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ISSN 2496-9346

mercredi 8 juin 2011

Allô! Allô! la planète Mars! par Rodolphe Bringer

Rodolphe Bringer (1871-1943) a laissé une oeuvre imposante dans le domaine de l'humour, du roman policier et du roman pour la jeunesse. Il est aussi connu pour avoir été l'une des premières plumes du Canard Enchaîné en 1916. Dans le petit texte qui suit, l'humoriste nous entretient d'une communication venue de Mars à l'occasion du rapprochement (ce que les scientifiques appellent les oppositions) du 22 août 1924 entre la planète rouge et la Terre (distance minimale:  55,777 millions de kilomètres et non 58 millions comme l'écrit Bringer, le 28 août 2003, Mars s'est rapprochée à 55,758 de kilomètres et il faudra attendre le 27 juillet 2018 pour qu'elle soit à nouveau sous les 60 millions de kilomètres, 57,790 pour être exact).





Nous avons pu enfin esquisser des relations qu'on suppose cordiales avec la planète Mars.

C'est le grand événement de la semaine ! Comme vous le savez, cette excellente planète, chère au coeur de M. Flammarion, se trouvait tout près de nous ces jours-ci à peine cinquante-huit millions de kilomètres, ce qui est, en somme, peu de choses en ce temps de vitesse automobile et aviateuse.
Comme de juste, les Marsiens ont profite de ce rapprochement pour se mettre en communication avec nous, grâce à la téléphonie sans fil. Car, vous supposez bien qu'il y a beaux jours que les Marsiens connaissent ce mode de transmission.
Un poste américain, dans la nuit du 25 août, a donc pu enregistrer une communication qui ne pouvait provenir que de Mars.
Par trois ou quatre fois, il a entendu, de ses propres oreilles entendu, ce qu'on appelle entendu, ce mot, ce seul mot, il est vrai : Zopp !
Zopp ?
Qu'est-ce que cela voulait bien dire ?... On a recherche les polyglottes les plus distingués, notamment notre bon confrère Dekobra, qui parle tous les dialectes connus et même quelques-uns que l'on ignore et on lui a demandé ce que pouvait bien signifier ce terme de Zopp ! Hélas ! notre bon confrère Dekobra est resté coi ! Zopp ne lui disait rien, et il est probable due nous ne saurons jamais ce que les Marsiens ont voulu nous dire...
Il est vrai qu'en dernière heure, une dépêche américaine laisse entendre que le sanfiliste a peut-être mal entendu, ou que les Marsiens ont une mauvaise prononciation, et que le fameux mot pourrait bien être tout simplement : Zut !
Quoi qu'il en soit, la communication est commencée; elle reprendra dans cent ans, quand la planète sera de nouveau à notre portée et à cette époque, il faut l'espérer, nous aurons l'explication de cet angoissant mystère


Rodolphe Bringer, « Les Gaîtés de la Semaine, Allô! Allô! la planète Mars! » ,
Le Journal Amusant, n° 278 , 6 Septembre 1924

lundi 6 juin 2011

Appareil mû par l'électricité pour habituer les pilotes aux secousses qu'ils subissent en avion (1919)

samedi 4 juin 2011

[Réédition] Jules Lermina, L'Effrayante aventure

Les Moutons électriques rééditent régulièrement des textes conjecturaux anciens. Ces dernières années Maurice Renard, Léon Groc, Gustave le Rouge ont vu certaines de leurs oeuvres reprises par la maison d'édition lyonnaise.En mai 2011, c'est le tour de Jules Lermina avec L'Effrayante aventure (édition originale en 1913, collection Les Romans mystérieux, n°29, éditions Tallandier) dans une édition de luxe, hardcover numérotée, tirage limité à 50 exemplaires + 10 hors commerce, excusez du peu!

Présentation de l'éditeur:


   Tout commence un jour d'avril, par un crime atroce commis sur les grilles de l’Obélisque. Terreur, scandale, la Sûreté semble piétiner... L’affaire est-elle terminée et le dossier sera-t-il classé ? On eût été bien surpris — et surtout épouvanté — si on avait pu prévoir les effroyables événements que devait entraîner à sa suite le crime de l’Obélisque...
     Un seul mot : le Vriliogire. Un appareil d’aviation, un plus lourd que l’air, n’empruntant rien à l’air lui-même comme moyen de sustentation ; agissant d’après sa propre force, sans aucun secours extérieur, ne tenant compte ni du vent ni de la tempête... mais allant devant lui, à la façon du boulet de canon qui sort de la pièce, avec cette supériorité que la force propulsive est en lui — une énergie inépuisable.
     Un engin extraordinaire... instrument d'un crime ?
     Jules Lermina (1839-1915) fut tout d'abord journaliste et il fit de la prison comme opposant farouche au Second Empire. Il se consacra ensuite à l’écriture. Il publia de très nombreux romans d’aventures, donna deux suites au Comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas — auteur dont il fut sans doute l'un des meilleurs disciples. À partir des années 1880, le romancier se tourna vers l’occultisme. C'est à cette époque qu'il écrit un grand nombre de récits fantastiques, mais aussi de textes policiers (cycles de Toto Fouinard et de Fascinax). Datant de 1913, L’Effrayante Aventure est un petit bijou d'humour et de suspense, dans la lignée d'un Gustave Le Rouge.


Le blog Sur l'Autre face du Monde a lui aussi parlé des rééditions récentes d'anticipation ancienne par Les Moutons électriques (lire l'article)

vendredi 3 juin 2011

Le roman scientifique de JH Rosny par Georges Casella


Le texte suivant est extrait de l'opuscule écrit par Georges Casella en 1907 et publié sous le titre  J.-H. Rosny : biographie critique illustrée d'un portrait-frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie. Georges Casella montre l'antériorité de JH Rosny Aîné sur HG Wells et la fécondité du merveilleux scientifique.


Le roman scientifique



J.-H. Rosny, bien avant H.-G. Wells, a « utilisé » le merveilleux scientifique. Il n'est pas impossible que Wells ait été influencé par Rosny. Dans la Guerre des Mondes qui ressemble si étrangement aux Xipehuz, dans Place aux Géants qui rappelle comme impression le Cataclysme, c'est la lutte de l'humanité contre des races nouvelles. Mais alors que Wells écrit surtout pour divertir et impressionner, Rosny soulève l'angoissant problème de la vie et de la perpétuation des races. Chez Wells, l'homme est toujours vaincu ou près de l'être Dans la Guerre des Mondes, les Marsiens qui sont presque maîtres de la Terre ne doivent la mort qu'au hasard dans Place aux Géants les Géants dominent définitivement l'homme normal. Rosny met en présence deux espèces civilisées, l'espèce humaine triomphe.
Les Xipehuz sont des êtres bizarres, intelligents et doués d'une vie électrique. Voici comment ils apparurent aux hommes « mille ans avant le massement civilisateur d'où surgirent plus tard Ninive, Babylone, Ecbatane » :

C'était d'abord un grand cercle de cônes bleuâtres, translucides, la pointe en haut, chacun du volume à peu près de la moitié d'un homme. Quelques raies claires, quelques circonvolutions sombres, parsemaient leur surface tous avaient vers la base une étoile éblouissante comme le soleil à la moitié du jour. Plus loin, aussi excentriques, des strates se posaient verticalement, assez semblables à de l'écorce de bouleau et madrés d'ellipses versicolores. Il y avait encore, de-ci de-là, des formes quasi cylindriques, variées d'ailleurs, les unes minces et hautes, les autres basses et trapues, toutes de couleur bronzée, pointillées de vert, toutes possédant, comme les strates, le caractéristique point de lumière.

Ces Formes qui se multiplient avec une rapidité singulière vont-elles envahir le monde ? La lutte est inévitable, et le livre de Bakhoun (que feint de recopier Rosny) c'est l'histoire du massacre de deux Règnes « dont l'un ne peut exister que par l'anéantissement de l'autre ».
Mais après la victoire, Bakhoun s'écrie « Maintenant que les Xipehuz sont morts, mon âme les regrette. ». C'est la revanche d'une bonté impérieuse qui atténue l'orgueil de la force.
Cette bonté se manifeste toujours à l'égard des races nouvelles « Un charme adorable me pénètre à contempler les Mœdigen », dit le héros d'un Autre Monde, et Vamireh ira jusqu'à laisser la vie à ses adversaires les plus féroces.

En dehors de la curiosité avide de Rosny, de sa science profonde et sûre, de sa logique presque inquiétante (1), on distingue dans ses romans scientifiques un étonnement de penser que l'homme, entre toutes les races connues et inconnues, est le vainqueur définitif du globe. L'intelligence limitée des hommes ne sera donc pas dépassée lorsqu'elle aura atteint son apogée ?. N'y-a-t-il rien « au-delà des forces humaines » ? On devine que Rosny serait satisfait de prouver que nous ne sommes qu'intermédiaires. Et il crée des êtres doués d'une force supérieure et de moyens neufs d'action les Xipehuz, les Moedigen, les Vuren. Il a même écrit que les éléphants eussent été les maîtres du monde s'ils avaient eu deux trompes. Théorie de penseur influencé par Darwin, d'évolutionniste qui ne peut admettre qu'il soit possible de déterminer avec certitude un avenir plein de surprises.
Réalisant la prédiction de Flaubert « Plus il ira, plus l'art sera scientifique (2) », accomplissant le vaste programme que Zola imagina sans parvenir à le suivre tout à fait, Rosny a non seulement utilisé la science comme eût pu le faire un savant, mais il l'a chantée, magnifiée comme devait le faire un « savant-poète ». [...]

(1) Rosny est peut-être le plus puissant évocateur de ce temps. La sensation de vérité qui se dégage de ses oeuvres de fiction est poignante.
(2) Correspondance, 1852.




Georges Casella, J.-H. Rosny : biographie critique illustrée d'un portrait-frontispice et d'un autographe, suivie d'opinions et d'une bibliographie, Editions E. Sansot, 19047, p. 13 à 15.

jeudi 2 juin 2011

Linette, « Un corps merveilleux » (1904)

Un nouveau texte à télécharger :  « Un corps merveilleux » par Linette (1904) qui montre la profonde marque que le radium imprima dans la société dès l'époque de sa découverte.
Il s'agit d'une saynète amusante qui n'a rien de conjecturale mais dans laquelle un personnage utilise l'attrait du radium pour parvenir à ses fins...


partage pdf: Linette  Un Corps merveilleux 1904.pdf


Sur les liens qu'entretient le radium avec l'imaginaire collectif, on peut se référer à La Fantastique histoire du radium. Quand un élément radioactif devient potion magique par Jean-Marc Cosset et Renaud Huynh paru en avril 2011 aux Editions Ouest France.

mercredi 1 juin 2011

ArchéoSF déjà repéré par des internautes!

En se promenant sur la toile, je suis tombé sur plusieurs forums et sites mentionnant l'existence encore modeste d'ArchéoSF. Merci donc aux contributeurs de Antonio Bay et Casu NO  (forums rôlistes) et bien sûr au blog Sur l'autre face du monde !