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ISSN 2496-9346
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lundi 10 mai 2021

[Critique] Henri Austruy, L'Eupantophone

Un certain nombre de romans d'anticipation, de merveilleux-scientifique ou de science-fiction ont pour titre une merveille scientifique qui est, autant que les personnages humains, le moteur de la narration.

C'est le cas de L'Eupantophone d'Henri Austruy publié en 1904 en feuilleton dans La Nouvelle Revue et repris en volume en 1905 chez E. Flammarion puis aux éditions de La Nouvelle Revue en 1909.

Ce roman sentimental présente un appareil tout à fait extraordinaire (tout au moins pour l'époque) qui a retenu l'intérêt de quelques critiques contemporains (à moins que l'auteur ait bénéficié de quelques amitiés médiatiques...) dont voici deux exemples.

 

L’Eupantophone, par H. Austruy. — E. Flammarion, éditeur. — Ne vous effrayez pas, ami lecteur, de ce titre rébarbatif. L'Eupantophone inventé par l’auteur est un phonographe fort ingénieux qui à l’aide de l’ouïe lit l’écriture ordinaire et l’impression typographique. Grâce à cet appareil, un savant aveugle, voit comme tout le monde. Henri Austruy marie, durant quatre cents pages, avec une virtuosité extrême, l’invraisemblance la plus... scientifique au réalisme le plus gai. Henri Austruy est un ironiste, mais c’est aussi un psychologue averti et ses notations révèlent un esprit profond sous leur apparence primesautière. Le succès de L'Eupantophone sera grand et classera Austruy, non seulement comme un des meilleurs de nos auteurs gais, mais comme un écrivain de premier ordre, à l’observation aiguë, au style pénétrant.

La Cité, bulletin de la Société historique et archéologique du IVe arrondissement, 1904  



L'EU-PAN-TO-PHO-NE : ami lecteur, ne vous effrayez mie de ce vocable truculent et d'ailleurs bien sonnant. L'instrument qu'il désigne n'est autre qu'une serinette; mais, une serinette compliquée, perfectionnée, mue par l'électricité, capable de lire un livre ou un journal, comme vous et moi, je me trompe mieux que vous et moi, car elle est pourvue de tous les registres et selon votre caprice, sa voix sera d'or comme l'ancienne voix de Sarah, ou de rogomme, comme celle de la doyenne du pavillon de la marée. Seulement, ne vous y fiez pas; l'innocente serinette de nos pères n'a jamais tué personne et — comme vous le verrez — le perfide eupantophone est expert à foudroyer les femmes sensibles et curieuses.

 

Le savant M. Berthelot, opérant une expérience de thermochimie, eut l'oeil gauche désorbité par une explosion intempestive. Courageusement, il prit dans sa main cet oeil qui pendait au bout du nerf optique et le porta chez un chirurgien du voisinage qui le réintégra habilement en son habitacle primitif. M. Austruy blâme cette façon d'agir et démontre qu'en semblable occurrence, il est préférable de sacrifier l'oeil restant; car le patient, s'il sait s'y prendre, y verra mieux que devant. Ne criez pas au paradoxe ! Vous n'ignorez point cette loi admirable de la substitution des organes d'après laquelle les animaux, par exemple, qui vivent dans des endroits où la lumière ne pénètre pas, perdent leurs yeux inutiles et les remplacent par des palpes déliés. Il en va de même pour l'homme chez qui un sens atrophié est bientôt suppléé par le concours des autres sens. Dans le cas de cécité, l'ouïe peut suppléer à la vue; mais les vibrations lumineuses étant infiniment plus rapides que les vibrations acoustiques, il est nécessaire de les accommoder à l'organe de manière qu'on voie littéralement au moyen de l'oreille, comme on y voyait jadis au moyen de l'oeil. Le diapason, indispensable à cette transformation, est conçu sous forme de besicles lumineuses d'un dispositif très ingénieux.

Est-ce un roman que j'essaie d'analyser ici,- bien qu'il soit - difficilement analysable; est-ce une thèse scientifique ? — C'est un roman en vérité, un roman plein d'humour, d'observations piquantes et d'une imagination exubérante. Le héros de M. Austruy, Victor Beaucadet, l'aveugle voyant, l'inventeur de l'eupantophone, flanqué que d'un journaliste dépourvu de préjugés, Baillargal— dont le type est poussé à fond et qui m'a tout l'air d'un portrait d'après nature — flanqué de la maîtresse dudit journaliste, Virginie Lauria — une cocotte si réussie qu'elle pourrait bien être, elle aussi, un portrait —, part à la conquête de la toison d'or; c'est-à-dire d'une fiancée idéale qui doit être aveugle de naissance, rara avis in terris noslris. La conquête brillamment accomplie, Blancadet rend la vue à sa femme, le jour même des noces, en lui insinuant subrepticement le diapason dont il a tiré pour lui-même de si heureux effets. L'opération réussit à merveille et passe pour un miracle grâce à la collaboration intéressée d'un évoque, d'une somnambule, d'un préfet et d'un médecin. Les époux s'installent à Paris où la jeune, aimante et charmante Cecilia fait.. le plus mauvais usage du sens nouveau que lui a révélé son cher mari : la vue dont elle n'a encore qu'une expérience de débutante. Ainsi, elle prend pour un-membre de l'Académie française un croqué-mort dont la tenue correcte la séduit. Le croque-mort amoureux (rappelez-vous que Mme Ackermann a dit en très beaux vers les affinités de l'amour et de la mort) dépêche à la naïve Cecilia une déclaration enflammée qu'elle s'empresse de se faire lire par l'eupantophone. Mais cet instrument vertueux se révolte et foudroie l'innocente. Blancadet est accusé du meurtre de sa femme; il est jugé, il est acquitté. Inconsolable, il tombe dans une croque-mort dont la tenue correcte la séduit. Le croque-mort sorte d'indifférence comateuse.

J'ai déjà dit que ce roman, tout de fantaisie, se prêtait malaisément à l'analyse; mon compte rendu est -inapte à en traduire la savoureuse originalité et j'ai dû négliger nombre d'épisodes charmants. On a mené grand bruit autour de Wells ; on a chanté sur tous les tons sa prestigieuse imagination scientifico-humoristique. Nous avons notre Wells, qui est M. Henri Austruy et, à mon humble avis, il vaut bien l'autre. 

René Samuel, "L'Eupantophone", La Chronique, février 1905.

dimanche 1 décembre 2019

[Critique] M. Suyéhiro, Le Japon en 1907 (1894)

Sur la première page du Journal des débats daté du 3 octobre 1894, on trouve un petit article consacré à la recension d'un roman d'anticipation signé M. Suyéhiro et ayant pour titre (traduit) Le Japon en 1907. Ce qui est particulièrement intéressant dans ce petit article, c'est de lire l'expansion du genre qualifié par le journaliste de "littérature futuriste" (reprenant ainsi une expression forgée en par Félix Bodin dans sa préface au Roman de l'avenir, 1834), de voir mentionnée l'idée que l'anticipation se développe au fur et à mesure que les terras incognitas disparaissent, et de mesurer la circulation d'écrits (manifestement non traduits) à travers le monde sur le thème de l'anticipation.




AU JOUR LE JOUR

UN ROMAN JAPONAIS 

Nous entendrons, si vous le voulez, par « littérature futuriste » celle qui transporte dans un temps à venir plus ou moins lointain le sujet de ses fictions et nous constaterons que ce genre de littérature fleurit en ce moment d'un bout du monde à l'autre. Jadis, quand la surface de notre globe était mal connue, il suffisait a un auteur, qui désirait avoir ses coudées franches et n'être gêné par aucune réalité, d'imaginer une société chimérique quelconque dans une région quelconque où personne n'avait été voir, – que ce fût l'Atlantide ou que ce fût l'Eldorado – maintenant que l'agence Cook promène ses touristes au Zoulouland, il a bien fallu trouver un nouvel asile aux fantaisies des satiriques ou des utopistes ; de là, cette multitude d'œuvres qui se déroulent en des époques qui ne sont pas encore. L'Amérique, l'Angleterre, l'Allemagne, la France ont déjà passablement usé du procédé « futuriste ». Voici que les écrivains de l'Extrême Orient se mettent, à leur tour, à exploiter cette veine, et que M. Suyéhiro publie un Japon en 1907, qui peut se classer dans la même catégorie que les ouvrages de Mercier ou de M. Bellamy. 
Si nous en jugeons par la courte analyse que donne la Nouvelle Revue du roman de M. Suyéhiro, il doit être extrêmement curieux comme document sur l'état d'esprit actuel des vainqueurs de Ping-Yang. Cette race énergique, active et intelligente, s'est brusquement façonnée à notre civilisation occidentale; elle a retiré de son effort des avantages appréciables, aujourd'hui plus que jamais, mais sa rapide ascension paraît aussi lui avoir donné en sa puissance une foi illimitée et quand un des personnages de M. Suyéhiro, l'amiral Yamaguchi, parle avec détachement d'une guerre possible contre « la Chine, la Russie ou l’Angleterre », peut-être marque-t-il un tempérament quelque peu prédisposé à l'illusion, en plaçant sur une seule ligne trois facteurs militaires aussi dissemblables. 
Tel qu'il est néanmoins, par sa forme littéraire, par ses traits de mœurs, et par des bizarreries même comme celle que nous signalons, ce roman japonais semble digne d'être connu en Europe. Pourquoi la Nouvelle Revue qui nous l'a révélé, ne lui consacre-t-elle qu'une étude très succincte, à peine assez étendue pour nous le faire comprendre ?– M. S. 

M.S., "Un roman japonais", in  Le Journal des débats politiques et littéraires,
3 octobre 1894.

jeudi 25 avril 2019

[critique] Yves Gandon, Le Dernier Blanc (1946)

Pour ce douzième billet consacré à l'exploration de la science-fiction, de la prospective, de l'anticipation dans V. Magazine, nous nous arrêtons sur la critique (publiée dans le n° 108) du roman Le Dernier Blanc (éditions Robert Laffont, 1945) d'Yves Gandon qui reçut le prix Alfred Née en 1946. 
La critique est signée G.-H. Gallet (qui avait chroniqué X.P. en feu ! de Pierre Devauxquatre romans de science-fiction dans le numéro du 17 mars 1946L'Ile des vertus de Henri Drouin dans le numéro du 14 avril 1946Robur, maître de l'or de Pierre Desclaux dans le numéro du 28 avril 1946, Le Voyageur immobile de Alain Saint-Ogan et Camille Ducray dans le numéro du 25 août 1946 ).
Sur le roman Le Dernier Blanc on peut lire l'intéressante chronique de Raphaël Confiant consacrée au fantasme de la disparition de la "race blanche" car malgré son titre, ce texte n'a rien de raciste, Yves Gandon écrivant notamment:  "N'oubliez jamais que les Blancs ont péri victimes de leur diabolique orgueil, qui engendra chez eux une frénésie jalouse, résolue dans le sang. Leur terrible exemple doit nous servir de leçon. Le monde appartient désormais aux races de couleur; elles sauront vivre en bonne intelligence, pour le développement harmonieux d'une civilisation nouvelle." C'est en effet une arme bactériologique (joie de la course aux armements!) inventée par les Blancs... qui amène à la disparition des Blancs comme le mentionne Georges H. Gallet...






Dans Le Dernier Blanc par Yves Gandon, l’auteur n’y va pas de main morte. C’est vraiment la der des ders. Du moins pour la race blanche. Une arme bactériologique déclenche une « peste » foudroyante qui débarrasse le monde de tous les Blancs, à l’exception d’un certain Durand d’Avallon. Le « dernier Blanc » est installé dans un musée à Colour-City – ex-New-York – où Noirs et Jaunes viennent le contempler. Il s’ennuie fabuleusement et une aguichante journaliste nègre le décide à lui raconter sa vie. Ses aventures à travers trois ou quatre guerres effroyables seraient monotones s’il n’y avait le récit délectable de ses amours avec la ravissante Manette.

Georges H. Gallet, "Plus fort que la bombe atomique", V, n°108, 27 octobre 1946


Gallica a mis en ligne récemment plusieurs années de publication de V Magazine. Ce périodique édité par le Mouvement de Libération Nationale (à partir du 23 septembre 1944) est au départ un magazine plutôt politique avant de s'orienter vers une revue un peu légère dont les principaux acteurs sont les nudistes de multiples fois mis en scène et des pin-ups afin de proposer aux lecteurs quelques images osées.

Par commodité nous utilisons la dénomination V Magazine même si le titre a beaucoup varié tout comme les sous-titres l'accompagnant (successivement VV MagazineVoir Magazine, Voir et avec les sous-titres "L'Hebdomadaire du M.N.L"., "L'Hebdomadaire du reportage",...).

Dans les pages de V Magazine, on peut repérer, entre 1944 et 1948 pour les 184 numéros disponibles sur Gallica, une trentaine de textes et dessins relevant de la prospective ou de la conjecture.



Pour retrouver tous les articles consacrés à V Magazine, cliquez ICI

jeudi 28 mars 2019

[critique] Henri Drouin, L'Ile des vertus (1946)

Gallica a mis en ligne récemment plusieurs années de publication de V Magazine. Ce périodique édité par le Mouvement de Libération Nationale (à partir du 23 septembre 1944) est au départ un magazine plutôt politique avant de s'orienter vers une revue un peu légère dont les principaux acteurs sont les nudistes de multiples fois mis en scène et des pin-ups afin de proposer aux lecteurs quelques images osées.

Par commodité nous utiliserons la dénomination V Magazine même si le titre a beaucoup varié tout comme les sous-titres l'accompagnant (successivement VV MagazineVoir Magazine, Voir et avec les sous-titres "L'Hebdomadaire du M.N.L"., "L'Hebdomadaire du reportage",...).

Dans les pages de V Magazine, on peut repérer, entre 1944 et 1948 pour les 184 numéros disponibles sur Gallica, une trentaine de textes et dessins relevant de la prospective ou de la conjecture.

Pour ce huitième billet de la série V. Magazine, nous nous plongeons dans le numéro 80-81 du 14 avril 1946 avec la critique du roman L'Ile des vertus (1945) de Henri Drouin). La critique est signée par G.-H. Gallet (qui avait chroniqué X.P. en feu ! de Pierre Devaux ainsi que quatre romans de science-fiction dans le numéro du 17 mars 1946).





Quand l'hormone d'amour fait des ravages 

On sait que notre corps contient un certain nombre de glandes qui sécrètent des "hormones" parfois antagonistes dont le rôle est de maintenir notre équilibre physique et même mental.
Dans "L'Ile des Vertus", par Henri Drouin, un savant docteur organise, grâce à l'hormone moralisateur qu'il a isolé, un étrange phalanstère avec des hommes et des femmes tarés. Des injections régulières de "vertus en bouteille" annulent ou exaltent leur sexualité - tout en neutralisant leur jalousie. - Bref, plius d'Amour-sentiment.
Tout serait pour le mieux si un intrus ne venait intervertir les hormones pour réveiller une jolie "endormie". C'est la catastrophe. (Armand Fleury, Ed. 95 francs).


G.H. Gallet



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jeudi 21 mars 2019

[critique] Jacques Spitz, L'Oeil du purgatoire et autres ouvrages (1946)

Gallica a mis en ligne récemment plusieurs années de publication de V Magazine. Ce périodique édité par le Mouvement de Libération Nationale (à partir du 23 septembre 1944) est au départ un magazine plutôt politique avant de s'orienter vers une revue un peu légère dont les principaux acteurs sont les nudistes de multiples fois mis en scène et des pin-ups afin de proposer aux lecteurs quelques images osées.

Par commodité nous utiliserons la dénomination V Magazine même si le titre a beaucoup varié tout comme les sous-titres l'accompagnant (successivement VV MagazineVoir Magazine, Voir et avec les sous-titres "L'Hebdomadaire du M.N.L"., "L'Hebdomadaire du reportage",...).

Dans les pages de V Magazine, on peut repérer, entre 1944 et 1948 pour les 184 numéros disponibles sur Gallica, une trentaine de textes et dessins relevant de la prospective ou de la conjecture.

Pour ce septième billet de la série V. Magazine, nous nous plongeons dans le numéro 76-77 du 17 mars 1946 avec la critique des romans suivants:Jacques Spitz, L'Oeil du Purgatoire ; L.-A Mauzan, L'hallucinant pouvoir de Rupert Saint-Georges ; Louis Sauty, Le Ténéré et René Hensenne, L'Inconcevable aventure de Jean Duret (tous ces romans sont présentés dans Rétrofictions). La critique est signée par G.-H. Gallet (qui avait chroniqué X.P. en feu ! de Pierre Devaux quelques mois plus tôt).
Jacques Spitz a publié des textes dans V Magazine (dont nous parlerons prochainement).




Avec l'ère atomique, le fantastique envahit l'édition

Les effets de la bombe se font sentir jusque dans la production littéraire. Consciemment ou non, chacun cherche de nouveaux moyens d'évasion vers les horizons sans limite de la science. Le plus extraordinaire est sans doute "L'Oeil du Purgatoire", par Jacques Spitz. Un savant fou inocule au narrateur une drogue qui modifie sa vision. Il ne voit plus les choses comme elles sont mais telles qu'elles seront dans un temps de plus en plus éloigné. Ses repas lui paraissent déjà digérés dans son assiette, les fleurs, fanées, les gens, des cadavres décomposés. C'est une sorte de voyage dans l'avenir, un peu dégoûtant quelquefois, mais non sans une étrange et poétique philosophie. (Ed. de la Nouvelle France.)
"L'hallucinant pouvoir de Rupert Saint-Georges", par L.-A. Mauzan, vient d'un odorat prodigieux, grâce auquel il sait tout, devine tout. C'est la note gaie dans le roman pseudo-scientifique. L'auteur s'est visiblement amusé autant que nous, aux aventures de son personnage et les a gaillardement illustrées (Arthaud).
Signalons encore "Le Ténéré", par Louis Sauty, qui n'est pas sans rappeler "L'Atlantide" ou "Les Horizons perdus" (René Julliard) et "L'Inconcevable Aventure de Jean Duret", pas René Hensenne, avec un dédoublement de personnalité, voyage dans un monde extraordinaire "au delà de l'espace et du temps" (Maréchal).


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jeudi 28 février 2019

[critique] Pierre Devaux, X.P. en feu ! (1945)

Gallica a mis en ligne récemment plusieurs années de publication de V Magazine. Ce périodique édité par le Mouvement de Libération Nationale (à partir du 23 septembre 1944) est au départ un magazine plutôt politique avant de s'orienter vers une revue un peu légère dont les principaux acteurs sont les nudistes de multiples fois mis en scène et des pin-ups afin de proposer aux lecteurs quelques images osées.

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Dans les pages de V Magazine, on peut repérer, entre 1944 et 1948 pour les 184 numéros disponibles sur Gallica, une trentaine de textes et dessins relevant de la prospective ou de la conjecture.

Pour ce quatrième billet de la série V. Magazine, nous nous plongeons dans le numéro 38-39 du 23 août 1945 qui contient une courte critique (pas vraiment positive) du roman X.P. en feu ! de Pierre Devaux paru aux éditions Magnard dans la collection Sciences et aventures.Il est intéressant de lire la traduction de l'anglicisme "science fiction" sous le terme de "fiction scientifique" sous la plume de Georges G. Gallet (qui écrivit plus tard des ouvrages de science fiction comme A l'assaut de l'espace ou Demain sera un autre monde et fut le traducteur de grands auteurs anglo-saxons. Pour en savoir plus sur Georges G. Gallet cliquez ICI


X.P. en feu ! par Pierre Devaux (Ed. Magnard, Paris)


Un livre difficile à classer. Roman d'aventures ou livre de vulgarisation ? Pierre Devaux ancien élève de X – ça se sent – s'est fait une réputation justifiée dans le second de ces genres. Il est moins heureux dans le premier. L'ouvrage s'en ressent. Néanmoins, s'il n'efface pas le souvenir de Jules Verne, c'est un effort intéressant dans ce que les Anglo-Américains appellent la « fiction scientifique ». Et, il devrait plaire aux jeunes auxquels il ouvre les horizons infinis de l'astronomie. Une « suite » est déjà annoncée… L'auteur fera sans doute mieux la prochaine fois… G. H. G. [Georges G. Gallet]

Illustration: couverture de X.P. en feu!, éditions Magnard, collection Fantasia, 1958, illustrations de Jean-Marie Desbeaux

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mardi 13 novembre 2018

L’anticipation dans les discours médiatiques et sociaux : genres, supports, valeurs

Le n° 21 de la revue (format électronique) COnTEXTES publiée le 31 octobre 2018 a pour thème "L’anticipation dans les discours médiatiques et sociaux : genres, supports, valeurs". Ce numéro dirigé par Matthieu Letourneux et Valérie Stiénon accueille un article introductif signé des deux directeurs du numéro et couvre trois champs: la question de la générécité de l'anticipation, la place de la science-fiction dans la presse et la question du contexte de production de l'anticipation. Le numéro couvre essentiellement la période 1860-1940. 

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