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ISSN 2496-9346
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vendredi 13 novembre 2015

ArchéoSF : Trois nouveautés format papier

ArchéoSF est aussi une collection publiée aux éditions Publie.net.
Trois nouveautés sont parues le 25 novembre 2015.

Les versions papier donnent accès gratuitement aux versions numériques.

Paris futurs est une anthologie ayant pour thème l'avenir de Paris tel qu'il était imaginé au XIXe siècle et au début du XXe siècle. Entre Humour, catastrophe et utopie voici des Paris en ruines, Paris oubliés, Paris ensevelis mais toujours Paris… 

Pour commander, cliquez ICI
180 pages - 13 euros + 2,59 euros de frais postaux (lettre verte France métropolitaine) 

Michel Verne a collaboré avec son père à la fin de sa vie, repris des romans (souvent en les modifiant) mais il a aussi écrit seul quelques textes dont les Zigzags à travers la science, collection d'articles en partie conjecturaux. Ils sont ici rassemblés et suivis de L'Eternel Adam - Edom signé Jules Verne mais parfois attribué à Michel. 




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136 pages - 12,50 euros + 2,59 euros de frais postaux (lettre verte France métropolitaine) 

Le Passé à vapeur est une anthologie de textes proto-steampunk. Automates, dirigeables, inventeurs fous, machines extraordinaires se croisent dans la dizaine de nouvelles (XIXe et début XXe siècle) recueillies dans le volume. Une plongée dans les racines du steampunk !


Pour commander, cliquez ICI
156 pages - 12,50 euros + 2,59 euros de frais postaux (lettre verte France métropolitaine) 

Tous ces ouvrages seront disponibles au stand d'ArchéoSF aux rencontres de l'imaginaire (Sèvres, le 28 novembre 2015)








vendredi 4 septembre 2015

Richard Cantinelli, Une bibliothèque en Utopie (1927)

La semaine dernière ArchéoSF se penchait sur la question des bibliothèques de l'avenir.
En 1927, Richard Cantinelli (1870-1931), conservateur de la bibliothèque de la ville de Lyon, administrateur de la bibliothèque Sainte-Geneviève puis conservateur de la bibliothèque de la Chambre des députés imaginait « Une bibliothèque en Utopie » qui préfigure par son architecture le site François-Mitterrand de la BnF à Paris.


Une bibliothèque en Utopie

Un jour, enfin, l'idée apparut, et si évidemment logique, qu'il devint urgent de la réaliser.
C'était dans la plus vaste bibliothèque de la première ville d'Utopie. Les siècles y avaient accumulé une quantité immense de livres de toute sorte, alignés sur plus de cent cinquante kilomètres de rayons. Toute la littérature du monde, répétaient, non sans orgueil, les conservateurs, se trouvait là rangée en bel arroi. Et que de catalogues !

Ariane, ma soeur, dans quels fils empêtrée
Vous courûtes parmi cette affreuse contrée !

Les distributeurs, amaigris, les joues creusées, les yeux brillants, exténués par des courses incessantes à travers le labyrinthe des travées, voyaient avec terreur s'étendre leur domaine où les architectes construisaient sans relâche suivant de très antiques formules. Les lecteurs non plus n'étaient pas rassurés. A mesure que s'élargissait le pays des livres, ils constataient que s'allongeait le temps employé à les obtenir.
Des « cotes » astronomiques où les lettres grecques se juxtaposaient aux exposants, formaient une langue nouvelle sujette à d'innombrables erreurs d'interprétation. Et l'heure était proche où le souvenir légendaire d'Omar se serait présenté à quelques esprits hardis comme la seule chance de salut et de restauration.

C'est alors qu'un inconnu, que son ignorance préservait de toute routine, un jour qu'il s'était mêlé à une caravane d'explorateurs, fut visité par l'Idée, qu'il formula aussitôt en ces termes hermétiques : « Le salut est dans la substitution de la verticale à l'horizontale. »
Il s'en fut demander audience au directeur de la bibliothèque, qui, par hasard, se trouvait être un homme jeune et hardi. Il lui porta, il lui livra l'idée encore vierge. Le directeur, l'ayant épousée, la fit reconnaître et adopter par les pouvoirs publics. Les travaux commencèrent sans retard.
Un vaste espace de quarante mètres de côté avait été réservé au centre des bâtiments pour des agrandissements futurs ou bien pour une de ces organisations bibliographiques dont rêvent les architectes et que redoutent les bibliographes. Cet espace fut mis à nu, creusé pour recevoir des fondations robustes. La nouvelle bibliothèque sortit de terre à cette place. Tout était en fer à jours, les montants, les rayons, les parquets. Une double cloison de briques préservait l'ensemble du bâti contre les intempéries. Les divers éléments de la construction, fabriqués suivant des calibres « standard » une fois établis, venaient s'ajuster l'un à l'autre sans erreur possible. Solidement boulonnés, ils formaient des étages de deux mètres de haut composés de travées doubles séparées par des passages de 0m80. Chacun des étages contenait 200,000 volumes. Aux quatre angles de la construction étaient ménagés trois monte-charges et un ascenseur. Le côté de la construction tourné vers l'ouest était privé d'ouvertures, le jeune architecte chargé de ce nouveau travail ayant appris que la lumière du soleil couchant est funeste aux livres.
A mesure que s'élevait la construction que couvrait un toit mobile, le directeur de la bibliothèque, qui ne pouvait attendre la fin des travaux pour mettre en oeuvre la conception nouvelle, faisait transporter dans les travées de fer les ouvrages choisis dans les anciens magasins uniquement d'après leurs formats. Un numéro d'ordre était donné à chaque volume suivant la nouvelle place qu'il occupait, ce numéro étant immédiatement inscrit sur les anciennes fiches et dans les divers catalogues.
Cependant, les nouveaux magasins grandissaient à vue d'oeil. Quand on eut achevé le trentième étage, on posa la toiture définitive. De l'extérieur, les passants admiraient cet édifice hardi qui aurait suscité l'enthousiasme des archéologues s'ils l'avaient découvert en Egypte. Son ombre tournait avec le soleil sur tous les toits environnants. Des colonnes engagées, se détachant de l'ensemble par le relief et par la nuance, semblaient le soutenir et le porter vers le ciel, masse énorme et légère baignée d'azur et de rayons, que couronnait le soir, comme un symbole, le vol tournoyant des libres oiseaux. Des fenêtres judicieusement disposées amusaient l'oeil et lui permettaient d'apprécier la hardiesse et l'harmonie de l'ensemble.
A maison neuve, âmes neuves.
On ne voit plus ces bibliothécaires enfouis dans un coin d'ombre et de poussière sous des tas de volumes inexplorés. Mais, dans de vastes bureaux que les locaux enfin vidés de leurs livres ont rendus disponibles, des fonctionnaires bienveillants, doublés de dactylos, le téléphone à portée de la main, lancent à travers la maison des ordres précis, vite obéis.
Les distributeurs, répartis dans les trente étages, logeant auprès du ciel comme les astrologues, accomplissent une tâche déterminée et facile. Ils engraissent. L'étage qui leur est confié, et dont ils ont l'entière responsabilité, ils prennent à coeur de l'entretenir à la perfection. Maniant tour à tour l'aspirateur et le torchon, ils connaissent à merveille les numéros de la section qui leur est dévolue, vont les yeux fermés vers l'ouvrage demandé, puis le confient d'un geste machinal à la vélocité des monte-charges. Aux lents cheminements à travers un dédale de jour en jour plus compliqué a succédé le rapide vertical permettant d'atteindre en un temps sensiblement égal toutes les parties de la bibliothèque. Quels que soient la qualité et le nombre des demandes, le lecteur reçoit satisfaction en cinq minutes. Chaque ouvrage déplacé est inscrit sur un tableau, effacé dès son retour. Ainsi les révisions annuelles n'ont plus de raison d'être.
Et le public? Le public va maintenant à la Bibliothèque, non pour s'y acoquiner dans la mollesse des attentes indéfinies, dans la puanteur d'une atmosphère confinée. Il avait constitué lentement une variété de l'espèce humaine, caractérisée par des tics et des couleurs d'habit et qu'on voyait aux heures des repas descendre la rue, une serviette débraillée sous l'épaule anguleuse, rêveurs sans rêve bousculés par les mitrons et les commis. A présent, le public, plus nombreux et semblable au reste des humains, entre à la Bibliothèque comme dans une agence, demande un renseignement, cueille une référence, emprunte un volume et rentre chez lui travailler dans la solitude parmi ses livres familiers.
Dans la vibration rythmique des ascenseurs, sous les rayons croisés des verres de couleur, toute la bibliothèque vit d'une vie complète et heureuse.
Dans cette tour immense, traversée d'air pur, tout danger d'incendie est à jamais écarté. Plus d'odeur de vieux livres, de moisissures. Le livre respire. Le thermomètre, été comme hiver, marque dix-sept degrés.
Mais que sont devenus les magasins de jadis, les beaux rayonnages? Les rayonnages ont été aisément vendus à des fabricants de meubles anciens. Quant aux vastes salons, aux galeries rendues à leur splendeur première, on y a installé le Musée de l'Histoire des civilisations. Les musées proprement dits, où, perpendiculairement à une patinoire, sont accrochés dans le seul ordre chronologique des femmes nues, des archevêques, des paysages, des natures mortes, ces musées ne nous renseignent que fort incomplètement sur notre passé. Dans la nouvelle Bibliothèque qui n'est pas seulement un Conservatoire, mais une maison d'enseignement, voici se succédant : une salle de préhistorique, une salle égyptienne, puis la Grèce primitive, la Grèce de Périclès, Rome, le moyen âge, la Renaissance, la Réforme, le XVIIe siècle, etc., etc., chacune de ces époques de l'esprit figurée par ses caractéristiques les plus marquantes. La tour centrale s'élevant au milieu est comme la fleur merveilleuse issue de l'humus séculaire.
Que voilà une conception primaire ! Les bibliothécaires chargés de mener à bien cette entreprise étaient gens trop avertis pour ne pas avoir pressenti et évité ce reproche. Ils ont su prouver par l'exemple qu'un primaire large vaut mieux qu'un supérieur rétréci. Mais ceci, comme on dit trop souvent aujourd'hui, ceci est une autre histoire.

Une bibliothèque en Utopie, Les Cahiers de la République des lettres, des sciences et des arts, 15 octobre, n° 8, année 2, 1927

vendredi 28 août 2015

Les bibliothèques de l'avenir (1896)

Dans le journal La Croix du 2 août 1896, la causerie scientifique signée Somsoc rapporte qu'un expérimentateur américain a produit des feuilles d'or de 0 millimètre 00000893 d'épaisseur. 
Un dessin anonyme, reproduit ci-dessous, accompagne le texte :



Le chroniqueur imagine qu' "un livre de 1000 pages, imprimé sur les feuilles d'or de M. Outerbridge (c'est le nom du physicien qui obtient ce produit miraculeux), se composerait de 500 feuillets et aurait 0mm,0045 d'épaisseur. 200 volumes (soit 200000 pages), n'occuperaient pas un millimètre de longueur sur le rayon d'une bibliothèque. Dans ces conditions, le Larousse est acceptable, sinon quant au fond, du moins quant à la forme".
Il faut dire que cela résoudrait aussi le problème de la place tenue par nos livres chez nous !

Source: Gallica