En 1956, N. Daly publiait Voyages illustré par T. Gergely dans la collection Un petit livre d'or (éditions Cocorico). Ce petit volume cartonné dont la couverture tait le contenu conjectural de deux images propose deux visions de fusées parties vers l'espace et imagine même que l'homme posera prochainement le pied sur la Lune !
ISSN
ISSN 2496-9346
vendredi 25 avril 2014
Voyage vers la Lune (1956)
samedi 19 avril 2014
En l'an 2000 ( dessin, 1908 )
Le vendredi 7 août 1908, paraissait dans L'Impartial, journal publié à Chaux-de-Fonds
( Suisse) ce petit dessin :
vendredi 18 avril 2014
Le cinéma de l'avenir ( 1926 )
En 1926 le réalisateur Fred Niblo imaginait le cinéma du futur. Si les progrès ont été moins vite qu'il ne pouvait l'espérer, on peut tout de même lui reconnaître une anticipation bien vue.
Pour
Fred Niblo, réalisateur américain, voici quel serait l’avenir de
l’exploitation cinématographique :
«
L’évolution du cinéma a été beaucoup plus rapide que celle
d’aucun autre art, d’aucune autre industrie, mais si prodigieuse
qu’elle ait été, elle n’en est pas moins fort éloignée encore
de son
complet
épanouissement. Le cinéma, tel que nousl3e connaissons et tel que
nous l'aimons aujourd’hui, porte en lui, en puissance, de
merveilleux progrès. Plus étroitement que le sort des autres
industries, la destinée du cinéma est liée aux découvertes
de la science. Or, nous vivons à une époque où les applications de
l’électricité et des ondes hertziennes sont perfectionnées
de jour en jour. Ces perfectionnements, au fur et à mesure
qu’ils apparaissent, ont une répercussion quasi immédiate
dans le domaine du cinéma. Il en sera ainsi
demain comme aujourd'hui et il est hors de doute qu’avant
vingt-cinq ans le cinéma tel que nous le concevons à l'heure
actuelle sera périmé.
Voici,
à mon sens, ce que seront les grands cinémas de l’an 1950. Le
« palace » futur aura des dimensions gigantesques. Il
sera capable de contenir, non pas 6000 spectateurs, mais des dizaines
de milliers de spectateurs, tout comme un cirque de l'antiquité. Aux
portes de l'établissement, des machines automatiques distribueront
les tickets d’entrée, rendront la monnaie... et refuseront
obstinément les pièces fausses. Il n’y aura plus d’orchestre
dans la salle. La musique sera distribuée par radiophonie. Un
seul poste central alimentera des centaines d’établissements.
La radiophonie servira également à synchroniser la parole
et le jeu des acteurs. Un premier essai a été fait la saison
dernière au Loew’s State Théâtre. Les personnes parlaient
sur l’écran par la voix de la radio.
Ce
premier essai ne fut pas entièrement satisfaisant, mais il permit de
se rendre compte que la mise au point parfaite ne saurait tarder à
devenir un fait accompli.
Le
cinéma en couleurs sera chose courante en
1950. Tous
les films reproduiront l’aspect des êtres et les choses en
couleurs naturelles et sous les trois dimensions. La déformation
des images, pour les spectateurs se trouvant sur les côtés de
l’écran, n’existera plus. Elle sera corrigée par un procédé
optique. Il n’y aura plus de cabine de projection, ni de films dans
le théâtre. La visiophonie permettra à un seul poste central
de distribuer simultanément dans de nombreuses salles les
images des films, les paroles des acteurs et la musique. Les théâtres
seront spécialisés selon des genres bien distincts: théâtres de
tragédies, de drames, d’opéras, d’opérette, de comédies, de
documentaires, de spectacles enfantins, etc. Quant aux études
scientifiques, elles se feront de plus en plus au moyen du cinéma.
Les
écoles
de médecine du monde entier feront un large usage de l'écran pour
enseigner l’art chirurgical aux jeunes disciples d’Asclepios.
Dans les églises, enfin, dans les écoles, l’histoire sainte et la
parole divine seront enseignées par les images animée. »
Article
paru dans Le
Nouvelliste Valaisan,
6 novembre 1926
samedi 8 mars 2014
En l'an 3000, Cours d'hygiène alimentaire dans le temps et dans l'espace ( 1919 )
Ce petit texte paru dans le quotidien Le Matin le 17 mars 1919 nous renseigne sur ce que sera l'hygiène en l'an 3000... Un docte professeur imagine ici, afin de faire partager ses convictions, un avenir lointain au cours d'une conférence donnée la veille :
UNE
CONFÉRENCE
dans le temps et dans l’espace
— Nous
sommes en l'an 3000. Notre aéro-train, qui nous mena sur un
satellite de Sirius, va bientôt repartir ; car il s’agit de
profiter de la conjonction favorable des astres, et le temps
presse.
Ainsi
débuta hier, au grand amphithéâtre de l’Ecole de médecine, M.
Hemmerdinger, agrégé de sciences, conférencier de la Société
scientifique d’hygiène alimentaire.
Et,
sur le satellite de Sirius, les hommes, « qui ne se sont guère
améliorés, mais qui ont compris », ont réglé l’alimentation
des tout-petits d’abord, des enfants, des adultes, des hommes. La
tablette azotée, chère à M. Berthelot, est donnée gratuitement à
tous les travailleurs, « et la femme qui allaite son enfant reçoit
un salaire aussi payé que le meilleur ouvrier du métier le plus
difficile ». Vous le voyez, nous sommes bien au trente et
unième siècle.
Pour
l'allaitement mixte, la « collectivité- Etat » du trente et unième
siècle a choisi le lait d'anesse, dont les troupeaux sont sous la «
surveillance d’hygiénistes distingués », poursuit sans ironie le
conférencier.
Les
fraudeurs de lait sont envoyés au diable ou moins loin, « sur la
planète Mars, où la race en a à peu près disparu ».
Personne
n’est obligé de travailler pour vivre, mais « tout le monde
travaille, parce que personne n’y est obligé ».
«
La cuisine est devenue la branche la plus importante de la médecine,
et le cuisinier est l'être le plus utile à la société. »
«
Le vin n’a pas disparu, mais il est devenu une exception » ;
et le vin du trente et unième siècle est du vrai vin, du très
vieux naturellement.
«
Les producteurs d'alcool sont envoyés sur les planètes lointaines
».
On
ne les a pas retrouvés.
M.
Hemmerdinger termine son voyage de rêve par cette réflexion pleine
d'une philosophie mélancolique ;
— L'humanité
n’est pas devenue meilleure qu’au vingtième siècle. Il y a des
gourmands, des dyspeptiques, des gens qui ne savent pas se
conduire ; mais il y a amélioration.
Et
tandis que l'imagination du conférencier se donnait libre cours, un
sourire doucement sceptique errait sur les lèvres d’un membre
de 1'Académie de médecine, assis au premier rang.
Illustration : Henriot, Paris en l'an 3000 (1885)
A lire sur ArchéoSF:
Sur ArchéoSF les textes:
Jérôme K. Jérôme, La Nouvelle utopie ou le monde en l'an 3000 (1899)
Charles Fournel, En l'an 3000 ( 1859 )
Georges Renard, Notre époque vue de l'an 3000 ( 1921 )
samedi 1 mars 2014
Charles Nordmann, Et si les Martiens débarquaient demain sur la Terre ? ( 1924 )
Le 22 août 1924, à la première page du quotidien Le Matin, Charles Nordmann s'interrogeait : "Et si les Martiens débarquaient demain sur la Terre ?" alors même qu'une question de la plus haute importance devait être débattue à l'Académie française : doit on dire Martien ou Marsien ?
Et
si
les
Martiens
débarquaient
demain
sur la
Terre ?
Tout
de
même,
lorsqu'on
y
réfléchit,
on
ne
peut
se
défendre
d'une petite
émotion
en
pensant
que
demain
la
planète
Mars
sera
à la
plus
petite
distance
de
la
Terre où
elle
se
sera
trouvée
depuis
plus
d'un
siècle.
Pourquoi
de
l'émotion
à
propos
d'un événement
qui
a
en
apparence
si
peu
de
rapports
avec
les
durs
problèmes
de
vie
chère
et de
politique
où
nous
sommes
embourbés ?
Je
vais
en
dire
les
raisons,
et
je
serais
bien
surpris
si, après.
les
avoir
lues,
beaucoup
de
lecteurs
n'éprouvaient,
eux
aussi,
un
petit
frisson.
Ce
sera un
frisson
rapide,
puisqu'il
ne durera
que
vingt-quatre
heures
et
que
demain
nous
serons
fixés
dans
un
sens
ou
qui
sait
?
dans
l'autre.
J'ai
expliqué
déjà,
ici
même,
que les
prétendus
«
canaux
»
de
Mars n'existent
pas
et
qu'il
n'y
a,
pour
nous,
ni
plus
ni
moins
de
preuves de
l'existence
des
Martiens
qu'il
n'y
en
aurait
de
l'existence
des
hommes
terrestres
pour
un astronome
martien
observant
la
Terre
avec
des
lunettes
pareilles
aux
nôtres. On
conviendra
que ce
n'est
pas
suffisant
pour
nier
l'existence
des
Martiens.
Mais
alors
?
Eh
bien
!
s'il
y
a
là-haut
des
êtres
vivants
c'est-à-dire
analogues
à
nous
et
très
intelligents
c'est-à-dire,-
par
ailleurs,
quelque
peu
différents
de
nous !–
il
y
a
quelque
chose
de
possible.
je
ne
dis
pas
de
probable.
C'est
que,
comme
l'a
supposé
Wells
dans
une
de
ses
plus
belles
anticipations,
ces
êtres,
de
plus
en
plus
mal
à
l'aise
sur
une
planète
refroidie,
ont
pu
songer
à
conquérir
une
colonie
par
delà
les gouffres
de
l'espace.
C'est
que
cette
colonie
est
la
Terre,
plus
chaude que
Mars
à
cause
de
son
voisinage du
Soleil,
et
moins
usée
par
les
glaces
de
l'âge.
Mais
alors,
les Martiens
auront
évidemment
(si ce
projet
a
germé
il
y
a
moins
d'un
siècle)
préparé
leur
offensive pour
le
jour
où
la
Terre la
Terre
promise
et
Mars
seront
plus
rapprochées
qu'on
ne
le
vit
depuis
cent
vingt
ans. Or,
ce
jour,
c'est
demain,
23
août
1924.
Vraiment,
si
demain
quelque
projectile habité,
quelque
cheval
de
Troie
interplanétaire,
déposait
dans
nos
murs
des
êtres
admirables et
redoutables
plus
ou
moins analogues
à
ceux
qu'a
révés
Wells,
ce
serait
drôle.
Ce
serait
drôle,
car
je
parie
que
du
coup la
solidarité
européenne
serait
comprise
et
pratiquée
par
tous. Ce
serait
drôle,
car
aussitôt
on verrait
l'argent,
tout
l'argent,
sortir des
coffres
pour
le
salut
général
des
hommes,
enfin
solidaires.
Ce
serait
drôle,
mais
c'est,
hélas !
peu
probable.
Je
dois
en
effet,
quoi
qu'il
m'en
puisse coûter,
refroidir
les
flammes
imaginatives
qu'une
telle
perspective
peut,
d'ici
demain,
faire jaillir,
dans
les
cerveaux
trop
facilement bouillonnants.
Car
il
a
été
démontré
depuis
peu,
par
les
recherches spectroscopiques
de
Campbell, que
la
densité
de
l'atmosphère,
à
la
surface
de
Mars,
est au
plus
la
moitié
de
ce
qu'elle
est
à
ce
sommet
de
l'Everest
que
les explorateurs
ont
dû
renoncer
atteindre jusqu'ici,
faute
d'air.
Si
donc
il
y
a
des
Martiens,
leur
organisme doit
être
totalement
différent de
celui
des
animaux
terrestres. Par
conséquent,
ils
ne
pourraient survivre
à
leur
débarquement
sur
la
Terre,
à
leur
atterrissage,
c'est
le
cas
de
le
dire.
Comme
nous
les
avons
supposés
très intelligents
et
très
savants,
ils auront
prévu
cela
et
ils
seront
restés
chez
eux.
Il
y
a
encore
quelques
autres
petites raisons
qui
font
que
je
doute fort
de
les
voir
ici-bas
demain
matin.
C'est
grand
dommage,
car
il
eût
été
beau
de
regarder
la
grimace
du
lion
britannique
si
la
cathédrale
de
Saint-Paul
avait
eu
demain,
comme
l'imaginait Wells,
sa
belle
coupole
perforée
par
les
Martiens.
Mais voici
que,
se
superposant
à nos
transes,
un
angoissant
problème
linguistique
se
dresse
devant
ma
plume.
Doit-on
écrire
Martien, comme
on
dit
martial,
par
dérivation
aussi
de
Mars,
ou
doit-on écrire
Marsien,
comme
fait Wells
?
Ces
messieurs
de
l'Académie
nous
le
diront
après-demain
si
ce
que
je
crois
plus
que je
ne
le
souhaite
le
front
de Terre
reste
demain
inviolé.
Mais quel
ennui
que
le
réel
diffère,
parfois
du
possible.
Charles
Nordmann.
Image: couverture de HG Wells, La Guerre des Mondes, Calmann Lévy, 1917
jeudi 27 février 2014
[Jeudi québécois #5] Georges Bugnet, Siraf (1934), 1ère partie
La science-fiction ça conserve ! Georges Bugnet né à Châlon-sur-Saône en 1879 émigre au Canada où il est journaliste, écrivain et horticulteur. Il meurt en 1982 à l'âge de 102 ans. Français de naissance, il part au Canada après avoir rencontré un missionnaire. Il ne vécu pas dans les provinces francophones mais dans le Manitoba et en Alberta, anglophones. Il n'empêche qu'il était d'expression francophone.
Parmi ses oeuvres, il faut retenir Siraf publié en 1934 aux éditions du Totem. Le titre complet nous livre le thème du roman : Siraf: étranges révélations: ce qu'on pense de nous par-delà la lune. Il s'agit en effet d'une satire de notre monde par le biais du regard extérieur, sélénite en l’occurrence. L'ouvrage est rare mais par bonheur l'université d'Alberta le propose en consultation sur son site.
Avant de vous lancer dans cette lecture, voici comment il fut perçu à l'époque de sa publication:
Pour lire Siraf en ligne, cliquez ICI
Pour lire tous les épisodes de la série des Jeudis Québécois, cliquez ICI
Parmi ses oeuvres, il faut retenir Siraf publié en 1934 aux éditions du Totem. Le titre complet nous livre le thème du roman : Siraf: étranges révélations: ce qu'on pense de nous par-delà la lune. Il s'agit en effet d'une satire de notre monde par le biais du regard extérieur, sélénite en l’occurrence. L'ouvrage est rare mais par bonheur l'université d'Alberta le propose en consultation sur son site.
Avant de vous lancer dans cette lecture, voici comment il fut perçu à l'époque de sa publication:
SIRAF, par Georges Bugnet, éditions du Totem.— En lisant Georges Bugnet. qui se classe, par la vigueur et la souplesse de son style coloré, au premier rang de nos écrivains, on ne peut s'empêcher d'évoquer « Gog » de Papini. Sans avoir la force et l'ampleur de ce livre justement célèbre, Siraf est une amusante satire de la civilisation contemporaine. Mais on souhaiterait parfois plus de clarté dans les idées. (La Revue Moderne, avril 1935)
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