
Fernand Kolney, écrivain et polémiste d'inclination anarchiste et spécialiste de la littérature libertine des XVIIe et XVIIIe siècles a publié une oeuvre d'anticipation: L'Amour dans cinq mille ans (première version en 1905 et seconde version en 1928).
Dans un monde post-apocalyptique, les naissances se font par insémination artificielle et l'amour a été banni. Pourtant tout se dérègle quand le grand procréateur utilise de vieux germes corrompus datant du XXe siècle et les pulsions humaines se réveillent entraînant la fin du monde. Mais c'est en fait une seconde apocalypse. La première a été provoquée par des Martiens un peu énervés par les bains de sang successifs qui ont eu lieu sur Terre:
« les habitants de Mars, justement indignés [par les multiples guerres sur Terre], décidèrent d’en finir avec notre sphère infectieuse, exclusivement déléguée, il fallait le croire, à la véhiculation des monstres et des aliénés...
Grâce à la photographie inter-astrale, ils avaient pu lever des images parfaites de ce qui se passait ici-bas. Et comme nous avions épuisé depuis longtemps le crédit de leur patience, ils se déterminèrent, par souci de prophylaxie cosmique, à nous exterminer sans pitié ni délai. Oui, ils résolurent de purger le système solaire d’un globe scélérat qui en était la honte et la désolation...
Sans plus tarder, ils se mirent à l’œuvre, et réussirent à transformer leur planète en une sorte de fabuleuse machine électrique dont le mouvement de rotation, par frottement contré l’atmosphère en partie dissociée, dégagea dès lors un fluide vertigineux, lequel tomba sur nous à l’improviste. Le cataclysme magnétique nous prit dans ses étreintes, nous jeta pantelants dans le creuset des Espaces, nous malaxa dans le sein de l’Univers transformé en baratte d’épouvante, et le choc en retour fut tel qu’il donna des syncopes à la gravitation et ébrécha le Soleil... »

Si le texte n'a pas été réédité depuis 1928 en France, il a été adapté en anglais par les éditions Black Coat press qui doivent publier en avril 2013 le texte revu par Brian M. Stableford sous une fort jolie couverture de Jean-Félix Lyon récemment disparu.
Une chronique plus longue est à paraître dans le n° 18 de Galaxies Science Fiction.




