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ISSN 2496-9346
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jeudi 2 mai 2019

Humour cosmique (1947)

Pour ce treizième billet consacré à l'exploration de la science-fiction, de la prospective, de l'anticipation dans V. Magazine, nous nous arrêtons sur le n° 121 (26 janvier 1947) qui est l'un des plus riches du périodique pour le domaine qui nous intéresse.

Il présente une couverture intitulé "L'amour sidéral" bien dans le goût de la revue, un "reportage à peine anticipé" signé Georges H. Gallet qui est abondamment illustré et une dernière page comprenant une grande planche d'"humour cosmique" par Jean David.


Dans le cadre notre série consacrée à V Magazine, nous avons rencontré à plusieurs reprises la signature de Georges H. Gallet notamment pour des critiques littéraires. Nous publierons dans le prochain épisode de la série V Magazine le texte complet de "Les Voyageurs pour la Lune, en voiture !"



Gallica a mis en ligne récemment plusieurs années de publication de V Magazine. Ce périodique édité par le Mouvement de Libération Nationale (à partir du 23 septembre 1944) est au départ un magazine plutôt politique avant de s'orienter vers une revue un peu légère dont les principaux acteurs sont les nudistes de multiples fois mis en scène et des pin-ups afin de proposer aux lecteurs quelques images osées.

Par commodité nous utilisons la dénomination V Magazine même si le titre a beaucoup varié tout comme les sous-titres l'accompagnant (successivement VV MagazineVoir Magazine, Voir et avec les sous-titres "L'Hebdomadaire du M.N.L"., "L'Hebdomadaire du reportage",...).

Dans les pages de V Magazine, on peut repérer, entre 1944 et 1948 pour les 184 numéros disponibles sur Gallica, une trentaine de textes et dessins relevant de la prospective ou de la conjecture.



Pour retrouver tous les articles consacrés à V Magazine, cliquez ICI

jeudi 25 avril 2019

[critique] Yves Gandon, Le Dernier Blanc (1946)

Pour ce douzième billet consacré à l'exploration de la science-fiction, de la prospective, de l'anticipation dans V. Magazine, nous nous arrêtons sur la critique (publiée dans le n° 108) du roman Le Dernier Blanc (éditions Robert Laffont, 1945) d'Yves Gandon qui reçut le prix Alfred Née en 1946. 
La critique est signée G.-H. Gallet (qui avait chroniqué X.P. en feu ! de Pierre Devauxquatre romans de science-fiction dans le numéro du 17 mars 1946L'Ile des vertus de Henri Drouin dans le numéro du 14 avril 1946Robur, maître de l'or de Pierre Desclaux dans le numéro du 28 avril 1946, Le Voyageur immobile de Alain Saint-Ogan et Camille Ducray dans le numéro du 25 août 1946 ).
Sur le roman Le Dernier Blanc on peut lire l'intéressante chronique de Raphaël Confiant consacrée au fantasme de la disparition de la "race blanche" car malgré son titre, ce texte n'a rien de raciste, Yves Gandon écrivant notamment:  "N'oubliez jamais que les Blancs ont péri victimes de leur diabolique orgueil, qui engendra chez eux une frénésie jalouse, résolue dans le sang. Leur terrible exemple doit nous servir de leçon. Le monde appartient désormais aux races de couleur; elles sauront vivre en bonne intelligence, pour le développement harmonieux d'une civilisation nouvelle." C'est en effet une arme bactériologique (joie de la course aux armements!) inventée par les Blancs... qui amène à la disparition des Blancs comme le mentionne Georges H. Gallet...






Dans Le Dernier Blanc par Yves Gandon, l’auteur n’y va pas de main morte. C’est vraiment la der des ders. Du moins pour la race blanche. Une arme bactériologique déclenche une « peste » foudroyante qui débarrasse le monde de tous les Blancs, à l’exception d’un certain Durand d’Avallon. Le « dernier Blanc » est installé dans un musée à Colour-City – ex-New-York – où Noirs et Jaunes viennent le contempler. Il s’ennuie fabuleusement et une aguichante journaliste nègre le décide à lui raconter sa vie. Ses aventures à travers trois ou quatre guerres effroyables seraient monotones s’il n’y avait le récit délectable de ses amours avec la ravissante Manette.

Georges H. Gallet, "Plus fort que la bombe atomique", V, n°108, 27 octobre 1946


Gallica a mis en ligne récemment plusieurs années de publication de V Magazine. Ce périodique édité par le Mouvement de Libération Nationale (à partir du 23 septembre 1944) est au départ un magazine plutôt politique avant de s'orienter vers une revue un peu légère dont les principaux acteurs sont les nudistes de multiples fois mis en scène et des pin-ups afin de proposer aux lecteurs quelques images osées.

Par commodité nous utilisons la dénomination V Magazine même si le titre a beaucoup varié tout comme les sous-titres l'accompagnant (successivement VV MagazineVoir Magazine, Voir et avec les sous-titres "L'Hebdomadaire du M.N.L"., "L'Hebdomadaire du reportage",...).

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jeudi 18 avril 2019

Leslyn M. Heinlein, Une femme a vu partir la fusée stratosphérique (1946)

Pour ce onzième billet consacré à l'exploration de la science-fiction, de la prospective, de l'anticipation dans V. Magazine, la femme de Robert Heinlein, tout au moins est-elle présentée ainsi (le couple se sépare en 1947), Leslyn M. Heinlein témoigne du lancement d'une fusée stratosphérique en 1946.





Une femme a vu partir la fusée stratosphérique.

Mrs Leslyn M. Heinlein, épouse de Robert Heinlein, l’auteur de romans d’anticipation qui ont un grand succès aux Etats-Unis, a été la seule femme à assister aux essais de fusée stratosphérique à White Sands, au Nouveau Mexique. Cet article a été écrit en exclusivité pour « V » avec l’approbation de l’U.S. Army Ordnance de Wahsington.

Si quelque chose va mal, nous dit le colonel, couchez-vous à terre.
Il était presque midi, nous nous trouvions à une centaine de mètres à peu près de la plateforme de lancement de la fusée stratosphérique n°6 sur le terrain d’expériences de White Sands, près de Las Cruses au Nouveau Mexique. Nous étions juste au-delà de la barrière qui marquait la zone dangereuse à l’extrémité sud du terrain, où notre vue n’était gênée par aucun autre obstacle que la limite de la vision humaine.
A 12h15, un panache de fumée rouge-feu s’échappa du haut du blockhaus, encore vingt minutes à attendre. Bientôt le « Meillen » – le remarquable transporteur et élévateur qui amène les futurs V2 des ateliers de construction jusqu’à l’emplacement et les dresse sur la plateforme – s’en alla. La fusée resta seule, posée sur ses ailettes, quatre pointes de 10cm2 supportant 13 tonnes de vitesse enchaînée.
Les opérateurs de cinéma commencèrent à vérifier leur mise au point. Le petit fil du camion du « son » se mit à tourner. Nous fûmes tous pris d’une sueur qui n’était pas due au soleil du désert.
Je me sentis trembler et cependant je n’avais pas peur. Une poignée de techniciens quitta la plateforme en courant à travers le terrain jusqu’à l’abri d’un bloc de béton.
Je regardai ma montre. Encore deux minutes.
Je n’ai jamais vécu 120 secondes plus longues…
Il y eut un léger éclat de lumière sur la base de la fusée. Bob retint son souffle pour ne pas bouger son appareil et commença à prendre des photos aussi qu’il pouvait enrouler la pellicule.
Doucement, incroyablement, infiniment doucement, l’énorme chose s’éleva, soutenue au-dessus du béton par un colonne de feu brillante comme le soleil.
Quand elle eut atteint une quinzaine de mètres, le son commença, si profond et si lourd que je sentis sa pression sur ma poitrine et mes genoux qui pliaient sous le souffle du bruit.
Puis, elle se sépara du sol. Et presque aussitôt ce fut un point dans le ciel bleu sans nuage – comme une étoile étincelant près du soleil de midi.
Il y avait une courte traînée de ce qui pourrait être appelé de la fumée, et quand elle atteignit l’altitude de 40 km., la traînée nuageuse apparut. Dense et blanche comme un nuage du désert, elle décrivait des spirales dans les vents de la stratosphère.
Au moment où la fusée atteignit les 40 km. d’altitude, Bob s’arrêta de prendre des photos et reprit sa respiration.
C’est la mesure la plus précise que je puis vous donner de la vitesse qu’atteignent ces choses : 40 km. De grimpée en chandelle dans le temps qu’un homme peut tenir son souffle et prendre trois instantanés de Leica.
Quand la traînée de condensation commença à s’effilocher en lambeaux tenus, la fusée verte de « fin de danger » monta au sommet de la pyramide. Nous nous mimes tous à courir. Certains sautaient de joie en criant.
Bientôt, l’officier responsable, le lieutenant-colonel Harold Turner , de l’Army Ordnance, sortit du blockhaus où ses officiers adjoints étaient encore occupés à recueillir les renseignements fournis par le pistage au radar. Il nous informa que la fusée était tombée à quelques vingtaines de mètres de l’endroit prévu, à 75 km. au Nord, dans la vallée supérieure du Tularosa. Le combustible s’était coupé inexplicablement, quelques secondes trop tôt et l’altitude espérée n’avait pas été atteinte. Néanmoins le record était battu. La fusée n° 6 avait pénétré dans les régions supérieures de l’ionosphère jusqu’à 115 km. de hauteur.
Plus tard, lorsque les tables furent débarrassées, nous entrâmes dans le blockhaus. Sur un côté, entre deux des meurtrières dans le mur de 2 m. 50 de béton se trouvait un panneau d’instruments pas plus grand qu’une table de cuisine d’où s’effectuait tout le contrôle de la fusée elle-même.
Et cependant, mon impression la plus vive de toute l’expérience n’a pas été les appareils et les boutons de commande. En dépit des fusées et des bombes atomiques, nous ne sommes pas encore dans un monde où tout est commandé par « boutons », mais un monde où la chose la plus incroyable et la plus étonnante est l’ingéniosité et l’imagination créatrice de l’esprit humain – pour lequel on n’a pas encore inventé de « bouton ».


Leslyn M. Heinlein, "Une femme a vu partir la fusée stratosphérique", V. Magazine, n°105, 6 octobre 1946.


Gallica a mis en ligne récemment plusieurs années de publication de V Magazine. Ce périodique édité par le Mouvement de Libération Nationale (à partir du 23 septembre 1944) est au départ un magazine plutôt politique avant de s'orienter vers une revue un peu légère dont les principaux acteurs sont les nudistes de multiples fois mis en scène et des pin-ups afin de proposer aux lecteurs quelques images osées.

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Dans les pages de V Magazine, on peut repérer, entre 1944 et 1948 pour les 184 numéros disponibles sur Gallica, une trentaine de textes et dessins relevant de la prospective ou de la conjecture.



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jeudi 11 avril 2019

[Critique] Alain Saint Ogan et Camille Ducray, Le Voyageur immobile (1946)

Pour ce dixième billet de la série V. Magazine, nous nous plongeons dans le numéro 99 du 25 août 1946 avec la critique du roman d'Alain Saint Ogan et Camille Ducray, Le Voyageur immobile (publié en 1945). La critique est signée par G.-H. Gallet (qui avait chroniqué X.P. en feu ! de Pierre Devaux, quatre romans de science-fiction dans le numéro du 17 mars 1946L'Ile des vertus de Henri Drouin dans le numéro du 14 avril 1946, Robur, maître de l'or de Pierre Desclaux dans le numéro du 28 avril 1946). 




Alain Saint-Ogan et Camille Ducray dans leur roman fantastique en quatre nuits Le Voyageur immobile (ED. Sociales Françaises) relatent sous la forme de confidences de poivrots les non moins surprenantes aventures d’un Atlante qui débarqua au pays basque après un voyage de 50.000 ans dans le temps et tomba amoureux de la fille du châtelain.
On peut lire une critique très complète sur le site de Jean-Luc Boutel:ICI.


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jeudi 4 avril 2019

[critique] Pierre Desclaux, Robur, maître de l'or (1946)

Pour ce neuvième billet de la série V. Magazine, nous nous plongeons dans le numéro 82-83 du 28 avril 1946 avec la critique du roman de Pierre Desclaux,Robur, maître de l'or (publié en 1945). La critique est signée par G.-H. Gallet (qui avait chroniqué X.P. en feu ! de Pierre Devaux, que quatre romans de science-fiction dans le numéro du 17 mars 1946L'Ile des vertus de Henri Drouin dans le numéro du 14 avril 1946). A aucun moment le chroniqueur ne précise que ce roman est à l'origine paru en feuilleton dans Sciences et Voyages en... 1921 (sous le titre Le Maître du monde illustré par Etienne Le Rallic) puis dans Le Petit journal illustré en 1935 (sous le titre Robur, maître du monde illustré de photographies).





Quand le policier veut se faire invisible 

L'invisibilité est un vieux rêve de l'imagination. mais elle contient un élément d'impossibilité qu'un peu de raisonnement suffit à déceler. Si l'homme invisible est complètement transparent, ses yeux aussi sont transparents. Or, ces organes doivent arrêter le lumière pour la transformer en sensations lumineuses et non pas la laisser passer. des yeux invisibles ne pourraient pas voir et l'Homme invisible serait Aveugle. Si Pierre Desclaux semble avoir négligé commodément ces lois de l'optique dans son roman Robur, maître de l'or, par contre il retrouve toutes les qualités de logique de l'ancien rédacteur en chef de "Police-Magazine" quand il s'agit de développer les palpitantes péripéties de la lutte de son héros - invisible à volonté - contre ce Maître de l'Or qui veut devenir Maître du Monde. (N.F.F. éd., 42 francs).





Gallica a mis en ligne récemment plusieurs années de publication de V Magazine. Ce périodique édité par le Mouvement de Libération Nationale (à partir du 23 septembre 1944) est au départ un magazine plutôt politique avant de s'orienter vers une revue un peu légère dont les principaux acteurs sont les nudistes de multiples fois mis en scène et des pin-ups afin de proposer aux lecteurs quelques images osées.

Par commodité nous utilisons la dénomination V Magazine même si le titre a beaucoup varié tout comme les sous-titres l'accompagnant (successivement VV MagazineVoir Magazine, Voir et avec les sous-titres "L'Hebdomadaire du M.N.L"., "L'Hebdomadaire du reportage",...).

Dans les pages de V Magazine, on peut repérer, entre 1944 et 1948 pour les 184 numéros disponibles sur Gallica, une trentaine de textes et dessins relevant de la prospective ou de la conjecture.



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jeudi 28 mars 2019

[critique] Henri Drouin, L'Ile des vertus (1946)

Gallica a mis en ligne récemment plusieurs années de publication de V Magazine. Ce périodique édité par le Mouvement de Libération Nationale (à partir du 23 septembre 1944) est au départ un magazine plutôt politique avant de s'orienter vers une revue un peu légère dont les principaux acteurs sont les nudistes de multiples fois mis en scène et des pin-ups afin de proposer aux lecteurs quelques images osées.

Par commodité nous utiliserons la dénomination V Magazine même si le titre a beaucoup varié tout comme les sous-titres l'accompagnant (successivement VV MagazineVoir Magazine, Voir et avec les sous-titres "L'Hebdomadaire du M.N.L"., "L'Hebdomadaire du reportage",...).

Dans les pages de V Magazine, on peut repérer, entre 1944 et 1948 pour les 184 numéros disponibles sur Gallica, une trentaine de textes et dessins relevant de la prospective ou de la conjecture.

Pour ce huitième billet de la série V. Magazine, nous nous plongeons dans le numéro 80-81 du 14 avril 1946 avec la critique du roman L'Ile des vertus (1945) de Henri Drouin). La critique est signée par G.-H. Gallet (qui avait chroniqué X.P. en feu ! de Pierre Devaux ainsi que quatre romans de science-fiction dans le numéro du 17 mars 1946).





Quand l'hormone d'amour fait des ravages 

On sait que notre corps contient un certain nombre de glandes qui sécrètent des "hormones" parfois antagonistes dont le rôle est de maintenir notre équilibre physique et même mental.
Dans "L'Ile des Vertus", par Henri Drouin, un savant docteur organise, grâce à l'hormone moralisateur qu'il a isolé, un étrange phalanstère avec des hommes et des femmes tarés. Des injections régulières de "vertus en bouteille" annulent ou exaltent leur sexualité - tout en neutralisant leur jalousie. - Bref, plius d'Amour-sentiment.
Tout serait pour le mieux si un intrus ne venait intervertir les hormones pour réveiller une jolie "endormie". C'est la catastrophe. (Armand Fleury, Ed. 95 francs).


G.H. Gallet



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jeudi 21 mars 2019

[critique] Jacques Spitz, L'Oeil du purgatoire et autres ouvrages (1946)

Gallica a mis en ligne récemment plusieurs années de publication de V Magazine. Ce périodique édité par le Mouvement de Libération Nationale (à partir du 23 septembre 1944) est au départ un magazine plutôt politique avant de s'orienter vers une revue un peu légère dont les principaux acteurs sont les nudistes de multiples fois mis en scène et des pin-ups afin de proposer aux lecteurs quelques images osées.

Par commodité nous utiliserons la dénomination V Magazine même si le titre a beaucoup varié tout comme les sous-titres l'accompagnant (successivement VV MagazineVoir Magazine, Voir et avec les sous-titres "L'Hebdomadaire du M.N.L"., "L'Hebdomadaire du reportage",...).

Dans les pages de V Magazine, on peut repérer, entre 1944 et 1948 pour les 184 numéros disponibles sur Gallica, une trentaine de textes et dessins relevant de la prospective ou de la conjecture.

Pour ce septième billet de la série V. Magazine, nous nous plongeons dans le numéro 76-77 du 17 mars 1946 avec la critique des romans suivants:Jacques Spitz, L'Oeil du Purgatoire ; L.-A Mauzan, L'hallucinant pouvoir de Rupert Saint-Georges ; Louis Sauty, Le Ténéré et René Hensenne, L'Inconcevable aventure de Jean Duret (tous ces romans sont présentés dans Rétrofictions). La critique est signée par G.-H. Gallet (qui avait chroniqué X.P. en feu ! de Pierre Devaux quelques mois plus tôt).
Jacques Spitz a publié des textes dans V Magazine (dont nous parlerons prochainement).




Avec l'ère atomique, le fantastique envahit l'édition

Les effets de la bombe se font sentir jusque dans la production littéraire. Consciemment ou non, chacun cherche de nouveaux moyens d'évasion vers les horizons sans limite de la science. Le plus extraordinaire est sans doute "L'Oeil du Purgatoire", par Jacques Spitz. Un savant fou inocule au narrateur une drogue qui modifie sa vision. Il ne voit plus les choses comme elles sont mais telles qu'elles seront dans un temps de plus en plus éloigné. Ses repas lui paraissent déjà digérés dans son assiette, les fleurs, fanées, les gens, des cadavres décomposés. C'est une sorte de voyage dans l'avenir, un peu dégoûtant quelquefois, mais non sans une étrange et poétique philosophie. (Ed. de la Nouvelle France.)
"L'hallucinant pouvoir de Rupert Saint-Georges", par L.-A. Mauzan, vient d'un odorat prodigieux, grâce auquel il sait tout, devine tout. C'est la note gaie dans le roman pseudo-scientifique. L'auteur s'est visiblement amusé autant que nous, aux aventures de son personnage et les a gaillardement illustrées (Arthaud).
Signalons encore "Le Ténéré", par Louis Sauty, qui n'est pas sans rappeler "L'Atlantide" ou "Les Horizons perdus" (René Julliard) et "L'Inconcevable Aventure de Jean Duret", pas René Hensenne, avec un dédoublement de personnalité, voyage dans un monde extraordinaire "au delà de l'espace et du temps" (Maréchal).


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jeudi 14 mars 2019

Jean David, L'humour médecin (1945) Dessin

Gallica a mis en ligne récemment plusieurs années de publication de V Magazine. Ce périodique édité par le Mouvement de Libération Nationale (à partir du 23 septembre 1944) est au départ un magazine plutôt politique avant de s'orienter vers une revue un peu légère dont les principaux acteurs sont les nudistes de multiples fois mis en scène et des pin-ups afin de proposer aux lecteurs quelques images osées.

Par commodité nous utiliserons la dénomination V Magazine même si le titre a beaucoup varié tout comme les sous-titres l'accompagnant (successivement VV MagazineVoir Magazine, Voir et avec les sous-titres "L'Hebdomadaire du M.N.L"., "L'Hebdomadaire du reportage",...).

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Pour ce sixième billet de la série V. Magazine, nous nous plongeons dans le numéro 60-61 du 24 novembre 1945 avec un dessin signé JD (Jean David) sur le thème de l'anticipation  médicale.L'évolution de la médecine est racontée ainsi très brièvement pour aboutir au robot-médecin du futur. 






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jeudi 7 mars 2019

Dan', "Tiens Frédégonde..." [Dessin préhistorique], 1945

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Par commodité nous utiliserons la dénomination V Magazine même si le titre a beaucoup varié tout comme les sous-titres l'accompagnant (successivement VV MagazineVoir Magazine, Voir et avec les sous-titres "L'Hebdomadaire du M.N.L"., "L'Hebdomadaire du reportage",...).

Dans les pages de V Magazine, on peut repérer, entre 1944 et 1948 pour les 184 numéros disponibles sur Gallica, une trentaine de textes et dessins relevant de la prospective ou de la conjecture.

Pour ce cinquième billet de la série V. Magazine, nous nous plongeons dans le numéro 48-49 du 1er septembre 1945 avec un dessin de Dan' sur le thème préhistorique.Comme souvent il s'agit d'humour. 





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jeudi 28 février 2019

[critique] Pierre Devaux, X.P. en feu ! (1945)

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Pour ce quatrième billet de la série V. Magazine, nous nous plongeons dans le numéro 38-39 du 23 août 1945 qui contient une courte critique (pas vraiment positive) du roman X.P. en feu ! de Pierre Devaux paru aux éditions Magnard dans la collection Sciences et aventures.Il est intéressant de lire la traduction de l'anglicisme "science fiction" sous le terme de "fiction scientifique" sous la plume de Georges G. Gallet (qui écrivit plus tard des ouvrages de science fiction comme A l'assaut de l'espace ou Demain sera un autre monde et fut le traducteur de grands auteurs anglo-saxons. Pour en savoir plus sur Georges G. Gallet cliquez ICI


X.P. en feu ! par Pierre Devaux (Ed. Magnard, Paris)


Un livre difficile à classer. Roman d'aventures ou livre de vulgarisation ? Pierre Devaux ancien élève de X – ça se sent – s'est fait une réputation justifiée dans le second de ces genres. Il est moins heureux dans le premier. L'ouvrage s'en ressent. Néanmoins, s'il n'efface pas le souvenir de Jules Verne, c'est un effort intéressant dans ce que les Anglo-Américains appellent la « fiction scientifique ». Et, il devrait plaire aux jeunes auxquels il ouvre les horizons infinis de l'astronomie. Une « suite » est déjà annoncée… L'auteur fera sans doute mieux la prochaine fois… G. H. G. [Georges G. Gallet]

Illustration: couverture de X.P. en feu!, éditions Magnard, collection Fantasia, 1958, illustrations de Jean-Marie Desbeaux

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jeudi 21 février 2019

Le Monde de demain (1945)

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Pour ce troisième billet de la série V. Magazine, nous nous plongeons dans le numéro 30-31 du 28 avril 1945 avec un dessin intitulé "Le Monde de demain". On y voit notamment une prémonition de Netflix, l'idée d'un briquet chimique sans flamme et on s'interroge sur l'avenir des cigarettes. Une suite est annoncée pour le numéro suivant... mais elle n'a pas été publiée malheureusement.


Dessin en entier:


Les pointes de saphir reviendront à la mode grâce à leur qualité phonographique :


On utilisera des briquets chimiques:


Et l'on pourra voir les films de Paris et d'Hollywood à domicile!


 

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jeudi 14 février 2019

Claude de Romefort, Les Martiens nous déclareront-ils la guerre un jour? (1945)

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Pour ce second billet de la série V. Magazine, nous nous plongeons dans le numéro du 17 mars 1945 avec un article intitulé "Les Martiens nous déclareront-ils la guerre un jour?" (à lire sur Gallica)


Pour le moins, il s'agit d'un article de recyclage pur et simple. il est en effet question d'Hélène Smith et d'une pseudo-interview du professeur Flournoy (mort en 1920 soit un quart de siècle avant la parution de l'article!). Théodore Flournoy avait en 1900 publié Des Indes à la planète Mars, étude sur un cas de somnambulisme avec glossolalie (disponible sur Gallica) rapportant les communications médiumniques d'Hélène Smith avec la planète Mars qui lui permit de publier un alphabet martien. Nulle part l'article publié dans V Magazine ne fait mention des dates, pouvant ainsi tromper le lecteur. 
L'article est accompagné d'un dessin censé représenter "Le New York des Martiens, d'après une vision de Mlle Smith".




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jeudi 7 février 2019

Jules Verne n'était pas un utopiste (1944)

Gallica a mis en ligne récemment plusieurs années de publication de V Magazine. Ce périodique édité par le Mouvement de Libération Nationale (à partir du 23 septembre 1944) est au départ un magazine plutôt politique avant de s'orienter vers une revue un peu légère dont les principaux acteurs sont les nudistes de multiples fois mis en scène et des pin-ups afin de proposer aux lecteurs quelques images osées.

Par commodité nous utiliserons la dénomination V Magazine même si le titre a beaucoup varié tout comme les sous-titres l'accompagnant (successivement V, V Magazine, Voir Magazine, Voir et avec les sous-titres "L'Hebdomadaire du M.N.L"., "L'Hebdomadaire du reportage",...).

Le premier numéro paraît le 23 septembre 1944 sous l'égide du Mouvement de Libération National (on retrouve une croix de Lorraine en couverture dans les premiers temps du magazine).
Dans les pages de V Magazine, on peut repérer, entre 1944 et 1948 pour les 184 numéros disponibles sur Gallica, une trentaine de textes et dessins relevant de la prospective ou de la conjecture.

Pour ce premier billet de la série V. Magazine, nous nous plongeons dans le numéro du 9 décembre 1944 avec un article intitulé: "Une fois de plus, il est démontré que Jules Verne n'était pas un utopiste" (qui cite aussi H.G. Wells) et nous partons à la conquête de l'espace!





Une fois de plus, il est démontré que Jules Verne

n'était pas un utopiste.

En effet, chaque jour semble nous apporter la réalisation d'une des idées que cet inventif auteur développa dans ses romans.
Et, peut-être qu'après les week-end interplanétaires, nous pourrons aller nous promener au centre de la terre, pour aller voir ce qui s'y passe.

Toujours est-il que les romans du génial auteur de notre enfance semblent être une source intarissable où puisent les savants qui pensent qu'il n'est pas d'utopie qui ne mérite un examen des plus sérieux.
Il n'y a pas très longtemps, des astronomes américains de Passadéna [sic il s'agit de Pasadena] ont déposé un rapport, considéré par les uns comme une mirobolante idée, digne de H.-G. Wells, et par les autres, bien au contraire, comme un problème des plus sérieux.
Ce rapport traitait de l'établissement futur d'un circuit aérien interplanétaire.
Le problème le plus ardu, au dire des savants, auteurs du projet, serait de trouver un carburant convenant à la propulsion des engins destinés à franchir l'immensité des espaces planétaires.
Ces savants ajoutent que cette idée de liaisons d'astre à astre n'est pas si fantastique qu'elle pourrait le paraître au premier abord… Ils prennent comme argument l'exemple des avions-fusées, actuellement employés dans la guerre en Europe.

LE MERCURE PLUS LEGER QUE LE LIEGE

Ces respectables astronomes déclarent que la construction des fusées interplanétaires doit être considérée comme la merveille des inventions. De plus, continue le rapport, il peut être prédit que, dans un temps plus proche que ne le croit la plupart des gens, des savants pourront voyager des mois durant à travers l'espace, et ce, dans une sécurité absolue. Alors, la création de puissants observatoires sur la lune deviendra une réalité.
Ces savants qui n'ont pas l'air de plaisanter ont fait des calculs très sérieux, et très poussés, qui ont démontré que la puissance de gravité et d'attraction de la lune est de beaucoup inférieure à celle de la terre. D'où il ressort que les matériaux transportés sur cette planète acquerront une extrême légèreté.

PREMIERE ESCALE INTERPLANETAIRE

Continuant leurs calculs de probabilités, les chercheurs de Pasadéna admettent que d'ici une centaine d'années, la lune sera une tête de ligne des communications interplanétaires. Les savants « terriens » pourront ainsi aller sur la lune construire des télescopes et autres engins d'observations qui, du fait de leur extrême légèreté, seront de dimensions gigantesques et atteindront une puissance inconnue de nos jours.
Quant au logement, en ce pays inconnu, il est prévu que les savants vivront dans d'immenses cavernes creusées dans la croûte lunaire et respireront un air « expédié de la terre » produit au moyen de réactions chimiques sur l'atmosphère de la lune.

Il y a une chose que ne nous disent pas les chercheurs de Pasadéna : c'est s'il y a des habitants sur ces planètes qu'ils veulent conquérir. Si ces dits habitants vivent en paix et heureux, accepteront-ils que nous apportions toutes « les belles choses » qui sont notre raison de vivre… ou de mourir ?

Anonyme, "Une fois de plus, il est démontré que Jules Verne n'était pas un utopiste", in V, l'hebdomadaire du M.N.L., n°12, 9 décembre 1944.

Source: Gallica 


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