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ISSN 2496-9346

mercredi 8 février 2012

A. Portier, Une chasse préhistorique à l'époque magdalénienne ( 1937-1938)

Le hasard nous conduit parfois vers des publications dans lesquelles on n'imaginerait pas vraiment découvrir des textes relevant de la science fiction. C'est le cas de la revue Le Chasseur français. Avec un titre pareil on suppose que les domaines exclusifs seront la chasse, la pêche, les animaux...
On s'amuse à relever quelques articles à tendance conjecturale comme L'Aventure humaine en l'an 500000 (rien que cela!) (1953), Le commerce dans cent ans (moins ambitieux que le précédent) ( 1932), une Fantaisie préhistorique (1967) ou un article sur les femmes en l'an 2000 (1966). Et voici que l'on tombe sur une fiction préhistorique publiée en cinq épisodes en 1937-1938 dont on ne trouve nulle part les références... pas même dans les ouvrages ou sur les sites... de référence sur le roman préhistorique. Evidemment, le plaisir est grand et on le fait partager à ses lecteurs avec le petit résumé qui suit publié dans le n° 571.
La collection ArchéoSF (éditions Publie.net ) s'enrichit donc d'un nouveau texte avec cette "Chasse préhistorique à l'époque magdalénienne", édition présentée, commentée et annotée.



Résumé. — Un guerrier de la préhistoire, Naroud. chasseur averti et expert, monte la garde près de l’entrée de la caverne où repose sa tribu. Après avoir chassé deux grands loups qui rôdaient aux alentours, il est sur le point de s'assoupir, quand des bruits insolites viennent frapper son oreille. Grâce à sa sagacité et à sa connaissance du terrain, il se rend compte de la présence assez proche d'un nombreux troupeau de rennes et décide de l'attaquer pour avoir des vivres pour sa tribu qui souffre de la faim depuis plusieurs fours. Comme il ne peut suffire seul à la chasse, il réveille le chef de la horde et s'entend avec lui sur la marche à suivre. Les guerriers de la tribu n’étant pas assez nombreux, aide est demandée à la tribu voisine. Les guerriers de celle-ci arrivent au plus vite et la poursuite va commencer.






La fiction préhistorique "Une chasse préhistorique à l'époque magadalénienne" est disponible dans la collection ArchéoSF aux éditions Publie.net (édition numérique)

mardi 7 février 2012

[Musique] Air, Le Voyage dans la Lune

Le groupe électro Air sort le 6 février 2011 un septième album qui a pour titre Le Voyage dans la Lune. Il ne s'agit pas d'un simple clin d'oeil au film de Goerges Méliès mais d'une véritable bande originale directement inspirée par le court métrage tourné en 1902.
En mai 2011, pour la présentation d'une version recolorisée du Voyage dans la Lune de Méliès au festival de Cannes, Air avait composé une musique originale. L'album qui paraît aujourd'hui offre onze morceaux d'une profondeur musicale foisonnante. 
Une édition limitée propose le CD + le DVD comprenant la version restaurée du Voyage dans la Lune.

 Air présente son nouvel album, Le Voyage dans la lune

Le site officiel de Air

lundi 6 février 2012

Des inventions insolites, étranges, bizarres ou délirantes !

L'imagination des inventeurs semble sans limite.
La page Facebook de Gallica invite aujourd'hui ArchéoSF pour présenter une petite sélection de ces inventions dont l'utilité ne saute pas immédiatement aux yeux mais  aux qualités esthétiques indéniables.
Voici par exemple un traîneau à turbine datant de 1910.



Vous trouverez encore dans l'album publié sur la page Facebook de Gallica:
- le car-rame sportif
- l'agrandisseur pour myope
- la bouée de sauvetage à propulsion
- le vélo-torpille
- la triplette cycliste
- la machine à vapeur... en verre
- l'appareil pour apprendre à marcher aux bébés
- l'appareil pour habituer les pilotes aux secousses qu'ils subissent en avion
- le protecteur pour autobus
- le traîneau à turbine

dimanche 5 février 2012

Le vélocipède à neige et à glace

La locomotion a été l'un des grands thèmes scientifiques de la fin du XIXe siècle. Automobile, locomotive, aéroplane, steamer ou vélocipède ont connu des progrès permettant de parcourir toute la surface du globe quelque soit les conditions.
Dans l'article qui suit, extrait de La Science illustrée, est présenté un vélocipède à neige et à glace.


VELOCIPEDE A NEIGE ET A GLACE

Depuis que la vélocipédie a détrôné tous les autres genres de sports, que n'a-t-on pas imaginé pour diminuer les inconvénients des premières machines, défauts inhérents à l'état de la fabrication encore peu expérimentée ! Entre le vélocipède de l'ancien modèle et le bicycle à grande roue est venue se placer la bicyclette qui jouit des avantages de l'un et de l'autre.
La bicyclette permet d'atteindre et même de dépasser la vitesse du grand bicycle avec la stabilité et la sécurité du vieux vélocipède; aussi a-t-elle conquis rapidement l'estime générale. Les uns ne s'en servent que comme distraction ou pour satisfaire au goût du temps, mais pour d'autres, elle est un auxiliaireulile, presque un instrument de travail. C'est pour cela que les perfectionnements ont porté sur deux points différents : l'élégance et la solidité. De là proviennent la multitude des formes qui ont été essayées pour le cadre et la variété des dispositifs proposés pour obtenir la multiplication.
Mais la bicyclette ainsi conditionnée ne pouvait donner de bons résultats que sur des chemins unis et pour ainsi dire faits exprès ; les pavés, la route en mauvais état, les ornières étaient les ennemis des bicyclettistes. On parvint à augmenter le champ d'exploration du nouvel engin par l'invention du caoutchouc creux auquel succéda presque immédiatement le pneumatique et ses variantes. Des essais ont même été tentés pour remplacer le pneumatique trop fragile par des systèmes mécaniques à ressorts, mais ils ne semblent pas avoir donné de bien bons résultats.
Après avoir rendu la bicyclette apte à rouler sur toutes sortes de terrains, on a cherché à étendre le même principe pour marcher à la surface de l'eau et dernièrement on fit beaucoup de bruit autour d'une bicyclette nageante.
Aujourd'hui, il nous vient d'Amérique une bicyclette qui peut fonctionner sur la neige et la glace. C'est de l'Erié, où les longs hivers privent les bicyclettistes de l'emploi de leurs machines ordinaires, que nous arrive cette invention. Aujourd'hui, l'on peut jouir d'une piste de glace toute l'année, aussi le nouvel appareil permettra-t-il aux patineurs bicyclistes de cumuler les deux plaisirs.


Cette machine, brevetée par M. Jonas Schmid, est représentée par la figure ci-contre. Le cadre est tabulaire de façon a être plus léger; l'arrière se termine par un axe sur lequel pivote un support ; à celui-ci est fixé un sabot en alignement avec la roue motrice. A l'avant du cadre se trouve, monté sur billes, le gouvernail dont la partie inférieure est terminée par un sabot recourbé; cette forme rend la direction plus sensible et plus facile. La roue motrice a une jante d'acier avec des pointes qui lui permettent de s'enfoncer dans la neige ou la glace ; elle reçoit le mouvement des pédales par l'intermédiaire d'une chaîne. Le dispositif qui maintient la roue forme une fourche entre les branches de laquelle elle s'engage, et lui-même est relié au cadre par un ressort droit. Celui-ci est pris, à peu près à son centre, par une goupille qui fait partie d'un levier coudé dont l'axe de rotation est sur l'arrière du cadre et dont la poignée, qu'on peut fixer à telle hauteur qu'on veut par une cheville et une. crémaillère, est aussi basse que possible. Si la machine doit être employée sur la glace, on adapte aux sabots dont nous avons parlé les patins représentés par la figure. A cet effet, ceux-ci sont munis de brides, de saillies et de vis de pression qui permettent de les fixer ou de les enlever avec la plus grande facilité. D'après l'inventeur, cette machine peut être conduite avec facilité et rapidité, et de plus elle se laisse diriger dans la perfection.

Paul Perrin 

Source: Gallica

samedi 4 février 2012

L. de Beaumont, Le Microdor (1880)

Connaissez-vous le microdor? Non? eh bien c'est le moment de découvrir cette fantastique invention révélée en 1880 par L. de Beaumont dans les colonnes du périodique Les Soirées littéraires... Car qu'est-ce que le microdor prétendument inventé par Thomas Edison vers 1880 ?
Laissez votre flair le découvrir ou à défaut, lisez le texte qui suit!


CURIOSITÉS DE LA SCIENCE
LE MICRODOR

Un de ces derniers jours de soleil, je me trouvais en compagnie d'un chimiste américain et d'un géologue danois, chez notre ami commun, le docteur N... qui possède l'une des plus riches collections entomologistes de Paris.
Après une visite attentive au laboratoire, où vingt vitrines de coléoptères rarissimes firent pousser à nos deux étrangers des cris d'une admiration jalouse, nous fûmes gracieusement invités à prendre part au régal d'une vivisection..
Il s'agissait, je crois, d'étudier au microscope, l'intestin grêle d'un bombix,ver à soie, atteint d'une maladie étrange, inconnue. L'insecte, arrivé la veillé à grands frais de Nagsaki, avait été généreusement prêté à notre docte ami, par l'institut séricicole du Japon ; il venait de faire, le douillet, ses quatre mille lieues dans un cornet de feuilles d'allante M. de Quatrefages, qui a écrit des volumes sur les bombii malades, ne connaissait pas le premier mot de cette grave affaire — je parle de notre vivisection, — et c'est absolument à huis-clos, entre intimes, que la chose allait se passer. Une véritable première, comme vous voyez.
Pendant que l'opérateur rangeait autour du microscope ses bistouris, ses seringues d'argent et ses poinçons, le Danois m'exposait un système de métamorphisme dont il est le glorieux père,' et je lui promettais d'en faire l'objet d'un rapport à l'Académie d'Etampes, qu'il avoua ingénument ne pas connaître. Le chimiste Yankee, moins expansif, attendait en considérant la bestiole, dont on allait mettre les tripes au soleil, et qui filait, vous pensez, un bien mauvais coton.
De l'opération je ne dirai rien, pour deux motifs : le premier, afin de ne pas troubler le sommeil de M. de Quatrefages; l'autre, parce que je ne suis guère compétent, ma spécialité étant l'étude des larves de diptères. Tout se passa, d'ailleurs, dans les règles. Nous allâmes à tour de rôle appliquer notre oeil droit au puissant objectif, je vis des kilomètres de soie malade, des myriamètres d'intestins baignant dans une goutte d'alcool; le géologue d'Upsal fut enchanté et le chimiste de Chicago fit en anglais deux judicieuses remarques, que chacun s'empressa de noter sur ses tablettes. La représentation était terminée, je le croyais du moins.
C'est ici, au contraire, que la séance devint palpitante. Vous allez en juger.
— « Connaissez-vous le microdor? demanda tout à coup l'Américain au docteur N... à peu près du ton dont il aurait dit : « Avez-vous lu Baruch ? »
Nous ouvrîmes de grands yeux. Et comme le géologue cherchait dans sa mémoire le sens de ce néologisme abrupt, que pour ma part je n'avais jamais entendu retentir au sein de la docte Académie d'Etampes, notre Yankee poursuivit :
— « Le microdor est une nouvelle création démon étonnant compatriote Edison, l'auteur du-phonographe, de la plume électrique, du papier lumineux, du mégaphone, de l'aérophone, du microphone et de trente autres merveilles ; mais celle-ci, s'il est possible, les surpasse toutes et va révolutionner le monde savant. »
Cela dit, l'Américain alluma un cigare, et attendit froidement l'effet de sa phrase. Nous restions là, stupides.
« — Ce microdor, continua le chimiste de l'Illinois et savourant notre émotion, est un petit appareil que j'ai vu chez Edison la veille de mon départ pour la France, il y a quinze jours à peine. Le reporter scientifique du New-York Herald n'en a pas encore entendu parler et sir Bennett, s'il apprenait qu'un autre mortel a eu la primeur de cette prodigieuse découverte, casserait aux gages son infidèle nouvelliste.
Seconde pause. Notre anxiété faisait mal à voir. Le chimiste en eut pitié et, tout d'une haleine:
« — Avec cet instrument, dit-il, l'homme pourra concentrer les émanations des corps, les amplifier, et les. rendre perceptibles à des distances énormes. Vous connaissez, n'est-ce pas, l'acuité merveilleuse du sens olfactif chez certains animaux. Au milieu d'un tas de linge le chien, vous le savez, rapportera infailliblement à son maître le mouchoir que celui-ci vient d'y enfouir. Vingt fois, j'en suis sûr vous avez entendu dire qu'un caniche avait suivi à la piste et retrouvé ses propriétaires à travers un dédale de routes et de sentiers où l'homme était passé plusieurs jours auparavant. Vous-mêmes avez vu les corbeaux accourir, du fond de l'horizon, dès qu'un mulot du une taupe a mordu la poussière des guérets.
« Voulez-vous d'autres exemples? L'écrevisse, dans son ruisseau d'eau vive, ne se hâte-t-elle pas de nager, d'un bout à l'autre de la plaine, vers l'appât corrompu que vous lui jetez? L'hirondelle s'est-elle jamais trompée de nid, au retour de son lointain voyage, et n'a-t-elle pas invariablement regagné le palais d'argile où elle reçut sa première becquée ; La mouche verte n'est-elle pas la première arrivée au banquet du corps mort, cadavre entier ou minuscule débris, dont son merveilleux odorat lui révèle la présence ? Tenez, docteur, nous allons disséquer un de ces utiles diptères, et je vous ferai toucher du scalpel le faisceau nerveux qui, selon Spallanzani, est le siège de ce sens extraordinaire.:
— Mais je n'ai pas sous la main l'insecte demandé ! s'écria notre ami, qui donnait naïvement dans le piège.
— Qu'à cela ne tienne ; répliqua l'Américain, nous allons en appeler un. »
Aussitôt, à la demande du savant, on apporta de l'office un poulet fraîchement égorgé. Le démonstrateur déposa le cadavre encore tiède sur un guéridon, entr'ouvrit la fenêtre et attendit.
Deux minutes après, au milieu du silence admiratif et quelque peu sceptique que nous gardions, retentit la fanfare bien connue de la mouche de viande. L'insecte appelé était là, avide, famélique, et bourdonnant. Il fit autour de la chambre une reconnaissance rapide, heurta lourdement sa grosse tête aux murailles, et vint s'abattre sur le cou saignant du poulet, où le va-et-vient de sa trompe nous apprit que le festin commençait.
Je battis des mains avec frénésie. L'américain voulut bien prendre pour lui cette ovation qui s'adressait à la mouché, et, modeste dans son triomphe, reprit là parole en ces termes:
— « Pour vous, messieurs, qui vous proclamez les plus parfaits des êtres, ce poulet n'a pas d'odeur. Il vivait encore il y a cinq minutes., et vous n'aurez pas de peine à admettre que les émanations qu'il dégage ne sont pas sensibles, même pour l'odorat d'un peau-rouge. Elles existent cependant; la mort les a fait naître instantanément, . et cette mouche, qui flânait peut-être à l'autre-bout de Paris, les a perçues de là-bas. Elle est venue tout droit ici, guidée par son infaillible instinct, et, voilà qui confond notre raison, avant même le temps nécessaire au transport des miasmes du cadavre par la voie de l'air. »
Le savant jouit pendant quelques instants de notre stupeur, et reprit:
« — Eh bien! l'appareil dont je vous parlais tout à l'heure, ce microdor que vous êtes les premiers Européens à connaître, nous donnera à vous, à moi, à tout le monde, l'exquise sensibilité olfactive de cette mouche tercière, de ce chien, de cette écrevisse, de ce vautour. Vous voyez d"ici ses applications multiples, et les immenses services qu'il est appelé à rendre.
« Dans la rue, vous distinguerez l'homme ou la femme malade, au flair; toute affection morbide ayant pour conséquence une décomposition partielle des tissus, caractérisée par une odeur spéciale, vous pourrez, grâce au microdor. couper dans son germe la fièvre qui peut-être aurait enterré votre sujet. A la chasse vous serez votre propre chien d'arrêt, et nul fumet de poil ou de plume n'échappera au sens délicat de votre instrument.
« Vous retrouverez sans peine, fût-il passé dans mille mains différentes, le portefeuille ou le bijou perdu; vous saurez reconnaître, en plein boulevard, le bellâtre qui a flirté un soir avec votre femme, et les « microdors » officiels de la justice reconstitueront, clans toutes ses phases, le crime commis, par l'analyse des effluves variées qui accompagnèrent sa perpétration.
« Je laisse à votre sagacité, Messieurs, le soin de passer en revue toutes les impossibilités qui deviendront possibles, par l'emploi du merveilleux microdor, et je termine eu vous priant de ne pas révéler au monde ce gros secret, que mon ami Edison se réserve de faire connaître au public par le canal du New-York-Herald, le mieux informé des journaux américains. »
« Là-dessus nous nous séparâmes, et je courus chez mon éditeur pour écrire ces lignes, en-tête desquelles j'aurais pu placer cette maxime désormais banale des mémoires de Vidocq :
« Mettez-moi au milieu d'une foule d'hommes, j'y découvrirai entre cent mille un galérien, rien qu'à l'odeur. »

L. DE BEAUMONT.
Les Soirées littéraires, n° 36, 4 juillet 1880

jeudi 2 février 2012

ArchéoSF et Sur l'Autre Face du Monde nominés pour le Grand Prix de l'Imaginaire

Je crois bien que c'est la première fois que des blogs sont nominés pour le Grand Prix de l'Imaginaire.
Sur l'Autre face du monde et ArchéoSF, blogs jumeaux travaillant à mieux faire connaître l'anticipation ancienne et ses nombreuses ramifications, Sur l'Autre face du monde lorgnant vers le fantastique et ArchéoSF sur les récits et vulgarisations scientifiques font partie de la première sélection de février 2012.
Cette nomination est un grand honneur que je suis fier de partager avec mon camarade Jean-Luc Boutel. Elle invite à poursuivre le travail engagé et à proposer textes, analyses et critiques avec la même régularité que depuis le début de la (courte) histoire d'ArchéoSF.