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ISSN 2496-9346
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samedi 8 février 2020

[Parution] Elseneur n° 34, J.-H. Rosny aîné


La revue Elseneur, n°34 consacré à J.-H. Rosny aîné vient de paraître aux Presses universitaires de Caen.
Cet ouvrage collectif se propose d'éclairer la variété et la modernité de l'œuvre de J.-H. Rosny aîné (1856-1940), dont la postérité n'a trop souvent retenu que son grand roman préhistorique, La Guerre du feu (1909). J.-H Rosny aîné est pourtant l'auteur d'une œuvre multiple et novatrice, qui exploite toutes les ressources du savoir scientifique pour produire un nouveau genre de fiction où sciences et imaginaire se croisent et se fécondent. 
Rédigées par des spécialistes de l'auteur, soucieux de diffuser leurs analyses au public le plus large, ces articles montrent comment on peut considérer J.-H. Rosny aîné comme un des précurseurs de la science-fiction moderne

Sommaire:

Clément Hummel, « Replonger dans l'inconnu pour y retrouver du connu »
Marc Guillaumie, « Créer la Préhistoire : le roman préhistorique de J.-H. Rosny aîné »
Hugues Chabot, « Une œuvre sous l'emprise de la philosophie des sciences : le pluralisme de Rosny aîné »
Philippe Ethuin, « Aux deux extrémités du temps. L'abbé Bethléem critique du merveilleux-scientifique de J.-H. Rosny aîné »
Jean-Michel Pottier, « J.-H. Rosny aîné, rédacteur du présent : le passage à La Revue indépendante »
Clément Hummel, « Rosny aîné, un romancier anticipateur ? Une façon d'envisager l'avenir sans le « fil interminable d'une intrigue superflue » »
Roberta De Felici, « J.-H. Rosny aîné et sa « poétique du devenir » »
Joëlle Bonnin-Ponnier, « L'amour dans les romans de J.-H. Rosny »
Jean-Guillaume Lanuque, « La révolution chez Rosny aîné : poétique de l'écriture, politique du changement »
Natacha Vas-Deyres, « De l'aube des temps au crépuscule du futur. La dialectique science-fiction-préhistoire chez Rosny aîné, Francis Carsac et Pierre Pelot »
J.-L. Charpentier, « J.-H. Rosny, romancier scientifique [reproduction de l'article paru en août 1913 dans The Theosophical Path] »
Gaston de Pawlowski, « J.-H. Rosny aîné, La Force mystérieuse [reproduction du compte rendu paru en mai 1914 dans Comœdia] »
Maurice Renard, « Du roman d’aventures et de J.-H. Rosny aîné [reproduction de l’article paru en novembre 1923 dans L’Ami du livre] ».

Bibliographie
Comptes rendus
Résumés
Notes sur les auteurs

Disponible en librairie et sur Lcdpu.fr en cliquant ICI.

lundi 24 septembre 2018

Rip,Quelque part... à Paris (1940)

En février 1940, Rip (pseudonyme de Georges Gabriel Thenon, 1884-1941) lance la revue Quelque part... à Paris en collaboration avec Jean Boyer au théâtre Les Optimistes (rue de Gramont à Paris)
Le journal Paris Soir publie dans son numéro du 12 février 1940 une critique de la pièce et s'attarde sur le sketch "L'an 2000 vu aux jumelles":



A lire sur ArchéoSF:

jeudi 14 décembre 2017

Paul Briquet, Pierre Varenne, Henri Falk, Un Frisson de Paris (1929)


Paul Briquet et Pierre Varenne avec la collaboration de M. Henri Falk sont les auteurs de la revue Un Frisson de Paris dont la première de gala fut jouée le 22 décembre 1929:


Le titre n'est guère encourageant pour le chercheur en science-fiction ancienne. Et pourtant au moins deux des tableaux nous intéresse: "Les Jeunes élèves en l'an 2000" comme nous le présente L'Est Républicain (11 janvier 1930, p.5) et "La femme de demain" comme le mentionne un encart inséré dans plusieurs quotidiens le 10 janvier 1930.

L'Est républicain, 11 janvier 1930 (source: Kiosque Lorrain)

Encart publicitaire (extrait) inséré dans différents quotidiens parisiens
le 10 janvier 1930, ici Le Matin.


Pour Paul Briquet, qui avait travaillé avec Rip, c'est l'une des dernières oeuvres. Il meurt d'une embolie pulmonaire le 17 septembre 1930 dans un cabaret à Montmartre à l'âge de 45 ans, la date de naissance n'est pas mentionnée dans date.bnf (fiche Paul Briquet), nous pouvons indiquer qu'il est né en 1885.



Dessin paru dans Comoedia le 21 septembre 1930

A Paris la revue est jouée du 22 décembre 1929 au 23 février 1930 aux Menus Plaisirs (aujourd'hui Comédie de Paris). Elle comporte deux actes et vingt-cinq tableaux (dont les deux tableaux que nous avons mentionnés - au moins - relevant de l'anticipation). Comme beaucoup de revues, elle fait partie de ce que l'on peut appeler la science-fiction invisible (dont nous donnons d'autres exemples ICI) car on ne trouve ni livret, ni descriptif précis, ni compte-rendu exhaustif d'Un Frisson à Paris et l'on ne peut qu'imaginer ce que cela fut sur scène...

Source des coupures de presse: Gallica, Kiosque Lorrain

samedi 4 février 2017

Un procès en l'an 2000 (1895)

En 1895 les jeunes avocats du barreau d'Anvers montent une pièce intitulée Un procès en l'an 2000. Comme d'autres spectacles souvent avec une représentation unique, il a laissé peu de traces. Pourtant la revue L'Art moderne en livre un résumé dans son numéro du 3 mars 1895, permettant de rendre un peu de visibilité à ces anticipations invisibles car jamais reprises ni éditées comme la revue Une soirée en l'an 2000 (1929) récemment chroniquée sur ArchéoSF.



UNE PREMIÈRE AU JEUNE BARREAU D'ANVERS

Un besoin de théâtre nouveau se fait sentir en Belgique, au milieu des besoins nouveaux de tous genres qui tourmentent ce singulier pays devenu, tout à coup, par une explosion de tendances et un étonnant concert d'efforts, le plus curieux foyer d'événements et le plus énigmatique, préparant, d'après les vraisemblances, d'étranges surprises dans tous les genres.
Et parmi ce groupe du Barreau, si remuant, si compliqué d'opinions diverses et contradictoires, microcosme de notre société entière, où l'on retrouve tous ses travers, toutes ses vertus, toutes ses faiblesses et toutes ses énergies, voici qu'à deux reprises une tentative se manifeste vers les oeuvres de la scène. Il y a peu d'années, c'était la Conférence des jeunes avocats de Bruxelles qui jouait Omnia Fraternè, cette revue amusante, critiquant les hommes et les choses du jour, d'un esprit léger et piquant. Voici maintenant la Conférence d'Anvers qui produit une oeuvre sortant du présent, envisageant avec pénétration l'avenir, mettant en relief ses espérances et ses déceptions possibles, dans un ensemble à la fois amer et joyeux, sarcastique et incongru, avec cette séduction rare que l'auditeur ne sait jamais exactement démêler le fond de l'âme des auteurs, inconsciemment et tragiquement obscurs. Le titre : Un Procès en l'an 2000.
Nous avons assisté avec un étonnement et un intérêt croissants à cette production qui a captivé notre attention pendant plus de deux heures. L'imprévu était extraordinaire, aussi grand, peut-être, pour les acteurs devant le succès grandissant, que pour les spectateurs menés par des chemins inconnus, serpentant en lacis bizarres.
C'était, en apparence, d'une simplicité extrême. Point de décors, point de théâtre machiné. Une simple estrade comme au temps des mystères joués par la vieille Basoche sur la table de marbre en la grande salle du Palais à Paris. Onze personnages, en costume de ville, sauf trois en robe d'avocat. Une figuration rudimentaire : A la droite des regardants, LE MAGISTRAT, assis à une petite table. A gauche, L'AVOCAT et LE MINISTÈRE PUBLIC, côte à côte, presque la main dans la main, à même hauteur d'impodium,à une autre petite table. Dans l'intervalle, reliant ces deux actes, sept chaises et, sur ces chaises, en commençant par le côté du magistrat, sept individualités, entités mystiques réalisées en d'humaines individualités connues dans les couloirs judiciaires : LE PHYSIOLOGUE, LE GÉNÉALOGUE, LE PSYCHOLOGUE, LE SOCIOLOGUE, L'HYPNOTISTE, LE MAGE, L'ANANKISTE.
Enfin, un peu en arrière, un tableau noir, et debout, la craie à la main, un CALCULATEUR.
C'est ce personnel, à première vue extravagant, qui va procéder à l'instruction et au jugement du Procès de l'an 2000. Voici ce litige à la fois carnavalaire et profond.
En l'an 2000, quiconque viole les justes lois de l'époque n'est plus considéré comme un coupable mais comme un malade. Il a droit, non pas à la peine, mais au traitement. Aussi est-il devenu inutile de poursuivre les délinquants ; ils se présentent eux-mêmes, se plaignant à la Justice de leurs prédispositions illicites comme aujourd'hui on se plaint au médecin de ses souffrances. On les juge, comme on ausculte, on les examine en les diagnostiquant. C'est de la clinique ingénieuse et compatissante au lieu de la procédure menaçante et impitoyable du code d'instruction criminelle sous lequel nous avons l'avantage de vivre.
En l'an 2000 la loi veut qu'à trente ans, au plus tard, tout citoyen ait satisfait au devoir de prendre femme et de créer une famille monogamique. Quiconque y manque commet un délit, c'est-à-dire qu'il est tenu pour malade et a droit au traitement. A cet effet, il adresse une requête au Magistrat, exposant son cas et demandant l'examen médical. A cet effet, on réunit la Cour du district de l'inculpé volontaire, composée des onze fonctionnaires énumérés tantôt.
Le Magistrat lit la requête. Oh ! est-elle comique et grave celle de l'espèce, lue avec une solennité froide et hâtée, répondant bien à l'esprit de son ministère en ces temps futurs géométriques où tout homme a perdu son nom et n'est plus qu'un numéro sur le bel échiquier de l'organisation nouvelle et où le juge n'est plus qu'un AUTOMATE, montrant sa décision comme sur un cadran de dynamomètre l'aiguille dès que le coup de poing est donné. Dans l'espèce, il s'agit d'un célibataire atteint d'une INFIDÉLITÉ aiguë. Il n'a pu se marier parce qu'il aime toutes les femmes, parce qu'il se sent incapable de se contenter d'une seule. Il demande qu'on lui indique le remède, car il croit sa maladie curable, et il a grand intérêt à le croire puisque, si elle était incurable, ce serait la mort, la peine capitale, en l'an 2000, étant établie pour tout ce qu'on ne peut guérir.
La requête lue, le Magistrat, « au nom de ce qui fut, de ce qui est et de ce qui sera » remplaçant le « au nom du peuple belge », les mortels de l'époque ayant une plus juste idée des puissances qui dirigent les événements, déclare les débats ouverts et fait porter au Calculateur, la main levée tenant la craie symbolique, emblème du blanc sur noir, c'est-à-dire de la lumière éclairant les ténèbres, du génie du bien Ormuz opposé au génie du mal Arriman, de calculer suivant les lois des nombres, ces agents muets du mystère, sans toutefois avoir peur de se contredire « attendu qu'il est expert».
La parole est donnée à l'avocat du requérant. Il parait que chacun des confrères qui jouèrent cette fantaisie pénétrante, après avoir reçu communication du thème général, avait été laissé libre de composer son rôle lui-même, et qu'ils y procédèrent avec une discrétion rigoureuse, nul n'ayant révélé, si ce n'est à la représentation même, le couplet dramatique qu'il avait imaginé. Aussi la variété et l'originalité ont-elles été extrêmes, alors pourtant que l'unité, si fortement établie par la conception générale de l'oeuvre, se maintenait avec une solidité parfaite. Il eût fallu entendre l'ingénieux exposé des souffrances et des remords de cet Infidèle, accompagné des tentatives de justification de sa papillonne ! Les aperçus ingénieux, le batifolage risqué, les sous-entendus ou le confidentiel de l'amour croustillait devant un public en grande partie composé d'Anversoises de tous les gabarits de beauté et d'âge fort émoustillées.
C'est le tour du ministère public. Un avocat général de l'avenir, absolument affranchi de morgue et de personnel gonflement, ne souffrant aucunement de se trouver, comme plancher, au même niveau que l'avocat, qu'il traite en copain et qui le lui rend en bon camarade, s'attelant avec lui à un but unique : non le succès notoire, non la condamnation d'un pauvre diable, mais tout simplement l'éclaircissement de la cause.
On a entendu le Réquisitoire et la Défense, si ça peut encore se nommer ainsi en l'an d'impartialité 2000. Les juges vont donner leur avis après un serment où il est fait invocation aux forces naturelles, arbitres des phénomènes, lois immuables et impassibles de l'univers. Chacun a autant de voix qu'il convient d'en accorder à l'entité qu'il incarne. Ainsi le Physiologue qui n'examine le patient qu'au point de vue des matérialités corporelles, de l'habitus physique, n'a qu'un vote, tandis que l'Anankiste, auquel on arrive en fin dernière, après avoir passé par l'échelle ascendante des cinq autres spécialistes, en a sept, le plus grand nombre, le nombre fatidique antique, parce qu'il personnifie le grand dieu, le dieu maître de tous les autres, le HASARD redoutable et aveugle, le DESTIN goguenard et terrible.
Et comme il faut que le Hasard reste entier dans l'imprévu de ses apparentes folies et de ses déraisons, on fait sortir l'Anankiste de l'audience pour qu'il puisse juger sans rien connaître, les yeux fermés et les oreilles bouchées.
Chacun des juges s'avance à son tour sur le devant de l'estrade, debout et découvert, pour exposer ses recherches et donner son avis. Il est difficile d'imaginer la fantaisie et l'amusant de ces déclarations saugrenues et profondes, où chaque plaisanterie laisse voir un dessous sérieux et triste, scrutateur de pensées. Difficile aussi d'imaginer la diversité du dessin et du coloris de ces morceaux humoristiques récités par des personnalités antipodiques avec un naturel incomparable. On assure que le Barreau de Bruxelles va inviter cette troupe improvisée à venir renouveler dans la capitale cette satire aristophanesque. Nous n'exagérons donc pas en disant : l'événement prochain fera mieux que les rapides coups de crayon que nous pourrions donner ici.
Pendant une heure ont défilé, en réjouissant cortège, avec l'abondance des plaisanteries rabelaisiennes, les réflexions humoristiques, les mots profonds, les calembours, les choses sérieuses et les balivernes. L'endroit et l'envers de la médecine, de la procédure, de l'atavisme, ont été tournés et retournés. Chacun a eu sa voix, son geste, ses allures. Le kaléidoscope a fonctionné en des associations d'idées et de mots d'une richesse séduisante.Tous les avis sont donnés. Le Calculateur, qui a inscrit sur le tableau les chiffres représentatifs de chacun d'eux, fait une addition et une division. La peine apparaît en son exactitude authentique. Il est fait droit à la requête du célibataire malheureux, il obtient un traitement aux frais de l'État, on va l'enfermer, le soigner, le purger, le cataplasmer pendant trois cents jours.
La Cour se retire au milieu d'applaudissements interminables. Assurément les courtes lignes qui précèdent ne peuvent donner qu'une superficielle idée de cet échantillon d'un théâtre spontané où les auteurs ont cru ne faire qu'une plaisanterie, alors qu'en vérité ils ont réuni une oeuvre qui rend songeurs ceux qui pensent à faire du neuf en ce difficultueux domaine.

In L'Art moderne, n°9, Quinzième année, 
dimanche 3 mars 1895 
(revue éditée à Bruxelles, Belgique)




mardi 3 janvier 2017

Une soirée en l'an 2000, revue... d'anticipation d'année (1929)

Les soirées sur le thème de l'an 2000 ont traversé tout le vingtième siècle. Elles échappent pourtant à notre connaissance le plus souvent mais parfois la presse en rend compte.
En 1929 chez M. et Mme R... I... se tint Une soirée en l'an 2000, revue... d'anticipation d'année. La Rampe, périodique consacré aux spectacles, en livre un compte-rendu nous permettant d'imaginer cette folle nuit :


Chez M. et Mme R... I...

UNE SOIRÉE EN L'AN 2000
Revue... d'anticipation d'année.

Les événements qui viennent projettent leurs ombres en avant.
(Thomas Campbell )

Par un coup de la baguette magique de Mme R... I... nous fûmes transportés un soir dans les arcanes de l'an 2000.
Dépassant Mme de Thèbes,enjambant Mme Fraya, notre amphitryonne nous dévoila les mystères de cette année 2000 que nous n'envions pas et que nous espérons bien ne jamais atteindre.
N'importe, dans ce domaine, où la fantaisie était reine, chacun put donner libre cours à son esprit.
Aidés par Paul Colin, les Maîtres de la maison s'étaient transformés en masculinité et en.... au fait en quoi était M. R... L... ? Quant au décorateur, il avait composé une Marianne ridée, amochée et flétrie. Stupéfiant et magnifique se présentait l'intérieur. On entrait par une sorte de Galerie souterraine, habitée par des bruits d'avions, de klaxons et d'appareils nouveaux et inconnus -- puis on nous précipitait dans un bar tenu par six nègres, le toise nu et les verres pleins — le salon vous attirait par ses machines abracadabrantes, ses hublots « enciélés « et sa scène tournante.... Les invités se pressaient et tentaient de s'asseoir, mais on ne trouvait plus de chaise cette année-là, des cercueils les remplaçaient.
Un individu — quelque peu gris et même noir lut très remarqué ; c'était exactement la reproduction d'un des malheureux de1929 : habit, carcan, cravate blanche, cheveux plats, pieds serrés dans des sortes de cartons noirs durs et étroits un ridicule qui remporta un gros succès de rire !...
Pol Rab et ses amis descendent d'un aéronef, Gustave Baehr de Mussolini et Mlle Rosambert, de la mode 1949...
Mais l'aviateur Moriss annonce la revue En plein dans l'deux mille, de Pierre Varenne (de cette année) et Henri Dumont (Ids) ; et très applaudi-, évoluant allègrement malgré le poids des années, Sim Viva. plus adorable que jamais. Nina Myral, plus spirituelle, Yvonne Guillct, plus en voix, Pizani. plus en forme. Paul Ville, plus en mémoire, Dalio, plus comique, et le reste plus joli nous firent apprécier le « cru » de cette année.
Marie Dubas distribua la gaieté par son sourire, Carlos Gardel, la passion par le sien. Clarel, le rire par ses jambes et le quatuor Moussorgski, l'harmonie par ses voix ! Robert Blinder applaudissait Nina Myral ; Géo Bury réclamait Sim Viva, M. X... réclamait tontes les femmes. Les réclamations n'étant pas admises, elles n'eurent pas de suite. Pierre Humble nous prouva qu'il est un organisateur de génie, et. Moriss, un speaker de grande allure...
M. Fernand Ranzina doit également être à l'honneur, car il lut à la peine pour la machinerie, les rappels de texte et la bonne ordonnance du spectacle.
Quant à Mlle Dorys Casanova, ravissante et vivante, Mlles Colette Hayes, Ginette et Madv Genesky, Maguy Roche et Renée Terrier, elles amusèrent la scène de leur charme et de leur brio.
Et comme c'est l'allure qui nous fait vivre, a dit l'autre, on a vécu double ce soir-là, et M. et Mme R.... I s'en sont aperçus. Pendant la revue, notre exquise hôtesse et Mme M.... M.... esquissèrent une danse fantaisiste (réglée par Malatzoff) parfaitement réglée et admirablement dansée, 2000 pas sur 2000 ans ! et Mmes Déléage. Eugène Lévi, Parmentier et M. André Meyer firent preuve d'un joli brio dans leur danse grippée (!).
A 6h30 du matin, on nous servit le café au lait (on en prenait encore à cette époque-là) et comme le centenaire Moytet prenait la porte, nous l'aidâmes dans son vol, et nous le conduisîmes en riant et en chantant à sa dernière demeure.
Ainsi nous enterrâmes dignement et avant sa naissance, la déjà fameuse deux millième année. 

in La Rampe, 15 février 1929 

lundi 19 décembre 2016

Une revue préhistorique aux Eyzies (1924)

Une brève publiée dans le journal l'Intransigeant nous informe qu'une revue (c'est à dire un spectacle humoristique, souvent léger, et avec danses, souvent légères aussi) eut pour cadre la grotte des Eyzies en Dordogne. Quoi de plus normal que le thème fut la préhistoire. L'auteur de la brève en profite pour livrer un coup de griffe à ses contemporains...


In L'Intransigeant, 11 septembre 1924