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ISSN 2496-9346
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mardi 28 juin 2022

Au Cirque Palmarium: La guerre en l'an 2000 avec les rayons mortels (1935)

Parmi les médias de l'anticipation et de la science-fiction, le cirque ne doit pas être oublié. Si ce genre de spectacle fait partie de la science-fiction invisible (tout comme les carnavals, les émissions de radio, les spectacles de cabaret, et autres) car il ne reste souvent que des programmes et des annonces parus dans la presse sans guère de précision (et surtout sans description du contenu), il n'en demeure pas moins que ces spectacles ont été vus souvent par des milliers de spectateurs.

Le 19 juillet 1935, L'Express de l'Est et des Vosges annonce la venue à Vittel du cirque Palmarium qui propose différents tableaux comme le classique "La femme coupée en deux" mais aussi "La mystérieuse Magneta", "L'Homme électrique", le "Fakir Karmah, le maître de la volonté" et "La guerre en l'an 2000 avec les rayons mortels".

 


 



dimanche 2 février 2020

[Ballet] Les Demoiselles du XXe siècle (1894)

Le spectacle vivant a souvent abordé l'anticipation. Ainsi peut-on retrouver des images de plusieurs éditions du carnaval de Nice, des fêtes carnavalesques de Bordeaux, des comptes rendus de revues comme Plus ça change de Rip (1915) Une soirée en l'an 2000 (1929) et de nombreuses autres (à consulter)...
A partir du 15 septembre 1894, les Folies Bergère proposent Les Demoiselles du XXe siècle sur un livret d'Abel Mercklein (1849-1924) et une musique de Louis Desormes (1840-1898). Evidemment il n'y a pas de captation de ce spectacle et les témoignages concernant ce spectacle sont peu nombreux.Gallica reproduit une affiche publicitaire. Cette anticipation rejoint donc le vaste domaine de la science-fiction invisible.
La publicité pour ce ballet est notamment assurée par une affiche de Louis Trinquer-Trianon (1853-1922) signée L. Trianon. 



La chronique « La soirée théâtrale » signée par « Un monsieur de l’orchestre » parue dans Le Figaro n°259 du 16 septembre 1894 nous livre un commentaire sur le spectacle « Les Demoiselles du XXe siècle »:

Ce ballet, vrai dire, ne rappelle que de fort loin la Source ou Coppélia. Mais c'est une charmante fantaisie et, ce qui n'est pas un mince agrément, une fantaisie d'une gaieté débordante. Il y a même un grain de philosophie oh si menu! dans cette satire préventive du débraillé qui, si l'on en juge par les mœurs d'aujourd'hui, régira les mœurs de demain. Et le librettiste, M. Abel Mercklein, a pu supposer que, d'ici cent ans, nos fillettes et nos garçonnets, élevés d'après la méthode Cempuis, porteront ces toilettes ultra-légères et se complairont à des divertissements ultra-naturalistes. Sur ce thème point banal, Desormes a brodé les variations les plus folles, où passe comme un écho de l'orgie infernale d'Offenbach, et Mariquita, l'incomparable maître de ballet, réglé des pas éminemment suggestifs, dansés avec un entrain du diable par une vingtaine de jolies filles, aussi bonnes à voir, que court vêtues. Quant à Mlle Lamothe, elle est délicieuse tout simplement, et en passe de devenir une de nos meilleures danseuses de genre. Comme toujours, enfin, les décors peints par Amable et Gardy, les costumes exécutés par Landolff, d'après les dessins de Trianon, sont des merveilles d'élégance, de fantaisie et de goût.
Mot de la fin 9,500 francs au guichet. Il n'y a rien d'éloquent comme les chiffres. 

Un Monsieur de l'orchestre

mercredi 26 septembre 2018

Bel Argay, sculpteur de l'an 2000 (1940)

De nombreux spectacles dont il ne nous reste que des traces dans la presse ont eu pour objet une projection dans un futur plus ou moins lointain. Cette science-fiction invisible est difficile à saisir. ArchéoSF en propose régulièrement des exemples.

Le Petit Troyen (journal régional) présente, dans son numéro du 13 décembre 1940, une publicité pour Bel Argay, sculpteur de l'an 2000 (spectacle ayant lieu au Théâtre municipal de Troyes le 15 décembre 1940). The Bel Argay était un numéro de sculpteurs comiques sur argile tournant dès les années 1920.
Malgré les recherches aucune description de ce spectacle n'a pu pour le moment être découverte... 



Cet article fait partie de la série consacrée à la science-fiction invisible.

mardi 3 janvier 2017

Une soirée en l'an 2000, revue... d'anticipation d'année (1929)

Les soirées sur le thème de l'an 2000 ont traversé tout le vingtième siècle. Elles échappent pourtant à notre connaissance le plus souvent mais parfois la presse en rend compte.
En 1929 chez M. et Mme R... I... se tint Une soirée en l'an 2000, revue... d'anticipation d'année. La Rampe, périodique consacré aux spectacles, en livre un compte-rendu nous permettant d'imaginer cette folle nuit :


Chez M. et Mme R... I...

UNE SOIRÉE EN L'AN 2000
Revue... d'anticipation d'année.

Les événements qui viennent projettent leurs ombres en avant.
(Thomas Campbell )

Par un coup de la baguette magique de Mme R... I... nous fûmes transportés un soir dans les arcanes de l'an 2000.
Dépassant Mme de Thèbes,enjambant Mme Fraya, notre amphitryonne nous dévoila les mystères de cette année 2000 que nous n'envions pas et que nous espérons bien ne jamais atteindre.
N'importe, dans ce domaine, où la fantaisie était reine, chacun put donner libre cours à son esprit.
Aidés par Paul Colin, les Maîtres de la maison s'étaient transformés en masculinité et en.... au fait en quoi était M. R... L... ? Quant au décorateur, il avait composé une Marianne ridée, amochée et flétrie. Stupéfiant et magnifique se présentait l'intérieur. On entrait par une sorte de Galerie souterraine, habitée par des bruits d'avions, de klaxons et d'appareils nouveaux et inconnus -- puis on nous précipitait dans un bar tenu par six nègres, le toise nu et les verres pleins — le salon vous attirait par ses machines abracadabrantes, ses hublots « enciélés « et sa scène tournante.... Les invités se pressaient et tentaient de s'asseoir, mais on ne trouvait plus de chaise cette année-là, des cercueils les remplaçaient.
Un individu — quelque peu gris et même noir lut très remarqué ; c'était exactement la reproduction d'un des malheureux de1929 : habit, carcan, cravate blanche, cheveux plats, pieds serrés dans des sortes de cartons noirs durs et étroits un ridicule qui remporta un gros succès de rire !...
Pol Rab et ses amis descendent d'un aéronef, Gustave Baehr de Mussolini et Mlle Rosambert, de la mode 1949...
Mais l'aviateur Moriss annonce la revue En plein dans l'deux mille, de Pierre Varenne (de cette année) et Henri Dumont (Ids) ; et très applaudi-, évoluant allègrement malgré le poids des années, Sim Viva. plus adorable que jamais. Nina Myral, plus spirituelle, Yvonne Guillct, plus en voix, Pizani. plus en forme. Paul Ville, plus en mémoire, Dalio, plus comique, et le reste plus joli nous firent apprécier le « cru » de cette année.
Marie Dubas distribua la gaieté par son sourire, Carlos Gardel, la passion par le sien. Clarel, le rire par ses jambes et le quatuor Moussorgski, l'harmonie par ses voix ! Robert Blinder applaudissait Nina Myral ; Géo Bury réclamait Sim Viva, M. X... réclamait tontes les femmes. Les réclamations n'étant pas admises, elles n'eurent pas de suite. Pierre Humble nous prouva qu'il est un organisateur de génie, et. Moriss, un speaker de grande allure...
M. Fernand Ranzina doit également être à l'honneur, car il lut à la peine pour la machinerie, les rappels de texte et la bonne ordonnance du spectacle.
Quant à Mlle Dorys Casanova, ravissante et vivante, Mlles Colette Hayes, Ginette et Madv Genesky, Maguy Roche et Renée Terrier, elles amusèrent la scène de leur charme et de leur brio.
Et comme c'est l'allure qui nous fait vivre, a dit l'autre, on a vécu double ce soir-là, et M. et Mme R.... I s'en sont aperçus. Pendant la revue, notre exquise hôtesse et Mme M.... M.... esquissèrent une danse fantaisiste (réglée par Malatzoff) parfaitement réglée et admirablement dansée, 2000 pas sur 2000 ans ! et Mmes Déléage. Eugène Lévi, Parmentier et M. André Meyer firent preuve d'un joli brio dans leur danse grippée (!).
A 6h30 du matin, on nous servit le café au lait (on en prenait encore à cette époque-là) et comme le centenaire Moytet prenait la porte, nous l'aidâmes dans son vol, et nous le conduisîmes en riant et en chantant à sa dernière demeure.
Ainsi nous enterrâmes dignement et avant sa naissance, la déjà fameuse deux millième année. 

in La Rampe, 15 février 1929