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ISSN 2496-9346
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mercredi 19 juin 2019

[critique] Charles-Nicolas Cochin, Mémoires d'une société de Gens de Lettres publiés en l'année 2355

La parution du volume Archéologie du futur, Mémoires d'une Société de Gens de Lettres publiés en l'année 2355 dans la collection ArchéoSF aux éditions Publie.net qui rassemble les écrits d'anticipation de Charles-Nicolas Cochin est l'occasion de reprendre l’une des plus anciennes critiques, si ce n’est la plus ancienne, des Mémoires d’une Société de Gens de Lettres publiées en l’année 2355 (1755-1756) qui date d’une publication en volume de Charles-Nicolas Cochin d’un Recueil de quelques pièces concernant les arts, extraites de plusieurs Mercures de France en 1757. M. Fréron, membre de plusieurs sociétés savantes, écrit dans L’Année littéraire (1757) ces lignes :


Recueil de quelques pièces, etc.

[...]
Le Recueil est terminé par le Mercure du mois de Juin de l'année 2355, contenant L’extrait des Mémoires d'une Société de gens de Lettres. C'est ici sans contredit la meilleure pièce de cette collection. C'est une idée extrêmement heureuse que de se transporter à six cens ans après nous pour critiquer librement ce qu'il y a de défectueux dans nos Arts. Ce prétendu Mercure contient six Mémoires. 1° sur l'Architecture ; sur les Chaires d’église ; 3° sur les Théâtres ; 4° sur la peinture en général ; 5° sur les portraits ; 6° sur la sculpture. Rien de plus agréable et de plus instructif que tous ces différents morceaux. Le bon goût perce à travers la fine ironie ; on y donne aussi des éloges très-délicats à quelques Artistes célèbres. En un mot, l'auteur de ce Recueil traite les Arts comme M. l'Abbé Coyer La Morale: même sagacité à saisir les ridicules ; même causticité dans les traits; même désir d'être utile à nos concitoyens.



M. Fréron, L’Année littéraire, année M.DCC.LVII, Tome III, A Amsterdam, Et se trouve à Paris, Chez Michel Lambert, rue et à côté de la Comédie Française, au Parnasse.


dimanche 2 juin 2019

Une visite à l'Opéra ou les futures ruines de Paris (1874)

Le 20 décembre 1874, un rédacteur anonyme du journal Le Français visite en compagnie de 4000 ou 5000 Parisiens L'Opéra de Paris (aujourd'hui Opéra Garnier) avant son inauguration le 5 janvier 1875. Il se livre alors à une projection dans l'avenir: Paris connaîtra-t-il le destin de la Rome antique?




[…] En sortant de cette visite, tout éblouis que nous fussions, étions-nous loin d’être sans tristesse. « Qui sait, nous disions nous, peut-être dans plusieurs siècles l’Opéra ne sera-t-il plus que quel que ruine immense comme nous allons en visiter en Italie, en Grèce ou on Orient. Si alors quelque habitant de l’Australie vient visiter ces ruines au milieu des territoires désertés du vieux monde, et s’il tâche par la pensée de ressusciter toutes ces splendeurs, quel sentiment aura-t-il ? Celui que nous font éprouver aujourd’hui, à Rome, les restes dus monuments de l’époque impériale ; le sentiment que c’est une œuvre de décadence morale et artistique. En sera-t-il de même quand, poussant quelques pas plus loin, il s’arrêtera aux ruines du Louvre, ou mieux encore aux ruines de Notre-Dame de Paris ?... » On le voit, notre rêve était un peu mélancolique et peu en rapport avec le lieu que nous venions de visiter. Était-ce mauvaise disposition de notre part? Était-ce la faute de M. Garnier?

Anonyme, in Le Français, n° 354, 20 décembre 1874.


A lire:
Les Ruines de Paris et autres textes, anthologie disponible dans la collection ArchéoSF (120 pages, 5 nouvelles, 3,99 euros pour le format numérique et 12,50 euros pour le format papier)
Charles-Nicolas Cochin, Archéologie du futur. Mémoires d'une Société de Gens de Lettres publiés en l'année 2355, collection ArchéoSF, éditions Publie.net.
Une exploration polaire aux ruines de Paris d'Octave Béliard, article sur le site de Jean-Luc Boutel