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samedi 16 janvier 2021

Jacques de Lalaing, Le Chasseur primitif (1885)



La représentation de scènes préhistoriques en peinture n’est pas si courante au XIXe siècle. En 1885, le peintre et sculpteur belge Jacques de Lalaing présente, à l’exposition d’art moderne d’Anvers, le tableau Le Chasseur primitif (parfois appelé Le Chasseur préhistorique, huile sur toile, 260 cm x 440 cm, aujourd'hui dans les collections des Musées Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles). Le 17 août 1885, Paul Mantz propose une critique de l’œuvre : 

Un intérêt plus nouveau s'attache aux productions d'un jeune peintre, M. Jacques de Lalaing, qui, par un étrange accident, semble réussir en France plus que dans son pays natal. Il étonne à ce point ses compatriotes qu'aucune part ne lui a été faite l'autre jour dans la distribution des récompenses. Son dernier tableau, le Chasseur primitif, n'est pas sans étrangeté. On y voit, dans un fouillis de broussailles, un de nos ancêtres préhistoriques nu et armé d'un arc gigantesque, il attend au passage les bêtes innocentes qu'il abattra d'un trait sûr. Auprès de lui, un groupe de collaborateurs, molosses énormes d'un aspect assez farouche. La pensée de l'auteur est de nous transporter dans un autre monde, et il y parvient en faisant appel au mystère. Peut-être trouvera-t-on que l'intention de M. de Lalaing ne s'exprime pas avec une clarté suffisante la lecture de ce tableau implique un débrouillement préalable, une étude devant laquelle les paresseux reculent volontiers. L'homme est trop mêlé à la nature, il n'apparaît pas au milieu des ronces entrelacées avec cette évidence qui appartient à la vie entourée de choses mortes. Ce défaut provient pour une large part de la monotonie de l'exécution et de l'emploi d'un pinceau trop assidu à caresser les formes. Pour des acteurs empruntés aux périodes primitives, le chasseur et ses chiens sont trop lisses et trop satinés. On cherche dans cette peinture des rudesses et des barbaries qui n'y sont pas. Ici, le langage ne correspond point à la pensée, mais il y a dans ce tableau, comme dans les œuvres précédentes de M. de Lalaing, une distinction d'attitude et de style, une tendance à l'agrandissement, qui sont la marque personnelle de cet esprit chercheur.

Paul Mantz, "L'art moderne à Anvers", in Le Temps, 17 août 1885. 

Pour lire d'autres billets sur le thème de la préhistoire, cliquez ICI.

La collection ArchéoSF a réédité Une chasse préhistorique à l'époque magdalénienne de A. Portier (fiction préhistorique datant de 1937-1938).

mardi 21 avril 2020

[Peinture] Les scènes préhistoriques par Ludovic-Napoléon Lepic (1869-1870)

Destiné à la carrière militaire, Ludovic-Napoléon Lepic (1839-1889) se tourne vers la gravure et la peinture. Il se veut proche des Impressionnistes mais ceux-ci le rejettent. En 1869-1870, il participe à l'un des premiers chantiers d'archéologie expérimentale et reconstitue des outils et des armes préhistoriques.
Au carrefour de ces deux carrières, Ludovic-Napoléon Lepic peint cinq toiles d'inspiration préhistorique. Les quatre premières font partie d'une série représentant la préhistoire, la dernière est d'inspiration archéologique.
Le Musée d'archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye conserve deux de ces toiles:

Mégacéros dans un marais, 125,4 cm x 102 cm, huile sur toile, 1869





Village lacustre de Grésine, lac du Bourget (Savoie), 150,8 cm x 119,5 cm, huile sur toile, 1869


Les deux autres toiles sont "non localisées"

Intérieur d'une habitation lacustre du Bourget, 46 cm x 20 cm, huile sur toile, 1870. Ce tableau est décrit dans le catalogue de 1891 du Musée de Saint-Germain-en-Laye (salle V, p. 136) mais il est considéré comme disparu depuis au moins 50 ans. Une photographie témoigne de l'existence de ce tableau.




Maisons lacustres de Grésine, huile sur toile, 1870. Ce tableau est décrit dans le catalogue de 1891 du Musée de Saint-Germain-en-Laye (salle V, p. 136) mais on n'en connaît aujourd'hui qu'une reproduction sous forme de gravure dans Le Journal de la jeunesse du 10 octobre 1874 (consultable sur Gallica).






Le musée des Beaux-Arts de Chambéry conserve quant à lui le tableau Cadavres préhistoriques dans une grotte, (100,2 cm x 214 cm), huile sur toile, 1870 représentant une scène funéraire archéologique.



Le Musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye a consacré une exposition à Ludovic-Napoléon Lepic (16 décembre 2017-26 mars 2018). Le dossier de presse de cette exposition est disponible ICI. Plusieurs images de ce billet sont extraites de ce dossier.

Pour retrouver tous les billets sur le thème "préhistoire", cliquez ICI.

Quelques tableaux du XIXe siècle représentent des scènes préhistoriques comme par exemple: Xénophon Hellouin, Funérailles au bord de Seine (Gaule préhistorique), 1870.

A lire dans la collection ArchéoSF :
A. Portier, Une chasse préhistorique à l'époque magdalénienne (2,99 euros en numérique)






mercredi 3 avril 2019

Charles-Olivier Penne, Dans Deux mille ans (1855)

Grâce à Gallica, je suis tombé par hasard sur la mention d'un tableau de Charles-Olivier Penne dans le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse qui a pour titre Dans Deux mille ans et que Larousse date de 1855.
Les recherches à partir de ce titre n'ont rien donné dans les bases de données muséales. Il n'est pas mentionné dans la Base Joconde et on ne peut pas dire qu'Olivier de Penne soit connu pour ses oeuvres représentant des monuments, on le connaît surtout comme peintre animalier spécialement cynégétique.
En revanche son nom est cité dans l'ouvrage de Jules Marty, Nos peintres et sculpteurs, graveurs, dessinateurs : portraits et biographies suivis d'une notice sur les Salons français depuis 1673, les Sociétés de Beaux-Arts, la Propriété artistique, etc. (éditions Ernest Flammarion, 1897) (que l'on peut consulter sur archive.org ICI) qui indique que le tableau Dans Deux mille ans date de 1853 et a été présenté au Salon de 1855.
Son nom apparaît aussi dans l'édition du recueil Les Voix intérieures de Victor Hugo publié chez Ollendorff en 1909:


Malgré les recherches, il n'a pas été encore possible de localiser ce tableau (s'il existe toujours?).

Dans l'édition de 1868 des Voix intérieures, l'illustration suivante est signée par le peintre et illustrateur Gérard Seguin:



Edouard Riou donne une interprétation de "L'Arc de triomphe" dans Cent dessins extraits des oeuvres de Victor Hugo publié chez Ollendorff vers 1890:  



Il y aurait donc au moins trois illustrations différentes. Je formule l'hypothèse que l'oeuvre originale est celle d'Olivier de Penne et que Seguin et Riou s'inspirent, voire gravent uniquement, Dans Deux mille ans d'Olivier de Penne. Mais l'hypothèse reste à confirmer... 

Si des lecteurs ont des informations, merci de laisser un commentaire !

Sources des illustrations:
Collection particulière
Gallica







lundi 18 décembre 2017

Mênard, "Le Monte-artistes" (1902)

La presse humoristique recèle de nombreux dessins d'inventions délirantes. Dans le Pêle-Mêle du 17 août 1902, on pouvait admirer ce dessin de Ménard proposant aux peintres impressionnistes un "monte-artistes" permettant de peindre pendant trois heures le soleil couchant !


mercredi 10 août 2016

Xénophon Hellouin, Funérailles au bord de la Seine (Gaule préhistorique) (1870)

Le tableau Funérailles au bord de la Seine (Gaule préhistorique) du peintre Xénophon Hellouin fut présenté en 1870 au Salon des Artistes Français (Paris). 
La base Joconde nous apprend que la peinture a été "acquis sur la liste civile de Napoléon III et donné par l'Empereur au musée des Antiquités nationales" et qu'il s'agit d'une "composition inspirée par la découverte d'une chambre funéraire près d'Argenteuil en 1868, fouillée sous la direction de M. Le Gay".
Le tableau fait partie des collection du Musée d'Orsay.