jeudi 7 juillet 2016

Chanson de l'été #1 : L'avenir du travailleur (1886)

La chanson populaire revendicative proposait souvent au XIXe siècle et dans la première partie du XXe siècle des élans utopiques (ou utopistes). Chaque jeudi de l'été, ArchéoSF vous propose une chanson oubliée relevant de ses domaines de prédilection : l'anticipation, l'utopie, la science-fiction...

L'Avenir du travailleur a été composée par Victor Capart et chantée par "une société de forçats" a été édité par la librairie Carette (Roubaix) en 1886. Vous trouverez ci-dessous le fac-similé de la publication et en fin de page le texte complet. Les quatre premiers couplets font un état des inégalités sociales et le dernier couplet se lance dans une anticipation utopiste.



1er couplet





Refrain


2ème couplet


3ème couplet



4ème couplet


5ème couplet




1er couplet

Banquiers et grands propriétaires,
Qu'un génie heureux te fit naître
J'aperçois que des prolétaires,
La misère tu ne veux connaître,
Tu te promènes bien aisément
Pendant que l'ouvrier travaille,
Sans fatigue tu dors molement
Sur la laine, l'ouvrier sur la paille.

Refrain


Voilà Messieurs les aspirants,
Aux grandes idées capitalistes
Pour l'avenir de nos enfants,
Pourquoi l'on est socialistes. (Bis pour les deux derniers vers)

2ème couplet

Riche, vois tu ces malheureux,
Qui ont grossi ton capital,
Regarde à l'Hospice ces vieux
Après soixante de travail
Et toi sans jamais travailler,
Ton coffre se remplit de richesses,
Par le produit de l'ouvrier
Tu passes une heureuse vieillesse.

3ème couplet

Riche tu viens sans travailler
Député, grand propriétaire,
Et en travaillant l'ouvier
Ne peut avoir son nécessaire.
Pour toi manger les bons morceaux
Les meilleurs vins sont sur ta table,
Nous l'on a pas les meilleurs eaux ;
Regarde si c'est agréable
4ème couplet
Fils de ces grands conspirateursQui font partie du séminaire,
Tu es pour causer nos malheurs
Exempt de la loi militaire,
L'ouvrier laisse ses vieux parents
Pendant cinq ans dans la misère
Pendant ce temps tous les savants
Apprennent le métier de rien faire.

5ème couplet


Un jour viendra, les travailleurs,A bout de force et de souffrance
Diront à tous ces exploiteurs
Tous vos trésors sont à la France
Le peuple vient de décréter
Cette nouvelle loi pratique
Que par la collectivité
Tous sont égaux en République
Source: médiathèque de Roubaix

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