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mercredi 30 septembre 2015

Edmond Bernard, Nouvelle aurore (an 2924)

Dans ce poème publié en 1923, Edmond Bernard imagine un futur radieux...

Nouvelle aurore (an 2924)

A mon confrère et ami ROBERT PEYRONNET.


L'aube des jours nouveaux rayonne sur le monde,
La misère est vaincue et la richesse abonde,
Les haines, les rancoeurs sont à jamais bannies,
Tous les hommes heureux dans une immense ronde
Ecoutent le concert des grands peuples unis :
Arbres,vents, océans,.oh ! douce symphonie,
Tendre accompagnement de l'ardente harmonie !
Les antiques fléaux sont à leur agonie :
Le bonheur passe, on est heureux, tous réunis,
L'aube éclaire le monde et, mêlée au bruit d'onde,
Une voix s'élance des nids.

Autrefois, sévissaient et Malheurs et Détresses,
Et les coeurs de vingt ans; connaissaient les tristesses,
Mais, après les douleurs, les plaisirs sont venus.
Et le Destin vaincu sème mille caresses.
... Ah ! suis-je sur la Terre où serai-je en Vénus ?
Je vois, je vois partout des âmes charitables.
Là, des juges trop bons acquittent des coupables,
Là;, des riches, grands coeurs, prennent à leur table
De pauvres chemineaux dans les chemins, perdus.
... Autrefois, dans les coeurs, morte était la sagesse
Et tous les bonheurs inconnus.

Je vois l'ancien bourreau,, brisant la guillotine
Et qui dit aux amis : — « Pourquoi cette machine
« En notre siècle heureux de joie et de progrès ?
« Peut-elle encore durer la dernière « assassine » ?
« Non, non, elle a servi, voila mon seul regret. »
...Là, je vois un, vieillard allant d'un pas pénible,
Puis un jeune homme vient. Il fait tout son possible
Pour l'aider à gravir des monts inaccessibles,
Puis, tous deux arrivent par des chemins secrets.
... Je vois, que rien n'est plus de l'antique routine
Et les peuples vont à leur gré.

Edmond Bernard
in Le Pionnier, n° 17, mai 1923

lundi 28 septembre 2015

Georges Delaw, Les drames de l'espace

http://rsfblog.fr/wp-content/uploads/2015/05/ssw-3.jpgGeorges Delaw (1871-1938) était un dessinateur de presse. Il a parfois tâté de la conjecture rationnelle. La petite histoire sous image qui suit n'est pas de la SF mais met en scène des aéronautes et comme on aime bien les ballons chez ArchéoSF, nous vous en faisons profiter...
C'est en plus un clin d'oeil au challenge de Lhisbei Summer Star Wars III qui vient de se terminer !








samedi 26 septembre 2015

Clément Vautel, Londres en l'an 2000 (1927)

Un petit texte évoquant Londres en l'an 2000 par Clément Vautel (1927)

MON FILM

Un visionnaire américain — qui doit avoir beaucoup lu les romans de Wells — vient de répondre à cette question, que personne ne lui avait d'ailleurs posée : « Que sera Londres en l'an 2000 ? »
A l'en croire, la métropole britannique comptera, à la fin de ce siècle, une vingtaine de millions d'habitants. Et, cependant, on n'y verra plus une seule maison : à part quelques édifices historiques conservés à titre de souvenirs archéologiques, Londres sera devenu un immense parc.
Où seront les Londoniens ? Dans le sous-sol. Transformés en termites, ils vivront dans une immense fourmilière, parfaitement aérée, éclairée a giorno et pourvue d'un chauffage d'autant plus central qu'il sera fourni par le centre de la terre. Grâce à des ascenseurs probablement nombreux, les vingt millions de citadins pourront, leur tâche quotidienne terminée, aller prendre le frais dans le square d'en haut. Et rien ne sera pratique comme d'habiter au trente-sixième au-dessous de l'entresol, quand les sirènes d'alarme annonceront la prochaine arrivée des avions ennemis. Mais les offensives futures seront, sans doute, souterraines aussi, et les combats de nègres dans un tunnel passeront du
répertoire de Jules Moy au programme de l'Ecole supérieure de guerre.
Ainsi, pour le prophète transatlantique, l'avenir de notre civilisation n'est pas sur l'eau ou en l'air, mais dans le royaume des taupes : les grandes cités de l'an 2000 seront des manières de catacombes surencombrées.
Mais on peut tout aussi bien prédire le contraire, et peut-être plus logiquement.
Bien que n'étant ni Américain ni visionnaire, je vous annonce donc que le siècle finissant assistera à la décadence de Londres, de Paris, de Berlin, de New-York. Les tentacules de ces cités monstrueuses seront atrophiés, il y aura partout d'innombrables logements à louer, l'herbe croîtra entre les pavés des rues aujourd'hui les plus embouteillées.
En effet, les perfectionnements prodigieux des moyens de transport auront créé un état d'esprit nouveau chez les civilisés, qui ne consentiront plus à s'enfermer dans des villes-prisons.
Pouvant parcourir les plus grandes distances en très peu de temps, ils auront de moins en moins besoin, pour leurs affaires ou leurs plaisirs, de vivre en tas : la T. S. F., la transmission instantanée des images, d'autres inventions encore, leur permettront d'habiter la campagne sans s'y sentir seuls. Au fait, ne voyons-nous pas déjà les banlieues se peupler au détriment des centres des villes, où les
bureaux remplacent les foyers ? Dans cinquante ans, les « banlieusards » rentreront, le soir, en Bretagne, en Auvergne, en Savoie, peut-être même aux colonies, et leur avion arrivera plus vite à destination que le train de Bécon-les-Bruyères.
Bref, les grandes villes, qui menaçaient de tout absorber, seront victimes de leur propre fille, la civilisation : l'homme de l'avenir pensera avec pitié à ces lugubres entassements de pierres où grouillaient ses aïeux, et il bénira un progrès qui lui aura donné l'air, la lumière et la liberté

Clément Vautel, « Mon film » (Chronique), in Le Journal n° 12785 daté du 19 octobre 1927.

jeudi 24 septembre 2015

Squares et statues de l'avenir (1930)

En 1930, le périodique Comoedia demande à différentes personnalités "Quelles sont les statues de Paris qu'il faudrait supprimer ?". Paul Reboux répondait déjà dans un programme théâtral:

M. Paul Reboux

Nous n'avons pas eu le plaisir d'interroger M. Paul Reboux. A peine cette enquête était-elle commencée que nous trouvions ces lignes de lui dans un programme de théâtre.
Imaginez qu'un cataclysme ait soudain plongé la France entière dans un océan Atlantique subitement élargi.
Les scaphandriers-archéologues du XXXe siècle; en découvrant Paris dans les profondeurs abyssales de la mer, seraient exposés à de bien singuliers raisonnements.
— Etrange découverte! diraient-ils. Nous avons constaté que les habitants de cette fameuse Ville-Lumière ne devenaient importants que bien après l'âge mûr. En effet, les statues dont les fragments ont été trouves sur les places publiques sont toutes des statues de vieux messieurs. Les Français avaient-ils donc coutume de ne trouver de valeur aux-hommes qu'à l'âge où ceux-ci avaient cessé d'en avoir? Ou bien les personnes mûres avaient-elles coutume, chez ce peuple, d'opposer une solide barrière au développement des mérites nouveaux? Quoi! Pas un homme beau et bien fait, dans la force de l'âge, n'a mérité de Paris une statue ? ne rendait-on hommage qu'à la décrépitude.? Il y aurait du vrai -en de telles réflexions.
Pourquoi, d'ailleurs, garnir de statues nos places et nos refuses, au point de les rendre aussi encombrés que nos chaussées ? Il est pourtant des moyens plus habiles, plus logiques, et de meilleur goût pour perpétuer le souvenir d'un grand homme...
Qu'on donne à une découverte le nom de son auteur ; à une loi scientifique le nom du savant qui, le premier, l'a formulée à ,un remède le nom du médecin ou du chimiste qui l'a imaginé. Voilà l'hommage rationnel.
Pour l'écrivain, pour le poète, une édition soignée, mais d'un prix accessible au populaire, fixerait harmonieusement, la pensée et l'art d'un auteur.
Il vaut mieux, en effet, répandre et célébrer les œuvres des gens, que de figer ceux-ci en une altitude quelconque, pour que, cinquante ans plus tard, cette statue d'un illustre oublié ne serve plus que de point de rencontre aux amoureux, à l'heure crépusculaire des rendez-vous...

In Comoedia n° 6334 daté du 21 mai 1930

Il existe un dessin signé André Hellé (1871-1945) sur le même thème de l'invasion des squares par les statues. La date et la provenance restent inconnues pour le moment :



 

mardi 22 septembre 2015

La vie scoute en 2928

Parmi les annonces parisiennes publiées dans le n° 5436 de Paris-soir (5 juin 1938), on trouve cet encart:


lundi 21 septembre 2015

Luc By, Le rêve de l'inventeur (1915)

Luc By est le pseudonyme de Lucien Laby (1892-1982). Ce médecin est l'un des rares membres du corps médical à avoir témoigné par le dessin des conditions de vie dans les tranchées. Collaborateur de différents journaux, il a dessiné de nombreuses caricatures.
Parmi ses dessins quelques-uns relève de la conjecture. En pleine guerre, il illustre "Le rêve de l'inventeur" pour La Baïonnette.