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mercredi 24 avril 2019

ArchéoSF au festival Les Intergalactiques (Lyon) 27 & 28 avril



ArchéoSF sera au festival Les Intergalactiques à Lyon les 27 et 28 avril 2019.

Programme: 27 avril: salon du livre (entrée libre) à la MJC Monplaisir à partir de 14h00
Stand ArchéoSF avec l'ensemble des livres format papier de la collection

28 avril: à 15 heures table ronde sur L'Archéologie du futur avec Yves Blanc, Philippe Ethuin, Passé Sauvage & Mylène Pardoën. Au programme, un plateau radio en partenariat avec Pop’Sciences de l’Université de Lyon, qui traitera de l’archéologie du futur en iconographie, face aux recherches actuelles, et aussi… en son

jeudi 11 mai 2017

[Précommande] Futurs de province, l'anthologie

Futurs de province regroupe quatorze anticipations de l'avenir régional. Au sommaire: Amiens (80), Flers (61), Grenoble (38), Lyon (69), Marseille (13), Nantes (44), Poitiers (86), Rouen (76), Tarbes (65), Toulouse (31), Vienne (38).
Toutes ces villes ont eu leurs anticipateurs.
Alors, hors de Paris pas d’avenir ? Futurs de province vous offre quatorze preuves du contraire. Se projetant dans l’avenir, cinquante ans en avant pour les plus timides, mille ans pour les plus audacieux, ces textes rassemblés pour la première fois nous parlent d’urbanisme, d’économie, de démographie, d’industrie, de sport…
Ils nous font entrer dans l’imaginaire de défricheurs provinciaux de l’avenir, parfois célèbres tel Jules Verne, souvent oubliés pour les autres.
Pour Amiens, Flers, Grenoble, Lyon, Marseille, Nantes, Poitiers, Rouen, Tarbes, Toulouse, Vienne — petites et grandes capitales régionales — c’est le rêve d’un futur radieux loin de la métropole parisienne.
La province, doux lieu de l’utopie !

Ouvrage en précommande, parution le 14 juin 2017, disponible en version numérique et papier (la version papier donne accès gratuitement à la version numérique)

Sommaire complet:

mardi 27 septembre 2016

[critique] Barillon, à propos du Napoléon apocryphe de Louis Geoffroy (1842) 1/3

François-Guillaume Barillon (1834-1885) fut membre du Conseil municipal de Lyon entre 1838 et 1848 et administrateur des chemins de fer. Propriétaire du château de la Carbonnière à Lacenas (Rhône), sa bibliothèque fut léguée, à la mort de sa femme en 1888, à la ville de Villefranche-sur-Saône. La médiathèque de Villefranche est le dépositaire de ce fonds.
François-Guillaume Barillon a collaboré à La Revue du Lyonnais, dont la collection est accessible sur le site de la Bibliothèque numérique de Lyon. En 1842, dans la partie « Appréciations littéraires », il y donne un long article (le plus long que je connaisse publié à l'époque) sur le Napoléon apocryphe de Louis Geoffroy. Nous le publierons en trois parties. Il présente l'intérêt de témoigner sur la réception de l'ouvrage à l'époque de sa publication.






Appréciations littéraires







NAPOLÉON APOCRYPHE,


PAR M. L. GEOFFROY




Quand un cri funèbre, parti du rocher de Sainte-Hélène, vint apprendre à la France que Napoléon était mort, on ne crut pas de suite à cette triste nouvelle : beaucoup de personnes la considérèrent comme une manoeuvre politique, tendant à effacer le souvenir du grand homme dont le nom seul épouvantait encore la race que les baïonnettes étrangères avaient installée sur le trône de France. Bientôt, cependant, la vérité de ce grave événement fut démontrée; mais elle ne fut pas unanimement reconnue. Les préventions et les doutes qui s'étaient d'abord manifestés avaient été avidement recueillis par les classes populaires : quelques années plus tard, une grande partie de la nation française, et surtout les anciens soldats qui avaient combattu sous les aigles impériales, soutenaient encore que l'empereur n'était pas mort, et que bientôt il viendrait, comme en 1815, chasser les infâmes qui foulaient aux pieds l'honneur et les libertés de la nation.
Cette erreur était excusable. Le peuple avait alors oublié les ravages de la conscription ; il se rappelait seulement avec orgueil la gloire dont Napoléon avait entouré la France. Les exigences du régime militaire lui semblaient moins pénibles à supporter que les envahissements incessants et les vexations toujours croissantes des aristocraties auxquelles les funestes événements de 1815 avaient ouvert un champ en apparence illimité. Mais cette espérance qui persistait à invoquer le retour de Napoléon était vaine, Napoléon n'était plus. Le brillant météore, dont la course rapide avait un instant illuminé le monde, était allé s'éteindre au milieu des mers. Le peuple ne pouvait plus revenir à son ancien maître ; il n'avait, désormais, à compter que sur lui-même pour se créer une destinée nouvelle et pour sortir de l'abjection où le voulaient plonger ces rois, revenus après vingt années d'exil sans avoir rien oublié et sans avoir rien appris. Quand le moment fut venu où la mesure des vexations et des abus eût été comblée, le peuple comprit ce qu'il avait à faire. Trois jours lui suffirent pour se délivrer des chaînes que, pendant quinze années, ses ennemis avaient accumulé sur lui !

C'est un problème dont Dieu seul peut connaître la solution, que celui de savoir si les destinées de la France auraient été meilleures dans le cas où Napoléon aurait continué le cours de ses conquêtes. Pour apprécier avec quelqu'exactitude cette question délicate, il ne faudrait pas seulement examiner les événements qui ont eu lieu, il faudrait rechercher encore quels auraient été ces événements si l'empereur avait continué ou reconquis sa domination. Ce travail serait doublement difficile : d'une part, les faits sont bien récents pour qu'on puisse les connaître dans toute leur vérité et les apprécier impartialement ; et, d'autre part, on risque bien de s'égarer quand on s'engage dans la voie ténébreuse des suppositions. Cependant la comparaison de la réalité avec l'hypothèse pourrait seule conduire à un résultat. Quelque jour, peut-être, une plume hardie tentera cette œuvre compliquée. Voici que, déjà, un livre a paru qui semble avoir eu pour but de préparer l'exécution de ce grand travail.
Un écrivain, doué d'une imagination ardente, a voulu compléter cette vie de Napoléon, si fatalement brisée au moment où elle s'apprêtait peut-être à faire les plus grandes choses. M. Geoffroy a écrit une histoire de l'empereur depuis l'année 1812 jusqu'à l'année 1832. Sortant de la pénible réalité des faits historiques, cet auteur s'est élancé dans la vaste carrière des illusions ; et, conduisant son héros de victoires en victoires, et de conquêtes en conquêtes, il l'a élevé à une gloire sans exemple dans l'histoire du monde. Cette œuvre était hardie; voici comment M. Geoffroy l'explique et la justifie :
« C'est une des lois fatales de l'humanité que rien n'y atteigne le but. Tout y reste incomplet et inachevé ; les hommes, les choses, la gloire, la fortune et la vie. Loi terrible qui tue Alexandre, Raphaël, Pascal, Mozart et Byron avant l'âge de trente-neuf ans ! Loi terrible qui ne laisse s'écouler ni un peuple, ni un rêve, ni une existence jusqu'à ce que la mesure soit pleine !
« Combien ont soupiré, après ces songes interrompus, en suppliant le ciel de les finir! Combien, en face de ces histoires inachevées, ont cherché, non plus dans l'avenir ni dans les temps, mais dans leur pensée, un reste et une fin qui pussent les parfaire !
« Et que si Napoléon Bonaparte, écrasé par cette loi fatale, avait, par malheur, été brisé à Moscou, renversé avant quarante-cinq ans de son âge, pour aller mourir dans une île-prison, au bout de l'Océan, au lieu de conquérir le monde et de s'asseoir sur le trône de la monarchie universelle, ne serait-ce pas une chose à tirer des larmes des yeux de ceux qui liraient une pareille histoire ?
« Et si cela avait existé, l'homme n'aurait-il pas le droit de se réfugier dans sa pensée, dans son cœur, dans son imagination, pour suppléer à l'histoire, pour conjurer ce passé, pour toucher le but espéré, pour atteindre la grandeur possible?
« Or, c'est là ce que j'ai fait. J'ai écrit l'histoire de Napoléon depuis 1812 jusqu'en 1832, depuis Moscou en flammes jusqu'à sa monarchie universelle et sa mort ; vingt années d'une grandeur incessamment croissante, et qui l'éleva au faîte d'une toute-puissance au-dessus de laquelle il n'y a plus que Dieu.
« J'ai fini par croire à ce livre après l'avoir achevé.
« Ainsi, le sculpteur qui vient de terminer son marbre, y voit un Dieu, s'agenouille et adore! »
En présentant son œuvre sous le point de vue exclusif d'un caprice d'imagination, M. Geoffroy nous paraît avoir dissimulé la portée réelle de son intention et de son travail. Il nous semble que le but de cet auteur a été d'établir implicitement une comparaison entre les résultats produits par les faits historiques, et ceux produits par les événements imaginaires qu'il raconte. Nous ne saurions croire que M. Geoffroy eût dépensé tant de travail et tant de talent pour Je plaisir de bâtir un roman et de créer une décevante illusion. Cette comparaison que nous venons d'indiquer se présente d'ailleurs à chaque instant dans l'esprit, en lisant l'histoire apocryphe de Napoléon. Cette auréole de gloire qui entoure l'empereur des Français, cette suprématie universelle de l'Empire, forment un contraste saisissant avec notre France contemporaine qu'on a faite si honteusement humble, qu'on a laissée si déplorablement incomplète, qu'on a réduite à une si funeste nullité. Il est impossible de lire l’œuvre de M. Geoffroy sans être frappé de cette différence qui jaillit de chaque page et qui attriste l'âme.
Toutefois, au milieu de la fascination qu'exerce l'histoire apocryphe de Napoléon, on est souvent amené à se rappeler que cette histoire est un roman. Nos cœurs sont trop vivement empreints du triste souvenir de la vérité, pour que nous puissions nous abandonner d'une manière absolue aux illusions que font naître les merveilleux récits de M. Geoffroy. Cet auteur a d'ailleurs raison en disant qu'il a fait un dieu de son héros. Quel homme, en effet, pourrait atteindre le haut rang auquel il a élevé son Napoléon ? Quel homme pourrait conquérir le monde et conserver paisiblement cette immense domination ? Il faudrait être un dieu pour asservir et pour comprimer ainsi tous les peuples, pour régir le globe par une seule volonté.
Il est curieux d'observer comment M. Geoffroy a su combiner les faits de son invention de manière à ce que, tout merveilleux qu'ils soient, ils semblent encore vraisemblables. Il est curieux d'observer comment cet historiographe exceptionnel a su introduire nos illustrations contemporaines dans le drame qu'il a improvisé.
Essayons de suivre, l'auteur dans sa course éblouissante, et tâchons de conserver notre sang-froid en courant à sa suite au milieu des nuages sur lesquels il a élevé sa miraculeuse histoire.
Vous qui avez douté de la mort de Napoléon, vous qui avez pleuré sur ses infortunes, vous qui le vénériez comme un dieu, vous, dont le sang a fertilisé les lauriers qui parent à jamais sa tête, vous, amis et admirateurs du grand homme, vous, soldats et peuples, accourez ! voici votre empereur à l'apogée de sa gloire ; sa statue vient d'être élevée sur un piédestal digne d'elle. Arrière ceux qui voulaient la faire tomber sous la funeste atteinte de la foudre ; arrière les profanateurs ! Place à l'historiographe de Napoléon le Grand ! Ecoutez M. Geoffroy, voilà son histoire de votre empereur !!!

(à suivre) 

A lire:  Napoléon apocryphe est recueilli dans l'anthologie Les Autres vies de Napoléon Bonaparte. Uchronies & histoires secrètes dans la collection ArchéoSF.

mardi 12 juillet 2016

karoly, Le Lyon de l'avenir (1911)

Dans la presse locale l'on découvre régulièrement des anticipations imaginant l'avenir de telle ou telle ville. Si Les Paris du futur (et même Les Ruines futures de Paris !) sont bien connus, il n'en est pas de même des futurs de province. 
Voici un petit texte sur le Lyon de l'avenir (découvert dans le fonds de la Bibliothèque numérique de Lyon) avec les nouveaux principes urbanistiques et hygiénistes, ses transformations dans le domaine des transports et sa métamorphose à 80 ans d'écart. L'article fut publié le 1er avril 1911 - et daté fictivement du 1er avril 1991 -  dans La Construction lyonnaise (un bi-mensuel consacré à l'architecture, au génie civil et aux travaux publics).


Comme une ville se transforme en l'espace de mille ans !
Ceux de nos ancêtres qui ont connu les terreurs de l'an 1000, s'ils revenaient au monde, auraient grand'peine à reconnaître aujourd’hui leur bonne ville de Lyon.
Suivant la prédiction faite vers 1820 (par Vitton, sauf erreur), la Guillotière a absorbé Lyon ; je veux dire que le centre des affaires qui avait franchi la Saône au moyen âge, vient de franchir le Rhône au cours du présent siècle.
Le Lyon de la rive droite de la Saône n'est plus seulement la cité mystique, mais est devenu en outre un centre pittoresque de promenades d'agrément. Après cent vingt ans de travaux alimentés par la piété des fidèles et leurs généreuses aumônes, la monumentale église de Fourvières est enfin achevée ! Tout autour, le coteau forme un immense parc ouvert au public, coupé à mi-hauteur par une avenue plantée d'arbres demi-séculaires, qui rejoint vers le sud l'avenue Valioud, et se relie vers le nord avec le cours des Chartreux par le moyen d'un pont dominant la Saône de 50 à 60 mètres ; ce pont est à deux étages, l'un pour les voitures, tramways et automobiles, l'autre pour les piétons et cyclistes. Le plateau lui-même est resté le domaine des établissements religieux, mais de larges avenues sillonnent ce plateau, rendant facile dans tous les sens l'accès de notre basilique, que le monde nous envie.
L'enceinte de fortifications, qui étouffait autrefois l'essor des voies de communication, a fait place à des promenades ombreuses avec des points de vue aussi étendus que variés. De somptueuses installations, dans le genre des casernes anglaises, remplacent plus qu'avantageusement les affreuses casemates que comportaient, naguère, les anciens forts de Loyasse et de Vaise.
Une grande opération de voirie et d'hygiène a transformé les quartiers Saint-Georges, Saint-Jean et Vaise ; de magnifiques villas remplacent maintenant les taudis qui s'étageaient autrefois sur la montée fameuse du Gourguillon, rue Bourdy et montées des Epies ou des Chazeaux. A Vaise, les anciens emplacements des abattoirs ou du marché aux bestiaux sont couvertes de constructions hygiéniques à bon marché avec jardins de famille.
La presqu'île de Perrache a reçu, elle aussi, quelques heureuses transformations : grâce à la construction d'un pont de chemin de fer sur le Rhône vers Pierre-Bénite, grâce aussi au développement inouï des transports fluviaux en général et du port Rambaud en particulier, la gare Perrache, devenue presque sans utilité, a été rasée et se trouve actuellement remplacée par une cité ouvrière parfaitement aménagée.
Une autre cité ouvrière s'étage sur les pentes de la Croix-Rousse, entre la Grand'Côte et la montée Saint-Sébastien, aux lieu et place des maisons de 5 ou 6 étages qui servaient de domicile et d'atelier aux canuts du temps de la Révolution.
Le pont monumental qui relie les deux collines n'est pas, d'ailleurs, le seul moyen de communication entre les populations des deux plateaux lyonnais. Une flottille d'aéroplanes de toutes formes et de toutes dimensions fait un service régulier de transbordement entre la Croix-Rousse et Fourvières-Loyasse ; aussi les recettes des funiculaires de la rue Terme et de Saint-Paul commencent à baisser de façon inquiétante.
Mais c'est surtout sur la rive gauche du Rhône que s'est développée la population, qui n'est pas loin d'atteindre 1 million d'âmes, depuis la réalisation des projets d'annexion sur lesquels ont pâli tant de générations.
L'exode vers l'est du Lyon monumental, qui avait commencé par la Préfecture, le Mont de Piété, les Facultés, s'est continué ensuite par les abattoirs, le grand Lycée de garçons, la Manufacture des tabacs, le grand Hôtel-Dieu, la Condition des Soies, la Banque de France et divers établissements de crédit. Cet exode a été suivi par le Palais du Commerce, l'hospice de la Charité, l'hôtel du Gouverneur ; il est question maintenant de rien moins que de construire à neuf, à la place des casernes de la Part-Dieu, décidément démodées, une salle de fêtes genre Colisée, avec jardins et fontaines, un hôtel de ville et un Palais de justice ; l'ancienne mairie centrale deviendrait la Bourse du travail, et le Palais de Justice serait transformé en caserne. Le cours Garibaldi est devenu l'artère principale de la ville et rivalise avec les boulevards de Paris.
De petites villes ouvrières ont surgi dans les quartiers du Tonkin, des Poulettes, à Bon Coin, à Montchat, au Bachut. Des avenues de 30 à 40 mètres de largeur, desservies par des tramways et des autobus, relient ces cités ouvrières aux différentes usines et fabriquent, qui couvrent le terrain jusqu'au mur d'enceinte.
La plupart des constructions nouvelles ont leur toiture en terrasse, ce qui facilite singulièrement l'emploi d'aéroplanes pour les déplacements. Aussi les automobiles commencent à passer de mode.
Enfin, le projet Moncorgé revient à l'ordre du jour…

1er avril 1991

Karoly

En contrôlant les épreuves au moment du tirage, nous nous apercevons que notre collaborateur, au lieu de son article habituel, a subrepticement fait passer l'oeuvre d'un de ses parents qui est doué de double vue. Les nécessités du tirage ne nous permettent plus de le remplacer (N.D.L.R.)


Karoly, « Le Lyon de l'avenir », in La Construction lyonnaise
33e année, n°7, 1er avril 1911

Source du texte: Bibliothèque numérique de Lyon  
A lire sur ArchéoSF les textes:
Général Baron Thomas, Grenoble en l'an 2000 (1893)