lundi 27 novembre 2017

Léo d'Hampol, biographie (1913)

Léo d'Hampol ( de son vrai nom Jean Carmant) a écrit quelques textes relevant de la conjecture rationnelle. Les informations biographiques le concernant sont rares.Né le 6 février 1863 (on ne connait pas sa date de décès, la dernière apparition de son nom dans la presse date de 1929), il fut l'un de ces nombreux polygraphes aux multiples talents (écrivain, journaliste, illustrateur, peintre, artiste) à cheval sur le XIXe et le XXe siècle.




L. D'HAMPOL (Jean CARMANT)



Un dictionnaire national, qui magnifie volontiers les contemporains, donne à notre collaborateur des titres que ce dernier repousse avec sa bonne grâce souriante : peintre, prosateur et poète français.

Peintre, il le fut peu, comme Ingres fut violoniste.

J'ai vu de d'Hampol quelques céramiques exposées en 1894, passage de l'Opéra, quelques tableaux figurant dans des expositions particulières, des dessins, parus dans le Mondain, dans le Charivari et c'est tout. Quant au poète, il vaut le peintre : des monologues en vers parus chez Bressot, un opéra comique Pierrot amoureux, en collaboration avec Ed. Denancy, un volume Au Clair de la Lune, édité par Bernot, un éditeur disparu du ciel de l'édition, etc.

L. d'Hampol est surtout un journaliste, il n'a, d'ailleurs, jamais ambitionné d'autre titre.

Si ma mémoire me sert bien, L. d'Hampol doit être né à Paris en 1864 ou 1865, bien que le dictionnaire national des contemporains le fasse naître en 1863.

Il vit la fin de l'Empire, c'est ce qui explique assez plaisamment d'ailleurs sa curieuse ressemblance avec l'empereur Napoléon III.

Nous laisserons son enfance, ses études et ses succès, parce qu'il serait ridicule d'y insister étant donné que nous parlons d'un confrère, qui n'a rien de commun avec Mme Réclamier.

Les premiers essais de d'Hampol eurent pour cadre l'Impartial, où il publia un roman : la Main rouge, qui resta inachevé, le journal ayant cessé de paraître avant l'épilogue de cette œuvre de jeunesse. Nous le retrouvons ensuite au Progrès universel à l'Ingénieur Civil, à la Revue Exotique et Coloniale, à la Revue de France, au Petit Caporal, au Soleil du Dimanche, au Bonhomme breton, au Petit Rennais, à la Nation, à l'Evénement, au Mondain illustré, à la Presse où il publie de nombreux romans et de nombreuses nouvelles.

Mais où ce bûcheur se révèle surtout, c'est chez l'éditeur Juven, où il entra après avoir dirigé pendant deux ans la Bretagne, journal royaliste quotidien du Finistère.

Chez Juven, chroniques, nouvelles, romans, science vulgarisée, études historiques, s'accumulent dans toutes les publications de cet éditeur.

On voit le nom de d'Hampol, dans la Vie scientifique, dans la Contemporaine, dans la Lecture illustrée, dans le Monde moderne, enfin dans la Vie illustrée.

Dans cette dernière publication l'œuvre de L. d'Hampol est considérable : Sous les pseudonymes de J. Grey, de Leo Cahu, de Jean Carmant, d'un Volontaire, de Johnson, etc., il donne des nouvelles fantastiques comme l'Homme aux yeux fixes, la Vengeance d'un Dieu, Hyparxis, des romans, comme les Conspirateurs, des romans traduits de l'anglais, comme les Adieux de Nikolas, le Captif de Pekin, Voyage au pays des Boers, le Journal d'un volontaire, des études comme le Monde Juif, la Défense des côtes avec la collaboration de M. Edouard Lockroy, ou, pour être plus exact, avec les renseignements fournis par l'ancien ministre de la marine ; l'Affaire Humbert, reportage complet que je voudrais voir donner en exemple aux jeunes reporters qui s'essaient dans la carrière, etc.

Une blessure grave que reçut L. d'Hampol l'obligea à abandonner la plume pendant plus de deux ans. Mais son activité ne lui permet pas de quitter la presse, comme le lui conseillaient les médecins.

Il entre à Femina, à Musica, à la Vie au grand air, à Je Sais tout, et y accomplit de prodigieux tours de force, en réussissant des reportages sensationnels. Il reste deux ans avec Pierre Lafitte, et quitte la maison pour Madame et Monsieur où il continue ses contes fantastiques et scientifiques et ses reportages amusants.

Madame et Monsieur change de direction, et voici L. d'Hampol parti pour l'Angleterre. Aussitôt, nous voyons paraître dans les magazines anglais des nouvelles et des articles sous son nom et sous son pseudonyme Jean Carmant.

Revenu en France, il donne les Déboires d'un détective au Soleil ; le Crime impossible au Supplément ; les Mystères de Russel Square, au Paris-Journal. Il vient d'écrire encore pour le Soleil : Le Manuscrit rouge qui doit paraître incessamment.

Dans le Charivari, il se signale par une vigoureuse campagne anti-allemande qui lui valu avec la haine des Germains l'approbation de tous les patriotes.

Citons pour mémoire : la Goélette du diable et les Millions de Van-Beden, romans parus autrefois dans la Bretagne. Une série de nouvelles : le Plomb fondu ; L'Autre; Un ami infernal; les Trois petites vieilles de l'omnibus, etc., etc. parus dans Nos loisirs et de nombreux articles dans le Monde illustré.

Citons encore un curieux roman, le Trésor des Jacobins, paru dans l'Omni-Revue.

L. d'Hampol aime à dire souvent qu'avec ce qu'il a écrit et ce qui a été publié de lui, on remplirait une bibliothèque, rien n'est plus exact.

Je passe sous silence ses chansons qui furent interprétées par Dayle, aux « Poètes chansonniers », ses monologues et les actes auxquels il collabora.

Quant aux journaux qu'il fonda, je ne dirai pas qu'ils sont légions, mais ils sont nombreux, et combien ont réussi ! Prenons par exemple, Bourse et Parlement, un de nos plus grands organes illustrés, et que dirigent brillamment nos distingués confrères Henri Benoit et Maurice Richard.

L. d'Hampol, que les années ne touchent pas, est rédacteur en chef de l'un de nos plus vieux quotidiens « La France Nouvelle », créée en 1828 et que dirigea pendant longtemps le grand Dumas, le Pierre des deux Corneille.

Détail amusant : Notre confrère qui a publié plus de 20 volumes, qui a attaché son nom à des milliers d'études scientifiques, littéraires, artistiques, qui a écrit des milliers d'articles, n'est même pas officier d'académie.

Il met une certaine coquetterie, à ne pas fleurir sa boutonnière, pour qu'il n'y ait pas d'équivoque possible.



JULES DE BIENNES. In L'Idée moderne, revue bi-mensuelle politique, littéraire et économique, 3è année Nouvelle Série n° 4-28 daté du 1er juin 1913

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