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dimanche 2 mai 2021

[10 ans ArchéoSF] En 2018, première réédition de Une Utopie moderne de H.-G. Wells depuis 1907 !

En 2018, la collection ArchéoSF réédite pour la première fois en langue française depuis 1907, Une Utopie moderne d'H.-G. Wells, livre qualifié par Joseph Altairac d'"ouvrage fondamental".

Voici une critique parue en 1908 de Une Utopie moderne

Cette fois, H -G Wells recrée un monde tout entier. L'Utopie moderne n'est rien moins qu'une planète identique à notre Terre, avec les mêmes continents, les mêmes villes, les mêmes habitants, mais tout cela est merveilleusement et magnifiquement reconstruit, avec la puissante logique du savant et la prodigieuse imagination du romancier qui nous a donné déjà tant d'autres œuvres inoubliables. Après les méthodiques argumentations de la Découverte de l'avenir, après les stupéfiantes et prophétiques Anticipations, dont un laps de quelques années a suffi pour démontrer la justesse, 'Wells se devait de parachever son œuvre par l'Utopie moderne, cet éblouissant coup d'œil sur l'humanité telle qu'elle pourrait et devrait être Les traducteurs, MM. Henry.D. Davray et B Kozakiewicz, ont réussi à rendre, avec une remarquable fidélité, ces audacieuses fantaisies.


« Les livres », in La Nouvelle revue, n° de février 1908.


A lire sur ArchéoSF:

Redécouvrez H.-G. Wells avec Une Utopie moderne

mercredi 12 décembre 2018

[Critique] HG Wells, Une Utopie moderne et Jean Grave, Terre libre

Parue la même année, Une Utopie moderne d'HG Wells et Terre libre de Jean Grave sont critiqués dans L'Humanité en 1908. Sans surprise, le journal préfère l'utopie socialiste de Wells à celle, anarchiste, de Jean Grave.


LECTURES POUR TOUS

Une Utopie moderne, par H.-G. Wells ; Terre libre, par Jean Grave (volumes in-18 à 3 fr. 50). – L'utopie de Wells s'inspire du socialisme. celle de Jean Grave, de l'anarchie. Celle de Wells est une série de digressions sur les possibilités de réalisation sociale à la surface de la planète, avec les éléments dont dispose la Civilisation contemporaine ; celle de Jean Grave est une robinsonnade de 2 ou 300 cents proscrits anarchistes, qu'une tempête jette dans une île déserte, inconnue aux navigateurs. Grave raconte comment les compagnons organisent librement leur vie, après avoir attiré à eux, par la contagion de l'exemple, les marins qui étaient leurs gardiens et dont ils ont secoué le joug. Wells nous introduit, non sans efforts, je dois le dire, car l'humour de Wells est bien anglais, pour des lecteurs français, dans un monde merveilleux mais « possible ». Les Robinsons de Grave, autant qu'on peut en juger par les débuts de la colonie libertaire dont l'auteur esquisse l'établissement, sans pousser plus loin, 
fondent une société « libre » mais singulièrement fruste. Et puis, l'auteur esquive toutes les difficultés que soulève l'organisation « spontanée » qui lui est chère. Par exemple, la question du mariage n'est même pas effleurée. Wells, au contraire, tout en gardant sa fantaisie d'une description analytique impossible, dans laquelle se figeraient les formes mouvantes de la vie à peine entrevues, aborde la question du mariage, de la famille, du gouvernement, de l'exploitation des richesses naturelles, de la fusion des races, etc. L'utopie de Grave, pour mieux dire, est enfantine et peu engageante à vivre. L'utopie de Wells est « merveilleuse ». Et c'est une tristesse de fermer son livre pour retomber, avec lui, dans le froid brouillard de Londres, c'est-à-dire de la réalité.






Une Utopie moderne d'H.-G. Wells est disponible dans la collection ArchéoSF aux éditions publie.net => ICI.

vendredi 30 novembre 2018

Robert Randau, Notes sur le roman d'anticipation (1935)

En 1935 Robert Randau publie un article intitulé "Notes sur le roman d'anticipation". Il y cite H.-G. Wells (dont l'essai romancé Une Utopie moderne a été récemment réédité pour la première fois depuis 1907 dans la collection ArchéoSF) , J.-H. Rosny, chronique Demain, peut-être... roman possible des temps futurs (Unborn To-Morrow, 1933) de John Kendall (pseudonyme de Margaret Maud Brash (1880-1965), auteure anglaise) et cite au passage son propre livre L'Oeil du monde. C'est l'occasion pour Robert Randau de définir en creux sa vision du roman d'anticipation.





Notes sur le roman d'anticipation


Peindre le tableau d'une société idéale où l'homme, réduit à ses meilleurs instincts, a rejeté le lourd fardeau du passé et ne cultive plus que la science du bonheur, est pour l'écrivain, le plus souvent, une façon détournée de critiquer l'organisation sociale de son temps. Les romanciers à connaissances scientifiques aiment fort, de leur côté, avancer dans l'avenir, pousser aussi avant que la logique le leur permet le développement de la doctrine à laquelle,ils sont attachés et nous montrer les résultats qu'elle produira dans quelques siècles. Ainsi firent Wells, dans Quand le dormeur s'éveillera et J.-H.. Rosny dans La fin de la terre. Ce dernier auteur, dont l'imagination, est des mieux nourries à la science, nous promet que l'humanité, après des millénaires de progrès, mourra de soif, faute d'eau. Cette calamité me paraît d'ailleurs improbable ; une humanité savante, capable de mettre en mouvement d'immenses forces que nous ignorons encore; ne serait-ce que la dissociation industrielle de l'atome, est à même de fabriquer l'eau nécessaire à ses besoins, si la nature la lui refuse.
Ce sont là jeux d'intellectuels. Aucune de nos investigations dans le domaine du futur n'a de chance de coïncider un jour avec la réalité; il n'y a pour le constater qu'à se reporter aux tableaux que les utopistes de jadis firent de notre époque. Là vérité est une force mouvante. Il suffit de l'imprévu d'une découverte scientifique pour ébranler ou modifier la vision que nous avons du monde. D'année en année les théories changent. Prévoir ce que sera la socié de demain est un pur et simple exercice de rhétorique; C'est congeler l'activi de l'esprit et cristalliser la pensée. En sociologie, quiconque tente de diriger le torrent humain dans une direction déterminée, de l'endiguer et de le contraindre à ne point dépasser certaines limites est un rêveur. Un groupe d'êtres qui n'évolue plus est en danger de mort. Aucun système social n'a atteint à ce jour la forme définitive, non même le communisme, qui a ses fondements dans l'expérience et la théorie scientifiques. Qu'il ne tienne point compte de certains impondérables, et il s'effondre, parce, qu'il cesse d'être humain. J'ai montré naguère, dans mon livre L’œil du monde qu'un communisme rationnel devait intégrer les facultés sentimentales de l'homme, le besoin qu'il a d'une mystique, ses désirs d'affection, voire son goût inné du spiritualisme. Un romancier communiste russe a lui-même, dans une nouvelle d'anticipation, montré récemment la puissance invincible de la nécessité mystique, dont le Conseil suprême ne vient à bout qu'en privant les citoyens, au moyen d'un opération chirurgicale, sur laquelle, l'auteur est chiche de détails, de la faculté d'imaginer.
Un romancier anglais, John Kendall vient à son tour de poser et de résoudre le problème dans un très curieux ouvrage (1). Il nous introduit de plain-pied dans une société communiste, qui embrasse la terre entière. Tout y est réglé à merveille ; tout y fonctionne pour le mieux, selon des principes scientifiques. L'Etat a tous les pouvoirs, organise les unions, n'impose au citoyen que trois heures de travail par jour, élève ses enfants, lui procure des distractions, un logis sain et agréable, des repas exquis, des vêtements ; pendant ses loisirs l'homme écoute des conférences, complète son instruction, entend des concerts, assiste à des représentations théâtrales, fait du sport, prend part à des excursions. Il a sans cesse auprès de lui, un représentant de l'Etat qui le surveille, le conseille et le guide. En apparence il jouit du bonheur parfait. II n'est même pas de croyant qui ne construise ainsi son paradis ultra-terrestre.
Cependant il manque ou ne sait quoi, qui est l'amour, à cet état social pour être parfait. Malgré les efforts des dirigeants, malgré la bonne volonté communiste de chacun, la dénatalité est effrayante ; le mélange des races, rendu obligatoire, a, donné des résultats décevants. Nombre de zones de la planète ont été évacuées ; l'Etat socialiste a resserré ses frontières, et les resserre de jour en jour, pour mieux assurer le bonheur des survivants. II ne s'inquiète point des quelques bandes de réfractaires qui ont refusé de se joindre à la société organisée et qui se sont établies, à leurs risques et périls, dans les solitudes où elles vivent à leur guise.
Les savants maîtres des méthodes rationnelles ont constaté un jour que « les citoyens tendaient, hélas, à revenir au romantisme, à l'érotisme. L'Etat refusait d'admettre le vide immense que l'anéantissement de la famille et de la religion avait fait dans la vie humaine ». Un très vieux opposant, qui se cache au fond d'une ville morte conservée à titre de musée par les chefs de la cité nouvelle, prédit la ruine de celle-ci :
« Qu'avez-vous fait pour l'humanité ?… Vous en avez fait un monde de sécurité, d'efficience, de confort, où le faible règle la marche du fort, où personne n'a le droit de penser par lui-même… votre monde a péché, du péché irrémissible ; il a renié le côté divin de la nature humaine... Vous avez trahi l'humanité en lui apprenant la nécessité du confort, le nivellement sur le plus petit... On ne rogne pas impunément la puissance de la vie ; et votre maison est restée sans joie... »
Et, en effet, les hommes du communisme intégral, tels qu'ils sont représentés dans le roman, jouissent d'un bonheur matériel qui ne leur procure que des mécomptes. « La foi et l'amour demandaient avec persistance une issue et ne pouvaient trouver de satisfaction au service de la communauté. Tout le zèle de l'Etat échouait à contenter ces instincts fonciers. La vie était d'une inutilité infinie, d'un ennui effrayant, privée de toute autre responsabilité que celle de faire toujours, avec d'autres, la même tâche... Cette civilisation édictée dans un bureau n'a pas de racines dans la nature humaine. La nature connaît mieux l'équilibre de la vie. »
Aussi les suicides se multiplient-ils, en même temps que la dénatalité.
Peu à peu le besoin de sacrifier à la mystique et à la sensibilité est si violent que les barrières .scientifiques, établies par l'Etat autour de ses principes, craquent et que la famille reparaît, et avec elle la foi religieuse. « La loi de la nature est là survivance du plus fort. » Supprimer la lutte dans la société, c'est en somme tuer l'humanité. Celle-ci ne peut plus se développer quand l'âge d'or est advenu.
Je n'ai pas parlé de l'intrigue de l'ouvrage, qu est passionnante et n'ennuie pas un instant le lecteur. L'ouvrage est fortement pensé et mérite d'être médité. Il ne semble point douteux que toute société instituée par les voies révolutionnaires ne doive, si elle veut persister, tenir compte du facteur métaphysique. Et c'est si vrai qu'à ce jour les autorités soviétiques, en Russie, ont pris à tâche de reconstituer, sur des bases solides, la, famille. Le reste, que nous appelons l'organisation du divin, viendra par surcroît. Que les savants la dédaignent, je l'accorde, mais la masse y est attachée. Au demeurant il est facile de la rendre inoffensive.

ROBERT RANDAU.

(1) John. Kendall. Demain, peut-être... roman possible des temps futurs, tr. de l'anglais par Marlyse H.-Meyer. Un volume in-18. Albin Michel, éd Paris.


Robert Randau, « Notes sur le roman d'anticipation », in Annales africaines : revue hebdomadaire de l'Afrique du Nord, 47ème année, n° 16, 15 août 1935.

mardi 15 mai 2018

Redécouvrez H-G Wells avec Une Utopie moderne

L'utopie, c'est aussi le terrain d'expérimentation d'un géant de la littérature d'anticipation et de science-fiction : H.G. Wells. Avec Une utopie moderne, Wells rêve d'un autre monde, qu'il décrit dans ses moindres détails, sous la forme d'un essai romancé assez unique en son genre. Si certains passages de son récit sont datés (nous sommes au début du XXe siècle alors et tout progressiste qu'il soit H.G. Wells n'en demeure pas moins un produit de son époque), ce livre est essentiel pour comprendre le cheminement de l'auteur de La guerre des mondes et son engagement pour un avenir meilleur qu'il appelait de ses vœux. C'est aussi un livre qui n'a plus été édité en français depuis plus d'un siècle et qu'ArchéoSF a exhumé des archives de la littérature mondiale.



Vous pouvez vous procurer Une Utopie moderne sur le site de l'éditeur publie.net en cliquant ICI.

vendredi 16 mars 2018

[Précommandes] Anthologie Demain, les Révolutions! et Une Utopie moderne d'HG Wells

Le 2 mai 2018 paraîtront deux nouveautés dans la collection ArchéoSF aux éditions publie.net
















Les utopies sont les songes de la raison.( Octavio Paz)

L'anthologie Demain, les Révolutions ! Utopies & Anticipations révolutionnaires recueille sept textes, pour la plupart jamais réédités depuis leur première parution. Ces textes publiés entre 1834 et 1909 livrent un panorama des utopies et anticipations révolutionnaires avec des auteurs saint-simoniens, fouriéristes, socialistes, anarchistes, anarcho-syndicalistes.



4ème de couverture:

 Aucune carte du monde n’est digne d’un regard si le pays de l’utopie n’y figure pas.                                                                     Oscar Wilde

1830, 1848, 1871, 1905, 1917… les révolutions et révoltes populaires se sont succédées pendant un siècle. Portés par une volonté de conquêtes sociales, d’une transformation profonde de la société et par l’espoir de voir leurs idées triompher, des auteurs engagés dans différents courants progressistes ont imaginé l’avenir des révolutions qu’ils vivaient ou qu’ils souhaitaient : à partir de théories ils projettent les lecteurs dans une ère nouvelle, un âge d’or à venir. Les sept textes réunis dans Demain, les Révolutions ! témoignent de la diversité des points de vue, des courants et des moyens de réaliser la révolution annoncée. Ces disciples de Saint-Simon et de Charles Fourier, socialistes et anarchistes, communards et anarcho-syndicalistes rêvent de voir le monde changer de base.
 Dans ces utopies et anticipations révolutionnaires, une nouvelle société se dessine : plus juste, plus fraternelle, plus égalitaire. Si ces espérances ne se sont pas toutes réalisées, elles contiennent des buts à atteindre qui sont toujours d’actualité, elles portent en germe l’émancipation du genre humain et le désir d’un avenir radieux. L’utopie n’est pas une illusion, elle est un idéal ; elle n’est pas une chimère, elle est un projet. Si, comme l’écrivait Victor Hugo, « l’utopie est la vérité de demain », hier comme aujourd’hui, avec tous les Jean Misère, continuons de bâtir des cités idéales, de chanter le temps des cerises et, demain, le soleil brillera toujours !

Pour précommander Demain, les Révolutions !, cliquez ICI.
Pour lire une présentation plus complète, cliquez ICI.


Imaginons un monde meilleur!

Le 2 mai paraît aussi Une Utopie moderne d'HG Wells. Publiée en 1905, traduite en 1907 en France, cette oeuvre est très importante pour comprendre la pensée d'HG Wells. Essai romancé, Une Utopie moderne nous livre les idées de l'auteur de tant de classiques de science-fiction!
Il s'agit de la première réédition en français depuis plus de 110 ans!



4ème de couverture:

« Quittant le domaine des rêves, les Utopies en viendront à se dessiner en projets d'exécution, et l'humanité entière façonnera l’État Mondial définitif, l’État Mondial juste et beau, vaste et fécond, qui ne sera plus une Utopie, puisqu'il sera notre monde. » H. G. Wells 
Avec ses scientific romances, H.G. Wells a imposé de grands thèmes classiques de la science-fiction : le voyage temporel dans La Machine à explorer le temps, les manipulations génétiques dans L’Île du docteur Moreau, l’invisibilité dans L’Homme invisible, l’invasion extraterrestre dans La Guerre des Mondes ou encore l’exploration spatiale dans Les Premiers hommes sur la Lune.
L’essai romancé Une Utopie moderne (1905) synthétise toutes les idées politiques, économiques et sociales qui imprègnent la production romanesque d’H.G. Wells. Il projette deux touristes terriens sur un double de notre planète sur laquelle s’est développée une Utopie Moderne. Continuateur de Platon, il décrit sa société idéale de l’avenir gouvernée par un État mondial où les femmes sont émancipées, le racisme est refusé, la machine libère l'homme, l'économie est contrôlée.
 Ce texte est réédité pour la première fois depuis 1907 en langue française.
 « Un ouvrage fondamental » Joseph Altairac

Pour précommander Une Utopie moderne, cliquez ICI.
Pour une présentation plus complète, cliquez ICI.


dimanche 3 septembre 2017

Les Dimanches de l'abbé Béthléem 31, janvier 1911

Depuis 2012, ArchéoSF explore Romans Revue revue de critique dirigée par le rigoriste Abbé Béthléem. Pour lire la présentation de la revue et de l'abbé Béthléem, cliquez ICI.

Au sommaire de ce nouveau Dimanche de l'abbé Béthléem, la suite de la critique d'Idéal Bibliothèque, collection à bon marché éditée par Pierre Lafitte, 



La collection Idéal Bibliothèque a commencé à être critiquée par Romans Revue dans son numéro de décembre 1910 (lire la critique ICI). Les titres recensés (à défaut d'être encensés ;) ) par P. Bruno, qui signe l'article, sont les suivants:



Les Contes étranges d'Edgar Poë ne sont pas proscrits:



Nous ne retiendrons pas L'Etrange aventure de M. Hoopdriver ( roman plus connu sous le titre La Burlesque équipée du cycliste ) d'H.G. Wells qui n'est pas de l'anticipation ni du fantastique mais témoigne de la folie pour la "petite reine" (l'édition originale date de 1896).

La partie consacrée aux journaux et magazines traite du quotidien Le Temps et de la revue Nos Loisirs. Malheureusement aucune mention des fictions scientifiques publiées dans ces périodiques dans le recensement proposé par Robert Devannes.

Pas plus de trace de conjecture (ni même de fantastique!) dans les romans du mois (ce qui est bien rare)...

L'avis en fin de revue explique peut-être cette absence ;)




Pour finir cet avis définitif dans la section Consultations et Petit courrier !



A suivre !

lundi 26 juin 2017

[podcast] 1984 : la littérature prophétique

Concordance des temps, émission animée et produite par Jean-Noël Jeanneney, sur France Culture, a consacré son numéro du 24 juin 2017 à "La littérature prophétique".
Au menu de cette émission George Orwell et son oeuvre maîtresse 1984 mais sont aussi évoqués Albert Robida, Louis-Sébastien Mercier, Jules Verne, HG Wells, Capitaine Danrit ou Franz Kafka.

L'émission comprend diverses archives:

- Lecture de 1984 de George ORWELL par Daniel TARRARE, lu dans l’émission « Après-midi spécial » de Marion THIBA, sur France Culture, le 17 juin 1995.
- Extrait d'une émission à la mémoire d’Albert ROBIDA par Jean CALVEL, le 30 octobre 1951.
- Lecture par Jean DESAILLY d’un extrait de Autour de la lune de Jules VERNE (1870) dans un enregistrement sur disque de 1959.
- Lecture d’un extrait du Procès de KAFKA, lu par Guillaume GALLIENNE dans son émission « ça peut pas faire de mal », sur France Inter, le 9 juin 2012.
- Lecture par Hervé PIERRE d’un extrait de 1984 de George ORWELL, lu dans l’émission « Tire ta langue », d’Antoine PERRAUD,, sur France Culture, le 23 septembre 2003.

Deux citations contradictoires dans l'introduction de cette émission donnent à réfléchir: 

« A force d’écrire des choses horribles, les choses horribles finissent par arriver»
Michel Simon

« La littérature prévient les dangers, oui, mais au sens où elle alerte sur une catastrophe qui, précisément, parce qu’on en a été alerté, ne vient jamais comme on l’avait imaginé»
Patrick Boucheron


ArchéoSF vous propose de retrouver le podcast de ce numéro :


lundi 22 mai 2017

les Mystères de Coat-er-Urlo (1923)

Les périodiques recèlent de nombreuses petites pépites conjecturales qui restent largement inconnues. Sous le titre Les Mystères de Coat-er-urlo un feuilleton en sept épisodes paraît dans la revue les Petits bonshommes dirigée alors par Roland Gagey (1900-1976) du n° 41 au n° 47 (17 novembre - 29 décembre). Le nom de Roland Gagey n'est pas inconnu des amateurs de littérature érotique ancienne, ses ouvrages lui valant de nombreuses condamnations. Anticlérical et libre penseur il publia de nombreux livres. 


Mais Les Petits Bonshommes ne relève pas de ces domaines. Il s'agit d'un périodique pour la jeunesse dont le premier numéro paraît le 1er janvier 1911. Au départ bimensuel (parution le 1er et le 15 puis le 25 du mois), la revue connaît une interruption pendant la première guerre mondiale), il semble devenir hebdomadaire en 1922 au moment de sa reparution. 
Le texte des Mystères de Coat-er-Urlo est anonyme mais les illustrations sont de Raymond Cazanave. La même année les Petits Bonshommes publie un autre feuilleton inspiré par la Bretagne "Le circuit de Paimpol". La revue comporte des contes, des nouvelles, des anecdotes historiques et des pages de jeux.


Les Mystères de Coat-er-Urlo semble le seul feuilleton conjectural publié dans Les Petits Bonshommes. Jamais repris parce que totalement oublié, le texte est désormais disponible dans la collection ArchéoSF (parution le 14 juin 2017).

Le vagabond Jean-Marie est recruté par le vieux savant Trégourec pour servir de cobaye humain au cours de ses expériences sur l'invisibilité. Alors que de nombreux textes des Petits Bonshommes relèvent du fantastique et du merveilleux, Les Mystères de Coat-er-Urlo est un feuilleton de pure science-fiction car l'invisibilité est scientifiquement rendue possible par des procédés scientifiques.

Comme pour le savant Victor Frankenstein, la créature échappe à son créateur. Rien de dramatique néanmoins: le vagabond utilise son invisibilité pour mener quelques larcins et jouer de bons tours aux paysans du bocage breton. Mais le savant Trégourec a une arme, soufflée par sa nièce, la bonne fée Sylvette, qui va rendre difficile la vie de brigandage de Jean-Marie. tel est pris qui croyait prendre!





mercredi 15 mars 2017

Clément Vautel, Du pain sur la planche (1940)

Clément Vautel a livré plusieurs textes conjecturaux. Dans l'article qui suit il rapporte les commentaires de Frédéric Joliot-Curie lors de la projection de films d'anticipation au musée de l'Homme en 1940. Le conservateur Clément Vautel fait part de ses réflexions sur le progrès humain et sur la possibilité de quitter une planète Terre épuisée pour conquérir d'autres mondes.

MON FILM : DU PAIN SUR LA PLANCHE

Des films d'« anticipations » — genre facile — viennent d'être présentés au musée de l'Homme, et M. Joliot-Curie les a accompagnés de commentaires. Étant un savant, il n'a pas manqué de proclamer que la science était la meilleure des choses. (A vrai dire, tous les savants ne sont pas de cet avis-là)
L'homme n'a guère que quarante ou cinquante mille ans, a déclaré M. Joliot-Curie, mille générations au total. Et malgré tous les malheurs présents, n'a-t-il pas une vie plus facile que l'homme préhistorique ?
Personne ne peut préciser, même à dix mille ans près, la date à laquelle est apparu, sur la terre, le premier de ces messieurs, suivi sans doute de très près par the first lady in the World ! N'importe, admettons la chronologie de M. Joliot-Curie et disons-nous :
Nous avons tout de même progressé depuis quatre ou cinq cents siècles. Ah ! l'humanité n'a pas gâché son temps !
Seulement, qu'elle continue à progresser dans le même sens et nous finirons par nous retrouver à l'âge des cavernes. Nous y sommes déjà un peu. Nos cavernes sont perfectionnées — casemates de la ligne Maginot, caves-abris, etc. Mais c'est un revenez-y au genre d'existence qu'on menait aux âges préhistoriques. Encore les hommes de ce temps-là ne se battaient qu'avec des haches de silex — les veinards ! — et les femmes, si elles étaient déjà vêtues de peaux de bêtes, ne portaient pas du vulgaire lapin.
Un film de H. G. Wells, a inspiré à M. Joliot-Curie des propos très intéressants sur nos futures relations avec les autres mondes. Ça commencera par l'envoi d'un projectile dans la lune. Charmante façon de faire connaissance avec notre blonde voisine ! Jules Verne y avait déjà pensé, mais son obus capitonné transportait Nadar, spirituel Parisien bien fait pour arranger les choses après une si discourtoise prise de contact.
Puis nous nous occuperons des planètes. Pourquoi chercherons-nous à entrer en relations avec ces sœurs célestes qui sont tout de même des parentes éloignées ?
Parce que, a dit M. Joliot-Curie, la terre aura un jour épuisé ses ressources d'énergie.
La vie biologique n'y sera plus possible. Si l'on désire conserver la race, il faut envisager un départ pour les autres planètes.
Oui, mais voilà, faut-il conserver la race ?
Au surplus, la théorie de l' « espace vital » — M. Joliot-Curie l'a empruntée, me semble-t-il — ne sera peut-être pas admise par les planètes. Et voilà la guerre allumée. La première guerre intermondiale !
Elle aura, quoi qu'il arrive, cet heureux résultat : les Terriens cesseront de se battre entre eux comme des idiots.

Clément Vautel, « Mon film. Du pain sur la planche », Le Journal, n°17282, 13 février 1940

A lire sur ArchéoSF:
Clément Vautel, Londres en l'an 2000
Clément Vautel, Les villes de l'avenir
Clément Vautel, Comment voyez-vous Paris dans cinquante ans?
Clément Vautel, La Grève des bourgeois
Clément Vautel, Le féminisme en 1958
 
Pour aller plus loin:
Les Nouvelles conjecturales de Clément Vautel dans Galaxies Science Fiction n° 15
Laurent Joly, « Le préjugé antisémite entre « bon sens » et humour gaulois. Clément Vautel (1876-1954), chroniqueur et romancier populaire », Archives juives, 2010/1, volume 43 (lire en ligne)

mercredi 21 septembre 2016

Pierre Mille, Et nunc, et semper (1906)

La machine à voyager dans le temps d'HG Wells a inspiré nombre d'auteurs. Alfred Jarry écrivit ses "Commentaires pour servir à la construction pratique de la machine à voyager dans le temps par le Dr Faustroll" dès 1899 (lire en ligne), un certain "Pierre" publia en 1918 Lausanne en 1950 (lire en ligne) qu'il explore grâce à la machine de Wells,...
Dans le texte qui suit intitulé "Et nunc, et semper" (maintenant et toujours), publié fin 1906, Pierre Mille se contente d'explorer l'année qui vient...




« ET NUNC, ET SEMPER »

S'enfoncer dans le futur, en retombant juste sur le jour qu'on voudra prévoir l'avenir, ou plutôt et bien mieux, vivre en avant ? L'Anglais H. G. Wells en a donné les moyens à tout le monde avec sa Machine à explorer le temps. Nul ne s'en sert ? Croyez que c'est par horreur du plus petit effort. Mais moi, je suis infatigable quand il s'agit de vous obliger. Vous désirez savoir ce qui se passera durant l'année 1907 ? Je suis parti sur la machine de Wells. Un tour de volant, l'espèce d'éblouissement que cause cette ruée furieuse à travers les jours et les nuits mêlés par la rapidité de la course, qui brouille l'ombre et la lumière pour n'en plus faire que du gris, du gris, et encore du gris. Enfin l'arrêt brusque et désarçonnant. Je me retrouvais à la même place, mais une année en plus écoulée, et je n'avais qu'à mettre la main sur le journal que j'avais écrit durant cette année, pour vous encore inexistante. Après quoi, je suis revenu parmi vous avec mon butin. Ce journal est incomplet, à cause de ma paresse; elle y a laissé de nombreuses et regrettables lacunes. Mais tel qu'il est, je vous le livre.

3 janvier 1907. L'année commence sous les plus sombres auspices. Une personne bien informée vient de me dire que nous allions avoir une guerre épouvantable avec le Maroc et ensuite avec toutes les autres nations du monde, par contre-coup. L'armée d'El Guebbas campe en face de celle de Raissouli; et si elle est battue par celle de cet insurgé ou se laisse absorber dans son sein tumultueux, les troupes de la France et de l'Espagne devront débarquer à leur tour. Alors ce sera, affirme-t-on, la conflagration universelle.

3 février. Nous aurons aussi la guerre religieuse. Il n'y a rien de moins douteux le Vatican vient de refuser la troisième loi faite sur la séparation. Les plus affreux événements sont à prévoir. Nous sommes aujourd'hui dimanche, et ma voisine vient de partir pour Saint-Sulpice, comme d'habitude. C'est ce qu'elle appelle aller à sa persécution.
7 mars.- On vient de découvrir dans un galetas une vieille dame séquestrée par ses enfants dénaturés, depuis vingt-neuf ans. Il paraît qu'on n'avait jamais vu ça. L'opinion publique est très émue.

20 mars. L'armée d'El Guebbas campe toujours en face de celle de Raissouli. Elle se prépare à lui livrer une grande bataille. Dans ces conditions, on considère généralement qu'il serait peu diplomatique de faire intervenir les troupes franco-espagnoles.
14 avril. Le Parlement vient de voter la septième loi sur la séparation de l'Eglise et de l’État ; le Panthéon, depuis si longtemps désaffecté, y est déclaré rouvert au culte. De telles conditions paraissent intolérables à l'Eglise, et l'on s'accorde en tous lieux à dire que la guerre religieuse bat son plein. Nous sommes aujourd'hui dimanche, et ma voisine vient de partir pour Saint-Sulpice; elle va à sa persécution, comme d'habitude. Que l'avenir est noir!

22 mai. La seconde Douma, en Russie, vient d'être dissoute. Le ministère Stolypine est tombé et il a été remplacé par un ministère Golypine. De plus, à Ligue des hommes russes vient de se substituer une Ligue des hommes slaves il est impossible de prévoir les conséquences d'un si grand bouleversement. Les journaux, à la même date, nous apprennent que l'empereur d'Allemagne, s'adressant aux soldats de sa garde, leur a dit qu'ils le devaient servir aveuglément, tant contre ses ennemis de l'intérieur que contre ceux de l'extérieur. Ce langage, tout nouveau dans sa bouche, est bien inquiétant.

30 mai. Les troupes d'El Guebbas ont avancé de 10 kilomètres et celles de Raissouli ont reculé d'autant. On s'attend à une grande bataille. Dans ces conditions, on considère généralement qu'il serait peu diplomatique de faire débarquer les troupes franco-espagnoles.

18 juin. Deux bandes d'apaches se sont livré un combat réglé, avec des couteaux et des revolvers, sur le boulevard Ornano. Il parait qu'on n'avait jamais vu ça. L'opinion publique est très émue, et tous les journaux, à quelque opinion qu'ils appartiennent, se plaignent de l'accroissement de la criminalité.
Il fait très chaud. Un député socialiste, à la fin d'une séance de la Chambre, a giflé un député du centre. Une telle agression est inouïe dans les fastes parlementaires. Où va-t-on ?
En Italie, le procès Bonmartini vient de recommencer.

7 juillet. Le Parlement vient de voter sa quinzième loi sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat. On construira une immense cathédrale sur l'emplacement du Champ-de-Mars. Une telle rigueur rend, bien entendu, impossible toute espèce d'accommodement. C'est aujourd'hui dimanche, onze heures. Ma voisine vient de partir pour Saint-Sulpice, elle va à sa persécution.
On a découvert, rue de Belzunce, le cadavre d'une femme coupée en morceaux. La police est complètement déroutée par la nouveauté si imprévue du procédé employé par l'ingénieux criminel pour multiplier les traces de son crime, tout porte à croire qu'elle ne retrouvera jamais le coupable.

29 juillet. Les accidents d'automobile ont tué cette semaine; à Trouville et Deauville, dix-huit personnes; à Etretat, neuf à Dieppe, sept; sur les autres grandes routes de France, neuf cent quarante. Personne n'y comprend rien on n'avait jamais cru que les automobiles, conduites à la vitesse de cent kilomètres à l'heure, pussent présenter un danger quelconque. On penche à croire que ces accidents sont dus en grande partie à l'élévation de la température et n'ont rien de commun avec les automobiles elles-mêmes.

5 août. L'empereur, se trouvant à bord de son yacht le Hohenzollern, a fait, le dimanche, fonction de pasteur et adressé une homélie aux matelots de son bord il leur a dit qu'ils devaient le servir aveuglément, tant contre ses ennemis de l'intérieur que contre ceux de l'extérieur. La nouveauté de cette manifestation surprend on se demande, pour la première fois, si la Triple-Alliance ne commencerait pas à se décoller.
A la Chambre austro-hongroise, les partis tchèque, polonais, antisémite, magyar, croate, roumain et pangermaniste se sont battus à coups de sabre à l'aide de leurs coupe-papier. Jamais jusqu'à présent, affirme-t-on, ils n'avaient employé cette arme.

12 septembre. Les troupes d'El Guebbas ont repris leurs anciennes positions, mais celles de Raissouli se sont rapprochées d'Arzila. Elles vont se battre, c'est certain. Dans ces conditions, on s'accorde à reconnaître qu'il serait peu diplomatique de faire avancer d'un seul pas le corps franco-espagnol. Le comité des Dames de France a fait don à celui-ci de trois billards anglais et d'un grand nombre de jeux de dominos.
La ligne Nord Sud du Métropolitain de Paris est terminée pour la rue de Rennes et le boulevard Saint-Germain. Mais il paraît qu'on avait oublié toutes les canalisations d'eau. Alors on a refait un grand trou à côté du Métropolitain. Il n'y a que sept ans que les travaux ont commencé les habitants du quartier, qui sont réactionnaires, affirment qu'on attend, pour les terminer, le retour de la monarchie légitime. Donc, pour les républicains, rien ne presse.

18 octobre. Un savant de province vient de démontrer qu'en traitant des parcelles de sesquitannate de tellurium par l'acide azotique, dans une solution saline, on obtenait, des cellules amiboïdes qui se comportent comme des êtres vivants et se reproduisent par scissiparité. Un savant de Paris a prouvé d'autre part que cette expérience ne signifiait absolument rien, mais qu'elle avait déjà été faite par Berzélius en 1806. Par extraordinaire, le public, en général si intelligent, n'y comprend plus rien du tout.

4 novembre. A la Chambre, on discute le budget. M. Joseph Reinach a prononcé un discours éloquent sur les inconvénients du fonctionnarisme en France. Il a révélé que depuis l'année dernière, le nombre des employés, au ministère de l'intérieur, avait augmenté de 17 unités, tandis qu'il diminuait de 28 au Home office d'Angleterre. M. Reinach a été applaudi sur tous les bancs de la Chambre.

5 novembre. M. Jules Goutant, député d'Ivry, a demandé la création d'un corps nouveau d'inspecteurs du travail, chargé d'unifier le jaugeage des barriques en France. Les tourangelles jaugent 250 litres et les bordelaises 228 seulement. Cette fantaisie chez les barriques est choquante dans un pays libre. On uni-fiera donc tous les tonneaux à 225 litres, et tout le monde y gagnera les ouvriers tonneliers, qui auront moins à travailler sur moins de matière, et les vignerons, qui vendront au même prix moins de marchandise; enfin les vingt-deux inspecteurs, qui toucheront chacun six mille francs par an. Seuls les consommateurs et les contribuables y trouveront à redire, ce qui n'a aucune importance. La motion de M. Jules Coutant a été votée à l'unanimité.

15 décembre. Deux formidables grèves ayant éclaté, l'une à Toulon, l'autre à Santander, le corps franco-espagnol a été rappelé en Europe pour maintenir l'ordre. Simultanément les troupes d'El Guebbas sont rentrées dans leurs foyers. Cette conclusion étonne tout le monde on avait bien cru qu'il y aurait une grande bataille !

29 décembre. Le Parlement français vient de voter sa vingt-quatrième loi sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Les vénérables de toutes les loges maçonniques de France. devront aller faire amende-honorable à Notre-Dame, en chemise, la corde au cou, et la tour Eiffel sera revêtue d'un crêpe, en signe de deuil. Mais la mâle énergie de cette attitude n'a pas fait reculer Rome, et la guerre religieuse se poursuit avec la même férocité. C'est aujourd'hui dimanche, et ma voisine vient de partir pour Saint-Sulpice elle va à sa persécution.

31 décembre. On vient de publier une statistique d'où il ressort qu'en cette année 1907 il est mort en France, et il est né, le même nombre de personnes que l'année dernière que la fortune publique s'y est accrue dans la proportion ordinaire; qu'on s'y est suicidé, marié, séparé comme d'habitude, ni plus ni moins et que Paris, se trouvant toujours sous le même méridien a reçu à peu de chose près la même quantité d'eau et de soleil. Comme c'est curieux !

Pierre Mille, « Et nunc, et semper » 
in Le Temps, n° 16624, daté du 27 décembre 1906