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ISSN 2496-9346

mercredi 19 octobre 2016

[22-23 octobre] ArchéoSF au festival Scorfel de Lannion (Côtes d'Armor)

La collection ArchéoSF sera présente les 22 et 23 octobre au Festival Scorfel de Lannion (Côtes d'Armor) qui se déroule Salle des Ursulines de 10h à 18h. Entrée libre.
Pour cette occasion, ArchéoSF publie Imaginaire au Trégor une anthologie recueillant trois nouvelles  de Charles Le Goffic (fantastique et anticipation) à tirage limité (seulement 50 exemplaires numérotés), n'oubliez pas de réserver votre exemplaire! (écrire à @archeosf[at]gmail.com ).



mardi 18 octobre 2016

Le Quotidien de Montmartre 1929-1930 (3)

Troisième épisode de notre exploration du Quotidien de Montmartre publié en 1929-1930 qui est disponible sur Gallica (du n° 10 au n° 52). Pour lire la présentation du périodique, cliquez ICI. Pour retrouver tous les billets de cette série consacrée au Quotidien de Montmartre, cliquez ICI.

Dans le n° 29 daté du 23 mars 1930 Bernard Gervaise propose dans la rubrique "Les Gaités de la semaine" une réflexion à caractère anticipateur au sujet d'une prophétie scientifique. Remarquons que l'auteur confond les millénaires et les millions d'années.


Un prophète américain, le professeur Conrad Tharaldsen, de la Nordwestern University, a réussi à déterminer l'aspect que présentera l'humanité dans deux milliers d'années.
Selon lui, notre lointain descendant aura une tête énorme, un corps étique (à cause de la vie chère sans doute !) des bras menus, des jambes dérisoires et des sabots en guise de pieds.
En cet âge heureux, conclut le visionnaire, la terre sera devenue le royaume de l'intelligence pure.
Je crains bien que le distingué professeur se fourre le doigt dans l’œil. Dans deux millions d'années, l'humanité ne comptera sans doute plus pour grand'chose sur la terre devenue la propriété d'une race nouvelle dont les progrès devraient nous paraître déjà singulièrement inquiétants. J'ai nommé la race mécanique.
L'avenir appartient à la machine et, en particulier, à l'automobile qui tient déjà parmi nous une place prépondérante. Avant deux millions d'années, cet intelligent organisme aura certainement escaladé tous les barreaux de l'échelle symbolique sur lesquels les naturalistes placent les êtres vivants. Douée d'un cerveau comme un membre de l'Institut, de muscles comme un boxeur, d'un système nerveux comme une jolie femme, elle aura depuis longtemps parachevé la conquête de la planète et l'asservissement du genre humain.
Sous son règne, notre lointain descendant ne sera plus qu'un esclave docile chargé de construire des routes, pour ses promenades, de prospecter des nappes de pétrole pour sa consommation et de creuser des fosses pour ses petits besoins.

Bernard Gervaise

Dans le n° 32 daté du 13 avril 1930, Roger Salardenne nous entretient de "la femme électrique" et en imagine les conséquences. La nouvelle est illustrée par Marcel Mars-Trick. Le thème de la femme électrique est présent dans Zigzags à travers la science de Michel Verne (Photographie combinée. L'électricité chez soi) où une femme guérit les rhumatismes de son époux grâce à l'électricité produite par son corps. Chez Roger Salardenne le thème est plus coquin mais aussi plus dangereux...





M. Louis Forest, ayant publié dans le Matin un article sur l'électricité humaine, a reçu une lettre du célèbre professeur d'Arsonval dont nous extrayons ce passage :
« Tout le monde (homme et femmes, les femmes surtout) peut devenir électrique. C'est, en somme, l'électricité à la portée de tout le monde, comme dans le bouquin de notre ami Georges Claude. Il suffit, pour cela, d'être très sec (pas à la façon américaine) de peau et de vêtements et de les frotter l'un contre l'autre ».
Hein ? voyez-vous ça ? Nous pouvons devenir électriques ! Et surtout les femmes ! Ah ! posséder une femme électrique, quel beau rêve ! Comme ce serait pratique !... Pensez donc, pour avoir chez soi la T. S. F., il suffirait de brancher son poste sur le tuyau à gaz et le nombril de son épouse. Ce serait charmant !
Et peut-être qu'en installant un haut-parleur dans le... Hum !... Hum !... Enfin ! admettons, pour être correct, que ce soit dans la bouche ou dans l'oreille... On arriverait peut-être à entendre le poste de
Langenberg ou celui de Leipzig !
Une femme électrique, mais ce serait un bienfait pour l'humanité... Tenez, par exemple, en Amérique du Nord, au lieu d'électrocuter les condamnés à mort sur la sinistre chaise meurtrière, on les exécuterait d'une façon beaucoup plus agréable et beaucoup plus douce en les jetant tout simplement dans les bras d'une femme électrique... Au moment psychologique, une décharge de plusieurs centaines de mille volts expédierait instantanément le patient au pays des songes éternels. Et les assassins payeraient ainsi leur dette à la société.... voluptueusement. Evidemment me direz-vous, cela aurait aussi ses inconvénients. Le mari d'une femme électrique, en remplissant ses devoirs conjugaux, ne risquerait-il pas également de périr électrocuté ? Mais non, voyons, il lui suffirait de se munir d'un isolant, du caoutchouc, par exemple. Ce qui, en somme, ne serait pas si nouveau que cela...
Et puis, il y aurait sans doute moyen de couper le courant à volonté...
Et quel avantage pour la femme vertueuse !... Etant électrique, il lui serait facile de se protéger contre les assiduités des soupirants audacieux... Un monsieur polisson qui, voulant caresser la croupe d'une jolie femme, recevrait dans les doigts une décharge électrique, hésiterait certainement à recommencer.
Ou alors, c est le cas de le dire, il prendrait des gants pour renouveler son geste !
L'adultère, dans de telles conditions, deviendrait un petit jeu dangereux et on lirait très probablement à la troisième page des journaux quotidiens des faits-divers de ce genre :
« Mort tragique d'un Don Juan. — Un jeune avocat parisien, Me Dupont-Durant, courtisait depuis quelque temps l'épouse légitime d'un industriel de Levallois-Perret. Hier, il avait réussi à attirer la jeune femme dans sa garçonnière de la rue de Chazelles. Mais le malheureux ignorait que Mme X... était électrique. Il a été tué sur le coup. Son cadavre a été transporté à l'Institut médico-légal aux fins d'autopsie.»
Peut-être y aurait-il moins de cocus sur la Terre ?

Roger Salardenne, « La Femme électrique », in Le Quotidien de Montmartre, n° 32, 13 mars 1930, illustration de Marcel Mars-Trick

Suite du dépouillement ce périodique la semaine prochaine!

lundi 17 octobre 2016

Enigme du lundi #10: Mais que font ces gens?

Sur cette image datant de 1886, on voit plusieurs personnes face à des appareils de différentes tailles. Mais que font ces gens?


mercredi 12 octobre 2016

[nouveauté] Imaginaire du Trégor, 3 nouvelles de Charles Le Goffic

Dans la collection ArchéoSF, Imaginaire du Trégor, un livret à tirage limité, est mis en vente à partir du 22 octobre dans le cadre du festival Scorfel qui a lieu à Lannion (Côtes d'Armor) les 22 et 23 octobre 2016 (précommandes et réservations en bas de page).
Le livret Imaginaire du Trégor recueille trois nouvelles de Charles Le Goffic, né et mort à Lannion. 
La nouvelle fantastique La Maison des mines a pour cadre Poullaouen (Finistère). Un chasseur rencontre une étrange famille et est confronté à un revenant.
Autre nouvelle fantastique, Le Cheveu d'or: quand un double crime est commis au phare des Roches Douvres, quand toutes les explications rationnelles sont écartées, il ne reste plus qu'à accepter l'intervention d'une marie-morgane, fascinante sirène bretonne.
Enfin Le Secret du docteur narre le cas de conscience d'un médecin capable de soigner son ami et patient atteint d'un glaucome. Mais être l'amant de la femme de son ami peut tout compliquer...


















Caractériques techniques:
52 pages format A5, dos agrafé, couverture quadrichromie
Couverture: papier 220 grammes
Intérieur : papier 120 grammes glacé.
Tirage limité: 50 exemplaires + 10 exemplaires hors commerce.
Illustration de couverture: Roxane Lecomte

L'ouvrage est tiré à 50 exemplaires numérotés seulement. Il n'y aura pas de retirage. Vous pouvez réserver votre exemplaire en envoyant un message à archeosf[at]gmail.com


mardi 11 octobre 2016

Le Quotidien de Montmartre 1929-1930 (2)

Deuxième épisode de notre exploration du Quotidien de Montmartre publié en 1929-1930 qui est disponible sur Gallica (du n° 10 au n° 52). Pour lire la présentation du périodique, cliquez ICI. Pour retrouver tous les billets de cette série consacrée au Quotidien de Montmartre, cliquez ICI.

Le n° 22 daté du 2 février 1930 accueille une petite nouvelle ruritanienne signé le pseudonyme de Jean de Lozère (alias André Minot, 1888-1941) qui n'est pas un inconnu car il a aussi signé sous un autre pseudonyme André Romane un conte préhistorique : "La plus belle conquête".  "En exil" conte les déboires du prince Christophore de Boskovie qui vit un exil parisien qui lui est somme toute fort agréable mais qu'une révolution monarchiste dans son pays oblige à reprendre le trône, abandonnant les petites femmes parisiennes. La nouvelle est accompagnée de deux dessins suggestifs bien dans le ton du Quotidien de Montmartre.
Nous le reproduisons ci-dessous avec les illustrations :

En exil 
 

Le prince Christophore de Boskovie est une victime de la guerre.
Après quatre ans d'espérance,
Quand les peuples alliés
Avec les poilus de France
Ont moissonné les lauriers,
il a faussé compagnie à son peuple prêt à se révolter et est allé grossir le bataillon grossir le bataillon des rois en exil.
Comme il dispose d'une fortune assez rondelette, mise depuis longtemps à l'abri de tous risques dans les coffres du Crédit Lyonnais, il mena, dès son arrivée à Paris, une vie des plus agréables.
Depuis son abdication les Boskovites font, non sans déception, l'apprentissage de la République une et indivisible. Tandis que ses ex-sujets sont en proie aux luttes fratricides des factions politiques se disputant l'assiette au beurre gouvernementale. Christophore savoure l'illusion de se croire citoyen libre d'un pays libre.
Nul protocole, nulle tradition ne viennent guinder ses gestes et discipliner ses paroles ;
Il peut sortir de chez lui à toute heure du jour ou de la nuit, aller où et chez qui bon lui semble, sans qu'une escorte bruyante et chamarrée ou une garde occulte mais vigilante ne l'accompagne.
Plus d'audiences, de conseils de ministres, de réceptions d'ambassadeurs, d'inaugurations, de harangues et de discours, Christophore de Boskovie est libre et frétillant comme le poisson dans l'eau ou la bactérie dans un bouillon de culture et, pour comble de bonheur, il est l'amant, épris et chéri, de la petite Chouquette, des Folies-Bergères.
Pourtant l'habitude étant une seconde nature, il arrive encore à Christophore de fureter sous le lit de sa maîtresse avant de s'y aller coucher à ses côtés, comme si quelque espion, quelque policier ou quelque régicide pouvait se trouver caché sous sa couche, et, quand l'impatiente Chouquette lui demande d'une voix suave :
- Eh ! Bien, Cricri, viens-tu te plumer, qu'est-ce que tu fiches donc ainsi en liquette à quatre pattes sur la descente de lit, il revient à la douce réalité et, âme pure, coeur allègre, il se livre, sans plus attendre, aux délices de l'amour.
Une seule ombre ternit parfois l'éclat de sa félicité :
Ah ! n 'exilez personne, ah ! L'exil est impie.
V. HUGO.

La cause royale a gardé en Boskovie quelques partisans convaincus. L'influence de ce petit groupe de monarchistes résolus grandit chaque jour et Christophore ne peut se dispenser de remercier de temps en temps ces fidèles de leur zèle intempestif qu'il maudit en son for intérieur.
Car le bonheur est bref et les Dieux sont jaloux. Ebranlé par les coups de boutoirs de la réaction la république Boskovite tremble aujourd'hui sur sa base. Les chefs du mouvement monarchiste pressent de plus en plus Christophore de rentrer dans ses états où le peuple l'accueillera en sauveur et père de la patrie.
Christophore en perd le boire, le manger, le sommeil et le libre exercice de l'amour.
Et la catastrophe redoutée se produit ;
Un matin, tandis qu'il contemple, étendue en travers de son lit, la blonde Chouquette qui, telle la Tanit du poète, Rêve languissante, voluptueuse et nue, son valet de chambre, après avoir gratté discrètement à la porte, lui tend sur un plateau un télégramme que Christophore ouvre d'une main tremblante.
Il est ainsi rédigé :
« Victoire, Sire, victoire ! Les usurpateurs sont chassés ; Un gouvernement provisoire a pris le pouvoir au nom de votre majesté, que son peuple appelle à grands cris.
Léonidas Dodévich. »
- Nom de D… ! s'écrie Christophore.
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiète Chouquette réveillée en sursaut.
Puis après avoir pris connaissance de la dépêche :
- En Bien ! Quoi, t'as qu'à les laisser tomber ces mufles-là. Abdique mon vieux Cricri. T'as bien un frangin , un n'veu ou un bon zigue quelconque qui acceptera de porter la couronne à ta place.
Mais le Faible Christophore sent bien qu'il n'aura pas le courage de rompre tous les liens qui le rattachent au trône.
Et, tandis que Chouquette lui suggère des solutions plus saugrenues les unes que les autres, il laisse, en bouillonnants sanglots d'enfant, couler sa lourde peine sur son pyjama de soie rose.

Jean de Lozère, « En exil », in Le Quotidien de Montmartre, n° 22, 2 février 1930


Le n° 23 daté du 9 février 1930 comporte un dessin humoristique d'inspiration préhistorique signé par le célèbre Dubout (1905-1976) invitant à lire Le Petit Néolithique sous le patronage de "Rausny et Né":



Le dépouillement de ce périodique est à suivre dès la semaine prochaine


lundi 10 octobre 2016

Enigme du lundi #9 : A quoi servait cette installation urbaine?

On ne voit plus cette sorte de matériel urbain. Celui-ci est le premier de son espèce à avoir été installé en 1930 à Paris. Mais à quoi servait-il?