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mercredi 16 mai 2018

Demain, les Révolutions! Utopies & Anticipation révolutionnaires (Anthologie)



En ces temps agités de contestations sociales, de crises répétées, de quêtes de modes de vie alternatifs, peut-être que les réponses aux questions qui nous taraudent sont à chercher à la fois dans le passé et dans l'avenir. Par exemple tout au long du 19e siècle, et jusqu'au début du 20e, période au cours de laquelle les révolutions et les révoltes se sont succédées et qui a engendré les anticipations révolutionnaires regroupées dans cette nouvelle anthologie, Demain, les révolutions !  À quel avenir rêve-t-on quand on est porté par l'espoir qu'un monde meilleur est possible ? Et que pouvons-nous apprendre de ces anticipations passées pour, nous, réinventer l'avenir ? Réponses dans cet ouvrage, qui n'en demeure pas moins ancré dans le présent : chaque Demain, les révolutions !  acheté d'ici à la fin du mois de juin 2018 soutiendra le mouvement actuel des cheminots.

Aucune carte du monde n’est digne d’un regard si le pays de l’utopie n’y figure pas. — Oscar Wilde
1830, 1848, 1871, 1905, 1917… les révolutions et révoltes populaires se sont succédées pendant un siècle. Portés par une volonté de conquêtes sociales, d’une transformation profonde de la société et par l’espoir de voir leurs idées triompher, des auteurs engagés dans différents courants progressistes ont imaginé l’avenir des révolutions qu’ils vivaient ou qu’ils souhaitaient : à partir de théories ils projettent les lecteurs dans une ère nouvelle, un âge d’or à venir. Les sept textes réunis dans Demain, les Révolutions ! témoignent de la diversité des points de vue, des courants et des moyens de réaliser la révolution annoncée. Ces disciples de Saint-Simon et de Charles Fourier, socialistes et anarchistes, communards et anarcho-syndicalistes rêvent de voir le monde changer de base. Dans ces utopies et anticipations révolutionnaires, une nouvelle société se dessine : plus juste, plus fraternelle, plus égalitaire. Si ces espérances ne se sont pas toutes réalisées, elles contiennent des buts à atteindre qui sont toujours d’actualité, elles portent en germe l’émancipation du genre humain et le désir d’un avenir radieux. L’utopie n’est pas une illusion, elle est un idéal ; elle n’est pas une chimère, elle est un projet. Si, comme l’écrivait Victor Hugo, « l’utopie est la vérité de demain », hier comme aujourd’hui, avec tous les Jean Misère, continuons de bâtir des cités idéales, de chanter le temps des cerises et, demain, le soleil brillera toujours !
Table
Philippe Ethuin — Présentation
Louis Desnoyers — Paris révolutionné, 1834 — Réformateur et utopiste
Barthélémy Enfantin — Mémoires d’un industriel de l’an 2240, vers 1838 — Saint-simonien
Victor Hennequin — Scènes phalantériennes, 1850-1852 — Phalanstérien
Paschal Grousset — Le rêve d’un irréconciliable, 1869 — Socialiste
Louise Michel — L’Ère nouvelle, 1887 — Socialiste libertaire
Olivier Souëtre — La cité de l’égalité, 1892 — Anarchiste
Émile Pouget — Que nous réserve la révolution de demain ?, 1909 — Anarcho-syndicaliste
En accord avec Publie.net, ArchéoSF a décidé de reverser à la caisse de grève des cheminots 2,5 euros sur chaque exemplaire vendu en avril (précommande), mai (parution le 2 mai) et jusqu’à fin juin 2018. On vous explique pourquoi :
Parce que les auteurs des textes de l’anthologie Demain, les Révolutions ! étaient portés par une volonté de conquêtes sociales, d’une transformation profonde de la société et par l’espoir de voir leurs idées triompher, engagés dans différents courants progressistes ils ont imaginé un avenir radieux, une ère nouvelle, un âge d’or à venir. Parce que dans ces utopies et anticipations révolutionnaires, une nouvelle société se dessine : plus juste, plus fraternelle, plus égalitaire et que, si ces espérances ne se sont pas toutes réalisées, elles contiennent des buts à atteindre qui sont toujours d’actualité, elles portent en germe l’émancipation du genre humain et le désir d’un avenir radieux. Parce que l’utopie n’est pas une illusion, elle est un idéal ; parce qu’elle n’est pas une chimère, elle est un projet.
Parce que la maison d’édition Publie.net qui accueille la collection ArchéoSF porte des valeurs par exemple en intégrant des processus coopératifs avec des auteurs, en proposant une rémunération équitable des auteurs y compris pour les revenus issus des abonnements et des réflexions sur la société contemporaine et sur des formes de résistance à travers la littérature.
Parce que nous sommes attachés aux biens communs, à l’action collective, que nous refusons que toute la société soit marchandisée et que les acquis sociaux de tou-te-s disparaissent peu à peu pour augmenter les profits de quelques-un-e-s , parce que les cheminot-e-s ont toujours partie prenante de combats sociaux dont les effets ont été bénéfiques pour tou-te-s.
Comme l’écrivait Victor Hugo, « l’utopie est la vérité de demain », hier comme aujourd’hui, continuons de bâtir des cités idéales, de chanter le temps des cerises et, demain, le soleil brillera toujours !

Lien vers la boutique de publie.net pour acquérir Demain les Révolutions! en version papier ou numérique: cliquez ICI.



vendredi 16 mars 2018

[Précommandes] Anthologie Demain, les Révolutions! et Une Utopie moderne d'HG Wells

Le 2 mai 2018 paraîtront deux nouveautés dans la collection ArchéoSF aux éditions publie.net
















Les utopies sont les songes de la raison.( Octavio Paz)

L'anthologie Demain, les Révolutions ! Utopies & Anticipations révolutionnaires recueille sept textes, pour la plupart jamais réédités depuis leur première parution. Ces textes publiés entre 1834 et 1909 livrent un panorama des utopies et anticipations révolutionnaires avec des auteurs saint-simoniens, fouriéristes, socialistes, anarchistes, anarcho-syndicalistes.



4ème de couverture:

 Aucune carte du monde n’est digne d’un regard si le pays de l’utopie n’y figure pas.                                                                     Oscar Wilde

1830, 1848, 1871, 1905, 1917… les révolutions et révoltes populaires se sont succédées pendant un siècle. Portés par une volonté de conquêtes sociales, d’une transformation profonde de la société et par l’espoir de voir leurs idées triompher, des auteurs engagés dans différents courants progressistes ont imaginé l’avenir des révolutions qu’ils vivaient ou qu’ils souhaitaient : à partir de théories ils projettent les lecteurs dans une ère nouvelle, un âge d’or à venir. Les sept textes réunis dans Demain, les Révolutions ! témoignent de la diversité des points de vue, des courants et des moyens de réaliser la révolution annoncée. Ces disciples de Saint-Simon et de Charles Fourier, socialistes et anarchistes, communards et anarcho-syndicalistes rêvent de voir le monde changer de base.
 Dans ces utopies et anticipations révolutionnaires, une nouvelle société se dessine : plus juste, plus fraternelle, plus égalitaire. Si ces espérances ne se sont pas toutes réalisées, elles contiennent des buts à atteindre qui sont toujours d’actualité, elles portent en germe l’émancipation du genre humain et le désir d’un avenir radieux. L’utopie n’est pas une illusion, elle est un idéal ; elle n’est pas une chimère, elle est un projet. Si, comme l’écrivait Victor Hugo, « l’utopie est la vérité de demain », hier comme aujourd’hui, avec tous les Jean Misère, continuons de bâtir des cités idéales, de chanter le temps des cerises et, demain, le soleil brillera toujours !

Pour précommander Demain, les Révolutions !, cliquez ICI.
Pour lire une présentation plus complète, cliquez ICI.


Imaginons un monde meilleur!

Le 2 mai paraît aussi Une Utopie moderne d'HG Wells. Publiée en 1905, traduite en 1907 en France, cette oeuvre est très importante pour comprendre la pensée d'HG Wells. Essai romancé, Une Utopie moderne nous livre les idées de l'auteur de tant de classiques de science-fiction!
Il s'agit de la première réédition en français depuis plus de 110 ans!



4ème de couverture:

« Quittant le domaine des rêves, les Utopies en viendront à se dessiner en projets d'exécution, et l'humanité entière façonnera l’État Mondial définitif, l’État Mondial juste et beau, vaste et fécond, qui ne sera plus une Utopie, puisqu'il sera notre monde. » H. G. Wells 
Avec ses scientific romances, H.G. Wells a imposé de grands thèmes classiques de la science-fiction : le voyage temporel dans La Machine à explorer le temps, les manipulations génétiques dans L’Île du docteur Moreau, l’invisibilité dans L’Homme invisible, l’invasion extraterrestre dans La Guerre des Mondes ou encore l’exploration spatiale dans Les Premiers hommes sur la Lune.
L’essai romancé Une Utopie moderne (1905) synthétise toutes les idées politiques, économiques et sociales qui imprègnent la production romanesque d’H.G. Wells. Il projette deux touristes terriens sur un double de notre planète sur laquelle s’est développée une Utopie Moderne. Continuateur de Platon, il décrit sa société idéale de l’avenir gouvernée par un État mondial où les femmes sont émancipées, le racisme est refusé, la machine libère l'homme, l'économie est contrôlée.
 Ce texte est réédité pour la première fois depuis 1907 en langue française.
 « Un ouvrage fondamental » Joseph Altairac

Pour précommander Une Utopie moderne, cliquez ICI.
Pour une présentation plus complète, cliquez ICI.


lundi 23 avril 2018

Louise Michel et l'anticipation

Louise Michel a marqué de son empreinte toute la fin du XIXe siècle et son souvenir reste particulièrement vivace.
On l'ignore parfois mais Louise Michel ne fut pas seulement une infatigable propagatrice du mouvement libertaire et du féminisme mais aussi une auteure de science fiction, notamment sous la forme d'anticipations sociales.

En 1887, un article est publié dans Le Temps  puis repris par Adolphe Brisson, sous le pseudonyme de Sergines, relatant les travaux d'écriture de Louise Michel dans ce domaine.
Deux des romans cités ont été publiés : Les Microbes humains (1886), Le Monde nouveau (1888) auxquels il faut ajouter Le Claque dents (1889), se terminant par une révolution prolétarienne planétaire, qui est une suite des romans précédents.
Ces trois romans ont été réédités en 2013 aux Presses Universitaires de Lyon. 
De son côté ArchéoSF dans l'anthologie Demain, les Révolutions. Utopies & Anticipations révolutionnaires propose L'Ere nouvelle de Louise Michel, texte datant de 1887.


LOUISE MICHEL

Que devient donc Louise Michel ? Jadis il ne se passait pas huit jours sans qu'on apprît qu'elle avait évangélisé un faubourg de Paris ou reçu quelques horions à l'issue d'une conférence dans une commune de la banlieue. Un congrès révolutionnaire vient d'avoir lieu, elle n'y a pas paru ! Cette disparition d'une personne qui a si souvent défrayé la chronique parisienne mérite d'être expliquée. Louise Michel n'a rien abandonné de ses idées révolutionnaires, et ce ne sont point les huées qui l'ont accueillie extra muros qui l'ont décidée à se retirer sous sa tente. Elle a pour un instant seulement donné le pas sur la politique à des préoccupations purement littéraires.
A Levallois-Perret, où l'un de nos collaborateurs lui a rendu visite, elle habite, au cinquième étage d'une maison de la rue Victor-Hugo, un très petit logement ; elle y vit en compagnie d'un petit chien brun qui, comme celui de Lamartine, se couche à ses pieds lorsqu'elle écrit.
Que voulez-vous ? disait-elle à son visiteur, j'aime beaucoup les réunions révolutionnaires, mais je ne puis y aller aussi souvent que je le voudrais. Ce sont pour moi des dépenses considérables, et, pour l'instant, il me faut travailler et beaucoup travailler pour payer mes dettes. Je n'ai pas abandonné mes amis, bien au contraire. Puis elle expose à son interlocuteur tous ses projets littéraires. Elle a commencé, il y a quelques mois, la publication d'une « série rouge » comprenant six volumes. Le premier, les Microbes humains, a déjà paru. Les cinq autres vont paraître prochainement. Elle en corrige actuellement les épreuves. Ils porteront pour titre : le Monde nouveau, la Débâcle ou le Cauchemar de la vie, Première étape, l’Épopée ou la Légende nouvelle et D'astre en astre.Voici l'idée générale de cette série rouge : Louise Michel prend, dans la société actuelle, les dégoûtés, les désespérés, les assassins, toutes les victimes des lois et des coutumes d'aujourd'hui, les fait s'associer entre eux et fonder le plus près possible du pôle Nord une colonie où ils pourront vivre comme elle rêve qu'on vivra demain, c'est-à-dire en toute liberté, et délivrés de toute autorité et de tout esclavage moral ou matériel.
J'ai préféré le pôle Nord, disait-elle, parce que là ils auront à lutter contre les éléments. La Première étape, c'est l'éclosion de cette société. Tous mes personnages sont hideux et repoussants, mais faisons une comparaison. Un ver qui se transforme et devient insecte devient, lorsque cette transformation a lieu, horrible. Puis peu à peu ce monstre prend une forme moins hideuse, ses ailes apparaissent, son vol au début est pénible, hésitant, puis enfin il vole sans hésitation. Nous arrivons alors à l’Épopée ou la Légende nouvelle. Et Louise Michel ajoute qu'elle fera détruire par une mission scientifique cette colonie représentant la société future établie au milieu de la société actuelle. Cette catastrophe se produira à l'aide d'une matière explosible plus puissante que la dynamite découverte par ses héros du Cauchemar de la vie et dont l'invention leur aura été ravie par des savants. Enfin D'astre en astre sera une sorte d'apothéose. On pourra communiquer de comète en comète, de satellite en satellite, d'astre en astre. Sera-ce avec le téléphone ou le télégraphe ? Ce dernier volume n'est qu'à l'état de projet.
Louise Michel a écrit aussi une Petite encyclopédie à l'usage de la jeunesse, qui va paraître. Elle comprend deux chapitres : le premier, c'est le monde vu à vol d'oiseau au microscope et au télescope, et le second comprend tout ce qui est langue, mécanique, dessin et calcul.
En ce qui concerne les langues, Mlle Louise Michel commence l'éducation des enfants par les cris poussés par les animaux, cris qui se ressemblent plus ou moins, et partant de ceci que, dans les sciences, certains mots sont communs à presque tous les peuples, elle nourrit le rêve de créer « une langue universelle. »
Le deuxième volume des Mémoires de Louise Michel est sous presse; pour paraître aussi Contes et légendes et les Crimes de notre époque, et enfin un volume de vers, les Océaniennes, dont elle a bien voulu nous communiquer les deux strophes suivantes :

BOUCHE CLOSE 

Nul souffle humain n'est sur ces plages,
Rien que celui des éléments;
Le cyclone hurlant sur les plages
Les légendes des océans. 
Les sapins verts sur les nuées
Tordant leurs branches remuées
Comme des harpes dans les vents.

Sous les coraux ou sur les sables
La nature parfois ouvrant,
Dans ses tourmentes formidables,
Un cercueil, ville ou continent,
Et l'être ayant la bouche close,
Feuille de chêne ou bien de rosé
Tombant au gré de l'ouragan.

Mlle Louise Michel, dès que ces ouvrages auront paru et que ses ennuis momentanés auront disparu, compte se rendre chez les Canaques. « J'espère, a-t-elle dit, beaucoup de ces intelligences si neuves. » 


Anonyme, « Louise Michel », in Le Temps, n° 9626, 13 septembre 1887.

repris sous le nom de Sergines, « Échos de Paris », in Les Annales politiques et littéraires, n° 221, 18 septembre 1887.



dimanche 28 janvier 2018

La collection ArchéoSF fait salon (session 2018)

Comme chaque année, la collection ArchéoSF est présente sur des festivals et salons en 2018 ! 

17 et 18 février 2018: festival Atrébatia à Arras de 10h à 18h
- présentation de l'ensemble de la collection ArchéoSF dont les ouvrages lauréats du prix Spécial du prix ActuSF de l'uchronie 2017
- conférence de Philippe Ethuin, directeur de la collection ArchéoSF sur le thème: "Uchronie, (Dark) Fantasy: Ombres et lumières historiques" (sur l'uchronie et l'uchronie de Fantasy) dimanche 18 février à 16h30, salle du Conseil du Beffroi
A consulter: le site d'Atrébatia






8 juin 2018 :Amiens (80) soirée lecture-conférence autour de l'anthologie Demain, Les Révolutions! (parution 2 mai 2018).
Présentation de l'anthologie, intervention sur la question des rapports entre anticipation et utopie, lecture d'extraits,...
Programme en cours d'organisation (mais on pense à vous offrir du texte, de la musique et du cinématographe!)








20-21 octobre 2018 : Lannion (22) Festival Scorfel

Salle des Ursulines - 10h-18h
Entrée gratuite
- présentation de l'ensemble de la collection ArchéoSF dont les ouvrages lauréats du prix Spécial du prix ActuSF de l'uchronie 2017 
- présentation des nouveautés 2018 (HG Wells, Une Utopie moderne ; anthologie Demain, les Révolutions! ; anthologie Au Temps où les femmes régneront ; Charlemagne-Ischir Defontenay, Star ou ψ de Cassiopée)

A consulter: le site de Scorfel 



(ce billet sera régulièrement mis à jour)

Si vous organisez un événement et que vous souhaitez nous inviter, n'hésitez pas à nous contacter: archeosf[at]gmail[pt]com 

vendredi 10 mars 2023

Le Valet de Pique, Montélimar en l'an de grâce 2023 (1923)

Le 10 mars 1923 (il y a tout juste cent ans), une chronique d'anticipation, signée "Le Valet de pique" paraissait dans le Journal de Montélimar. Le rédacteur y imaginait l'avenir lointain de la ville et invitait en conclusion le lecteur à vérifier l'exactitude de ses prévisions. Vérifions donc!

 


 

Or, en l’an 2023, soit, exactement, un siècle après la fugitive éclosion des actuelles violettes. Montélimar, s'appelait. Nougat-City.

Cet évènement, indique clairement, qu'à 1 exemple de la généralité des nations Européennes, la vieille ville des Adhémar, suivant la contagion des mœurs nouvelles, avait payé, à « l’Américanisation » moderne, son regrettable tribut.

Nougat-City, toujours coquette, s’étageait encore, au flanc d une riante colline, mais ses demeures spacieuses, pourvues d'un confort inconnu de nos jours, s'alignaient, dans une symétrie parfaite, jusqu'au Rhône.

Le pont du Teil, construit vers l’an 1970, en authentique pierre de Chomérac, après neuf lustres de discussions stériles reliait, au moyen d'un tramway électrique aérien, la cité du Nougat, au district industriel de l’Ardèche. A défaut d'autres bonnes volontés, la généreuse subvention accordée par Sir-Arthur-Kayett. de New-York, roi du porc salé, et gros propriétaire foncier du département. n'avait pas été étrangère à celle solution, ardemment désirée.

Deux cent cinquante usines, disséminées dans la banlieue, trituraient, journellement, des millions de kilogrammes de miel et de pistaches, répandant à travers le monde, la renommée de la pâte fameuse, qui avait fait, l’initiative intelligente de quelques ancêtres aidant, la gloire et la fortune du pays.

Hérissée de hautes cheminées, la ville jadis déshéritée, voyait s’égrener, comme autant de ruelles laborieuses, de nombreuses usines, car tous avaient. enfin compris que seul le travail crée le bien-être et l’abondance. L'amère leçon des fautes passées produisait, tardivement, ses fruits. Comme les peuples heureux, dans le calme des nouveaux jours, dans la douceur des soirs paisibles Nougat-Citv, dédaigneuse des discussions politiques, coulait des heures tranquilles, et n’avait pas d’histoire.

Une honnête aisance, régnait, au sein des familles, et, si, d’aventure, à la veillée, quelque vieillard presque centenaire, se prenait à évoquer le temps de la vie chère, dont il transmettait aux siens, le souvenir légendaire, il ne trouvait autour de lui, que des frimousses incrédules. « La vie n’est jamais chère, lorsqu on produit beaucoup d’argent… !! » disaient, avec conviction, les jeunes « businesmen ».

La guerre de 1914, elle-même, après avoir défrayé, dix ans, la chronique, n’empruntait plus que quelques lignes, aux livres de classe des écoliers d’alors. Leurs yeux d’enfants s’arrêtaient sur d’autres charniers humains, disséminés sur la terre, car, la guerre d’antan, à l’encontre de certaines paroles historiques, n’était plus, hélas, la dernière des guerres !!

Les inventions nouvelles se multipliaient, à l’infini, et les progrès imprévus de la science, toujours dressée vers l’infini et le mystère, faisaient prononcer aux peuples anxieux, cette phrase, considérée longtemps, comme un blasphème: « Qui sait… ? Peut-être, est-ce demain, que l’on ne mourra plus… ! »

Des véhicules perfectionnés de toute sorte, et de monstrueuses machines aériennes, se pourchassaient, sur les routes et dans l’air, à des vitesses telles, que l’œil avait peine à les suivre. Les écraseurs, les emboutisseurs, et les écrabouillés, bien entendu, parachevaient, avec une méritoire ténacité, l’œuvre des derniers carnages. En cela seulement, les temps antiques n’avaient point changé !

Le vieux clocher branlant, seul vestige des siècles défunts, avait sonné sur les générations actuelles, son glas égalitaire.

Les Municipalités s’étaient succédées, dotant la ville, de quelques améliorations nouvelles, comme toujours, approuvées par les uns, et critiquées par les autres.

Seuls, parmi les archives locales, de vieux papiers jaunis, que nul ne compulsait jamais, ( ainsi passe la gloire du monde ), attestaient de l’éphémère acuité des anciennes querelles.

Au champ du repos, dénommé Navet-City, dormaient, côte à côte, en bons camarades, réunis dans la paix éternelle, les ennemis farouches d’antan.

Leur souvenir, qu’ils croyaient éternel, n’avait même pas résisté aux fantaisies destructives du temps, qui rend illisibles les noms profondément gravés sur les pierres tombales, pour mieux saupoudrer d’oubli, les plus ambitieuses mémoires.

Les questions des eaux, du gaz, de l’électricité, et bien d autres encore, qui dressaient, jadis, face à face, la population et les autorités constituées, n’existaient plus qu’à l’état de dossiers poudreux, dans les combles de la Mairie. De gigantesques travaux d adduction d’eau, captaient aux pieds des Alpes lointaines, le pur courant des sources.

La Bâtie, La Laupie, qui donc se souvenait encore de ces noms là ?

Que faire, de pareils ruisselets, alors que pour alimenter l’agglomération surpeuplée, une rivière était, à peine, suffisante ?

Gens pratiques ou dressés, les Nougatiens, n'admettaient plus les demi-mesures, et, avec un chaleureux sourire, ils accueillaient, chaque année, un compteur nouveau.

En l’an de grâce 2023. tout habitant adulte des deux sexes, se trouvait pourvu, indépendamment, des huit ou dix qu’il laissait à domicile, de quatre compteurs obligatoires, portatifs. Ces compteurs, imposés par l’Etat, réglementaient au moyen de taxes et de surtaxes, quatre des principales fonctions humaines, savoir: la respiration, l’absorption des aliments ou liquides, leur évacuation, et enfin, pour éviter les fraudes, la repopulation. Ces instruments disposés sur certaines parties de l’anatomie, ne laissaient pas que d’être relativement gênantes, pour les débutants. Mais chacun ne tardait pas à se faire une raison, en vertu de proverbe connu : l’habitude rend maître ! Le gaz et l’électricité, ces terribles « éteigneurs de chandelles », s’étaient vus éclipsés, à leur tour, par la « Radialité », lumière à base de radium, d’une intensité telle qu’un tube incandescent, suffisait, pour illuminer à giorno ,tout un secteur.

Son prix extrêmement modéré, pour l’époque, de mille francs le milligram-watt, la mettait, du reste, à la portée de toutes les bourses. Et les gens, par un signe caractéristique des temps, payaient sans « rouspéter »…

L’arroseuse automobile, représentait la principale attraction du musée Municipal. Cet engin, sur le dos rebondi duquel, s’était, autrefois, exercée la verve des humoristes, après avoir eu ses heures d’incontestable utilité, alimentait la curiosité des enfants et des touristes.

Arroser, était, du reste, devenu un geste fastidieux et inutile, depuis qu’un service de télégraphie sans fil, reliait notre planète aux bureaux du Père Eternel. Chaque citoyen, pouvait, à volonté, en quelques secondes, commander une averse pour son jardin potager, ou retenir sa place, pour l’autre monde.

Mars et Venus, continuaient leur course régulière dans l'espace, tout en envoyant chaque jour, de leurs amicales nouvelles.

Ce n’était pas encore, la guerre des mondes, prédite par Wells, mais les dirigeants de l’époque, lassés par le terre à terre des conflits internationaux, ne désespéraient point d’atteindre ce résultat sensationnel.

Suivant le développement de sa ville natale, le Journal de Nougat-City, (ex-Journal de Montélimar). dont maints chantres intéressés, avaient prématurément psalmodié l’absoute, au cours du dernier siècle, tirait à cent mille exemplaires. Il demeurait seul sur la brèche, dédaigneux des morsures du temps et des hommes, ses concurrents, ou confrères successifs, ayant, hélas, vécu, ce que vivent les roses …

Les impôts directs ou indirects, ne soulevaient plus, parmi les Nougatiens, habitués au geste fatidique du parfait « cracheur », la moindre protestation.

Les douzièmes provisoires, de venaient, mathématiquement, définitifs, représentant en papier-monnaie, des avalanches de billets disparates et crasseux, que les camionneurs du temps, munis de masques asphyxiants, avaient grand peine, à « transbahuter » chez M. le Percepteur.

Un jour vint, (Arys nous l’avait dit: Un jour viendra...) où un archéologue, dégoûté de l’Egypte et des sarcophages des Pharaons (c’était, par hasard, un anglais), s’avisa de pratiquer des fouilles dans l’ancienne nécropole de Nougat-City.

Ayant mis à jour, après de laborieuses investigations, le mausolée d’un naturel de notre époque, il fit, au bénéfice des musées de Londres, une curieuse découverte. Dans les poches. en piteux état, de l'ancêtre inconnu, cet émule de Lord Abernon, ( un peu chacal, dans son genre), trouva, fort amochée, jaunie, rongée par les vers, une vulgaire feuille d’impôts.

Cette mirobolante trouvaille fit la joie de l’Académie des Sciences et le Président de la docte assemblée, avant assujetti ses lunettes, s’écria, après avoir déchiffré le grimoire :

« Voilà, Messieurs, un document qui serait de nature, à bouleverser toute notre économie politique actuelle. Dérobons-le à la curiosité publique. Ce sont vous le savez, les chiffons de papier, qui font les révolutions ! D’ailleurs, le plus élémentaire bon sens nous ordonne de tenir cette pièce pour suspecte. Comment, en 1923, nos braves aïeux ne payaient pas davantage d’impôts? Pareille veine, laisserait supposer, malgré le respect que nous professons pour leur mémoire, qu’ils étaient tous…

Le mot que prononça le sévère Président de l’Académie des Sciences, évoque une idée fort déplaisante, de nos jours, pour les maris ombrageux. Il n’effaroucha, cependant pas le sénile aréopage de crânes dénudés. Cette épithète, aujourd'hui, triviale, ayant été admise, depuis longtemps,dans le dictionnaire, et dans les mœurs.



Le Valet de Pique



P.S. — Nos lecteurs sont priés de vérifier, dans un siècle, le bien fondé de cet article.



Le Valet de Pique, « Montélimar en l’an de grâce 2023 »,
in Journal de Montélimar, 10 mars 1923.

 

A lire sur ArchéoSF:


Fantaisie montielienne - Montélimar en l'an 2000 (1921)


 



mercredi 8 juin 2016

Edouard Driault, Le Rêve de l'Empereur (1906)

Le professeur d'histoire Edouard Driault (1864-1947), fondateur de l’Institut d’études napoléoniennes, a consacré de nombreux travaux à Napoléon Bonaparte.
La conclusion de son ouvrage Napoléon en Italie (collection Etudes Napoléoniennes, éditions Félix Alcan , 1906) a pour titre « Le Rêve de l'Empereur ». Il nous représente l'Empereur au Kremlin imaginant un avenir radieux.





Vainqueur de toute l'Europe continentale, maître de Moscou, il voit enfin avec précision la réalisation toute proche de son rêve. La Russie sera obligée bientôt de traiter et de renoncer à toute prétention sur la péninsule des Balkans; une barrière polonaise, turque et suédoise l'enfermera, comme jadis au temps des rois, dans ses forêts du Nord. Qui alors pourra empêcher Napoléon de décider du sort de la Turquie? Les Turcs se rendent compte qu'après les Russes, ce sera leur tour; ils s'y résignent déjà; il leur faudra au moins admettre avec le Grand Empire une alliance étroite qui cachera mal leur vassalité. Dès 1797, Bonaparte disait à Talleyrand : « C'est en vain que nous voudrions soutenir l'Empire de Turquie; il tombera de nos jours ». Il n'a pas changé d'avis depuis; au contraire, les révolutions qui ont récemment bouleversé la Turquie l'inclinent encore davantage à la ruine ; et il se rappelle sans doute ce rapport de Sébastiani, revenant de l'ambassade de Constantinople, en 1808 : « Sultan Mustapha régnant n'a point la lumière de son prédécesseur et en a toute la faiblesse. Son règne me paraît devoir amener la fin de cette dynastie; car, si un mouvement populaire le renversait lui-même et plaçait sur le trône Sultan Mahmoud son frère, — c'est justement ce qui est arrivé quelques semaines après, — la Turquie serait gouvernée par un prince faible, doux et valétudinaire, atteint d'une épilepsie incurable. La famille des Ottomans est menacée de s'éteindre tout naturellement. »
Il sera plus facile encore d'en finir avec l'insurrection d'Espagne, lorsque toute la Grande Armée, revenue de Moscou, se retournera sur elle. Dès lors, de Gibraltar au Bosphore, Napoléon disposera de toutes les côtes de la Méditerranée ; elle sera une mer française, comme elle était autrefois une mer romaine.
De l'Italie au centre de cette mer, de Rome au centre de l'Italie, l'Empereur enfin pourra « fixer les destinées de l'Empire ». Il a l'intention de laisser à Eugène le gouvernement de l'Italie pendant une vingtaine d'années, c'est-à-dire jusqu'à ce que le roi de Rome soit arrivé à l'âge d'homme ; alors sans doute le jeune prince y fera l'apprentissage du gouvernement de l'Empire. En attendant, il vivra à Paris, près de son père, qui lui construira au bas de l'Arc de Triomphe, sur les coteaux qui descendent à la Seine, au bout de la Voie Glorieuse que Ton tracera de l'est à l'ouest de la capitale, un palais digne de sa grandeur future. Mais il faudra marquer, par une cérémonie capable de retenir l'admiration des hommes et de la postérité, cette organisation suprême du Grand Empire. Cela est prévu. Regnaud de Saint-Jean-d'Angély disait au Sénat, en lui présentant le sénatus-consulte du 17 février 1810 : « Rome remontera plus haut qu'elle n'a jamais été depuis le dernier des Césars. Elle sera la sœur de la ville chérie de Napoléon. Il s'abstint, aux premiers jours de sa gloire, d'y paraître en vainqueur. Il se réserve d'y paraître en père! » En père du roi de Rome!
Mais ce sénatus-consulte lui-même est plus précis. Il déclare en son titre premier qu'après avoir été couronnés dans l'église Notre-Dame de Paris, les Empereurs seront couronnés dans l'église Saint-Pierre de Rome, « avant la dixième année de leur règne » : cela correspond pour Napoléon à Tannée 1812 au
plus tard. Dès le retour de Russie, il faudra s'en occuper.
L'Empereur et le roi de Rome au Capitole! Quel spectacle! Ils y annonceront au monde la grande paix française, féconde en prospérités séculaires, comme la pax romana des empereurs d'autrefois....
Du fond du Kremlin, au palais de Catherine II, l'Empereur poursuit son rêve. Même ce n'est pas un rêve, c'est la réalité de demain; il la touche; il voit son fils; il le voit à Rome : il y satisfait ses ambitions et ses affections les plus chères, les seules vraies passions qu'il ait eues. La conquête est finie. Quel glorieux repos !
De hautes flammes le r éveillent en sursaut. Ce sont peut-être les feux de joie de la Grande Armée, comme à la veille d'Austerlitz. On accourt, on rappelle; on veut l'emmener, il résiste ; on l'entralne par force, dans la nuit, parmi les murs qui croulent. C'est Moscou qui brûle. Le rêve de l'Empereur s'évanouit dans la fumée. 


Edouard Driault, Napoléon en Italie (collection Etudes Napoléoniennes,
éditions Félix Alcan, 1906) 

Image: Viktor Mazurovsky (1859–1923), Moscou en feu.

A lire:
Les Autres vies de Napoléon Bonaparte. Uchronies et histoires secrètes, collection ArchéoSF, éditions publie.net, parution le 29 juin 2016. Vous pouvez commander cet ouvrage en cliquant ICI. 

dimanche 4 septembre 2011

Jules Verne, Robur le conquérant (1)

Dans la lutte entre "Plus légers que l'air" et "Plus lourds que l'air" (schématiquement  ballons et avions), la conclusion de Robur le conquérant de Jules Verne prévoyait la victoire des seconds...

L’Albatros s’arrêta à deux mètres de terre. Alors, au milieu du profond silence, la voix de l’ingénieur se fit entendre.
« Citoyens des États-Unis, dit-il, le président et le secrétaire du Weldon-Institute sont de nouveau en mon pouvoir. En les gardant, je ne ferais qu’user de mon droit de représailles. Mais, à la passion allumée dans leur âme par le succès de l’Albatros, j’ai compris que l’état des esprits n’était pas prêt pour l’importante révolution que la conquête de l’air doit amener un jour. Uncle Prudent et Phil Evans, vous êtes libres ! »
Le président, le secrétaire du Weldon-Institute, l’aéronaute et son aide, n’eurent qu’à sauter pour prendre terre.
L’Albatros remonta aussitôt à une dizaine de mètres au-dessus de la foule.
Puis, Robur, continuant :
« Citoyens des États-Unis, dit-il, mon expérience est faite ; mais mon avis est dès à présent qu’il ne faut rien prématurer, pas même le progrès. La science ne doit pas devancer les mœurs. Ce sont des évolutions, non desrévolutions qu’il convient de faire. En un mot, il faut n’arriver qu’à son heure. J’arriverais trop tôt aujourd’hui pour avoir raison des intérêts contradictoires et divisés. Les nations ne sont pas encore mûres pour l’union.
« Je pars donc, et j’emporte mon secret avec moi. Mais il ne sera pas perdu pour l’humanité. Il lui appartiendra le jour où elle sera assez instruite pour en tirer profit et assez sage pour n’en jamais abuser. Salut, citoyens des États-Unis, salut ! »
Et l’Albatros, battant l’air de ses soixante-quatorze hélices, emporté par ses deux propulseurs poussés à outrance, disparut vers l’est au milieu d’une tempête de hurrahs, qui, cette fois, étaient admiratifs.
Les deux collègues, profondément humiliés, ainsi que tout le Weldon-Institute en leur personne, firent la seule chose qu’il y eût à faire ils s’en retournèrent chez eux, tandis que la foule, par un revirement subit, était prête à les saluer de ses plus vifs sarcasmes, justes à cette heure !
…………………………………………………………………………….
Et maintenant, toujours cette question Qu’est-ce que ce Robur ? Le saura-t-on jamais ?
On le sait aujourd’hui. Robur, c’est la science future, celle de demain peut-être. C’est la réserve certaine de l’avenir.
Quant à l’Albatros, voyage-t-il encore à travers cette atmosphère terrestre, au milieu de ce domaine que nul ne peut lui ravir ? Il n’est pas permis d’en douter. Robur-le-Conquérant reparaîtra-t-il un jour, ainsi qu’il l’a annoncé ? Oui ! il viendra livrer le secret d’une invention qui peut modifier les conditions sociales et politiques du monde.
Quant à l’avenir de la locomotion aérienne, il appartient à l’aéronef, non à l’aérostat.
C’est aux Albatros qu’est définitivement réservée la conquête de l’air !

dimanche 23 mai 2021

Fragments uchroniques sur la Commune de Paris de 1871 (3)

La Commune de Paris hante nos imaginaires même si elle a mis du temps à apparaître régulièrement dans la fiction. Pourtant dès 1872, on trouve quelques anticipations, utopies, dystopies et uchronies imaginant - pour le pire ou pour le meilleur selon le point de vue idéologique des auteurs - qui ont été rassemblées dans l'anthologie Demain, la Commune ! Anticipations sur la Commune de Paris de 1871 (1872-1899).

La presse et les livres anciens recèlent aussi des courts fragments uchroniques. Pendant la Semaine sanglante, ArchéoSF vous propose des fragments uchroniques sur la Commune de Paris extraits des fonds de Gallica. Pour retrouver tous les billets de cette série, cliquez ICI.

Pour ce troisième épisode, dans son essai sur la Révolution française, Gustave Le Bon n'est guère tendre sur l'avenir de la Commune, si elle avait pu durer...

 

Toute révolution populaire qui triomphe est un retour momentané à la barbarie. Si la Commune de 1871 avait duré, elle aurait répété la Terreur. N'ayant pas eu le pouvoir de faire périr beaucoup d'hommes, elle dut se borner à incendier les principaux monuments de la capitale.  


Gustave Le Bon, La Révolution française et la psychologie des révolutions,
Editions Les Amis de Gustave Le Bon, 1983.