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ISSN 2496-9346
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vendredi 26 août 2016

Les savants de la planète Mars (1913)

La question de la présence de Martiens, de l'existence de canaux sur la planète rouge ou encore de la possibilité des communications interplanétaires a donné lieu à de multiples articles.
Le chroniqueur anonyme de La Liberté imagine en 1913 les réponses des Martiens à cette angoissante question: « La Terre est-elle habitée ? »

Les savants de la planète Mars



Les savants de « Mars », réunis sous la coupole de l'Institut national, s'occupent d'une question intéressante : « La Terre est-elle habitée ? »
J'affirme que non, déclare l'illustre martien Pipaluton, président des sociétés astronomiques...
'Pour moi, aucun doute n'est possible, la Terre est un bloc éteint. Je n'y aperçois aucune trace de végétation ni de civilisation...
Qu'elle l'ait été, c'est possible, mais par quels êtres, bipèdes ou quadrupèdes, je n'en sais rien...
Voilà plus de cinquante ans que nous faisons des signaux à cette planète. Nous avons dépensé des millions pour creuser des canaux. Nous avons rouvert l'activité des volcans gigantesques…
Personne n'a jamais répondu. D'ailleurs, le problème est sans intérêt, car en admettant que la Terre soit habitée par des aveugles ou de loufoques, quel profit en retirerait notre planète Mars ?
Messieurs, dit à son tour l'éminent martien Katenezcommunos, président des congrès scientifiques, je ne suis pas de l'avis de M. Pipaluton…
Je me suis servi d'une lorgnette dans laquelle j'ai su voir. Pour moi , il n'y a pas de doute, oui, la Terre est habitée...
(Mouvement général d'attention)
Et je dirai plus, la Terre nous fait des signaux. Notamment il y a trois semaines, une explosion formidable de blocs et rochers, un signal, assurément, eut lieu.
A la suite de cette explosion, deux énormes continents ont été séparés l'un de l'autre. Aveugle celui qui ne verrait pas dans la destruction de cet isthme la volonté d'exprimer aux martiens une pensée...
Pour moi, les habitants de la Terre sont des êtres ailés. J'ai vu clairement dans mon puissant télescope une nuée d'êtres vivants aux ailes allongées…
Et je dirai plus, il m'a semblé voir un de ces terriens-oiseaux voltiger la tête en bas.
( La séance continue. )

Anonyme, « Les Savants de la planète Mars », in La Liberté (Suisse) 12 novembre 1913
repris sous le titre « Les Opinions de Mars sur la Terre » dans La Feuille d'avis du Valais (Suisse) du 31 janvier 1914.

samedi 26 mars 2016

La maison de l'an 2000 (1913)

Du 4 au 17 mai 1913 se tint à Nancy l'Exposition de la Cité Moderne. Des conférences eurent lieu et le public put admirer divers projets d'urbanisme venus du monde entier.
Des entreprises du bâtiment exposaient leur savoir-faire. Parmi elles, la Société des Hauts-Fournaux et Fonderies de Pont-à-Mousson proposait un ensemble de panneaux dont l'un nous intéresse car il anticipait la maison de l'an 2000
En 1913, un ouvrage sur l'exposition fut publié (à lire sur Gallica), il décrit les différents panneaux, avec des illustrations, et donne des compte-rendus des conférences.
La pièce en vers dont il est dans l'extrait qui suit a pour titre La Maison de l'an Deux mille du docteur Edouard Imbeaux publiée sur ArchéoSF (cliquez ICI pour la lire)


Hygiène des Habitations et des Villes

(Adduction d'eau — Epuration d'eau — Assainissement)



SOCIÉTÉ DES HAUTS FOURNEAUX ET FONDERIES DE PONT-A-MOUSSON. — La Société des Hauts Fourneaux et Fonderies de Pont-à-Mousson expose une sorte de triptyque, dont les divers motifs sont relatifs : celui du milieu, à la Société elle-même, à ses produits, à ses travaux; celui de gauche, à l'adduction des eaux potables; celui de droite à l'évacuation des eaux usées.

Panneau central. — Le panneau central comprend les vues photographiques des trois usines que la Société possède à Pont-à-Mousson, à Auboué et à Foug. En bordure de ce panneau, à droite et à gauche, des photographies de travaux de pose montrent que la Société de Pont-à-Mousson n'est pas seulement productrice de tuyaux en fonte, mais qu'encore elle sait être, à l'occasion, entrepreneur de travaux publics.

Tout au bas du panneau central figure une maquette donnant, en relief et à l'échelle du 1 /50e,- la coupe de la rue moderne, ou du moins de ce que devrait être la rue moderne.

On trouve là, rangés à leurs emplacements respectifs, les produits fabriqués par Pont-à-Mousson, tant pour l'adduction des eaux potables que pour l'évacuation des eaux résiduaires et des eaux pluviales, l'amenée de gaz, les réseaux de tramways.

Le centre de ce panneau est occupé par une charge amusante :
« La Maison de l'an 2000 ».

C'est une note gaie dans un ensemble plutôt sévère.

Le thème de la démonstration réside dans la circulation continue d'une même eau qui, tour à tour potable et usée, se régénère dans des appareils sur la construction desquels on garde jalousement le secret... et pour cause!... Non sans y abandonner des essences précieusement soutirées de parfums et de vins fins !...

Autour de ce thème, on a brodé. Une amusante pièce de vers décrit avec détail la Maison de l'an 2000 et les occupations de ses habitants.

La maison est faite à l'envers. L'entrée se faisant par le toit-terrasse, en raison des progrès de l'aviation; le concierge habite les combles, les gens chics l'étage supérieur, les domestiques le
rez-de chaussée !

Les bow window sont faits pour regarder le ciel : la rue n'est plus que le passage des petites gens et des bagages qui circulent sur la chaussée roulante.

A l'intérieur, l'hygiène s'est développée à l'extrême; salles de bain et cabinets de toilette prennent le plus clair de l'espace.

La cuisine devient un laboratoire où un pharmacien prépare des pilules et les comprimés que l'on avale sans les sentir passer.
Plus de verres anti-hygiéniques, mais des vases clos, à vaporisateur... ! Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger... !