Autre histoire du monde. 2500 ans d'uchronies (anthologie ayant reçu le prix ActuSF de l'uchronie 2017, catégorie Prix spécial)
Les Autres vies de Napoléon Bonaparte (anthologie ayant reçu le prix ActuSF de l'uchronie 2017, catégorie Prix spécial)
Joseph Méry, Histoire de ce qui n'est pas arrivé (ouvrage ayant reçu le prix ActuSF de l'uchronie 2017, catégorie Prix spécial)

samedi 26 mai 2018

La Machine à prévoir l'avenir (1929)

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Dans le n° 54 (daté du 27 mars 1929), on découvre un article abondamment illustré sur M. Belin, prétendument inventeur de la machine à prévoir l'avenir, c'est à dire la télévision qui permet non seulement de voir à distance mais aussi de voir dans l'avenir! Nous voici plongés en l'an 1949, soit vingt ans dans le futur!




La Machine à prévoir l'avenir

Le génial inventeur, M. Belin, et son mystérieux appareil qui projette sur un écran la vision de l'avenir.



C'est par le plus grand des hasards que j'ai pu connaître ce qui va suivre. J'étais l'autre jour chez M. Belin, l'illustre et charmant inventeur de la télévision, qui a donné déjà tant de merveilles, et qui avait bien voulu nous réserver un accueil particulièrement aimable lorsqu'il avait su que nous venions lui demander, pour les lecteurs de VU, quelques éclaircissements sur ses dernières trouvailles.
En somme, lui avons-nous dit, que peut-on voir exactement par la télévision ?
M. Belin nous fit entrer dans son laboratoire au bord de la Seine, et sourit mystérieusement.
Nous entendons bien, lui dîmes-nous, que télévision veut dire : vision à distance, et nous avons vu de remarquables, d'étonnantes photos transmises par ce procédé, dont tous les grands quotidiens disposent maintenant. Mais après ? Mais encore ? Et quelle est la limite de la distance ?
Il n'y a pas de limite, nous dit vivement M. Belin en nous arrêtant. Et vous semblez croire que télévision veut dire seulement : vision à distance dans l'espace. Ma parole, c'est extraordinaire ce que le public est mal informé par les journalistes. Télévision signifie : vision lointaine, dans l'espace ou dans le temps. Vous avez bien saisi ces trois mots : dans le temps ?
Eh quoi ? Dîmes-nous, le passé serait-il donc visible ?
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Non, je n'ai pas le pouvoir d'évoquer n'importe quelle époque. Le siècle de Louis XIV, par exemple, est trop loin de nous ; je puis aller facilement jusqu'à M. Thiers, mais cela ne vous intéresserait guère, j'imagine ; et peut-être préféreriez-vous que nous tournions mon objectif vers l'avenir ?
Votre avenir personnel, m'a dit alors M. Belin, avec une certaine ironie, n'aurait d'intérêt que pour peu de gens. Voulez-vous savoir ce que sera, par exemple, la France dans cent ans ?
Vous pourriez me montrer cela ? m'écriai-je ?
Pas l'ensemble, dit-il, mais des détails ; après tout, la colombe de l'arche ne rapporte pas tout l'Arrarat, mais une simple feuille. Un détail fait prévoir l'ensemble… Voyez, rien n'est plus facile. Vous n'avez qu'à tourner ce cadran comme sur un téléphone automatique, ou un appareil de T.S.F. Composez vous-même le numéro de l'année dont vous désirez que le spectacle vous soit donné…
Vingt-cinq ans ? Dis-je. Vingt, ne serait-ce pas assez ? 1949 ; mais hélas, combien de nos contemporains…
Rassurez-vous, me dit M. Belin, presque tous, sauf un grand nombre de piétons, seront encore jeunes et vigoureux. En effet, M. Voronoff aura simplifié son système. Une seul injection, et notre existence sera prolongée de soixante ans…
«  Que voyons nous ?
Les yeux béats d'espoir, je contemplais l'écran révélateur.
Voilà M. Poincaré, dis-je.
Lui-même, fit M. Belin. Après avoir fait appel à MM. Herriot, Marty et Blum, le président sera revenu à M. Poincaré, pour la satisfaction générale du peuple français.
Mais il me semble que son âge…
Ne vous ai-je pas dit que l'âge n'aura plus aucune importance ?
Et cette autre foule que je vois ici ?
Le rassemblement quotidien autour du cheval du Jardin des Plantes.
Mon Dieu, dis-je, si c'est cela l'avenir…
M. Belin eut un sourire, peut-être de pitié, et coupa le courant…
Lorsque nous fûmes revenus de notre émotion, nous étions déjà loin. Et malgré l'irrécusable témoignage des photographies, tout ce que nous venions de voir nous paraissait à nous-mêmes si incroyable qu'il nous fallut pour en tenter le récit un courage que nos lecteurs apprécieront.

Hervé Lauwick

Les automobiles circulant sur la Seine, voûtée et transformée en autostrade. L'endroit reste propice aux suicides.



La place de la Concorde, dont l'adaptation a été confiée, par la Section spéciale de Publicité de l'Institut, à Maître Cassandre.






La Gare de l'Est entourée de gratte-ciel. Le plan génial de Le Corbusier adopté trop tard n'a pu être réalisé qu'à moitié sur les ruines de l'ancien Paris devenu un enfer.