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ISSN 2496-9346
mercredi 12 février 2014
L'aéroport de l'an 3000
lundi 10 février 2014
jeudi 6 février 2014
[Jeudi québécois #3] Napoléon Aubin 2ème partie
ArchéoSF a présenté récemment Napoléon Aubin, le premier auteur québécois de science-fiction ( dès les années 1830).
Son oeuvre conjecturale la plus célèbre est Mon Voyage à la Lune ( 1839 ) dont voici le début (orthographe conservée) nous expliquant le moyen de locomotion utilisé par le narrateur pour arriver sur la Lune:
Voilà
longtemps que j'aurais voulu vous entretenir de l'événement
miraculeux dont je fus le héros et dont s'est bien peu fallu que
vous soyez les innocentes victimes, innocents lecteurs ; mais j'en
fus empêché par des objets plus pressants.
Je
veux parler de mon fameux voyage à la lune.
Je
n'entrerai pas dans de minutieux détails sur les étonnants moyens
de locomotion par lesquels je parvins à l'astre resplendissants des
nuits. Il me faudrait pour cela vous fatiguer par un cours compliqué
d'astronomie, de physique, de lunographie, de manège, de géométrie,
d'algèbre, d'atmosphérométrie, d'amphibologie, et même il serait
nécessaire que j'empruntasse à Mr. Laurin sa patience jobarde,
(c'est à dire de
Job), son opiniâtreté asinatoire (du latin asinus)
et de plus ses savantes dissertations sur l’alphabet et sur les
comètes, choses que je ne ferai point par respect pour les moeurs.
D'ailleurs,
je pense faire
breveter ma découverte, qui est plutôt accidentelle que résultat
d’un calcul, vu que je pourrai la vendre à quelque tête
couronnée, attendu que j'ai vu
dans la lune des
choses étonnantes touchant la science de
juger. d'exploiter, de tondre, de piller, d'écorcher, de saigner,
d’assommer c'est-à-dire de gouverner les peuples.
Je
me contenterai donc de dire comment le hazard ou plutôt une heureuse
inspiration me mit sur la voie de monter au Ciel. Il faut d'abord que
j'annonce à mes braves amis que le gouverneur, selon le voeu exprimé
dans mon second numéro me fit présent d’un de ses chevaux. Ce
n’est point un arabe pur sang, ni un coureur de race anglaise ;
mais enfin c'est un cheval qui peut fort bien occuper une place entre
Pégase et Rossinante. Vous allez croire que je ments ;
détrompez-vous. Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre
cheval.
Aussitôt
que mon présent fut remisé à l'étable je me pris à l'examiner ;
je lui trouvai l'air sombre, taciturne, comme s’il avait été en
proie à un accès de spleen
; je pensai que c’était une habitude contractée avec son premier
maître. Le premier essai que j'imaginai pour l'égayer fut de lui
faire respirer une dose modérée de gaz hilariant. Bien m'en prit,
comme vous allez voir.
Aussitôt
qu’il y eut goûté,
le gaillard commença par hennir en signe de réjouissance à la
vue d'un homme de police qu'il prit d’abord pour un de ses amis,
mais au nez duquel il ne tarda pas à lever ce que vous
savez dès qu’il l'eut
reconnu.
Pour en savoir plus:
Libellés :
Archéologie textuelle (fictions),
Jeudi québécois
mercredi 5 février 2014
Découvrir la littérature de science-fiction à la BnF
La Bibliothèque Nationale de France propose des ateliers gratuits consacrés à la science-fiction.
Public : amateurs de science-fiction (à partir de 16 ans) ; professionnels des bibliothèques
Panorama et historique des collections françaises de science-fiction par un bibliothécaire spécialiste. Ce survol, du Rayon fantastique à Folio SF, en passant par Présence du Futur, Ailleurs et demain ou Anticipation, donnera aux amateurs et aux curieux une idée de l’histoire, l’iconographie et l’évolution du genre en France.
Dates :
- Samedi 1er mars : 14h30-17h
- Jeudi 17 avril : 14h30-17h (séance réservée aux professionnels)
- Mardi 13 mai : 17h15-20h
- Samedi 14 juin : 14h30-17h
Durée : 2h30
Prix : gratuit
Sur inscription : tél. 01 53 79 49 49 ; courriel visites@bnf.fr
Rendez-vous : site F.-Mitterrand, hall Est, devant l'accueil
mardi 4 février 2014
Alain Saint-Ogan, Le Talisman pour aller dans l'avenir ( 1949 )
Alain Saint-Ogan est connu pour sa série Zig et Puce qui comprend des épisodes science-fictionnels comme Zig et Puce au XXIe siècle ou Zig et Puce sur Vénus.
D'autres oeuvres de Saint Ogan relèvent de la science fiction. On notera notamment le thème du voyage dans le temps avec La Voiture qui voyage dans le passé et Le Talisman pour aller dans l'avenir dont voici les trois premières planches extraites de la Vie Catholique illustrée ( 1949 )
En 2012, les éditions Regards ont réédité en un album trois histoires parues dans "La vie catholique illustrée": Cyprien et Gédéon (du 18/07/1948 au 19/12/1948) ; La voiture qui voyage dans le passé (du 26/12/1948 au 18/06/1949) ; Le talisman pour aller dans l'avenir (du 26/06/1949 au 09/10/1949)
Libellés :
Archéologie en image,
Archéologie textuelle (humour)
samedi 1 février 2014
Un bureau en l'an 2000 (1950)
Comment imaginait-on la vie au bureau en l'an 2000 cinquante ans avant? C'est le sujet de cet article. Pourrez-vous citer toutes les inventions prévues qui sont désormais dans notre quotidien?
En
cet an de
grâce 1950, les commerçants, qui débutèrent dans le négoce en
1900 et même plus simplement avant la Grande Guerre, sont d’accord
pour reconnaître qüe jamais ils n’avaient prévu les progrès de
l’équipement matériel de bureau actuel.
Pour
n’en citer que quelques exemples, iis se souviennent du temps où
très dogmatiquement on discutait pour savoir si une lettre tapée à
la machine ne constituait pas une impolitesse pour les
destinataires... si les doubles au carbone avaient une valeur
probante devant les tribunaux de Commerce... si le duplicateur à
stencils ne prenait pas une forme de confectionneur de prospectus...
si la comptabilité à décalque avait une réelle valeur comptable,
etc.
Aujourd’hui,
en 1950, il est acquis qu’il est plus correct d’écrire une
lettre privée, personnelle et même intime à la machine, car
elle n’impose pas l’incorrection d’une écriture plus ou moins
lisible. Et le Magnétophone est en train d’effectuer une
révolution, non seulement dans la dictée du courrier mais dans
l’organisation du travail autrement importante et bouleversante que
la très répandue machine à écrire.
Tout
cela fait penser que l’homme de 1950, n’est peut-être pas plus
capable dans sa généralité d’envisager ce que sera le
bureau commercial ou privé de l’an
2000
que son aïeul de 1900 n’était susceptible de concevoir le
sien. Il y a cependant des améliorations prévues, d’après
les actuels travaux de laboratoires industriels et même les
avant-projets de prototypes.
Les
bureaux actuels, même les plus scientifiquement étudiés
seront largement dépassés. Ils seront semi-circulaires, car il est
illogique de les concevoir rectangulaires avec des angles extérieurs
que l’employé ne peut atteindre ou utiliser. Les sièges que l’on
doit pouvoir déplacer facilement seront en métaux légers avec
assiettes en matières plastiques épousant les formes de l’assise
humaine.
L’air
des bureaux sera climatisé en chaud, froid et hygrométrie : un
directeur pourra à tous instants vérifier l’activité de son
personnel et la qualité de sa production.
La
machine à écrire sera toujours électrique et le rendement sera au
moins doublé, sans perte de temps inutile. Il sera facile de
transmettre à distance un texte tapé par une dactylo ou d’en
donner des copies directes en des lieux fort éloignés.
Déjà
les P.T.T. de 1950 ont des fils spéciaux et des abonnements pour
cela.
Mais
l’appareil le plus curieux sera le fichier magnétique — il
existe déjà — permettant de consulter les comptes et fiches
depuis son bureau et de recevoir le renseignement sur un fond de
lampe électronique spéciale.
Dans
tout cela, il y aura cependant quelque chose qui n'aura pas changé :
la nature humaine. Et il est vraisemblable que tous ces
perfectionnements n’auront apporté aucun changement
pratique, car c’est une pure vue de l’esprit que
d’attribuer à la mécanisation à outrance une valeur par
elle-même.
L’homme
asservit la nature, mais c’est surtout elle qui le transforme en
robot, eu ne faisant plus de lui qu’un être sans réflexion, ne
sachant plus prendre d’initiative et encore moins de
responsabilité. On ne raisonne plus, mais on agit selon un
règlement en se couvrant par un système de référence. Or,
l’humanité évolue avant tout par ondes enchaînées et l’on a
déjà pu vérifier qu’en matière de transports, on a vu les
individuelles diligences céder la place aux trains
ferroviaires, en étroite sujétion du rail et donc des horaires. Or,
les ferroviaires ont perdu leur royauté au profit de l’auto et du
camion autonome.
Dans
l’industrie, après la concentration des machines en usines
gigantesques de dizaines de milliers d’ouvriers, on assiste à
un retour à une sorte d’artisanat individualisé pour la
confection à domicile de pièces normalisées, avec seules
chaînes de montage centralisées. C’est même le grand dada
actuel de la décentralisation industrielle. Et alors on se demande
si le fameux bureau de l’an 2000 tout
électrifié, motorisé, mécanisé, électronisé et
super-hyper-rationalisés n’aura pas tout simplement disparu.
Les hommes peuvent — ce n’est pas une certitude — être devenus
sages, loyaux et honnêtes. Plus alors besoin de preuves écrites, de
bons de commandes, de factures, de comptes, de copies de lettres.
Un
simple petit poste émetteur-récepteur de radio pour prendre
les commandes et les passer aux magasins. Peut-être que de son côté
la désintégration des atomes aura été tellement poussée
qu’il suffira d’appuyer sur un bouton et la marchandise se
dématérialisera, et, sans fil (bien entendu) ira-t-elle se
reconstituer directement chez le destinataire...
Texte
publié dans Journal
et feuille d'avis du Valais et de Sion,
28 août 1950
Libellés :
Archéologie scientifique et technique
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