ISSN

ISSN 2496-9346

dimanche 14 août 2011

Eugène Fournière, Chez nos petits-fils (1900) : un extrait en téléchargement

Eugène Fournière a laissé une oeuvre politique importante. On lui doit aussi une utopie intitulée Chez nos petits-fils dans laquelle il imagine en 1900 une utopie d'inspiration socialiste à la fin du XXe siècle.

Quelques mots à propos de l'auteur extraits du Dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 de J. Joly (source: base de données de l'Assemblée Nationale):


Né le 31 mai 1857 à Paris, mort le 6 janvier 1914.
Député de l'Aisne de 1898 à 1902.Après avoir fait ses études primaires à Ottange, en Lorraine, Eugène Fournière gagna Paris où il devint bientôt maître de conférences à l'École polytechnique, professeur au collège libre des sciences sociales et aux Arts-et-Métiers, et conseiller municipal d'Arcueil. Il se lança alors dans la vie politique en collaborant aux journaux socialistes. Directeur de la Revue Socialiste qu'il avait fondée avec Benoît Malon, il prit place parmi les théoriciens les plus écoutés du jeune parti.Conseiller municipal de Paris pour le XVIIIe arrondissement (quartier de Clignancourt) depuis 1894, il se présenta aux élections législatives de mai 1898 dans l'Aisne, où il fut élu dès le premier tour député de la 2e circonscription de Vervins, en totalisant 6.123 voix contre 5.582 pour le député sortant, M. Moret, républicain modéré.A la Chambre il déploya une grande activité en faveur d'une politique pacifiste mondiale, contre les écoles congréganistes, les ouvroirs-orphelinats religieux appelés « Bons pasteurs ». Candidat socialiste aux élections de 1902, il fut battu dès le premier tour par le candidat nationaliste, le comte Caffarelli, n'ayant recueilli que 5.001 suffrages contre 7.487 à son adversaire. Il se consacra dès lors à ses tâches de président de l'École du journalisme et de l'Association pour l'enseignement du travail et de l'hygiène sociale et de membre de la Société de sociologie. Il publia de nombreux ouvrages.Il mourut le 6 janvier 1914. Il était âgé de 57 ans.



ArchéoSF vous propose un extrait de Chez nos petits-fils dans la section "téléchargement" avec  le chapitre II "Le coin des ancêtres".
source du texte: Gallica

vendredi 12 août 2011

André Héléna, la Planète des Cocus

Tout commence par une superbe illustration de Jef de Wulf:
Couverture

Et nous voici plongés dans un monde si loin et si proche de notre bonne vieille Terre.
La planète des cocusAndré Héléna n'est guère connu pour être un auteur de SF. Père avec Léo Malet du roman noir français, il fut à la fois génial et considéré comme un tâcheron par les éditeurs. Léo Malet a connu le succès tardivement, André Héléna n'a pas eu cette chance. Ses oeuvres sont pourtant régulièrement rééditées et ce fut le cas en 2010 de La Planète des cocus (éditions E/DITE). Bizarrement le livre est souvent mal classé chez les libraires, on le met en polar, rarement en SF.

Il semble donc nécessaire de préciser certains points et de se demander de quelle manière André Héléna use de la science-fiction.

Un truand, Pierrot le tordu, poursuivi par la police française, trouve refuge auprès d'un professeur souhaitant quitter la Terre à bord d'une fusée. L'affaire est rapidement entendue et nos deux héros se retrouvent sur une planète lointaine espérant y trouver la paix. Manque de chance les humains qui y vivent ont les mêmes défauts que les Terriens: les dirigeants veulent dominer le monde, les affaires sont les affaires, les blocs politiques les blocs politiques et l'humanité est très humaine, trop humaine. Ecrivant comme ses pieds des textes incompréhensibles Pierrot devient le plus grand écrivain de sa planète d'adoption. Il prend une pose politique qui le conduit à avoir admirateurs et ennemis. Invité dans le camp d'en face, il voit que ce n'est guère mieux (totalitarisme, totalitarisme...). Rejeté par les uns et par les autres mais avec le professeur comme compagnon fidèle, il arpente la planète à la recherche d'un havre de paix. Est-ce si facile? Candide pouvait finir par cultiver son jardin mais quand les hommes possèdent la bombe atomique c'est beaucoup plus difficile. Tandis la planète est menacée d'explosion, le bon sens populaire affirme: « les survivants seront les maîtres du monde », c'est à désespérer de l'espèce humaine...
Alors que Voltaire faisait descendre Micromégas sur Terre, André Héléna, dans ce pamphlet qui n'épargne aucun des camps, envoie nos bonshommes sur une planète lointaine. Le résultat est le même: dénonciation acerbe des travers de l'humanité. Derrière le masque de la SF, alors à la mode en France avec le débarquement massif de la SF américaine, Héléna nous livre une belle satire... car la SF sert aussi à faire réfléchir et les mondes lointains sont souvent les masques de nos petites vies terriennes...

Edition originale: La Planète des cocus, Le Crépuscule, Editions Armand Fleury, 1952
Réédition E/DITE, 2010
Ce billet est publié dans le cadre du challenge Summer Star Wars lancé par Lhisbei

summer+star+wars.jpg (215×203)

Source de l'image 

mercredi 10 août 2011

Une critique de Le Sous-marin Jules Verne de Gustave Le Rouge par Bernard Blanc

Le sous-marin « Jules-Verne » (Gustave Le Rouge, Gustave Guitton, 1902)A la fin des années 1970 fut lancé le magazine Futurs, le magazine de la science-fiction. Des auteurs, nombreux, y furent publiés. Futurs comportait aussi une partie encyclopédique (des fiches sur des films, des essais littéraires,...) et une série de chroniques sur les nouveautés. Francis Lacassin dont on connaît le travail opiniâtre pour réhabiliter la littérature populaire, ses héros et archétypes ainsi que la bande dessinée, dirigeait la réédition chez 10/18 de toute une série de textes alors quasiement introuvables: Le Rour de Pierre Souvestre et Marcel Allain ou les oeuvres de Gustave Le Rouge par exemple.
Bernard Blanc chronique ainsi dans le numéro de 4 de Futurs la réédition de Le Sous-marin Jules Verne du génial Gustave Le Rouge.


LE SOUS-MARIN JULES VERNE
Gustave Le Rouge
(Ed. 10-18 no 1245)

Jules Verne n'a malheureusement pas attiré que des assassins (1) ! Beaucoup lui ont rendu de sérieux hommages. La toute récente édition d'un court roman de Gustave Le Rouge, Le sous-marin Jules Verne en est un, et non des moindres.


Il ne nous fait pas changer d'avis sur Jules Verne, mais il permet en tout cas de faire la lumière sur ce mystérieux Gustave Le Rouge, qu'on cite toujours comme grand ancêtre de la science- fiction, mais dont on ne connaît pas assez l'ouvre, pourtant fort belle. Les éditions 10-18, sous l'influence laborieuse et entêtée de Francis Lacassin, veulent rendre à Gustave Le Rouge la place qui lui est dûe, en rééditant ses principaux livres, Le Rouge a beaucoup écrit. Des souvenirs, un roman de cape et d'épée et même un gros traité de cuisine. Près de 80 livres. Le plus intéressant de cette production reste sans conteste l'oeuvre d'anticipation. I1 faut absolument lire les trois volumes d e La Conspiration des Milliardaires, les cinq volumes du Mystérieux Docteur Cornélius et surtout Le Prisonnier de la Planète Mars, suivi de La Guerre des Vampires, une épopée spatiale et ésotérique à côté de laquelle bien des spaces operas contemporains font piètre figure.
Le sous-marin « Jules-Verne » (Gustave Le Rouge, Gustave Guitton, 1902)L'intérêt de la SF de Gustave Le Rouge (qui a suivi de très près un autre pionier sur lequel on ne perd pas son temps à se pencher, Rosny Aîné, dont on lira avec plaisir les Récits de SF et La Force Mystérieuse chez Marabout) est qu'elle se situe toujours dans un cadre réaliste. Le Rouge ouvre ainsi la voie à la science-fiction moderne qui, on le sait, a abandonné l'exploration des planètes lointaines pour ne s'occuper que de la Terre.
l'anticipation scientifique, bien sûr, joue toujours un grand rôle. Mais Le Rouge y ajoute une bonne dose de critique sociale. Il s'attaque, avec une extra- ordinaire véhémence, aux milliardaires américains, dont il fait de terribles caricatures, annonçant leur impérialisme.
Dans Le Sous-Marin Jules Verne l'innocente jeune fille ne pouvait être enlevée que par un Yankee sans foi ni loi, fils de milliardaire, évidemment.
C'est toujours très schématique : Gustave Le Rouge écrit de la littérature populaire. Ses dénonciations ne lui font pas oublier qu'il doit intéresser les concierges. De là ces aventures rocambolesques, ces incroyables inventions, et la peinture détaillée de la passion amoureuse. Tout cela est parfois gros comme un sous-marin, mais d'un comique irrésistible. Pourtant, ce serait faire du mal à Le Rouge que de le réduire à un éclat de rire. Le Prisonnier de la Planète Mars et La Guerre des Vampires révèlent de magnifiques pages où l'épique et la poésie surréaliste se glissent partout, du fond des mers à l'infini de l'espace.
Il faut redécouvrir Gustave Le Rouge.


Bernard BLANC


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Pour aller plus loin: une petite biographie de Gustave Le Rouge sur le site Club Verne de l'Association des Amis du Roman Populaire
Les oeuvres de Gustave Le Rouge sont dans le domaine public et peuvent facilement être lues sur le net.

Les images proviennent du site Mobilis in Mobile consacré au Capitaine Nemo et au Nautilus (qui a repris les images de BDFI).

Couverture
(1) Pour ceux qui ne le sauraient pas, Bernard Blanc a publié un essai/pamphlet intitulé Pourquoi j'ai tué Jules Verne dans la collection Dire, éditions Stock 2, 1978.

mardi 9 août 2011

Régis Saint-Elier, Le radar Mars-36

Amusante anecdote publiée dans Pierrot Jean Bart n° 46 daté du 13 novembre 1946 (1): un radiotélégraphiste s'ennuie à Bam-Bou-La (en Afrique). Il envoie un message à son collègue de Tombouctou: "Habitant planète Mars atterri ici sur radar interplanétaire modèle nouveau, motorisé à propulsion intra-atomique, immatriculé Mars-36. Aucun accident personne. Attendons instruction." Le collègue de Tombouctou répond: "Veillez sur Radar Mars-36 et traitez habitant planète Mars avec égards au nom du gouvernement. Envoyons mission scientifique avec interprète". Au début le plaisantin croît que la réponse est celle d'un autre farceur mais ce n'est pas le cas et il doit désormais traiter avec le gouverneur pour l'informer tous les quarts d'heure. Ce n'est plus l'ennui, c'est le surmenage, surtout qu'il n'y a pas guère de Martien à surveiller. Il manque à son devoir et voit débarquer avion et parachutistes. Il ne peut que se défendre en inventant un départ précipité du vaisseau martien.  Evidemment, la plaisanterie est éventée et notre radio-télégraphiste exclu de l'administration coloniale...



Régis Saint-Elier, "Le radar Mars-36", Pierrot Jean Bart, n° 46, 13 novembre 1946, p. 6

(1) Pierrot Jean Bart était publié par les éditions Montsouris. Le site Petit Echo de la mode (dont on ne peut que recommander la visite, découvrir une maison d'édition qui, pendant plus d'un siècle, publia de nombreux périodiques et ouvrages et peut être prévoir un voyage à Châtelaudrun en Bretagne qui accueille des expositions sur le thème) qui recense les publications des éditions Petit Echo de la mode / Editions de Montsouris n'indique pas cette série, passant de la première série Pierrot de décembre 1925 à mars 1942 à la seconde de mai 1947 à décembre 1957.

Billet publié dans le cadre du Défi martien de Guillaume.

lundi 8 août 2011

Le radium et l'agriculture ( 1923 )

Evidemment, de bombes atomiques en catastrophes nucléaires, tout ce qui est radioactif n'a plus guère l'estime de la population (oubliant même que la radiographie qui permet de déceler fractures et autres dégâts sur des os est une technique qui utilise des rayons X). Il fut un autre temps où l'on croyait au Radium et l'on imaginait toutes les applications possibles et imaginables y compris dans le domaine agricole comme dans le texte suivant:

Le radium et l'agriculture

Encore une recette merveilleuse. Elle nous rouvrirait le Paradis terrestre qui, on le sait, est actuellement fermé, et encore interdit à la circulation.

« Il est bien fâcheux que le gouvernement japonais veuille conserver le secret de de l'invention dont l'honneur revient au chimiste Peyote, chef de laboratoire à Tokio, qui, par une nouvelle application du radium, ouvre, si l'on peut ainsi écrire, des horizons nouveaux à l'agriculture.
» Ce savant, à l'aide d'un dispositif spécial, réussirait paraît-il à activer le développement des plantes avec une extrême rapidité, si bien qu'en vingt-quatre heures un cerisier verrait se former et mûrir ses fruits juteux et prêts à servir sur la table !
» Certain courant catalytique lancé dans un réseau de fils autour d'un potager suffirait à faire pousser, en deux jours, les légumes plantés en cet enclos miraculeux. »

A titre d'espoir, nous pouvons enregistrer cette alléchante découverte.

Le Cultivateur du Sud-Centre, revue de vulgarisation agricole des départements formant la bordure sud du Plateau central (Aveyron, lot, Cantal, Lozère, Gard, Hérault, Tarn, Tarn-et-Garonne), n° 384, nouvelle série, 16 avril 1923, p. 185

Source: Gallica

mercredi 3 août 2011

Chromo : anticipation, Le régiment aérophile (en l'an 2000)

Belle image du rêve d'un "régiment aérophile" en l'an 2000. Avec le recul du temps, on les imagine plutôt au bord de la plage mais c'est le propre ce genre d'illustrations que d'appartenir au domaine de l'imaginaire.
Les amateurs de rétro-anticipations consacrées à l'an 2000 peuvent consulter le texte Un épisode en l'An 2000 (suivre le lien) publié sur ArchéoSF en juin 2011.