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mardi 21 décembre 2021

Abraham Dreyfus, Devant le buste de Dumas (Propos de l'an 2000), 1879

Si ce petit dialogue théâtral doit retenir l'attention c'est moins pour les propos tout à fait classiques qui y sont tenus - la date anticipée servant à projeter dans les temps à venir des éléments d'actualité (ici littéraire et financière avant tout) - que par la présence du mot "téléphonoscope" en novembre 1879, soit trois ans avant son adoption par Albert Robida dans Le Vingtième siècle en 1882 (parution du premier épisode dans le périodique La Caricature daté du 2 décembre 1882).

Dramaturge et journaliste, Abraham Dreyfus est né en 1847 et mort en 1926 ce qui en fait le parfait contemporain d'Albert Robida (1848-1926).

Abraham Dreyfus s'est sans doute inspiré de la caricature "Edison's telephonoscope" de George du Maurier paru dans l'almanach Punch de 1879 (voir l'article sur le site Histoire de la télévision par André Lange) . A-t-il ensuite inspiré Albert Robida?

André Lange a consacré un long article à Abraham Dreyfus sur son site.

Dans "Devant le buste de Dumas (Propos de l'an 2000)", le téléphonoscope sert à diffuser des "réclames" pour les spectacles du moment, remplaçant avantageusement les affiches que l'on posait partout au XIXe siècle.

Quelques autres éléments conjecturaux sont présents tels les "bustes-calorifères" qui permettent aux spectateurs de se réchauffer ou les aéroscaphes qui sont les moyens de transport utilisés.


Ceux qui, comme moi, ont vu quelques œuvres importantes par le nombre d'actes, représentées sur la scène du Théâtre-Français, ont quelques chances de plus que les autres, même lorsqu'on ne les représentera plus, qu'il soit encore question d’eux à cause du buste en marbre que le Comité peut admettre, après leur mort, dans le foyer, les escaliers ou les vestibules. Si jamais cet honneur in est accordé, on placera probablement le buste que Carpeaux a fait de moi en face du buste que Chapu a fait de mon père, au pied du grand escalier. Nous regarderons alors, tous les deux, sans les voir, passer les belles personnes qui se rendront à leurs places, et, quand elles descendront, après le spectacle, peut-être l'une d’elles, en attendant sa voiture, arrêtera-t-elle nonchalamment son regard sur cette image de marbre et dira-t-elle quelque chose, n’importe quoi, à propos de l'homme ou de l’œuvre.

(Alex. Dumas fils, — Préface de l’Etrangère)

 

UNE DAME qui descend l'escalier, à son voisin. — Faites donc attention. Monsieur !

Le Monsieur s’éloigne sans répondre.

UNE AMIE DE LA DAME. — Qu'est-ce qu’il y a ?

LA DAME. — C’est cet imbécile qui marche sur ma robe !

LE MARI. — Que veux-tu ? Vous avez des traînes si longues, aujourd’hui !

LA DAME, furieuse. — Longues ! un mètre !... Tu appelles ça une traîne longue ?... Si tu avais vu celles qu’on portait autrefois... Elles étaient de deux mètres, de trois mètres...

LE MARI, riant. — Allons donc !

LA DAME. — Mais certainement ! Tu n’as qu’à aller voir jouer Madame Judic à la Nouvelle-Renaissance.

LE MARI. — Parbleu !... une opérette ! ce n’est pas sérieux.

LA DAME. — Je. te demande pardon ! c’est très sérieux, au contraire. Madame Judic n’est pas une opérette, mais un opéra comique comme la Belle Hélène.

LE MARI. — Oh ! Oh ! comme tu y vas ! La Belle Hélène ! une pièce de l’ancien répertoire...

LA DAME. — Madame Judic s’en rapproche... En tout cas, les costumes sont d’une exactitude absolue. Il parait qu'ils ont été copiés sur les gravures du temps.

LE MARI, riant. — C’est le directeur qui dit cela ! Si tu t’en rapportes aux réclames...

LA DAME. —Qu’est-ce que tu appelles des réclames ? Les quelques paroles que le téléphonoscope nous a transmises ce matin ? Il nous en arrive bien d’autres pour des spectacles qui sont beaucoup moins intéressants que celui de la Nouvelle-Renaissance.

UN AMI DU MARI, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. — Le fait est que les directeurs de théâtre abusent terriblement des réclames ; on ne sait pas jusqu’où ils iront avec cette rage d’annonces qui est particulière à notre époque. Il n’y a jamais rien eu de semblable au XIXe siècle, les directeurs se bornaient à faire apposer des affiches dans l’enceinte des anciennes fortifications...

LE MARI, d'un air savant. — Jusqu’à Saint-Cloud !

L’ACADEMICIEN. — Mais non ! Je vous parle des premières fortifications, celles de Louis-Philippe, qu’on a démolies en 1943 et sur l’emplacement desquelles on a construit les boulevards du centre...

LE MARI. — Ah ! bon ! bon !... à la place du nouveau Tortoni, enfin ?

L’ACADEMICIEN. — Tout juste !... Je vous disais donc que les directeurs du siècle dernier se contentaient de faire afficher leurs spectacles dans Paris, et d’envoyer des avis imprimés aux rares journaux qui existaient alors. C’est ainsi que j’ai retrouvé une note émanant précisément du directeur de l’ancienne Renaissance, un nommé Soning ou Fo Ning...

LA DAME. — Un Chinois?

L’ACADEMICIEN, gravement. — Peut-être ! Il faudra que j’élucide ce point. La note en question mentionnait simplement les recettes de quelques soirées : 5.000 francs... 5.500... 6.000...

L’AMIE, riant. — Que cela ?

L’ACADEMICIEN. — Ah ! dame ! les places ne coûtaient pas cher à cette époque : on avait une loge de quatre places pour 30 francs !

L’AMIE. — C’est incroyable !

L’ACADEMICIEN. — Il faut dire aussi que l’argent avait une tout autre valeur. Ainsi, dans les plus beaux quartiers, un appartement situé au cinquième étage, ne se louait pas plus de 3 ou 4.000 francs.

LE MARI. — Nous payons le nôtre 23.000 francs... au huitième !

LA DAME. — Et il n’est pas cher !

L’AMIE. — Je crois bien !

L’ACADEMICIEN. — Et si je vous disais qu’on pouvait dîner au restaurant moyennant 8 ou 9 francs par tête ?...

TOUS, avec incrédulité. — Oh !

L’ACADEMICIEN. C’est ainsi !... Bien mieux : j’ai retrouvé le prospectus d’un dîner à prix luxe coté 2 fr. 25 c.

LE MARI. — Pas possible !

L’ACADEMICIEN. — Je vous montrerai le prospectus ; il est ainsi rédigé : une demi-bouteille de vin, deux plats au choix, dessert, pain à discrétion.

LE MARI. Et ou avez-vous retrouvé ce curieux document ?

L’ACADEMICIEN. — A la Bibliothèque municipale, dans le fonds de réserve du département des Mœurs et coutumes de l’ancien Paris, station culinaire, tome IX du catalogue général, chapitre § 5, n° 473.

LE MARI, ébloui. — C’est extraordinaire !

LA DAME —   Quel savant vous faites, monsieur Chalambriard !

L’ACADEMICIEN, modestement. — Il faut bien travailler un peu !

LA DAME. — Dites : beaucoup !

L’ACADEMICIEN. — J’avoue, en effet, qu’il m'arrive assez souvent ,1'étrc très occupé. Ainsi, en ce moment, je travaille à mon grand glossaire d’Emile Zola...

LE MARI. — Comment dites-vous ?

L’ACADEMICIEN. —  Emile Zola... C’est un écrivain de la seconde moitié du XIXe siècle ; il a laissé quelques ouvrages qu’on ne lit plus aujourd'hui, mais qui sont très curieux au point de vue de la langue ; on y trouve des mots qui n’existent pas autre part.

LA DAME. — Si ces ouvrages ne se lisent plus, je ne vois pas l’utilité du glossaire.

L’ACADEMICIEN, souriant. — C’est que vous n'êtes pas philologue

LE MARI. — En effet !

L’ACADEMICIEN. — Il faut être philologie. Ainsi, je gage que vous ne connaissez pas le mot enquiquinement !

LE MARI. — Enquiquinement... Non ! Qu’est-ce que ça veut dire ?

L’ACADEMICIEN. — Je n’en sais rien,

LE MARI. — Eh bien, alors !...

L’ACADEMICIEN. — Attendez ! C'est justement parce que je ne connais pas ce mot que je m’intéresse. Il tant que j’arrive à en deviner le sens. C’est à quoi je travaille depuis six mois,

LE MARI. — Six mois !

L’ACADEMICIEN. — Ah ! Ce n’est pas facile ! Vous allez en juger. La phrase qui a d’abord attiré mon attention était ainsi conçue ; « C'était un enquiquinent général... ... Enquiquinement ! J’ai cherché le mot dans les autres romanciers populaires de la même époque, dans Xavier de Montépin, dans Paul Saunière, dans Émile Richebourg... je n’ai rien trouvé. Alors, je l’ai cherché dans Zola lui-même... — Vous me suivez bien ?

LE MARI. — Je ne fais que cela !

L’ACADEMICIEN. — Et j'ai trouvé ces deux phrases : « Quel enquiquinement !... As-tu fini de m'enquiquiner ?... » Enquiquiner ! S'enquiquiner ! Un verbe actif et pronominal ! Je m'enquiquine, tu t'enquiquines, il s’enquiquine, nous nous enquiquinons... Quel trait de lumière !... Je croyais avoir trouvé !

LA DAME. bas, à son amie. — Il n’est pas amusant, le bonhomme.

L’AMIE. — Fais comme moi/ n'écoute pas.

L’ACADEMICIEN. — Eh bien, non ! je n'avais pas trouvé !... et j'en suis encore à chercher le radical de ces mots : enquiquinement et enquiquiner... Ça doit être quiquine... mais qu'est-ce que cela veut dire ?

LE MARI. — Quiquine ?... Ma foi ! je n'en sais rien... et à moins qu’on n’ait voulu mettre quinine.

L’ACADEMICIEN, vivement. — Mais oui !... Ca y est ! vous avez trouvé ! ...Quinine… remède contre la fièvre... principe du quinquina dont on a fait enquiquine. Enquiquinement, état d'une personne assoupie par la cuisine. Enquiquinement général. « As-tu fini de m'enquiquiner ? » c’est-à-dire : « Je n'ai plus de lièvre ; tu m’as fait absorber assez de quinine : laisse-moi tranquille... ne m’enquiquine pas davantage ! » (Avec joie.) J'y suis !... Je le tiens !... Mon glossaire est fait.

LA DAME, haut, à son mari. — Dis-moi, mon ami, est-ce que nous allons rester encore longtemps sur cet escalier ?...

LE MARI. — Patiente un peu, ma bonne... Il faut le temps d’aller chercher un aéroscaphe !

L’AMIE. — Si l'on en trouve !... Le soir, à dix heures, il n’y en avait plus un seul au-dessus du théâtre.

L’ACADEMICIEN. — Ah ! ces aéroscaphes !... Ils ne marchent plus du tout. Vous verrez qu'on en arrivera à regretter les anciens chemins de fer !

UN AMI, qui n’a pas encore pris part à la conversation. — A propos, vous savez que Philippart[1] est revenu ?

LE MARI. — Philippart, le financier ?

L’AMI. — Sans doute ! le dernier des Philippart, l’arrière-petit-fils du grand Philippart, de celui qu'on a appelé le Law du \iv siècle...

LE MARI. — Oui... eh bien ?

L’AMI. — Eh bien, après quatre ou cinq débâcles successives, il est parvenu à rembourser intégralement les dix-neuf cent cinquante-trois millions dont il était encore débiteur : le revoilà à la tête du marché européen. Et sa situation étant plus solide que jamais, il va fonder un nouvel établissement de crédit : la Banque universelle, quinze cents millions d’actions à mille francs chaque. Elles sont déjà cotées à trois cents francs au-dessus du pair.

LE MARI, vivement. — Est-ce qu’on peut encore en avoir ?

L’AMI. — A treize cents francs !... C’est bien difficile... Enfin, je tâcherai.

LE MARI, suppliant. — Oh ! oui... hein ?... tâchez !

LA DAME. — Et cet aéroscaphe qui n’arrive pas !

LE MARI. — Mais ne t’impatiente donc pas, ma bonne ! Est-ce que tu as froid ?...

LA DAME, avec aigreur. — Assez... oui !

LE MARI, avec bonhomie. — Ce n'est pas ma faute... c’est toi qui as voulu venir au Théâtre-Français !

L’AMIE, riant. — Et un jour de classiques, encore !

LE MARI. — Je l’avais prévenue ! Le Mariage d'Olympe et Célimare le Bien-Aimé. Mais elle a voulu venir quand même...

LA DAME. — Je tenais à voir Brascol dans le rôle de Célimare.

L’ACADEMICIEN, soupirant. — Ah ! c’est Coquelin qu’il fallait voir dans ce rôle-là ! J’étais bien jeune quand je l’ai vu, en 1928 ; mais son souvenir est resté là... (il se frappe le front.)

LE MARI. — Comment ! Coquelin jouait encore en 1928 ?

L’ACADEMICIEN. — Mais non ! Je vous parle du fils !... de celui qui a repris tous les rôles de son père, Coquelin aîné jeune, comme on l'appelait... Ne pas confondre avec les Coquelin cadet jeune... c’est une autre branche. D’abord, le Coquelin cadet qui a joué en même temps que mon Coquelin aîné à moi, n'était pas le fils du fameux Coquelin cadet dont vous voyez le portrait au foyer du théâtre. Celui-ci n’a eu qu’une fille, qui a épousé en 1907 un aide-major des Plongeurs militaires. Le Coquelin cadet que j’ai vu dans mon enfance n'était que son filleul et s’appelait en réalité Salourgeat.

L’AMIE, souriant. — Comme vous êtes renseigné sur cette dynastie, Monsieur !

L’ACADEMICIEN. — C’est tout naturel ; j’ai eu la passion du théâtre !

LE MARI, à sa femme. — Te réchauffes-tu un peu, ma bonne ?...

L’ACADEMICIEN. — Tenez, Madame... mettez vos pieds devant la bourbe de chaleur... C’est très commode, ces bustes-calorifères.

L’AMIE. — Qu’est-ce qu'il représente, celui-là?

LE MARI. — L'auteur de la pièce que l’on vient de jouer, je crois... A l'académicien. N’est-ce pas ?

L’ACADEMICIEN. — Non Célimare est de Labiche ; et si je m’en rapporte au remarquable portrait que notre confrère M. Othenin d'Haussonville petit-fils a tracé d’Alphonse Daudet, cette tête puissante appartiendrait plutôt à l’illustre auteur des Rois qu'on rappelle.

UN HABITUÉ DU THÉÂTRE, qui passe à ce moment. — Vous faites erreur, Monsieur, ce buste est celui d’Alexandre Dumas fils.

L’ACADEMICIEN. — Vous en êtes sûr, Monsieur ?

L’HABITUÉ, souriant. — Le buste du père est en face... il n’y a pas à s’y tromper.

UN COLLEGIEN. — Ah ! Dumas père !... Je le connais, celui-là ! On m'a fait copier cinq cents vers dans Charles VII chez ses grands vassaux... Ce n’est pas drôle !

L’ACADEMICIEN. — Qu'est-ce que vous auriez dit, mon jeune ami, si on vous avait fait traduire en vers latins, comme à moi autrefois, la grande tirade des pêches du Demi-Monde !

L’AMIE. — A propos, est-ce qu’il n'a pas été question de reprendre Monsieur Alphonse ?

L’ACADEMICIEN. — Heu ! heu !... c’est bien anodin !... Je crois qu’on se contentera de le jouer aux matinées internationales de l'Ambigu, avec la reprise d'une pièce peu connue, mais très curieuse, parait-il, et qu’on appelle les Cloches de Corneville.

UN DOMESTIQUE, accourant. — Madame, l’aéroscaphe est dans le vestibule.

LA DAME. — Enfin !

L’ACADEMICIEN. — Vous devez avoir chaud, maintenant ? (Au mari.) Ces bustes-calorifères sont si commodes !

LE MARI. — Oui... je ne vous dis pas... mais il leur manque quelque chose !

L’ACADEMICIEN, surpris. — Quoi donc ?

LE MARI, gravement. — Une petite rigole tout autour pour faire égoutter les parapluies.

 

Abraham Dreyfus, « Devant le buste de Dumas (Propos de l’an 2000) »,

in La Vie moderne, 22 novembre 1879

 



[1] Il s’agit de Simon Philippart, financier créateur de nombreuses compagnies de chemin de fer qui a fait faillite en janvier 1877.

mardi 15 juin 2021

[Révélation! ] Albert Robida et Octave Uzanne, La fin des livres (1894-1895)

Traditionnellement (mais après la publication de ce billet cela va changer, je n'en doute pas! ), on date le texte La Fin des livres d'Octave Uzanne illustré par Albert Robida pour sa version française de 1895 (dans le recueil Contes pour les bibliophiles, éditions ancienne maison Quanti, avec un achevé d'imprimé du 27 novembre 1894).

 

 

La première parution serait donc celle en langue anglaise dans le n° 2 de Scribner's Magazine daté du mois d'août 1894 .

 


Eh bien, le texte (sans les illustrations d'Albert Robida) est paru dans Le Supplément littéraire du Figaro du dimanche 18 août 1894. Le sommaire du numéro donne le titre du texte et sa caractérisation générique ("suggestion d'avenir") mais le texte dans le journal porte le surtitre "Vagues suggestions d'avenir".

 


 

Cela rejoint la question autour de la bibliographie d'Octave Uzanne, notamment pour ce qui concerne ses réflexions sur l'avenir des bibliothèque (texte publié en 1897).

Ce texte et d'autres sur le thème de la fin du livre seront recueillis dans l'anthologie La Fin du livre à paraître dans la collection ArchéoSF fin 2021 aux éditions publie.net. [Mise à jour: l'ouvrage est disponible au format papier et en numérique ICI]

 




vendredi 18 décembre 2020

Albert Robida, Noël au XXe siècle prophétisé par Robida (1896)

Le 26 décembre 1896, Le Rire propose un numéro spécial Noël. Parmi les articles, contes et dessins, Albert Robida prophétise "Noël au XXe siècle".


Le père Noël ne passe pas par la cheminée... car il n'y a plus de cheminée !



Tout est devenu électrique et les multiples réseaux conditionnent l'imaginaire enfantin:




Les enfants reçoivent des cadeaux scientifiques :



Pour leur réveillon, les célibataires peuvent s'amuser grâce au téléphone :


Qui dit réveillon, dit boudins de Noël. La science du recyclage est inouïe :


Mais on peut préférer la nourriture chimique pour garantir sa santé :


Et si la famille est dispersée aux quatre coins de la planète, la visio-conférence est de mise :


jeudi 14 mai 2020

Michel Robida, 1936 prévu de 1869 à 1883 par ROBIDA (1936)

Le 9 février 1936 le journal Excelsior accueille dans ses colonnes un article sur les "prophéties" d'Albert Robida signé par son petit-fils Michel Robida. Michel Robida y décrit les anticipations de son grand-père devenues réalités. Le texte est accompagné de reproductions de plusieurs dessins d'Albert Robida légendés avec les dates et époques de réalisation des inventions "fantaisistes" du génial caricaturiste.



 

1936 prévu de 1869 à 1883 par le visionnaire ROBIDA

UN MONDE ÉTONNANT, électrifié, mécanisé, un sol perforé de mille tubes et souterrains, une terre couverte d'un réseau métallique aux mailles enchevêtrées, un ciel encombré, sillonné d'appareils étranges, une crainte universelle, une bousculade intense, voilà le globe terrestre au XXI siècle, tel que l'avait imaginé, de 1869 à 1880, Albert Robida, mon grand-père.
C'est en effet, dès 1869, dans un numéro du Polichinelle, qu'il avait donné en quelques dessins la première vision de la guerre moderne.
En 1883, il reprend et développe cette idée dans son journal la Caricature, en publiant « Le conflit australomozambiquois, faits de guerre et opérations chimiques au XXe siècle », bientôt suivi de deux livres : le XXe siècle et la Vie électrique.
Dans ces ouvrages pleins de fantaisie, mais d'une fantaisie doublée d'une extraordinaire clairvoyance, était décrite toute notre vie actuelle.
A une époque où la Tour Eiffel n'était pas encore construite, où l'on édifiait à grands frais le Trocadéro, il annonce le métro, qu'il appelle un tube souterrain, les extincteurs d'incendie, la musique enregistrée distribuée par un organisme central, et jusqu'à la télévision, à laquelle il donne le nom de téléphonoscope.
Il comprend qu'un tel bouleversement des habitudes n'ira pas sans une révolution des mœurs et des coutumes, et bientôt il suppose que les femmes seront avocates, médecins, journalistes, ambassadrices ou préfètes, allant même jusqu'à prévoir l'écroulement de l'empire russe et l'émancipation des femmes turques.
Il imagine une guerre atroce: la nôtre.
Sur terre, il met aux prises des armées fantastiques, précédées de bombardes roulantes, «les tanks», formées de bataillons de chimistes coiffés du masque à gaz, et suivies d'un escadron de médecins chargés de propager artificiellement les maladies contagieuses.
A travers le ciel, il lâche une extraordinaire armée aérienne, tandis que sur mer les cuirassés menacés par la flotte sous-marine s'enveloppent de nuages de fumée artificielle.
En 1880, un cauchemar. Aujourd'hui, des faits, une réalisation.
Car, si mon grand-père avait eu, il y a cinquante-cinq ans, une vision aussi nette, aussi précise de notre existence actuelle, c'est beaucoup plus par crainte de ce que la vie moderne allait devenir détruisant le passé qu'il préférait à toute autre chose, que par amour du progrès et de la nouveauté.
Il n'aimait guère que les légendes, les vieilles maisons et les burgs fantastiques, et il était si peu épris de vitesse et de confort qu'il parcourut à pied la moitié de l'Europe, sous prétexte que c'est le seul moyen de voyager et de bien connaître les pays et les gens.
Pourtant, il devait voir le début du XXe siècle, et la Grande Guerre, dont il souffrit plus qu'un autre, car une à une se réalisaient — ce qu'il avait peut-être cru lui-même — des idées chimériques, et qui étaient beaucoup plus que cela : des prophéties.
Michel Robida



A lire dans la collection ArchéoSF:

Albert Robida, La fin des livres
Albert Robida, Jadis chez aujourd'hui


dimanche 3 mars 2019

Octave Uzanne, Nos livres devant la prospérité. Les bibliothèques de l'avenir (1897)

Toute la littérature critique concernant Octave Uzanne semble unanime pour situer la première publication du texte "Les bibliothèques de l'avenir" en 1901 dans le numéro de février de la Revue franco-allemande (publiée à Munich et à Paris).
Dans "Les bibliothèques de l'avenir", Octave Uzanne imagine la fin de la bibliophilie et l'avènement de l'ère de la documentation ( à l'instar des réflexions de Paul Otlet) avec des possibilités de consultation de catalogue de bibliothèques à distance et d'abonnement à une forme de mise en commun d'une bibliothèque collective:


" Mais, comme la curiosité, la science, l'amour de l'étude, la passion des écritures d'art ne perdront pas leurs droits, le lettré du XXe ou XXIe siècle sera abonné à quelque cercle considérable, sorte de Polybilion club, où il aura, a sa convenance, pour lire sur place en de merveilleux salons silencieux – sinon pour emporter domicile –tous les ouvrages dont ces index auront bien pu lui révéler l'existence. Ces polybiblion clubs seront constitués aisément au capital de deux ou trois mille sociétaires, lesquels, par esprit de tranquillité et aussi d'économie, ne trouveront pas excessif de verser, comme cotisation annuelle à ces bibliophilic clubs un millier de francs, afin de constituer à cette maison de science une rente générale de 2 à 3 millions nécessaires à l'achat et à l'entretien des livres et au train des conservateurs. On peut concevoir aisément quel allégement ce sera pour les bibliophiles que d'être relevés du souci d'entretenir une grande bibliothèque. Ils obtiendront téléphoniquement de leur club des renseignements et des assurances d'envois de livres, et ils ne conserveront à leur disposition, en une seule armoire, que le matériel nécessaire a. l'aiguillage de leur intelligence sur toutes les voies possibles de la littérature, de l'histoire, de la science, de la théologie et des voyage." 





Couverture de la Revue franco-allemande de février 1901 (source Gallica).

Ce texte, s'il est sans doute resté confidentiel à l'époque, marque une étape importante dans la prémonition du monde à venir et est contemporain des réflexions de Paul Otlet sur l'avenir du livre. Il fit tout de même l'objet d'une recension dans La Revue universelle en 1901 (à lire sur ArchéoSF).
Si la date de 1901 est sans cesse répétée, elle n'en est pas moins erronée. En fait, le texte a d'abord été publié sous le titre "Nos livres devant la postérité" avec le sous-titre "Les bibliothèques de l'avenir" (qui devient ensuite le titre de l'article pour l'édition de 1901 et toutes les reprises que l'on peut trouver ensuite, y compris lorsque ce texte est cité notamment par les amateurs de science fiction et d'anticipation anciennes et les chercheurs en sciences de l'information et de la communication. La Revue biblio-iconographique accueille ce texte en deux livraisons (numéros de janvier et février 1897). 




Couverture de la Revue biblio-iconographique
n° 1, 4ème année, 3ème série,  janvier 1897 (source Gallica).





Couverture de la Revue biblio-iconographique
n° 2, 4ème année, 3ème série,  février 1897 (source Gallica).




Début de la première livraison (janvier 1897)




Début de la seconde livraison (suite et fin) (février 1897)

Le texte se situe donc chronologiquement bien plus près de la nouvelle "La fin des livres" (publiée en 1894 dans le Scribner's Magazine, sous le titre "The End of books" et recueillie dans le volume Contes pour les bibliophiles, éditions ancienne maison Quantin, May et Motteroz éditeurs, 1895, illustré par Albert Robida et réédité chez publie.net) et du dossier "La bibliophilie moderne, ses origines, ses étapes, ses formes actuelles" publié dans la Revue Encyclopédique n°133 en 1896 (que l'on peut lire sur le site de l'Amicale des Amateurs des Nids à Poussière). 
Il n'y a donc pas de pause dans les réflexions sur l'avenir du livre et de la bibliophilie de la part d'Octave Uzanne et l'on peut lire, dans cette chronologie rétablie, les trois textes comme un ensemble. Il est intéressant qu'il se situe dans le même cadre que Paul Otlet et Henri La Fontaine (qui fondent en 1895 l'Office international de bibliographie), même si ces derniers n'usent guère de la fiction (encore que Paul Otlet ne dédaigne pas l'anticipation et la prospective). Le livre est encombrant, le nombre d'ouvrages au XIXe siècle est en augmentation constante (une forme d'inflation documentaire à laquelle les documentalistes de l'époque sont sensibles) et ce qui compte est moins de les posséder que de savoir où et comment les consulter. De plus le livre se retrouve concurrencé par d'autres médias (Uzanne et Robida évoquent par exemple le phonographe.
Ces questions sont toujours d'actualité à plus d'un siècle de distance...

lundi 26 juin 2017

[podcast] 1984 : la littérature prophétique

Concordance des temps, émission animée et produite par Jean-Noël Jeanneney, sur France Culture, a consacré son numéro du 24 juin 2017 à "La littérature prophétique".
Au menu de cette émission George Orwell et son oeuvre maîtresse 1984 mais sont aussi évoqués Albert Robida, Louis-Sébastien Mercier, Jules Verne, HG Wells, Capitaine Danrit ou Franz Kafka.

L'émission comprend diverses archives:

- Lecture de 1984 de George ORWELL par Daniel TARRARE, lu dans l’émission « Après-midi spécial » de Marion THIBA, sur France Culture, le 17 juin 1995.
- Extrait d'une émission à la mémoire d’Albert ROBIDA par Jean CALVEL, le 30 octobre 1951.
- Lecture par Jean DESAILLY d’un extrait de Autour de la lune de Jules VERNE (1870) dans un enregistrement sur disque de 1959.
- Lecture d’un extrait du Procès de KAFKA, lu par Guillaume GALLIENNE dans son émission « ça peut pas faire de mal », sur France Inter, le 9 juin 2012.
- Lecture par Hervé PIERRE d’un extrait de 1984 de George ORWELL, lu dans l’émission « Tire ta langue », d’Antoine PERRAUD,, sur France Culture, le 23 septembre 2003.

Deux citations contradictoires dans l'introduction de cette émission donnent à réfléchir: 

« A force d’écrire des choses horribles, les choses horribles finissent par arriver»
Michel Simon

« La littérature prévient les dangers, oui, mais au sens où elle alerte sur une catastrophe qui, précisément, parce qu’on en a été alerté, ne vient jamais comme on l’avait imaginé»
Patrick Boucheron


ArchéoSF vous propose de retrouver le podcast de ce numéro :


lundi 13 février 2017

G. Labadie -Lagrave, « Voyage en l'an 2003 » (1889)

G. Labadie-Lagrave dans l'article « Voyage en l'an 2003 » traduit des extraits du texte Un viaje a la República Argentina en el año 2003 signé par M. Nilo Maria Fabra et paru dans Ilustracion espanola y americana n° 21 (1889). Il est frappant de constater l'extrême cohérence de l'imaginaire européen concernant le futur prévu. Les lecteurs français d'anticipation ancienne ne seront nullement dépaysagés tant le texte semble inspiré par Albert Robida.

VOYAGE EN L'AN 2003

La plupart des prévisions que Mercier a exposées dans sa description de Paris, en 2440, sont déjà démenties par les événements, en sera-t-il de même du Voyage en 2003 que vient de publier la Ilustracion espanola y americana ?
Nous éviterons de nous prononcer sur ce point de peur de nous exposer aux railleries des curieux qui pendant les premières années du vingt et unième siècle feuilletteront la collection du Figaro. D'ailleurs, il nous importe peu que les fantaisies de M. Nilo Maria Fabra se vérifient plus ou moins dans un délai de cent quatorze années, l'essentiel est qu'elles ne ressemblent pas à tant d'autres prophéties dont l'unique raison d'être est d'annoncer des calamités sans nombre dans un style obscur, déclamatoire et larmoyant. Nous pouvons suivre l'écrivain espagnol dans ses excursions à travers l'ancien et le nouveau monde sans avoir cet écueil à redouter.
- Allô !
- Que voulez-vous, répond par le téléphone l'employé de l'Express hispano-argentin.
- Un billet d'aller et retour de Madrid à Buenos-Ayres. Combien ?
- Quinze cents francs.
- Il me faudrait aussi, une lettre de crédit de vingt mille francs.
- C'est entendu.
- Je vous envoie par le tube pneumatique un chèque sur la Banque et mes bagages.
En moins d'un quart d'heure, le tube pneumatique, qui met les maisons des abonnés en communication avec la gare, m'envoie une médaille de nickel portant la lettre M, avec le numéro 5. Cette médaille représente le prix de la place que j'ai demandée et me donne droit à un crédit de vingt mille francs sur toutes les gares du réseau. L'ascenseur me transporte sur la terrasse qui est au-dessus de ma maison. Je prends le tramway électro-aérien et j'arrive à la station centrale de Madrid, d'où part la ligne hispano-argentine.
Il est à remarquer que dans ces préparatifs de voyage il n'est pas question de fiacre. Les progrès de la mécanique et de l'électricité ont supprimé ce moyen barbare de locomotion. En 2003, les cochers ne sont plus qu'un souvenir historique ; les vieillards racontent que depuis une cinquantaine d'années le dernier représentant de cette corporation est mort d'une grève rentrée.

***

Plus de fumée, plus de trépidations ; un moteur électrique a remplacé la chaudière à vapeur de la locomotive, et le train roule sans secousse sur les rails d'aluminium, qui depuis longtemps ont été préférés aux rails de fer. Les wagons sont en communication permanente avec le réseau universel téléphonique qui sillonne le globe.
Désirez-vous entendre l'opéra qui se joue en ce moment sur le théâtre d'Apollo de Rome ?... Il vous suffit de pousser ce bouton. Aimez-vous mieux vous tenir au courant des dépêches politiques ?
- Un appareil où le phonographe et le téléphone se combinent de la façon la plus ingénieuse emmagasine les nouvelles à mesure qu'elles arrivent. Vous avez sous la main une rangée de touches d'ivoire sur lesquelles sont écrits les noms de toutes les grandes villes de l'univers.
Voulez-vous savoir ce qui se passe à Madrid ? aussitôt une voix légèrement métallique, mais forte et claire, vous répond :
Madrid, 8 heures du soir. - L'Académie espagnole vient d'ouvrir un concours pour récompenser le meilleur discours parlementaire. Le style le plus laconique sera préféré. Les solécismes ne sont pas admis.
Touchez maintenant le bouton voisin qui est en communication avec Paris : 

 Paris, 8 heures 35 du soir. - La Chambre vient de voter un projet de loi qui dispense les députés d'assister aux séances. Les orateurs pourront rester chez eux et prononcer leurs discours en se servant du phonographe parlementaire.
Un appareil spécial sera mis à la disposition des interrupteurs.
Vous êtes prié de ne pas mettre le doigt sur la sonnerie qui donne des nouvelles de l'Angleterre. C'est aux voyageurs atteints d'insomnie que sont réservés les comptes-rendus de la Chambre des lords.
Mais voilà que, par mégarde, vous avez fait jouer le telépho-phonographe d'Autriche. Immédiatement il vous répond :
Vienne, 9 heures 30 du soir. - La question des Balkans... Assez... Assez... Assez...

***

Cependant, la locomotive électrique, roulant à toute électricité, passe sous un tunnel, le détroit de Gibraltar, et traverse le Maroc dont le patriotisme de M. Fabra a fait une province espagnole. Les hommes d'équipe crient : « Dakar, cinq minutes d'arrêt. »
Un coup de sifflet retentit et le train s'engouffre tout entier dans un immense navire sous-marin de soixante mille tonneaux, qui met la tête de ligne du Sénégal en communication avec la station du cap Saint-Roch, sur la côte du Brésil. Cette traversée qui dure deux jours est l'épisode le moins agréable du voyage, car les progrès de la science n'ont pas supprimé le mal de mer.
Une fois sur le continent de l'Amérique du sud, ce n'est plus qu'un jeu de parcourir quelques milliers de kilomètres entre le cap Saint-Roch et Buenos-Ayres, la métropole hispano-américaine qui, d'après le recensement du mois d'avril 2003, compte un peu plus de quatre millions d'habitants.
De toutes les prophéties de la Ilustracion espanola y americana, ce sera peut-être la seule qui se réalisera.

G. Labadie -Lagrave, « Voyage en l'an 2003 »,
in Le Supplément littéraire du Figaro n° 27 daté du 6 juillet 1889


A lire:
Nilo Maria Fabra Un viaje a la República Argentina en el año 2003 (en espagnol)

samedi 21 janvier 2017

Pierre Giffard (1853-1922)

Le 21 janvier 1922 mourait Pierre Giffard.

Né le 1er juillet 1853, il fut surtout journaliste mais tâta aussi de la fiction.

Si son nom est attaché au roman en livraison La Guerre infernale (illustré par Albert Robida), Pierre Giffard est aussi l'auteur de La Fin du cheval (illustré par Albert Robida, publié dans le Petit Français illustré en 1898 et repris en volume cartonné l'année suivante) dans lequel il prévoit que l'équidé sera supplanté par la bicyclette et les moyens de transport automobiles. Le livre La Fin du cheval a été récemment réédité par les Presses Universitaires de Valenciennes (2015).







Conscient de l'évolution du monde et adepte des pratiques sportives, il fut le propagandiste de la bicyclette (c'est à lui que l'on doit son surnom de "petite reine" et il lança plusieurs grandes courses cyclistes classiques comme Paris-Brest-Paris en 1891), l'organisateur de la première course automobile au monde (Paris-Rouen en 1894) et le créateur du Marathon de Paris (1896).
Il est aussi à l'origine de la création du Paris-Brest après avoir demandé à son pâtissier de Maison-Lafitte de concevoir un gâteau en forme de roue (de vélo).
Politiquement, il fut républicain et Dreyfusard, ce qui lui valu des brouilles durables avec certains journalistes et auteurs comme le Comte (puis Marquis) de Dion, le créateur de l'entreprise automobile De Dion-Bouton  (à lire sur ArchéoSF de cet auteur: L'Automobile et la guerre future, 1906).

La presse de 1922 livre quelques nécrologies de Pierre Giffard rappelant essentiellement son rôle de précurseur dans le domaine des transports.


 In L'Aéronautique, février 1922

Dès 1923, un mouvement est créé, rassemblant différents comités sportifs, pour ériger un Monument Pierre Giffard. Il est inauguré en forêt de Saint-Germain en Laye à l'intersection des routes de Saint-Germain, de Maisons et de Conflans au lieu appelé La Croix de Noailles.
La comparaison entre une photographie prise lors de l'inauguration et une photographie contemporaine montre une différence...






Illustrations:
Pierre Giffard vers 1901 (source: Gallica)
Monument Pierre Giffard


samedi 18 juin 2016

[vidéo] Albert Robida, Le XXe siècle

Sur Vimeo, Lemog3D propose deux vidéos 3D inspirées de l'oeuvre d'Albert Robida. La Station Centrale des Aéronefs à Notre Dame (dont la gravure noir et blanc figurait dans le corpus pour le bac français des séries technologiques) s'anime !

 
La Station Centrale des Aéronefs à Notre Dame from Lemog 3d on Vimeo.

Sur le site de Jean-Luc Boutel, vous pouvez découvrir la version couleur de cette même gravure en cliquant ICI.